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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ecole de la vie, 12 février 2009
Ce film est d'une si rare beauté qu'il participe à l'éducation de la vie.
Film éducatif ? Quelle niaiserie a priori ! Et pourtant. Ce qui est exceptionnel, outre le jeu grandiose des acteurs Yves Montant et Charles Vanel pour ne citer qu'eux, c'est bien l'attitude de l'homme face au risque, qui disséquée nous éduque.
Ce film est humaniste ! Bigre, déraillerais-je ? Je l'affirme cependant car l'homme qui veut progresser doit ne pas craindre affronter le risque et plus précisément, doit apprendre à maîtriser sa peur face au risque.
Faire passer un camion chargé de nitroglycérine qui transpire (explosif hautement instable) sur un pont en bois dont les planches craquent vous donnera la mesure de mon propos.
C'est pourquoi "Le salaire de la peur" est un film sur la vie.
Exceptionnel.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
LES NERFS A VIF, 19 mai 2008
Il en va du SALAIRE DE LA PEUR, comme de LA MORT AUX TROUSSES, ou de RIO BRAVO... Même visionnés dix fois, quand on les commence, on est foutu ! Le récit nous séduit, nous attire, on est happé, coincé, et on reste jusqu'au bout !
On aurait pu citer aussi la HORDE SAUVAGE, dans le même genre, d'autant que le sublime western de Peckimpah commence par le même plan que le film de Clouzot : gros plans sur des cloportes, agacés par le bâton d'un enfant. Il y a d'autres points communs entre les deux films. Des héros fatigués fuyant la justice qui tentent le dernier coup pour gagner gros, le réalisme cru des dialogues... Les deux réalisateurs, des forts en gueule, n'étaient pas tendres avec le genre humain.
LE SALAIRE DE LA PEUR a connu un grand succès, et rapporté de nombreuses récompenses (Cannes, 1953). Dans un bled paumé d'Amérique du Sud, écrasé sous le soleil, des aventuriers ou repris de justice pitoyables, boivent à crédit en attendant du boulot. Quand un puit de pétrole s'enflamme, à 500 km de là, et qu'il faut convoyer de la nitroglycérine à travers la jungle, les vrais durs vont pouvoir se remonter les manches...
LE SALAIRE DE LA PEUR nous prend aux tripes immédiatement. Pourtant, pendant presque une heure, pas de camion ou d'aventures, mais seulement des types assis à boire, qui crachent leur haine de l'humanité et de la vie. Clouzot filme un homme lancer des pierres sur un chien, et dans le plan suivant, filme une femme à quatre pattes (Vera Clouzot), le décolleté ouvert, entrain de lessiver le sol, puis venant se frotter le visage à la main pendante de son amant, comme une chienne lèche la main de son maître. Flatteuse comparaison, mais Clouzot, on le sait, n'était pas un tendre.
La seconde partie du film, la plus célèbre, permet de suivre l'acheminement de la nitro, dans deux camions, jusqu'au puit de pétrole. Le rythme est lent (et pour cause !) et pourtant, chaque seconde est tendue, passionnante, crispante. Entre les virages à négocier, les précipices, les éboulements, le périple est plein d'imprévus, et la tension monte entre les chauffeurs, les caractères se découvrent, les haines, les rancoeurs explosent. Encore une fois, HG Clouzot se déchaîne contre ses personnages, concentrés de cruauté. Le film culmine avec cette scène éprouvante, dans une mare de pétrole, avec un Vanel noir et poisseux qui guide un Montand carnassier au volant.
LE SALAIRE DE LA PEUR, est un chef d'oeuvre, réalisé par un de nos metteurs en scène les plus virulents, qui a toujours su allier action (aventures, polar, espionnage) avec une vision extrêmement noire, désabusée, pessimiste de l'humanité. Ce film là est sans doute le plus cru, le sec, le plus cruel. Charles Vanel est impérial, passant du dur de dur à la lavette avec le même bonheur, il compose le tout et son inverse. Yves Montand est parfait aussi, bien que débutant encore comme comédien. Citons Dario Morenno dans le rôle du cafetier concupiscent. Souvent diffusé à la télévision, LE SALAIRE DE LA PEUR est un classique, qui n'a pas pris une ride, comme les autres grandes réalisations de Clouzot (LES DIABOLIQUES, QUAI DES ORFEVRES, LE CORBEAU)
PS : Le film a été colorisé. Les arbres et les treillis sont désormais d'un même ton verdâtre, les visages sont jaunes, comme les rochers, les contrastes ont disparu... Un massacre. Prenez votre télé commande et retirez ses couleurs délavées, pour retrouver le superbe noir et blanc d'origine.
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