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Ses deux ans d'absence ont été remarqués, son retour l'est tout autant. Après s'être adonnée aux joies de la maternité, l'artiste canadienne la plus appréciée des Français fait un come-back des plus inattendus avec un opus exclusivement interprété en anglais (elle n'avait pas sorti d'album en anglais depuis 1997). Et Céline Dion n'a pas lésiné sur les moyens puisqu'elle a choisi la crème des producteurs comme Simon Franglen (Michael Jackson et Madonna), Walter Afanasieff (Destiny's Child), Kristian Lundin (Britney Spears).
A New Day Has Come contient également des reprises comme "Aun Existe Amor" (la version espagnole de "L'amour existe encore"), "The Greatest Reward" (l'adaptation du succès "L'Envie d'aimer" de la comédie musicale "Les Dix Commandements"), "Ten Days" (le célèbre "Tomber" de De Palmas) mais aussi deux classiques incontournables ("Nature Boy" de Nat King Cole et "At Last" d'Etta James). Cet album événement marque également le départ d'une seconde carrière qui se traduit par un contrat de trois ans à Las Vegas. La jeune maman se produira sur la scène du Caesar's Palace à raison de cinq concerts par semaine (soit plus de 700 présentations). Les fans vont pouvoir à nouveau se régaler avec cet excellent
A New Day Has Come. Alors... Bon appétit... (Attention, ce CD ne peut être écouté sur PC et Mac).
--Valérie Dupouy
Platine
Sixième (ou septième si on compte sa compilation avec cinq inédits en 1999) album anglophone de la petite Québécoise, celui-ci est, à l'instar de ses galas à Las Vegas, le signe d'un enterrement de première classe. Car, contrairement à ce qu'on pense, le fait de chanter à Las Vegas n'est pas une consécration, mais une façon de se payer une retraite dorée. Que ce soit Presley, Sinatra ou Streisand, toutes ces stars ne sont venues chanter – devant des touristes du monde entier qui dînent – qu'en fin de carrière. Bien après être descendu en dessous de la dernière ligne du Billboard... Celine anticipe, c'est tout. Mais quel intérêt a-t-elle d'enregistrer cet album de soupes à l'américaine (Afanassief, Nova, Gatica et Roche, Lange, Franglen), voire à la scandinave (Anders, Lundin, Astrom et Arnthor... – le potage en provenance des fjords est très prisé depuis quelque temps) ? Surtout que ces "Grands Chefs" travaillent à la chaîne pour le monde entier, de Lara Fabian à Britney Spears. Certes, les titres sont dus à des pointures, mais celles-ci lui ont déjà écrits tout ce qu'elles pouvaient : Aldo Nova (Bruel), Louis Biancaniello (Fabian), Corey Hart (chanteur), Guy Roche et Shelly Peiken (Cher, Roch Voisine, Native).
Seule (bonne) surprise (sinon, on prend les mêmes et...), la version yankee du "Tomber" de Gérald de Palmas au texte d'origine de Maxime Leforestier ("Ten Days") qui est une vraie nouvelle version. Rien à voir avec la cover de "L'Envie d'aimer" de Pascal Obispo ("The Greatest Reward") qui n'apporte pas grand-chose et certainement pas un nouveau standard français aux USA. Avec une autre envie (louable) d'export de la chanson francophone (sacrés Québécois !), cette fois à destination du marché d'Amérique du Sud, Celine a adapté en espagnol "L'amour existe encore" de Plamondon et Cocciante ("Aun existe amor"). Mais, là encore, rien de très surprenant. Pour tout vous avouer, on préfère la reprise du titre de Sarah Vaughan/Nat King Cole : "Nature Boy" (1948) et, dans une moindre mesure, celle de celui de Glenn Miller/Etta James : "At Last" (1941/1942).
Une fois toutes les plages écoutées (17... c'est un peu indigeste...), on en arrive au constat que si Celine chante toujours aussi bien (et peut-être mieux aujourd'hui que dans ses albums américains précédents où elle sonnait parfois un peu trop "yankee"), on se demande si la maternité n'a pas vraiment définitivement donné à la plus grande chanteuse du monde "L'Envie d'aimer" son René-Charles et de laisser tout le reste... Tomber, tomber...