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Dès sa sortie, cet album capté en public a fait son entrée directement en tête des ventes en France, juste devant Céline Dion. Et
Les Lettres rouges, enregistrées à l'Olympia de Paris sont déjà disque d'or quelques semaines après sa sortie ! Charles Aznavour avait du nez en confiant que "Lynda Lemay, avec ses deux L, fait partie de ces oiseaux rares." Il faut dire que rares sont les artistes qui, comme elle, savent manier la langue française avec autant de finesse. Comme dans ses précédents albums, la Québécoise reste fidèle à elle-même, fantaisiste et frivole ("Bande de dégonflés", "J'veux pas d'chien", "J'aime la pêche"). Mais il ne faut pas s'y tromper. Sous ses airs de grande fille délurée, Lynda la cinglante chronique aussi, et avec intelligence, les vicissitudes et les préoccupations de notre quotidien, en abordant des thèmes plus graves comme l'avortement ("Maudite prière"), la vieillesse et la mort ("La Centenaire"), l'adultère ("Va rejoindre ta femme"), et l'adoption chez les couples homosexuels ("Les Deux Hommes").
Les Lettres rouges révèlent aussi l'autre personnalité de la chanteuse qui, jusque-là rétive aux chansons d'amour, s'y abandonne avec volupté ("J'veux bien t'aimer"). D'une facture particulière, ce huitième opus constitués de 17 titres inédits, d'un hommage à Charles Trenet ("Y'a d'la joie") et d'une reprise de "Johnny B.Goode" ("Johnny reviens") constitue ce petit supplément d'âme qui fait toute la différence avec les enregistrements studio.
--Valérie Dupouy
Platine
Toute auréolée du succès de son dernier live et de son opus studio
Du coq à l'âme (disque de platine, avec près de 450.000 exemplaires vendus), et alors qu'elle poursuit une tournée triomphale à travers la France, qui devrait la reconduire à l'Olympia à la rentrée, la Québécoise pas comme les autres, revient déjà avec un album de dix-sept chansons (plus un sketch : le fameux cours de québécois en bonus track caché) enregistrées en avril et novembre 2001 dans le temple parisien du music-hall.
À l'heure où ses collègues se contentent de sortir des disques live faisant office de best of déguisés, ou encore des albums de reprises ou de duos, masquant bien souvent un manque cruel d'inspiration, la prolifique auteur compositeur interprète s'est attachée à ne retenir de ses concerts que de nouvelles créations, testées sur un public manifestement aux anges de jouir d'un tel privilège : cultivant cet original savoir-faire lui permettant de traiter tous les sujets, même les plus délicats, et puisant comme d'habitude ses thèmes d'inspiration dans la vie quotidienne, sans jamais tomber dans la vulgarité ou la "chanson réalité", Lynda développe ici avec finesse des thèmes aussi poignants que la venue d'un enfant non désiré ("Maudite prière"), le poids de l'âge ("La Centenaire"), l'adoption d'un enfant par un couple homosexuel ("Les Deux Hommes"), la prostitution ("Va rejoindre ta femme").
Par bonheur, et c'est là toute sa force, l'ensemble est contrebalancé par de désopilantes histoires d'humour : l'écolo-sadique "J'aime la pêche", l'exténuant "La Cassette Vidéo" ou encore l'autobiographique "Le 29 août 2000 au Théâtre Saint-Denis", évoquant sa rencontre "historique" avec son idole de toujours, Johnny Hallyday.
Autant de chansons qui attestent une plume inépuisable et une incroyable vitalité qui s'exprime autant sur disque que sur scène. Du grand art !