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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Pour revenir aux sources..., 2 décembre 2006
D'accord ! D'accord !.... Il ne s'agit pas d'enregistrements superbement stéréophoniques, traités dans des acoustiques flatteuses et surréalistes. Oui, les voix sont placées très en avant par rapport à l'orchestre. Mais la prise monophonique est tranchante, nette. Jamais les attaques des instruments n'ont été aussi précises, les figures rythmiques (essentielles chez Orff) aussi toniques. Oui...les chanteurs ont un léger accent teuton dans leur latin. Mais elles sont "saines", directes et charnues comme à l'opéra. Certes, seul Fischer-Dieskau a su plus tard trouver une profondeur nietzschéenne dans ces textes : mais est-ce vraiment d'à-propos ? Ici, les solistes comme les choeurs saisissent à bras-le-corps leurs parties vocales rendant enfin à cette partition le caractère rustique et germanique qui est bien l'unique objectif esthétique du compositeur. Aujourd'hui, tellement galvaudée par des dérives pseudo-primitives-sportives, interprétée avec un style peplum qui ne peut que donner la nausée, il est absolument "nécessaire" d'entendre cette version pour revenir aux sources esthétiques de cette oeuvre, profondément germanique, plongeant dans les racines populaires, en restant fidèle aux principes de Herder, philosophe du 18e siècle: le vrai est dans le Peuple...
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6 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Déçu : enregistrements monophoniques, 24 février 2003
Il s’agit d’enregistrements MONOPHONIQUES effectués dans les années 1954/1956 par Eugen JOCHUM à la tête des Chœurs et Orchestre de la Radio de Bavière et non des superbes enregistrements STEREOPHONIQUES enregistrés par le même chef à la tête des Chœurs et Orchestre de l’Opéra de Berlin dans les années 1968/1971 dont seuls les 2 premiers volets (CARMINA BURANA et CATULLI CARMINA) ont été réédités par DG en CD. A ma connaissance, le 3ème volet (TRIONFO DI AFRODITE), pourtant enregistré dans les mêmes conditions, n’a jamais été réédité par DG en CD, hélas !
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le triomphe, seul mot de la langue française qui n'admet aucune rime, 21 avril 2009
Y-a-t-il malice ou justice à penser qu'une version communément admise comme référence pour les populaires et décriés "Carmina Burana" soit celle d'un maestro dont l'irréprochable réputation demeure plutôt associée aux grands Classiques et Romantiques austro-allemands (Haydn, Beethoven, Brahms, Bruckner...) ?
Avant la célèbre version de 1968, Eugen Jochum s'était déjà illustré avec le même « Symphonie-Orchester des bayerischen Rundfunks » en octobre 1952 à Munich : c'est celle ici rééditée.
Deux attitudes opposées peuvent conduire à se détourner de cette oeuvre : les mélomanes qui lui reprochent trivialité et langage rudimentaire. Et ceux qui l'apprécient mais qui, l'ayant trop entendue (y compris par des chefs qui s'y font valoir comme avec un épatant joujou), ne parviennent plus à ressentir le pouvoir de fascination qu'elle exerce.
A mon sens, les "Burana" ne méritent ni un succès exorbitant ni l'opprobre, mais une écoute débarrassée du préjugé, et qui en éprouve la spontanéité et la fraîcheur.
En cela, le premier témoignage de Jochum demeure précieux : pour sa probité, son humilité, sa sensibilité poétique.
Quelle meilleure preuve que le « O Fortuna » qui, sous sa baguette, ne se révèle guère hiératique ou impressionnant mais traduit la crainte individuellement vécue face à l'aveugle destinée.
Apparemment en petit effectif, le choeur s'entend ici comme une union de chanteurs au timbre vocal qui ne se fond pas dans la masse, chacun acquis au sens de ce qu'ils disent.
Captés par une excellente mono DG, les instruments ont du grain et de la présence.
Dans l'émerveillement printanier du « Omnia sol temperat » ou le déchirant « Estuans interius », le baryton Hans Braun véhicule une sincère émotion dans sa voix.
Ici plus que jamais : voilà des "Burana" à visage humain.
Les deux autres volets qui constituent le triptyque "Trionfi" sont beaucoup moins connus.
Sur les vers du poète latin Gaïus Valerius Catullus, les "Catulli Carmina" forment un Jeu scénique en trois actes, autour de l'intrigue amoureuse entre Catulle et Lesbie : une leçon morale auxquels se montrent peu attentifs le choeur des jeunes gens soumis aux plaisirs de la chair et de la libation.
Présentée à la Scala en février 1953 dans une distribution aussi luxueuse qu'improbable (Elisabeth Schwarzkopf, Nicolaï Gedda, sous la direction de... Herbert von Karajan), le "Trionfo di Afrodite" évoque la nuit de noces de jeunes mariés, encouragés à l'hymen et finalement glorifiés par l'apparition triomphante de la déesse de l'amour.
Dans son disque EMI de 1995 remarqué par un Diapason d'Or, Franz Welser-Most revisita ces deux cantates avec acuité et intelligence.
Plus théâtrale, l'approche de Jochum exalte la puissance dramatique.
Les "Catulli" profitent de deux solistes impliqués (Annelies Kuper et Richard Holm).
Dans le "Trionfo", les sentiments contradictoires de la jeune épouse gagnée par le désir (on le croit en entendant le soupir du « eithes, kal' epoesas, ego de s'emaoman ») exploite la signification initiatique inhérente à l'oeuvre.
On ne doute pas que le pressant épithalame (« ille pulveris Africi... »), progressivement embrasé par le choeur bavarois et un tonitruant coryphée, vaincra les ultimes réticences de la chasteté.
Le livret de l'album comporte un synopsis mais pas le texte des chants.
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