Amazon.fr
Beau-Père est "une comédie triste", comme le définit Bertrand Blier, qui l'a tirée de son propre roman éponyme. Rémi, pianiste au vague à l'âme tenace, perd sa compagne dans un accident de voiture. Il souhaite garder sa belle-fille auprès de lui. Elle l'aime, il se laisse séduire. Seul hic : elle a quatorze ans, et lui trente. Surprise : face à une intrigue aux relents scabreux et grivois, sorte de Baby Doll made in France, Bertrand Blier laisse au placard son habituelle dérision et son goût pour la provocation, pour se pencher avec beaucoup de pudeur sur le destin de ce couple peu ordinaire plongé dans une situation exceptionnelle. Patrick Dewaere, grandiose et pathétique, est pour beaucoup dans le souvenir persistant que procure cette uvre cafardeuse comme un petit matin blême. Pour leur troisième et ultime collaboration, Bertrand Blier lui a composé une partition sur mesure : face caméra, étriqué dans son smoking de pianiste de bar, seul au milieu d'une foule de clients plongés dans leurs assiettes, Patrick Dewaere se confesse à nous, tel un chien battu en mal de tendresse. Bouleversant. Sa plus grande composition avec
Série noire. À ses côtés, Ariel Besse joue avec une grâce et un naturel confondants le rôle casse-gueule de Marion. À noter : entièrement tourné en studio, le film bénéficie de stupéfiants décors de Theobald Meurisse, collaborateur régulier du cinéaste – le grand appart de Depardieu à la Défense dans
Buffet froid, c'est lui ! –, et d'une photo très soignée signée Sacha Vierny, le chef op habituel de Resnais et Greeenaway. Dans un rôle secondaire, on retrouve Maurice Ronet –
Plein soleil,
Ascenseur pour l'échafaud – dans un de ses derniers rôles et dont les traits désespérés s'accordent parfaitement à l'ensemble. --
Sylvain Lefort
Synopsis
Remi, compositeur, perd sa compagne, victime d'un stupide accident de voiture. Son seul reconfort, il le trouve avec Marion, sa belle-fille agee de quatorze ans.