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Après un premier éponyme et
Version 2.0, ce troisième album installe définitivement Garbage comme un groupe avec lequel il faut compter. Voilà qui mérite d'être noté car, jusqu'ici, on avait un peu trop tendance à confondre ce combo avec une triplette de producteurs géniaux (Butch Vig, à qui l'on doit le son de
Nevermind de Nirvana, Duke Erikson, Chris Marker) secondant dans sa tâche une chanteuse futile, ce qu'évidemment Shirley Manson n'a jamais été. À ceux qui douteraient que le groupe ne soit plus que ça,
Beautiful Garbage fournira le plus précieux des démentis. Désormais, l'expérience des trois quadragénaires de la bande est essentiellement mise au service de mélodies pop dont l'insolence sonique et gonflée laisse proprement pantelant d'admiration. D'une intelligence sans faille, ces chansons sucrées gorgées de sève ne peuvent être que le fruit d'un cœur énorme dont on ignorait qu'il battait sous une carrosserie aussi customisée. Pour preuve, la diversité des arrangements suffira, qu'il s'agisse de la grandiloquence de "Can't Cry These Tears" ou du sens de l'ascèse du splendidement minimal "So Like A Rose". Sans aller jusqu'à parler du génie d'un Phil Spector, on osera quand même, en matière de cousinage, glisser un nom, bon sang mais c'est bien sûr : Blondie !
--Hervé Comte
Compact
Pop/rock. Nettement moins fadasse que son prédécesseur, Beautifulgarbage est un bon petit album pop comme on les aime, dans lequel le groupe américain déploie tout son savoir-faire pour nous livrer une musique acidulée et punchy. Certes, ces treize morceaux de facture classique ne se hasardent pas à sortir des sentiers battus. Les mélodies, souvent patinées dun style sixties forcément séduisant, restent très accessibles, et quand les guitares saffolent un peu pour nous muscler tout ça, elles se gardent bien de trop agresser nos précieux tympans. Excepté un ou deux titres indésirables (notamment Untouchable), on peut déguster sans réticence ce CD extrêmement plaisant, jamais ennuyeux, qui offre de très bons moments.