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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Nostalgie de la féroce ambiance de la France "d'en bas", 26 janvier 2006
Glacé, noir, désespéré, pervers à l'érotisme abrupte et extrêmement violent, " Un Linceul n'a pas de poches " est une histoire compliquée, pas très aboutie par rapport au roman éponyme de Horace MacCoy, célèbre auteur américain du best-seller " on achève bien les chevaux ". Jean-Pierre Mocky et Alain Moury adaptent librement (c'est écrit au générique !) le récit et le transposent en France, dans les années 70 en ne conservant que le nom du héro et sa quête de la vérité à travers les lignes d'un journal qu'il écrit pour dénoncer les injustices de sa ville -sa de ville, comme il le mentionne si bien. Jean-Pierre Mocky se met en scène et endosse le personnage de Michel Dolannes, journaliste obsédé par la vérité qui n'hésite pas à démissionner de son quotidien pour lancer un brûlot sans le moindre sou. Il sera aidé par ses proches (dont le commissaire Bude allias Jean Carmet ; magistral) qui deviendront de plus en plus nombreux puis finalement prit en chasse par une bande de communistes, députés d'extrême gauche, d'extrême droite et de fortes personnalités de la ville. La pirouette finale est à saluer, le suspense reste intact et Mocky s'impose en virtuose de la coda ! Sorti un an après le méconnu " l'ombre d'une chance ", le film est lui aussi abattu par la critique et fait un bide monumental. La seule chose qui sauvera le film : la musique qui sera nominée aux Césars 1976. Vite devenu un phénomène (à la trompette, Jean-Claude Borelli), c'est cette petite musique qui aidera financièrement Jean-Pierre Mocky à réaliser d'autres films en changeant finalement de sujet pour éviter la controverse et la censure qui aime à le bannir à chaque nouvelle sortie dans les salles. La critique sociale sera vue d'un ½il plus moqueur et amusant (" L'ibis Rouge " /1975). " Un linceul n'a pas de poches " reste malgré tout une grande ½uvre pas totalement maîtrisée par son auteur, délaissé par une interprétation qui tire sur le théâtre, par un humour noir et un registre de langue cru et vulgaire. Dès le début, on est servi par un générique follement excitant ! Mais le point fort de cet ovni cinématographique reste le casting, impressionnant, mettant en scène des vedettes de l'époque dont tous les Michel (Galabru, Constantin, Serrault, Lonsdale) du cinéma français et LA " Emmanuelle " Sylvia Kristel, complètement nue dans sa piscine sous le regard outré de Mocky ! Le film fit sensation à sa sortie en salles et même s'il a un peu vieilli avec les années, il garde toute sa puissance de dénonce, son insolente perversité sur la société de l'époque, les politiciens, les journalistes, les services sociaux, les scandales métaphysiques, la mondaine... Tout est passé au crible par la plume de Dolannes, s'imaginant un chemin à se frayer pour enfin sortir du tunnel de la mythomanie et voir enfin la lumière sur des sujets tabou. Mais où mènent les enquêtes de plus en plus dangereuses, Dolannes se laisse perturber par son ex femme et s'engouffre au sein d'une cabale généralisé qui veut sa peau ; au fur et à mesure que les numéros du " Cosmopolit " paraissent. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky laisse tout son talent au profil de décors somptueux plongés dans la nuit et le macabre des rues. L'action se passe principalement dans le noir, pour éclairer ne serait-ce qu'un soupçon d'une part de la vérité qu'il balance au grand jour. La tension est forte pour son personnage, elle se ressert autour de lui et il est finalement contraint de se faire oublier en continuant d'imprimer ses éditions chez un ami de sa copine, Grissom, incarné par Francis Blanche dans son tout dernier rôle. Mais il ne baisse pas les bras pour autant. Il continue à publier le Cosmopolit pour éclairer une nouvelle affaire : le meurtre, déguisé en suicide d'un cheminot écrasé par un wagon. L'affaire est un peu plus complexe car l'enquête abandonnée par la police se rapproche du maire de la ville, Blesh, interprété par le grand Michel Serrault. Culli (Michel Constantin) chef typo dans l'imprimerie du grand quotidien fourni un alibi à Dolannes qui lui sera fatal : le témoin oculaire de ce fameux meurtre. Ayant des relations avec la fille du maire, Dolannes l'épouse de suite (elle qui rêve de " baiser " avec lui) pour pouvoir se rapprocher des magouilles et enfin faire éclater le scandale. La mort du cheminot n'était pas un suicide ! Mais le témoin est vite retrouvé par les hommes de main de Blesh qui torturent atrocement la femme qui détenait la vérité. Dolannes est véritablement perdu... Sous couvert de polar, Jean-Pierre Mocky arrose de sel la crudité des images (choquante séquence où ce dernier se fait tabasser) en insultant les hypocrisies d'une certaine France. Ce drame social d'une précision diabolique cache derrière la terrible vérité, des idées de mise en scène, des cadrages pointus, un scénario soigné et un vrai message d'appel à la liberté d'expression. Bien que le sujet soit vaste et depuis assez démodé, le temps a fait son effet sur lui, même si les propos sont encore d'actualité, " Un Linceul n'a pas de poches " reste un classique du film contemporain français au retournement de situation grotesque et implacable ! Une rareté à revoir au plus vite pour s'initier à l'½uvre d'un grand cinéaste incompris et bien souvent le seul à savoir aussi bien gérer policier et grand guignol. C'est l'époque du Mocky bagarreur, qui remplaçait ses cascadeurs pour éviter une rallonge de salaire. C'était l'époque où Mocky s'éclatait le crâne et comptait ses points de suture. C'était un autre Mocky, jeune et introverti dans sa manière de faire du cinéma. (Film interdit aux moins de 12 ans)
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Liberté d'expression, 29 décembre 2004
Quel plaisir de pouvoir enfin découvrir les films de ce cinéaste culte et méconnu, du moins en Amérique. La qualité est plutôt moyenne et comporte quelques défauts notamment lors des scènes de nuit qui sont trop sombres et du mixage sonore qui laisse carrément à désirer. Que cela ne tienne, ça reste une occasion unique de découvrir cette oeuvre importante d'un cinéaste singulier. Un film provocant qui n'a pas trop mal vieilli et qui reste toujours d'actualité surtout en cette période de mondialisation et de contrôle des médias.
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4.0 étoiles sur 5
Depuis 1963..., 13 août 2009
... j'ai toujours eu un faible pour Mocky, comme,gamin, j'avais un faible pour les contes de fées. Vers 1910. Clémenceau disait, "La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la m..., mais pas trop". Vers 1930, Paul Valéry écrivait : "la politique, c'est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde". En 1981, Coluche déclarait : "J'arrêterai de faire de la politique quand les politiciens arrêteront de faire rire", ce qui dénotait un certain optimisme de sa part, CAR ILS N'ONT JAMAIS FAIT VRAIMENT RIRE (particulièrement lorsqu'ils l'ont fait éxécuter après avoir 'suicidé' son imprésario - l'enquête fut un modèle de la sujétion policière aux impératifs politicards): même lorsqu'ils sont risibles, leur nocivité n'incite pas à la rigolade.
Depuis un certain nombre d'années, je ne cesse de répéter que la SEULE façon de résoudre le problème serait de mettre une balle entre les deux yeux de TOUS le s politiciens à travers le monde, de manière à faire comprendre à ceux qui voudraient de faire élire qu'ils n'ont qu'une chose à faire : faire ce qu'ils prétendent réaliser. Que Bush n'ait pas été devant un peloton d'éxécution après avoir été frappé d'indignité mondiale ne fait qu'apporter la preuve que ces ordures ont raison de se considérer (comme Nixon il y a quelque temps) au-delà des lois qu'ils imposent aux abrutis qui les ont élus (Céline écrivaitait : "Et le dimanche, ils jouaient à voter pour se croire libres"; les seuls qui aient un semblant de liberté sont ceux qui vont à la pêche le jour des élections; au moins ne participent-ils pas à la grande tromperie.
Les Romains ont créé les bases de la démocratie (qui devrait être désormais rebaptisée 'Merdocratie' : panem et circenses. A present, cette devise est devenue "McDo et Télé".
Il serait amusant (quoiqu'impossible) que Mocky puisse faire de certains de ses films des 'remakes' adaptés à la stupidité ambiante, qui a largement dépassé tout ce qu'il essayait de ridiculiser à l'époque!!!!
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