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5.0 étoiles sur 5
Deux oeuvres majeures de deux grands compositeurs américains, très bien interprétées, 30 juillet 2009
Charles Edward Ives est né en 1874 à Danbury, Connecticut (USA). Son père, George Ives, était chef de la musique de l'artillerie de l'union dans l'armée des États-Unis durant la guerre de Sécession. L'une des choses ayant pu avoir influencé sa future esthétique musicale fut d'avoir écouté dans la place de Danbury la fanfare de son père jouant simultanément avec d'autres fanfares venant des autres côtés de la place. Celui-ci lui donna quelques cours de théorie musicale avec une grande ouverture d'esprit, encourageant son fils à expérimenter des harmonisations bitonales voire polytonales ; Charles Ives s'entraîna ainsi à chanter des mélodies dans une tonalité, tandis que son père l'accompagnait dans une autre tonalité. Son père lui fit également découvrir la musique de Stephen Foster (1926-1964), le créateur de la chanson populaire américaine. Charles Ives partit pour New Haven en 1893, fut diplômé à l'Hopkins School puis, en septembre 1894, suivit à l'Université de Yale les cours d'Horatio Parker (1863-1919), et y termina ses études dans des domaines très divers, comprenant le grec, le latin, les mathématiques et la littérature. Il eut une remarquable carrière dans les assurances, fut président de « l'Ivy League », association élitiste regroupant les meilleurs des anciens élèves des huit plus anciennes universités privées du nord-est des États-Unis, tout en étant à cette époque un compositeur prolifique, jusqu'à ce qu'il soit victime d'arrêts cardiaques en 1918. En 1930, il prit sa retraite, ce qui lui donna plus de temps pour se consacrer à la musique, mais il resta incapable d'écrire de nouvelles compositions, révisant toutefois dans les années 1940 sa « Concord Sonata » pour piano. La musique de Charles Ives fut ignorée pendant presque toute sa vie, et beaucoup de ses oeuvres durent attendre de nombreuses années avant d'être créées ; Henry Cowell (1897-1965) et Elliott Carter (né en 1908) furent parmi les premiers défenseurs de sa musique. Ives est mort en 1954 à New York. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter deux Sonates pour piano, quatre Sonate pour violon et piano, un Trio avec piano, deux Quatuors à cordes, « The Unanswered Question » pour formation de chambre, « Central Park in the Dark » et dix « Sets » pour orchestre de chambre, deux « Sets » pour orchestre, dont « Three Places in New England », cinq Symphonies, dont la « Holidays Symphony », plusieurs oeuvres chorales pour Choeur ou pour Choeur et orchestre, ainsi que cent quatorze Mélodies.
Samuel Osborne Barber est né en 1910 à West Chester, Pennsylvanie (USA). Il étudia au Curtis Institute of Music à Philadelphie, où il fit la connaissance de Gian Carlo Menotti (1911-2007), avant de devenir élève de l'American Academy de Rome en 1935. L'année suivante, Samuel Barber écrivit son Quatuor à cordes Op. 11 en si mineur, dont il arrangera plus tard le second mouvement - à la suggestion d'Arturo Toscanini - pour orchestre à cordes sous le nom d'Adagio for Strings, puis pour choeur sous le nom d'Agnus Dei. Ce mouvement, devenu très populaire, est utilisé pour les funérailles d'État et les services commémoratifs publics des États-Unis depuis la mort de Franklin D. Roosevelt. Pendant la seconde guerre mondiale, il servit dans l'Army Air Corps, où on lui commandita sa seconde Symphonie, « Symphony Dedicated to the Air Forces », créée début 1944 par Serge Koussevitsky à la tête du Boston Symphony Orchestra. Barber révisa la partition en 1947, puis la détruisit en 1964 ; elle a récemment été reconstituée. La musique de la maturité de Barber est notamment caractérisée par l'utilisation de la polytonalité (Symphonie N° 2), de l'atonalité (« Medea », « Prayers of Kierkegaard »), du dodécaphonisme (« Nocturne », Sonate pour piano) et du jazz (« Excursions », « A Hand of Bridge »). Il fut très affecté par l'échec de la première, le 16 Septembre 1966, de son troisième Opéra, « Antoine de Cléopatre », mis en scène par Franco Zeffirelli, échec en partie dû aux nombreux fiascos techniques ayant émaillé la représentation. L'Opéra avait été composé pour l'ouverture du nouvel Metropolitan Opera House du Lincoln Center de New York ; atteint d'une dépression, Barber vécut plusieurs année totalement reclus. Il est mort d'un cancer à New York en 1981. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter une Sonate pour piano, une Sonate pour violon et piano (qui avait reçue le Prix Joseph H. Bearns de la Columbia University, partition perdue ou détruite ensuite par le compositeur), le célèbre Quatuor à cordes et ses dérivés, « Summer Music » pour Quintette à vent, un Concerto pour piano, un Concerto pour violon, un Concerto pour violoncelle, le « Capricorn Concerto » pour flûte, hautbois, trompette et orchestre à cordes, deux Symphonies, trois « Essay for Orchestra », « Music for a Scene from Shelley », l'Ouverture « The School for Scandal », le Ballet « Medea », « Prayers of Kierkegaard » pour soprano, choeur et orchestre, trois Opéras, « Vanessa », « A Hand of Bridge » et « Antoine de Cléopatre » déjà mentionné, ou bien encore des oeuvres vocales, « Knoxville: Summer of 1915 » sur un texte de James Agee, et « Dover Beach » sur un texte de Matthew Arnold.
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