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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
La critique de CineMovies.fr, 21 novembre 2005
Par Un client
L'un des premiers personnages à faire son apparition dés la fin du générique de "Casablanca Driver" est celui de Bob Wise (l'entraîneur du dit Casablanca), interprété ici par Dieudonné le magistral. A voir sa tête échevelée façon Jackson Five, on se dit que le ton est donné… Prenant le contre-pied du documentaire "When We Were Kings" (l'histoire de Cassius Clay), "Casablanca Driver" raconte les préparatifs, l'historique, du combat le plus nul de l'histoire de la boxe : un combat qui débuta précisément le 23 mai 1969 à 20h30, au Stade du Roi Baudouin, et qui opposa Jimmy La Renta, prétendant au titre mondial, au plus looser des boxeurs de l'époque, le bien nommé Casablanca Driver dit Casa, joué par Maurice Barthélémy (le petit teigneux et chauve des Robins des Bois dont c'est ici le premier long métrage). Truffé d'ingéniosités - reconnaissons-le -, la première des supercheries de Barthélémy est d'avoir conçu un film sur le mode du documentaire. Images détournées, utilisations des flash-back, faux témoignages et documents d'époques falsifiés, constituent les fondements d'un film d'une heure trente pétante, et la base de tous ses délires. L'autre douceur proposée par le réalisateur est d'avoir conçu un personnage central qui s'exprime dans un langage incompréhensible, composée d'espagnol, de portugais, et je ne sais quels autres idiomes empruntés aux langues de l'Est. A la manière d'un Keaton ou d'un Llyod, son personnage en devient muet, s'exprimant bien mieux par une gestuelle frénétique. Fatalement, les seconds rôles apparaissent primordiaux au cheminement du film. Si Maurice Barthélémy reconnaît que l'écriture de son film se fit au fur et à mesure, le soir (après les cours dirions-nous), le comique a su s'entourer de tous ses potes et amis pour le supporter dans la grande aventure de la réalisation. Il n'y a qu'à s'attarder sur le casting pour s'en convaincre. Fatalement encore, associer les Nuls aux Robins, plus Patrick Chesnais, plus Dieudonné (énorme !), plus Isabelle Nanty, plus, plus, plus, donne un film aux gags sans fin, où l'absurde joue des coudes au décapant, au grotesque, aux clowneries les plus incongrues et débiles. Cela en devient même un jeu de chercher à reconnaître au fil de l'histoire l'arrivée d'un tel ou un tel (même Plastic Bertrand est de la partie, comme Dominique Rocheteau et bien d'autres encore). Bien entendu, si vous faites partie de ceux qui détestent l'humour à la Canal, passez votre chemin. Le film-docu. surréaliste de Maurice Barthélémy joue beaucoup sur une esthétique façon rock-garage, dans l'image mais aussi dans l'esprit (Barthélémy dit s'être influencé de la Blaxploitation), jouant des modes et des couleurs (bonjour le travail de récupération des ameublements façon 50's, 60's, 70's et 80's) - les décors participent d'ailleurs activement à l'atmosphère décalée du long-métrage. Et comme si le casting ne suffisait pas, Barthélémy - grand amateur de Gotlib s'il en est - a truffé son film d'éléments anecdotiques à la manière de la Coccinelle mangeant ses brocolis qui intervient subrepticement dans les planches du dessinateur. Un exemple à se rouler parterre : après une hospitalisation, une foule d'admirateurs attend, à grand renfort de pancartes et slogans, le boxeur à sa sortie. Sur une des affiches, on peut lire : "Télécharge sur casa !" (moi, ça me fait beaucoup rire). Reconnaissons encore que le scénario est bien ficelé, avec beaucoup de rebondissements pour un véritablement spectacle burlesque. Ce n'est qu'à la toute fin du film que vous connaîtrez le destin de Casablanca Driver, un boxeur gavant, usant, fatigant pour son entourage, pour sa famille... "Todo match !" Reynald Dal Barco
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