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15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
... ET UN FILM TRES REUSSI., 11 mars 2008
Merci au docteur-commentateur pour son analyse pertinente du fond de ce film. Pour ma part, et plus modestement, je parlerais de la forme. Car UN HEROS TRES DISCRET, est le prototype même du film très bien fait, très bien écrit, très bien joué.
C'est un film de Jacques Audiard, et comme le papa du réalisateur (Michel), le héros du film est habile avec les mots. Sauf qu'il ne les prononce pas lui-même, il laisse aux autres le soin de les dire, et ne les contredit pas. Si le héros (Albert Dehousse) se tient les côtes en grimaçant lors d'une partie de tennis, la rumeur court aussitôt dans le public : il a reçu une balle pendant la guerre. Il ne niera pas, mais ne confirmera pas non plus. Et la légende est en marche. Essayer avec votre entourage, ça marche réellement. C'est grisant. Moins on en dit, plus les autres en rajoute !
C'est depuis son enfance qu'Albert Dehousse s'invente des histoires, et la guerre arrivée, il devra, pour s'en sortir, faire appel à son talent, cette arme si particulière : le mensonge par omission. Il va ainsi traverser les années, monter les échelons de la hiérarchie militaire et administrative, se construire un personnage, une histoire, une légende. Albert devra faire face à deux ennemis : un rival, méfiant, qui cherchera à le piéger, et une femme, dont il sera amoureux, devant la quelle il devra se mettre à nu, dans tous les sens du terme, et se dévoiler.
Jacques Audiard réalise un grand film, divertissant, sur une période noire de notre histoire, excellemment bien interprété : Kassovitz est parfait, mais aussi Dupontel, Anouk Grimberg... La mise en scène est très académique, le rythme soutenu, les rebondissements riches, et bien sûr, les dialogues sont ciselés à la virgule près. Avec DE BATTRE MON COEUR S'EST ARRETE et SUR MES LEVRES, Jacques Audiard a depuis trouvé sa place dans le cinéma français, dans un registre plus noir et social.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Les vies les plus belles sont celles qu'on invente, 21 septembre 2004
Une bien belle histoire! Dans les sombres années 40, Albert Dehousse, un garçon timide et rêveur, s'invente une vie passionnante et arrive à persuader son entourage qu'il est un héros de la Résistance. L'engrenage s'active et Albert se retrouve propulsé aux plus hautes fonctions de l'Armée française d'occupation (en Allemagne). Sa devise: "Les vies les plus belles sont celles qu'on invente".
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9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
L'absurdité historique du mensonge, 29 janvier 2008
Un film surprenant sur un anti-héros de la guerre. Il ne fut rien. Il ne fit rien. Il s'inventa toute une carrière dans la résistance en France et en Angleterre au point de devenir un colonel de l'armée d'occupation en Allemagne avec l'autorité suffisante pour faire fusiller sur le champ sept Français engagés volontaires dans la SS et capturés en zone d'occupation française. Cela l'a amené à une crise morale qui l'a fait démissionner et confesser son imposture. Il s'en tirera avec trois ans pour bigamie. Absurde. Non pas le verdict mais les temps qui permettaient de tels verdicts. Il est vrai que c'est le temps ou un certain Papon passait du service diligent pour ne pas dire zélé aux ordres de déportation des juifs de Bordeaux en 1944 au service de la république rétablie sous l'aile de Chaban Delmas et jusqu'à devenir préfet de police à Paris sous de Gaulle et ministre de Giscard d'Estaing. Ce petit Albert Dehousse est pour le moins un petit. Mais il fera sa petite carrière de fonctionnaire dans divers ministères et autres services. Tout sur un mensonge éhonté, connu, reconnu, mais jamais condamné. C'était un temps où plus le mensonge était gros, plus il était cru. Mais les temps ont-ils vraiment changé ? Certes le linge de maison ou la layette ne désignent plus des bombes et explosifs, mais ce ne sont là que des mots sans plus de valeur que les lettres qui les composent.
Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines
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