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Première escapade en solo réussie pour le leader des Whiskeytown. Si avec son groupe, Ryan Adams aimait à marcher dans les traces des Stones et de Big Star, en solo il fait plus penser à Paul Westerberg des Replacements et se permet quelques fantaisies comme de recréer le son de
Blonde On Blonde sur "To Be Young". Ethan Johns, le fils du mythique Glyn Johns (Stones, Beatles, Led Zep…) assure la production et les rythmiques. C'est du joli travail, sans artifices, impossible à dater. Gillian Welch et Emmylou Harris (deux des cautions d'authenticité du
O Brother des frères Coen) semblent de bonnes fées venues se pencher sur le berceau d'un grand songwriter, délicat et émouvant. Joli parrainage !
--Hubert Deshouse
Compact
Rock US – petite discussion en début de disque. La bande tourne et Ryan Adams, pour lenregistrement de son premier album solo sans son Whyskeytown (sans doute lun des musts actuels en matière de rock US mâtiné de country alternatif, mais personne na eu jusquà présent la présence desprit de distribuer le groupe chez nous), semble détendu, sûr de lui... Ça ne la pas empêché davoir mis tous les atouts de son côté, dont une poignée dinvités dont Emmylou Harris pour un très beau duo. On pense successivement à tout ce qui sest fait de mieux de lautre côté de lAtlantique ces trente dernières années, en matière de folk, de rock ou de country, pour finalement en arriver à la conclusion que Ryan Adams, définitivement, fait partie de cette race à part de songwriters qui ont ça dans le sang. Impossible de tricher, létalage de tripes se fait nécessairement dans leffusion de sentiments (souvent contradictoires) et si linspiration se fait disparate, lensemble nen demeure pas moins cohérent et homogène. Un talent décriture plus quune voix, Ryan Adams comble ses petites lacunes par ses grandes qualités, faisant de ce
Heartbreaker davantage quune collection de chansons de plus, mieux quun album constat de rupture ; à limage dIggy Pop, dans un registre complètement différent, qui a su aller chercher au plus profond pour exorciser une séparation difficile, en la transposant sur disque. Entre orchestrations racées et épurées, mélodies enchanteresses, textes à la rage contenue ou totalement virevoltante, et de temps à autre juste ce quil faut de second degré pour éviter nombrilisme et lassitude, Ryan Adams se montre maître en la demeure. En dautres termes, plus simples mais ô combien efficaces, on appelle ça un très grand disque...