Commentaires client les plus utiles
|
|
9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le versant tragico-burlesque des 120 Journées de Sodome, 4 juin 2007
Enfin édité en DVD, voici un des films cultes des années 1970. Très controversé, méprisé ou incompris, ce film est un bijou délectable, entre anarchie, édonisme, poésie et pessimisme. Un grand banquet du corps et de l'esprit, véritabel suicide collectif doublé d'une réflexion sur la société de consommation, la perte des idéaux et la difficile adéquation entre nos aspirations et notre incarnation. Un film jouissif aussi, notamment en raison du malaise qu'il suscite chez un certain public ... Le tout servi par un casting de rêve : Piccoli, Noiret, Mastroianni, Tognazzi et Féréol, superbe. L'édition est très réussie, par ailleurs.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
SCENE D'ORGIE... ET SAINE ORGIE ! , 4 juillet 2008
LA GRANDE BOUFFE est un film passionnant, un de ceux que l'on regarde systématiquement jusqu'au bout, même si on le connaît. C'est un film, on le sait, qui a beaucoup choqué, divisé (interdit au moins de 18 ans en 1973). Je n'irai sans doute pas jusqu'à écrire de Ferreri est un esthète. La maison, le décorum, renvoie à l'idée qu'on se fait d'un bordel de luxe, et à l'origine sociale de ses occupants : de bons et riches bourgeois, dont on imagine qu'ils ont grandi avec des codes, des principes. Mais ils en ont marre. Les carcans explosent. En finir, mais en finir en beauté. C'est à dire, se permettre tout ce qu'on nous interdit dans la bonne société : de la bouffe, avec les doigts, gras, si possible, des rots, des pets. Et bien sûr, du cul. Une orgie, une vraie, à la romaine ! A en crever... Et l'idée de la mort rôde durant deux heures. La mort est là, mais on n'ose la nommer. Le film cocasse, truculent, vivant, se révèle être une tragédie, morbide, l'agonie scrutée au microscope.
Le précédent commentateur a magnifiquement parlé du personnage joué par Andréa Ferréol. Je rajouterai par contre une chose, et pas des moindres. L'atout du film. Ce qui participe aussi de son magnétisme : les comédiens. Le quatuor est fabuleux (les personnages portent le prénom des acteurs) et Andréa Ferréol, qui logiquement aurait être écrasée par cette troupe, existe pleinement. Elle est superbe. Elle rayonne. Quelle acrice ! Je l'adore ! On a à l'écran ce que je considère comme deux des cinq plus grands acteurs du monde : Marcello Mastroianni, et Michel Piccoli. Quel bonheur de les voir ensemble. Noiret et Tognazzi complètent cette troupe incroyable, qui se prête avec justesse et apparente facilité, aux exigences perverses de leur metteur en scène. Marco Ferreri réalise sans doute son film le plus célèbre, mais aussi le plus réussi, dont les dialogues français sont signés... Francis Blanche.
LA GRANDE BOUFFE est à ranger aux côtés du DERNIER TANGO A PARIS ou ORANGE MECANIQUE, des oeuvres fortes, dérangeantes, jugées malsaines. Finalement, ces films sont très sains, au contraire. Remercions leurs courageux auteurs, ils ont défriché le terrain.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Ferreri-Bugatti, 1 juin 2008
Le film est somptueux. D'habitude, dans les grandes scènes de repas, on voit des tables immenses, et...des mets froids (poulets, légumes, sauces, etc...tous froids). Ici, les plats fument, les viandes, les pizzas, sont appêtissants, et puis le décor est super-soigné : aucune trivialité mais au contraire des meubles, des tableaux, un environnement bourgeois de grande classe. Au début, les 4 amis mangent en regardant une suite de diapos sur grand écran : noir et blanc, début de siècle, sans aucune pornographie. Ferreri est un esthète, et puis il y a la douceur : ces quatre gamins s'aiment comme des copains d'école, avant que la jalousie et la bêtise de l'âge adulte ne les aient définitivement corrompus. Andréa Ferréol est la mère absolue, femme et amante, maternelle jusque dans la mort. Les enfants se gavent sous son oeil bienveillant, et elle s'offre à eux comme une récompense charnelle. Les putes ne font que passer : elles n'appartiennent pas à leur monde, un univers de naïveté et d'innocence qui ne peut déboucher que sur la surenchère. Dans un accès d'impuissance, Marcello voudra fuire, au volant de la Bugatti réparée, mais il restera, figé par le gel, dans la propriété de Noiret, qui achèvera l'oeuvre, dans les bras de la femme-mère attentive et compatissante...
C'est du Bunuel revisité par Rabelais, c'est un chef d'oeuvre.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|