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42 internautes sur 48 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Attention, chef d'oeuvre, 10 juillet 2008
Pas de happy end ici, l'argent gagne. Racontant l'ascension puis l'aliénation progressive d'un magnat du pétrole, There will be blood ("ça va saigner") fait monter la tension lentement, doucement, durant 2h40, pour aboutir à un final explosif de cynisme et de violence.
C'est probablement l'un des plus grands films que j'ai eu le privilège de voir. Aucune concession, aucun compromis, de l'art à l'état pur, comme ce début d'un quart d'heure sans dialogue ; amateurs de blockbuster, rentrez chez vous. Chaque plan du film pourrait être tableau de maître. La musique, lancinante, un peu comme dans les films de Kubrick mais en moins bizarre, participe à l'ambiance extraordinaire qui se dégage de la pellicule.
Daniel Day-Lewis est monumental (encore une fois), et Paul Dano, qui lui fait face dans ce duel pour le pouvoir, bien que jeune, lui tient tête jusqu'au bout.
Un film majeur, incontournable, exigeant envers le cinéphile.
De la peinture ce film, de la peinture.
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17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
UN MONUMENT, 4 septembre 2008
A-t-on raison de comparer PT Anderson à Welles ou Kubrick ? A la vue de ce sublissime THERE WILL BE BLOOD, on serait tenté de répondre oui.
Sans déflorer l'épilogue de ce film, les dernières scène nous évoquent évidemment les errements de Charles Foster Kane, dans sa propriété de Xanadu. L'itinéraire des deux héros, la réussite professionnelle, les moyens d'y parvenir, le délabrement de la vie privée, peuvent être mis en parallèle. Cependant, Orson Welles faisait appel à la psychologie pour dépeindre Kane et sa vie intime, alors que PT Anderson, n'y a pas recours. C'est à cela qu'il se rapproche aussi du cinéma de Kubrick. Pas de psychologie ici, une étude plus universelle. Et puis surtout, Anderson rejoint Kubrick sur son terrain favori : la folie.
Le personnage de Plainview, est un ambitieux. Son seul credo : le pétrole. Son arme : l'argent, pour acheter les terres, contrôler les hommes. Face à lui, Eli, prêcheur, qui rêve de gloire aussi, et contrôler les esprits. Son credo : Dieu. Son arme : les sermons. Chacun va aller au bout de sa quête de pouvoir, de contrôle absolu, sombrant vers la folie. L'affrontement est inévitable.
THERE WILL BE BLOOD est assurément un des plus grands films américains réalisés depuis LE PARRAIN de Coppola. Il pointe du doigt deux des grandes obsessions américaines, Dieu et l'argent, se situe de grands espaces rugueux et sauvages, et raconte l'ascension d'un homme venu de rien. Plainview me rappelle aussi le personnage de Sean Connery dans L'HOMME QUI VOULUT ETRE ROI de John Huston, dans ses rêves insensés de domination, persuadé d'avoir réussi une fois assis sur son trône d'or (autre grand film philosophique et populaire).
Mais si THERE WILL BE BLOOD est un chef d'oeuvre, c'est aussi grâce à la mise en scène d'Anderson. Encore une fois, le fantôme de Kubrick plane sur les premières séquences, musique et écran noir (« 2001 »), premier quart d'heure sans dialogue. Anderson en dit plus long avec une image qu'avec 10 lignes de dialogue. Dès la séquence de la mine, on est subjugué, happé par le récit, qui ne nous lâchera pas pendant 2h40. La photographie exacerbe les passions, et les accords de violons angoissants semblent nous prévenir sans cesse que le pire est à venir. Anderson est moins maniéré que dans ses précédentes réalisations, il y a moins de plans séquences spectaculaires. Il n'est plus dans l'hommage (celui de Jacques Tati dans le malicieux PUNCH DRUNK LOVE). Il a trouvé la forme juste, à la fois classique, brutale, crépusculaire, flamboyante ! A l'image de son sinistre héros. Anderson signe son plus beau film, dans une carrière originale, et sans faute.
THERE WILL BE BLOOD est un monument, un film qui survole aisément la production actuelle. David Lynch avait touché au sublime lui aussi avec MULHOLAND DRIVE, mais dans un genre plus cérébral. Car THERE WILL BE BLOOD est aussi (et surtout) un formidable récit d'aventures, populaire, rythmé, haletant. La course au gisement est passionnante, spectaculaire. Le personnage de Plainview nous hantera longtemps, comme cette épilogue hors norme, qui nous laisse chancelant, de longues minutes encore après le générique.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une oeuvre majeure du 7ème Art du 21ème siècle, 17 juillet 2009
Une œuvre claustro, complète, et complexe sur un personnage profondément misanthrope, cupide, et obnubilé par l'or noir, affrontant une Amérique à la fois naïve et bigote. Une parabole puissante sur les USA, déchirés entre vénalité et piété extrémiste. L'argent en sort vainqueur, dans le sang.
L'interprétation de Daniel Day Lewis est une fois de plus saisissante ; il est confronté à l'étonnant Paul Dano (Little Miss Sun Shine), qui réussit le miracle de paraître à la fois fragile et flippant de puissance. Ils excellent tous les deux dans des rôles de frapadingues dangereux, ambigus jusqu'au bout des ongles. La musique, également actrice du film, est proprement hallucinante : rien d'Hollywoodien dans le traitement sonore du film : c'est dissonant, dérangeant, et mine de rien aussi très beau. La photographie tue les huîtres, le scénar est solide et multicouches... Une vraie réussite !
Les 15 premières minutes sont frappantes, les 15 dernières minutes sont ahurissantes et fracassantes. Et ce qu'il y a entre les 2 est palpitant, tendu ; fantastique. Vraiment, on ressort exsangue de ce film, œuvre probablement majeure du 7ème art du 21ème siècle. Oui, il y a du Kubrick dans There Will Be Blood !
Pour ce qui est du Blu-Ray, la véritable plus-value par rapport au DVD est ici purement technique : son et image magnifiques, dignes de l'ampleur du film ! Si vous n'avez pas de super écran HD et de Home Cinéma un peu sérieux, autant se rabattre sur la version DVD...
Niveau bonus, on retrouve ceux de l'édition collector : scènes coupées, documentaires sur la prospection du pétrole, une impro de Daniel Day Lewis, mais rien de bien passionnant à se mettre sous la dent au niveau du tournage en lui-même (pas même des commentaires du film, Paul Thomas Anderson n'étant pas de base fana de cet exercice).
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