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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Sublime, 14 avril 2009
J'ai trouvé ce film fascinant.
No country for old men raconte l'histoire d'un gars (Josh Brolin) qui tombe un peu par hasard sur un lieu désert où une transaction de drogue à mal tournée. Il s'empare de l'argent, et les ennuis commencent.
Cet homme va en effet être poursuivi par un psychopathe qui veut récupérer la mise plus pour une question de principe qu'autre chose.
En parallèle, Tommy lee Jones incarne un vieux shérif dépassé par la violence excessive que cette simple histoire déclenche.
La violence est devenue habituelle au cinéma, et même banale. Dans ce film, elle prend une dimension effrayante. Ce n'est pas tant la violence qui fait peur, ni l'originalité des mises à mort, c'est le personnage de Javier Bardem qui transpire la mort par tous les pores ; la scène la plus tendue fut pour moi celle où il s'arrête dans une petite épicerie et où, sans menace directe, met la vie du propriétaire en jeu.
Le personnage de Josh Brolin, de son côté, se montre incapable de renoncer à l'argent qu'il a trouvé, il veut le garder, quel qu'en soit le prix.
C'est un film où la vie des hommes comptent moins que l'argent, ce qui n'est pas original en soi, mais prend ici des proportions terrifiantes.
À noter que certaines scènes sont assez bancales, dont celle qui clôt le film. Malheureusement sur ce point je ne peux pas en dire plus au risque de dévoiler des pans de l'intrigue.
La réalisation est lente, sublime, avec un sens du détail très poussé. Les frères Coen réinventent le suspense et le western moderne.
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15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
tout ça à cause de ce maudit pognon... , 11 février 2009
"Signe des temps : quand on ne dit plus "monsieur, madame", c'est le début de la fin." C'est un constat assez terrible que font les frères Coen, et avant eux Cormac McCarthy qui avait écrit le roman que les frangins ont adapté avec brio. J'ai lu le livre par la suite, et c'est incroyable comme le film est fidèle au roman. Mais en plus de ça, les réalisateurs inséparables ont réalisé un film d'une esthétique inouïe. Montage et plans séquences parfaits. Eclairages d'un lyrisme qui rappellent les grands films noirs de la grande époque. Rien n'est laissé au hasard. S'il a déconcerté une partie du public, c'est peut-être parce qu'il n'y a pas de réponse. Ce film est assez complexe, en effet. Rien n'est affirmé. Pas d'opinion (cette maladie de notre époque qui fit dire un jour à Frédéric Dard qu'il était comparable à un trou du cul, "tout le monde en a un"). Ici, c'est au spectateur de réfléchir, de trouver ses réponses, ça demande peut-être un certain effort intellectuel, mais c'est à la portée de tous. Bien sûr, le film est extrêmement violent, peut-être bien le plus violent de leur filmographie.
Le film se passe à une époque charnière dans le monde occidental. Le début des années 80. Changement d'époque, transition radicale (fins des idéologies, déclin des croyances et valeurs issues de l'après-guerre), c'est un peu le constat du film : à partir des années Reagan, tout s'est précipité : ultra-libéralisme sans règle ni morale, montée exponentielle de la criminalité, culte du pognon. Le flic est un homme tranquille qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Il se sent dépassé. Sa vie, jusque-là routinière, se trouve bouleversée par un tueur sans foi ni loi. Ses questions métaphysiques ("J'ai toujours pensé que lorsque je serai vieux, Dieu finirait par entrer dans ma vie, je l'attends toujours") sont sans réponse, comme ce film, qui se termine de façon inattendue.
PS. Sur les deux rêves (attention au deuxième) : quand un vieux allume un feu, comme l'a fait Cormac McCarthy avec ce roman, peut-être faut-il y prêter une certaine attention... C'est un peu comme une lanterne pour prévenir, pour donner des signaux. Comme un phare pour éviter qu'un navire s'échoue. Un feu dans l'obscurité, un peu de lumière et aussi un peu d'espoir. Comme pour montrer le chemin. Comme pour montrer la voie. Et la voie, s'il y en a une (ou plusieurs), elle n'est certainement pas dans le culte de ce maudit pognon.
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33 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le meilleur Cohen ou presque, 5 août 2008
No country for old men est-il le meilleur film des frères Cohen?
C'est probable. Le scénario est très bon (difficile de manquer le coche avec un livre de Cormac McCarthy à la base), les acteurs en mettent plein la vue (comme souvent chez les Cohen), les dialogues sont savoureux (on retient notamment tous les dialogues impliquant Javier Bardem, incroyable dans son rôle de psychopathe), le situations mélangent à souhait frayeur et causticité, la réalisation et la photographie sont en accord avec le fond du film et en profitent pour nous éblouir.
Après les étendues neigeuses de Fargo - Édition Spéciale, les frères Cohen filment le désert avec un talent qu'ils avaient plus ou moins mis de côté depuis ce fameux Fargo. Ils retrouvent les paysages de Blood Simple, et la verve scénaristique de Miller's Crossing, et signent un excellent film, quoiqu'un peu lent par moment.
Alors est-ce le meilleur film de ces géniaux frangins? Difficile de répondre à cette question, en tout cas, c'est le plus représentatif de leur carrière.
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