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34 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Antony, l'extra-terrestre, 17 janvier 2009
Antony (Hegarty de son vrai nom) est un peu devenu l'artiste à la mode qu'il est de bon ton d'encenser. Avec tous les dangers découlant d'un tel effet de mode ...
"I am A Bird Now" avait révélé un artiste extra-terrestre, une voix d'ange dans une enveloppe corporelle un peu ingrate.
The Crying Light sera l'album de la confirmation et sans doute de la consécration alors qu'il est paradoxalement d'une niveau plus normal que son prédécesseur. L'effet de surprise ne joue en effet plus et les titres qui le composent revêtent une forme, une structure relativement classiques.
Mais cette normalité (toute relative !) qui s'installe nous révèle un artiste d'un niveau exceptionnel qui va sans doute durer au-delà d'un engouement passager.
Bien sûr, il y a sa voix. Cette voix qui suffit à faire d'un titre moyen une pépite inestimable (cf Hercules and Love Affair). Un peu à la manière d'une Billie Holiday, c'est plus par son timbre et son incroyable aura émotionnelle que par une quelconque virtuosité vocale qu'Antony s'impose aujourd'hui comme l'un des plus grands chanteurs en action. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Antony évoque Klaus Nomi comme une des voix l'ayant décidé à faire carrière.
Mais sur "The Crying Light", il n'y a pas qu'une voix. Les Johnsons qui l'accompagnent font également merveille avec des arrangements d'une classe époustouflante et d'une intemporalité de bon aloi. Il y a beaucoup plus qu'un simple singer-songwriter s'accompagnant au seul piano sur cet album.
Les perfectionnistes feront peut-être remarquer qu'il n'y a pas de titre tout à fait aussi fort qu'un You Are My Sister, qu'un Man is the Baby ou qu'un The Lake sur cet album. Peu importe, l'album est d'une cohérence et d'un niveau largement au-dessus de la mêlée et il serait absurde de faire la fine bouche.
The Crying Light est dédié à Kazuo Ono (Ohno), danseur classique japonais centenaire qui figure sur la pochette et qui dansait encore à l'âge de 90 ans.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
...et on tutoie les anges..., 16 septembre 2009
Tout nouvel opus d'Anthony & The Johnsons ! le troisième...
Anthony, c'est avant tout une voix exceptionnelle venue d'ailleurs et largement supérieure à celle de Klaus Nomi auquel on le compare trop facilement. Klaus étant à l'artifice ce qu'Anthony est à l'introspection, au dénuement.
L'homme n'est pas d'ici...peut-être d'une autre galaxie. Ecoutez le, il nous emmène très loin... Sa voix est pleine de douleur, d'élégance et mérite qu'on s'y attarde; car il n'a encore rien dit, son potentiel est énorme.
Il sagit d'un album difficile d'accès, inclassable...il n'en est que plus précieux. N'attendez pas de moi l'attribution d'un genre ou d'une cathégorie précise. Il n'en existe pas !
Après avoir écouté "Everglade", "Epilepsy" ou "Daylight And The Sun", toute autre forme musicale devient accessoire et le retour au monde réel peut prendre quelques heures.
Je vous invite à accepter cette singulière rencontre afin d'y puiser la substantifique moelle, source de découvertes et d'émotions harmoniques...
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29 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Larmes et lumière, 18 janvier 2009
4 années se sont écoulées entre ce 3ème album studio de Antony & The Johnsons (AATJ) et le précédent: " I Am a Bird Now " (sorti en 2005). Entre temps, le groupe nous a livré un EP (octobre 2008) très intéressant mais, à mon avis, peu annonciateur (je préciserai ce point). On ne retrouve d'ailleurs que le titre "Another World" de cet EP, sur ce dernier album.
J'attribue une belle note, après un certain nombre d'écoutes (Mais rien d'anormal; chacun a pu constater que les albums trop faciles s'essoufflent souvent très vite). Toutefois, si j'apprécie ce nouvel album, je l'aime pour l'instant un peu moins que "I Am a Bird Now" (qui avait placé la barre très très haut). La raison principale, et subjective, est que je n'ai toujours pas rencontré de morceau aussi fort et entêtant que "hope there's someone" (un exemple parmi d'autres). L'album présent est tout de même de haut niveau mais dans un registre qui a changé.
Voici ce qui le caractérise et éventuellement tranche avec le passé:
- D'abord, le jeu de piano est omniprésent, prédominant.
- Très peu de batterie ! Deux apparitions franches sur "Kiss My Name" et "Aeon" ainsi que des utilisations très discrètes sur quelques titres (On entend principalement les cymbales). Effet radical: Vous n'userez pas vos semelles en vous "trémoussant" sur ces musiques.
- Cette fois, pas de duos sur cet album d'Antony Hegarty (si ce n'est avec lui-même, puisqu'il me semble assurer les ch½urs). L'apport des coopérations passées (collaborations vocales et/ou instrumentales) avec Rufus Wainwright, Lou Reed, Boy George et Devendra Banhart était considérable.
Ce n'est pas un reproche, juste une constatation. Il a les armes pour s'en sortir comme un grand...Mais c'est une différence non négligeable.
-C'est donc Antony Hegarty qui se livre "seul" à notre appréciation. Seul, oui, mais...entouré d'un orchestre (plutôt genre "symphonique" souvent), utilisé à merveille.
-Mis à part le titre "Aeon" qui est le plus agressif, le plus "rock" (tiens, une guitare électrique?!), l'orchestration tend souvent vers la musique "classique", voire la B.O de film sur le titre "Everglade".
Concernant les paroles, une explication de texte serait parfois nécessaire. Par exemple, sur le beau "Her Eyes Are Underneath The Ground" tout paraissait cohérent jusqu'au moment où je pense qu'il dit "I saw six eyes glistening in my womb" (approximativement : "J'ai vu six yeux briller dans mon utérus"?); le texte a alors perdu son sens pour moi. Il y a donc liberté d'interprétation pour chacun. Mais globalement, si vous êtes anglophones (ou si vous tentez de l'être), on retrouve sur l'ensemble de l'album, des thématiques récurrentes : Le besoin d'un abri et de protection, l'inadaptation au monde, la mort, et l'amour de la vie tout de même!
J'ai intitulé mon commentaire "Larmes et lumière" en référence au titre de l'album bien sûr mais aussi pour traduire l'impression que me laissent les textes d'Antony.
Je trouve l'album très homogène. Je m'attendais à une plus grande variété que laissait peut-être présager quelques titres présents sur l'EP. Ça swinguait véritablement!
Peut-être une piste à explorer à l'avenir (s'il me demande conseille...) pour éviter de s'entendre reprocher de trop tirer sur la corde sensible. Selon moi, AATJ est encore loin d'avoir offert et déployé l'éventail de son potentiel. Peut-être pas encore le moment propice, peut-être question d'humeur.
J'anticipe sur d'éventuelles remarques en précisant que l'album était disponible avant sa date de sortie mondiale en le commandant sur le site officiel du groupe. Ce qui justifie ce billet assez réactif.
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