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18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
VERJEAT ? IL EST A MONTPELIER VERJEAT !, 28 avril 2009
Pierre Granier-Deferre, ou la « qualité française », le bon artisan, la tradition avant tout, et contre cette Nouvelle Vague qui déferlait sur un cinéma alors un peu sclérosé. Dès les années 60, les grandes stars de l'écran, boudées par les jeunes loups des « Cahier du Cinéma », préfèrent tourner avec ce type de metteur en scène, qui ne cherche pas à révolutionner le monde, ni le métier, mais simplement mettre en boite 90 minutes de bon cinoche. C'était plus confortable pour leurs carrières...
On a beau vouer un culte à Godard, à voir cet ADIEU POULET, on aurait raison de lancer : la tradition ça avait du bon ! Ce film est tout bonnement impeccable, reflet d'un cinéma académique, traditionnel, et qui dans les années 70 s'attaquait à des sujets plus sociaux, ou politiques (UNE FEMME FLIC de Boisset).
L'histoire se passe à Rouen, où le commissaire Verjeat est aux trousses d'un tueur de flic, Portor, qui semble-t-il bosse aussi pour le député du coin, justement en pleine campagne électorale. Verjeat, ignorant les mises en gardes de sa hiérarchie, est bien décidé à mettre le gangster derrière les barreaux...
La force de ce film réside d'abord dans un scénario classique mais bien ficelé (Francis Weber au stylo) à la mise en scène efficace, sans bavure, rythmée de Granier-Deferre, et bien sûr, aux comédiens. Deux générations s'affrontent. Lino Ventura et Patrick Dewaere. Le premier est impérial, comme toujours, tire la gueule, distribue des baffes, soupire, et se cuite. Le second, jeune chien fou, vaguement anar, fait des étincelles, insolent face à l'autorité (les scènes chez le juge, avec la maquerelle), mais fidèle en amitié, et finalement, assez respectueux de la génération précédente. Et comment ignorer les seconds rôles, Claude Rich, Françoise Brion, Claude Brosset, Michel Beaune, et bien sûr, Julien Guiomar et Pierre Tornade (dans le rôle de l'inspecteur Pignol ! ça ne s'invente pas !). Comment faire l'impasse sur Victor Lanoux, le corrompu de service, très crédible dans la peau de Pierre Lardatte. ADIEU POULET se revoit tous les ans avec un plaisir intact, pour ces poursuites en R16, son climat giscardien, et pour les confrontations de comédiens.
Jusqu'à la réplique finale d'un Ventura, désabusé, qui jette l'éponge face à la lâcheté de sa hiérarchie, en lançant au député pris en otage : « Verjeat, il est pas là, il est à Montpellier Verjeat ! ». On ne s'en lasse pas.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
très bon polar, 30 novembre 2009
Que voilà encore un bon polar des années 70 bénies, avant que le genre policier ne devienne caricatural. Le savoir faire de Pierre Granier-Defferre à la réalisation, de Francis Veber au scénario, le talent de Lino Ventura, parfait comme à son habitude et impeccablement secondé par Dewaere, dont le rôle de flic décontracté et peu respectueux des convenances semble taillé sur mesure, tout ceci donne un très bon film.
Ajoutons une pléiade d'acteurs secondaires épatants parmi lesquels Françoise Brion dans son rôle habituel de tenancière de maison close.
Mais surtout, grand coup de chapeau à Victor Lanoux pour son interprétation de Lardatte, le politicien corrompu. On savait Lanoux coutumier des rôles de prolos ou de petites frappes, avec cette composition de bourgeois cynique et inquiétant, il prouve qu'il est capable de tout jouer.
Quand le film se conclut par le fameux "Verjeat, il est à Montpellier", on est tout est étonné que ce soit déjà fini tellement le temps a passé vite.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Adieux LES poulets !, 20 avril 2009
1975 annonce pour Pierre Granier-Deferre le retour au polar. Du bon, du gros, du polar à la française...et de qualité surtout.
Pour cette enquête, somme toute classique, menée dans des milieux politiques corrompus jusqu'au trognon, Deferre nous choisit un beau tandem : Ventura, qui ballade sa grande gueule et ses grosses pognes - promettant une distribution de gifles si nécessaire - et Dewaere, tout frais sorti des valseuses 1 an plus tôt, dont la fougue et la jeunesse contrebalancent la force tranquille de Lino.
Dialogues truculents et situations fortes sont au rendez-vous, et le tout est mené de main de maître jusqu'au dénouement final, où le commissaire Verjeat(Ventura) tire sa révérence d'une manière fort délectable.
A l'aube des années 80, Patrick Dewaere s'en va "d'un coup de carabine mal placé", Lino Ventura nous quittera 5 ans plus tard ; on était pourtant pas pressés de leurs faire nos adieux.
Quoique qu'il en soit, et rien que pour eux, un DVD à posséder.
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