Lorsque Sigur Ros sort un nouvel album, c'est à chaque fois le même rituel de l'attente jusqu'à l'achat, à chaque fois la même émotion des premières notes sur ma chaîne poussée à fond. Si vous n'êtes pas de ceux qui achètent les yeux fermés, peu enclin à devoir supporter le poids d'une éventuelle énorme déception, ce dernier album devrait changer vos habitudes.
Car une fois encore, la magie opère. Est-ce dû à la voix, à son timbre unique, ou aux envolées mélodiques dont le groupe semble jalousement détenir et garder la formule, ou bien encore aux couleurs joyeusement pop qui ornent l'ensemble? Sans doute un peu de tout cela. Ne nous y trompons pas, c'est bien un album résolument orienté pop-rock, s'inscrivant dans la continuité de "Takk", que le groupe islandais nous a concocté entre janvier et avril de cette année(!) Et le moins que l'on puisse dire, c'est que notre quatre amis islandais s'y entendent à merveille.
Une perle pour les fans, une bonne entrée en matière pour les novices, qui pourraient toutefois être par la suite chamboulés par "()", autrement plus éthéré, voire onirique. Quoi qu'il soit, impossible de ne pas aimer si l'on aime Sigur Ros; si Jonsi et sa bande tutoient donc la pop et s'essayent à la joie sans jamais céder à la facilité ("Gobbledigook", "Inní Mér Syngur Vitleysingur" et surtout " Við Spilum Endalaust", porteur d'une incroyable énergie positive), ils savent se faire plus silencieux, intimistes à l'extrême ("All Alright"), après nous avoir gratifiés d'une incroyable explosion sonore ("Ára Bátur", aux accents de musique de film avec orchestre symphonique et choeurs d'enfant) et surtout d'un improbable "Festival", oeuvre de cathédrale, l'exact point de rendez-vous entre "Heima" et la fin déchaînée de "Glosoli".
"Festival", pas seulement le morceau de ce nouvel opus, mais un titre qui aurait parfaitement convenu à l'album. Attention, danger d'addiction.