Un an après le fiasco d' Artefact, on tombe sur une nouvelle de Dantec; pas de recueil d'histoires plus ou moins courtes, et pas non plus de long roman, comme d'habitude, mais une nouvelle de 200 pages. On est tenté de présumer la pression des éditeurs, lui forçant à écrire quelquechose de court cette fois-ci, car Dantec aurait été bien capable de produire "un autre Dantec de 800 pages" en un an.
On retrouve tout l'attrezzo dantéquien: Un homme et une femme plus jeune, atteinte d'une "maladie", fuyant un état totalitaire, qui condamme tout ce qu'il perçoit comme danger potentiel, y compris les succésseurs de l'homo sapiens sapiens; une France, une Europe et une planète devenues métaphore physique des pires cauchemards utopiques d' Orwell, Dick ou Anders, en proie à l'absurde; l'ADN bioluminescent; la musique; des cimetières de voitures; des centrales électriques banlieuesardes; le Verbe créateur sous-tendant tout, la litérature Patristique; les gadgets cyberpunk...
Cependant, là où chacun de ces thèmes chers à Dantec auraient pris bien de pages dans ses ouvrages précédants, citations incluses, et agaçant sans doute bon nombre de lecteurs, c'est à peine s'ils sont mentionnés au passage de la fuite des héros qui est racontée dans "Comme le fantôme...", et ceci sous une narration en première personne qui fait parfois penser à ses anciens héros Darquandier et Kernal...
C'est ceci qui rend possible lire d'un trait "Comme le fantôme...", en revenant toutefois en arrière dans l'inévitable morceau que certains qualifieront sans doute de charabia pseudo-mystique, mais qui sert sans doute à distinguer Dantec des écrivains de polars au nom aussi anglophone qu'anonyme.
On distinguera aussi au passage l'univers de "Comme le fantôme...", qui prend place dans un quelque peu étrange début du Troisième Millénaire, où l'argent est quasiment devenu électronique, de même que les cartes d'identité, mais la Station Mir évolue toujours, ainsi que la Station Alpha, jamais devenue ISS, et le 11 Septembre (la MIR a aussi été détruite en 2001) n'a jamais -ou pas encore- eu lieu.
En conclusion, bonne lecture. Du Dantec condensé à l'extrème. Son seul défaut est d'être peu original pour ceux qui ont lu ses autres ouvrages.