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Il ne faut jurer de rien ; On ne saurait penser à tout [Broché]

Alfred de Musset
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Sur un théâtre ancien, faisons des pièces ludiques. Tel pourrait être le mot d’ordre d’Alfred de Musset quand il s’adonne au proverbe, genre dont Il ne faut jurer de rien et On ne saurait penser à tout sont d’incontestables réussites. Impertinentes et drôles, ces pièces bousculent les formes théâtrales empesées et le sérieux des convenances. L’esprit fuse, les surprises succèdent aux quiproquos, les incongruités aux cocasseries. L’alacrité du ton, le sens du rythme et la verve de l’échange dépoussièrent les situations déjà vues et dégourdissent les dialogues. Avec Il ne faut jurer de rien (1836) et On ne saurait penser à tout (1849), voici venu le temps de la jubilation théâtrale
Les deux pièces revendiquent un certain héritage intellectuel, assument une nostalgie littéraire, le génie de Musset transmuant un théâtre de société en une oeuvre dramatique originale et nouvelle. Il ne faut jurer de rien et On ne saurait penser à tout confirment la préférence pour la « fantaisie à la française », comédies où se croisent l’humour et l’esprit, deux qualités que Musset attribue au génie dramatique qu’il admire le plus, Molière. Dans nos deux pièces, cinq personnages se croisent (si l’on excepte les utilités). L’intrigue est en général assez mince. Dans Il ne faut jurer de rien et On ne saurait penser à tout, un mariage doit se conclure, mais, à la ligne droite des consentements mutuels, les jeunes héros préfèrent les courbes romanesques et les épreuves du coeur. On le voit, la mythologie personnelle de l’auteur et une pointe de marivaudage enrichissent le genre des proverbes. La part ludique des deux pièces n’exclut pas une lecture « sérieuse » des moeurs du couple « moderne ». C’est même ce qui singularise la poétique de Musset et le situe entre Molière et Oscar Wilde. Entre vérité du coeur et amusement de l’esprit, Musset travaille à la frontière d’un genre. Les deux pièces de Musset qui se caractérisent par leur sens du rythme, de la formule et de l’à-propos confèrent au présent de l’action densité et humour. Le sens du dialogue, constamment animé par une brillante énergie, imite la conversation mondaine pour mieux s’en démarquer. Jeux de mots et coq-à-l’âne démontrent la puissance de déflagration du langage. Constamment les incongruités interfèrent avec les propos sérieux ou simplement anodins. Les dialogues deviennent un peu fous. Bien des obstacles séparent les amoureux d’Il ne faut jurer de rien et d’On ne saurait penser à tout. Franchies une à une, grâce à « la transparence vagabonde », ces épreuves redonnent un sens à l’amour. Certes, personne n’est tout à fait dupe, et Musset le premier qui refusera d’épouser Aimée d’Alton, mais il est bon de croire au bonheur et de tourner la page à l’heure des confessions intimes.

Détails sur le produit

  • Broché: 296 pages
  • Editeur : Gallimard (7 mai 2011)
  • Collection : Folio Théâtre
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070349454
  • ISBN-13: 978-2070349456
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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Par Christelle TOP 100 COMMENTATEURS
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J'ai vraiment découvert avec "Il ne faut jurer de rien" et "On ne saurait penser à tout", l'originalité d'une comédie écrite pour illustrer un proverbe, un peu à la manière des fables de La Fontaine. Je dirai cependant que ces deux comédies n'égalent pas la profondeur et l'intensité dramatique d'"On ne badine pas avec l'amour".

"Il ne faut jurer de rien" met en scène un dandy, un peu étourdi, Valentin, qui refuse de s'assumer financièrement et compte sur son oncle pour l'entretenir. L'oncle en question, Van Buck, commence à trouver la situation insupportable et aimerait que son neveu "se case". Or, Valentin refuse l'engagement et prefère mener une vie de libertin, car il craint la trahison que pourrait engendrer un mariage. Il va donc tester Cécile. Si la pièce m'a semblé un peu convenue et donc manquant de piquant- on devine facilement ce qui va se passer et nous ne sommes pas forcément happés par le style- j'ai réellement apprécié la conversation dans la clairière où Cécile démasque le faux Don-Juan et réussit à se faire aimer de celui qui la fuyait par crainte. Les dernières pages sont d'un lyrisme poétique touchant et offre un bain de jouvence et de fraîcheur au lecteur en émoi. L'amour est ce qui lie chaque être, chaque végétal, chaque brin de vie. Je regrette cependant la fin un peu lapidaire et le retournement de situation trop abrupt qui permet de conclure, qu'en amour, il ne faut jurer de rien, qu'aucun principe n'est figé, que la conversation peut faire basculer les idées reçues et laisser place à cette douce folie de la passion, encadrée par le raisonnable cadre du mariage.

Concernant "On ne saurait penser à tout", j'ai moins aimé cette pièce que je trouve un peu fade. En voici le propos: la marquise de Gotha (en Allemagne) a accouché. Le marquis doit lui rendre visite et c'est le baron qui l'en avertit, mais le marquis entend épouser la comtesse avant son départ. Par une suite de retournement de situations, on aboutit à la conclusion suivante que dans la vie, on ne saurait penser à tout et que les changements arrivent fréquemment sans qu'on s'y soit préparé. Le caractère de la duchesse, un peu superficiel, m'a moins charmé que celui de Cécile, tandis que le marquis me semble moins intelligent, moins joueur que Valentin. Une pièce donc moins forte en caractère que la première.

J'ai vraiment apprécié l'édition et notamment la très bonne préface de Sylvain Ledda qui explique le contexte historique et littéraire des deux pièces, en n'oubliant pas de signaler les points communs entre Musset et ses personnages masculins qui en sont un peu les projections. Musset était étourdi, aimait l'amour et les femmes. Si sa vie fut brève et ne dura que 47 ans, elle fut intense. Nous trouvons également un riche appareil de notes à la fin, des développements complets sur les différentes mises en scène et enfin, un résumé limpide des deux comédies.
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0 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
Très bien. 15 février 2012
L'article est arrivé rapidement et en excellent état puisque neuf. Le vendeur est digne de confiance, merci beaucoup.
Préface de l'édition précieuse.
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