Ce livre est remarquable et l’on ne s’étonne pas qu’il ait reçu le très convoité Prix Hugo en 1993. Outre des qualités littéraires indéniables, ce livre regorge de trouvailles, dont la première et non la moindre, réside dans la conception même de son univers. Un univers pas si homogène que ça, tout compte fait.
L’univers a pour centre notre galaxie. La plupart des espèces intelligentes y sont apparues, et ont développé des technologies avancées. Mais à mesure que l’on s’éloigne du centre de l’univers, la technologie régresse, non pas parce que les espèces elles-mêmes régressent, mais bien parce que les concepts physiques sur lesquels se base la technologie ne fonctionnent plus. Une sorte de retour en arrière, une rétro-évolution. A bord des vaisseaux qui patrouillent l’univers, les pilotes ont appris à accepter les défaillances de leurs appareils voire leur dysfonctionnement total passée une certaine limite.
Dans cet univers aux lois variables, une petite colonie a découvert, enfouie dans ses entrailles, une Gale, une Perversion, dont l’unique but est de détruire la vie. En la libérant, la colonie se condamne, elle et l’univers tout entier. Une navette, avec à son bord, l’Antidote, la Contrepartie de la Gale, conduite par un couple et leurs deux enfants, parvient à s’enfuir et s’écrase sur une planète non encore répertoriée, mais habitée.
Les terriens découvrent alors, et avec eux le lecteur, une race tout à fait unique dans l’univers. Dont il vaut mieux, pour le lecteur, ne rien révéler…
Un space opera original et fantastique, où l’on suit alternativement l’aventure des deux enfants rescapés et l’équipe de sauveteurs qui tente de les rejoindre afin d’activer l’antidote. Le tout est savoureusement servi par une écriture fluide, une richesse descriptive et un talent incontestable de narrateur.
Un auteur à découvrir et à faire découvrir.