Juliette -interprétée par une Judith Godrèche fraîche, joueuse, décalée et agaçante-, une jeune fille amoureuse d'un garçon de son âge, Thomas -un Melvil Poupaud pudique, sauvage, intériorisé et à fleur de peau- et qui lui impose une distanciation sacrée -c'est à dire pas de relations charnelles- afin que leur amour soit immarcescible et éternel, et en même temps elle joue un jeu dangereux entre le flirte assumé et l'insouciance naïve de son âge avec le père de Thomas -un Jacques Doillon murmurant, charmeur et amoureux de leurs 15 ans- aucunement insensible à l'insaisissable Juliette ; bref ils partent en vacances tous les trois dans une somptueuse villa isolée sur l'ile d'Ibiza, ils se frôlent, se cherchent, Juliette avec sa logorrhée continuelle passe de l'un à l'autre, tente de faire succomber Willy dans ses rais juvéniles pour l'éliminer définitivement afin que Thomas reste le seul et unique amour... un film extrêmement délicat d'une grâce époustouflante, une sorte de lente mélopée susurrée à trois voix et d'une mise-en-scène touchant à la perfection ; la dernière scène entre Juliette et Thomas est d'une beauté absolue : un chef d'oeuvre de grâce, d'émotion et de sensualité pudique. Une merveille !