Le cinéma de Guy Gilles s'est épanoui en marge de la Nouvelle Vague, fleur fragile et délicate.
Les moyens souvent précaires donnent un grain parfois rugueux à l'image, mais Guy Gilles se livre entre les poses bressonniennes de ses modèles (dont Patrick Jouané, diamant brut) et les raccourcis graphiques à la Godard. Le cadre est toujours soigné, pictural, et des instants de grâce passent dans ces trois films rares saisis dans les rues de Paris.
Le talent du réalisateur a pu lui assurer l'amical concours de vedettes comme Brialy, Delon, Macha Méril... Jeanne Moreau ou Delphine Seyrig rejoindront plus tard l'oeuvre singulière de Gilles.
Le bonus documentaire "Guy Gilles mon frère" est assez émouvant et montre d'intéressants témoignages, dont celui, drôle et souvent grave, de Guy Bedos, copain d'Algérie du réalisateur.
Artsandrage