« Ô kami... Aidez-moi. Faîtes que... ma lumière continue de me montrer la voie. »
Natsume aura beau se voiler sa face et tenter de nier l'évidence : personne n'échappe à son passé. Depuis l'accident, deux années ont passées. La jeune fille se reconstruit peu à peu et réussit même à confier son cœur à un autre garçon que celui qu'elle adulait tant auparavant. Mais Monsieur Hirono est de retour et compte bien ne pas laisser filer sa muse ! En même temps, le moment est venu de choisir le lycée dans lequel la jeune fille continuera ses études. Ce dixième volume d'À fleur de peau n'est décidément pas de tout repos pour Natsume !
George Asakura n'utilise pas un brin de niaiserie, mais troque plutôt cela pour des comportements d'adolescents spontanés, qui se laissent guider sans trop de craintes par leurs sentiments. Mais le cœur des jeunes gens change parfois très vite et Natsume, ainsi qu'Ôtomo, ne parviennent pas à prendre leurs décisions rapidement et sûrement. Malgré leurs efforts, tous deux n'admettent pas encore le fait qu'ils ne viennent pas du même monde : Natsume est une fille de la ville, une citadine qui est naît pour faire rêver les amoureux du paraître, tandis qu'Ôtomo, lui, n'a pas de grandes ambitions et compte plutôt sur sa campagne, son « trou perdu », pour décider de son avenir. La mangaka met simplement ces personnages en opposition, en mettant en avant leurs perspectives d'avenir, si différentes. Mais la venue de Monsieur Hirono pourrait bien changer la donne.
Pendant tout ce dixième volume, Natsume se voit balloter entre le passé, le présent et le futur. La jeune fille doit choisir son avenir et d'ailleurs, elle en a le pouvoir. Son passé tend à la rattraper et en même temps, à la priver d'un avenir sans doute brillant. Son présent la conforte dans une sécurité, cette plénitude qu'elle a enfin réussi à trouver au beau milieu de la nature et surtout, loin de la folie de la ville et des projecteurs qui sont susceptibles de la propulser sur le devant de la scène, et par la même occasion, de la mettre en danger. Le futur de Natsume serait-il vraiment au beau milieu de la nature ? Cet espace de liberté que l'adolescente s'est approprié, en s'y fondant un maximum pour qu'on ne puisse la reconnaître et déceler en elle cette flamme auparavant si vive et captivante. Mais George Asakura semble être déterminée à ne pas faire de la carrière de mannequin de la jeune fille un passé sans avenir. Monsieur Hirono, qui ne parvient pas à reconnaître dès la première seconde sa muse, est bien décidé à la reprendre sous son aile, afin de la faire évoluer et une nouvelle fois, de l'exhiber comme un bijou nu et pur, aux yeux de tous.
La mangaka parvient subtilement à mettre en avant tous ces doutes et les prises de décision de chacun. La relation entre Natsume et Ôtomo est dépeinte de façon très simple, sans fioriture aucune : la vie simple de la campagne nous est finalement constamment rappelée, sans pour autant que l'on s'en rende réellement compte. Natsume sait profiter du moment présent et ne rêve pas, comme les filles de son âge, aux étoiles qu'elle pourrait toucher en suivant Monsieur Hirono. Enfin, la fête annuelle, qui n'est pas vraiment un moment de grand joie pour l'héroïne, est ici l'objet de souvenirs, mais plus encore, de sentiments ravivés. Des moments forts que l'auteure nous fait partager tout en douceur, en filigrane, sans jamais insister grossièrement.
Lovehina
(Critique de www.manga-news.com )Elle commence sa carrière en 1995, dans le magazine Bessatsu Friend (Peach Girl, Life...) de Kodansha, avec une nouvelle intitulée Punky Cake Junkie. Commençant par dessiner des histoires courtes, elle se forge très vite une réputation de « vériatable génie ». En 2001, elle commence sa première série, Koibumi Byori, qui est très vite adaptée en film live, en 2004. En 2002, elle commence à dessiner pour le très féminin Feel Young (Mari Okazaki, Yumi Unita...). En 2005, Koibumi Byori reçoit le prix de meilleur shôjo manga, décerné par l’éditeur Kodansha. Dès lors, sa carrière explose, littéralement. Contactée par Shogakukan, elle lance une série intitulée Heibon Punch dans le magazine culte Ikki (qui publie des auteurs tels que Taiyou Matsumoto). Ce manga sera également adapté au cinéma en 2008. Vedette parmi les auteures de mangas, la simple évocation de son nom fait rêver lecteurs et éditeurs. En 2007, suite à la naissance de son premier enfant, elle met sa carrière en pause pendant quelques temps. C’est finalement en 2009 qu’elle fait son grand retour. En grande forme, elle reprend activement la publication de Oboreru Knife (sa série, à ce jour, la plus longue), tout en commençant à dessiner un nouveau manga, Teke Teke Rendez-vous, dans la revue de mode Zipper... un privilège réservé à des auteurs particulièrement réputées, telle qu’Ai Yazawa (qui y avait dessiné Paradise Kiss) ! Plus que jamais, George Asakura est une auteure qui a le vent en poupe. (Akata)
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