Après le surprenant et excellent « La chambre d'écho », sorte de trip-hop médiéval qui laissait la part belle à l'électronique et aux atmosphères planantes, Anna-Varney Cantodea est de retour avec « Les Fleurs du mal », oeuvre toujours inspirée et déconcertante. Musicalement, les éléments synthétiques ont quasiment disparu et on retrouve avec plaisir l'orchestre au complet sur tous les morceaux. Cuivres martiaux qui me rappellent le ténébreux « Dead lovers'sarabande part II », violons plaintifs et mélancoliques, et la voix d'Anna-Varney. Profonde, envoûtante, plaintive ou criarde, elle suscite toujours plein d'émotions. Mais il y a quelque chose de différent ici. En effet, Anna-Varney prend davantage de recul vis-à-vis d'elle-même. On ressent dans son chant et ses textes de la légèreté, voire de l'ironie (A little bar of soap ; Shave if you love me). C'est déroutant mais génial. Cela apporte un peu de lumière dans les éternelles ténèbres de son unique univers, tout comme l'utilisation magistrale d'un choeur. Un grand album d'un immense artiste qui ne finira sans doute jamais de m'étonner.