On ne remerciera jamais assez Joël Séria de nous avoir offert ce petit chef-d'oeuvre d'humour et de tendresse. Plusieurs caractéristiques dans ce film: un ton résolument hédoniste, voire paillard et très soixante-huitard, rien d'étonnant au vu de l'époque du tournage, début des années 70, époque regrettée où tout était permis; un anticléricalisme joyeux, dont l'explication est donnée par Séria dans le reportage-bonus. Reportage passionnant d'ailleurs: Séria et Jeanne Goupil reviennent sur les lieux du tournage et se souviennent, scènes entrecoupées d'interviews des principaux acteurs. L'explication, donc, c'est que Joël Séria a subi pas mal de bondieuseries dans sa jeunesse (en Anjou...) et n'en a pas gardé de bons souvenirs.
Beaucoup de personnages hauts-en-couleurs sont particulièrement réjouissants: Piéplu, colporteur en "liaison directe avec le Seigneur", sa soeur Martine Ferrière, vieille fille bigote et pucelle mais qui a envie de voir un sexe d'homme (la vilaine curieuse!), Bernard Fresson pour le côté Paillard, Romain Bouteille curé en soutane (!), Dominique Lavanant en prostituée bretonne avec la coiffe (!!), Andréa Ferréol la commerçante qui rêve de poser pour un peintre et qui selon Marielle, dégage certaines odeurs...
Jean-Pierre Marielle fait une prestation extraordinaire de vérité dans ce rôle de représentant en parapluies, anticlérical et libertin, étouffé par sa famille et qui va tout quitter pour se consacrer à la peinture. Son obsession est de peindre des postérieurs féminins et il en trouve un à sa mesure sous la forme d'une ravissante québéquoise fort bien équipée en la matière. Mais pourquoi un tel acteur n'a-t-il pas eu plus de rôles principaux?
A signaler dans cette édition collector la présence d'un livret avec photos et phrases extraites du film. Et c'est vrai que des dialogues savoureux, voire cultes, il y en a à profusion.
Un film bien sûr à 5 étoiles, vous avez le droit d'en mettre moins, mais alors c'est vraiment parce que vous ne l'aimez pas.