Oeuvre mineure de Gore Vdal? Allons donc.La description de la vie gay, enfin si l'on peut dire, dans l'Amérique ultra-puritaine des fifties est une chose; mais ce qui compte pour Gore Vidal, et devrait compter pour nous, c'est la morale de l'histoire, fort bien exprimée dan le titre anglais (the city and the pillar). Il est écrit en effet dans la Bible que la femme de Loth fut changée en statue de sel pour s'être retournée malgré l'interdiction de voir brûler Sodome et Gomorrhe... De même Jim va chercher vainement la répétition par définition impossible d'une "première fois" miraculeuse et idéalisée. Gore Vidal l'a dit lui-même par la suite, il s'agit là d'un contre-exemple: Jim s'enchaîne au passé, il passe sa vie à poursuivre le passé, s'empêchant par là-même d'ouvrir le champ des possibles. Cela dit, le récit de la découverte de l'amour physique par les deux jeunes gens dans l'écrin d'une nature complice possède une sorte de beauté énigmatique et envoûtante, et l'on comprend un peu que le malheureux Jim ait cru accéder à l'absolu.