Singer explique et tente de réparer le malentendu entre la gauche et le darwinisme contemporain. Il suggère des pistes pour concilier sans les tronquer les valeurs de la gauche et les enseignements de la théorie de l'évolution.
Il appelle notamment la gauche à reconnaître et à se méfier de la tendance, impossible à éradiquer complètement, qu'ont les humains à former des groupes hiérarchisés et à faire passer leur intérêt et celui de leurs proches avant l'intérêt général. Pour Singer comme pour la plupart des libertaires de gauche, il est dangereux de confier le sort du peuple à des élus qui n'auraient pas ou peu de comptes à rendre. Le contrôle démocratique et les contre-pouvoirs seront toujours nécessaires. (A ce sujet, Singer fait un retour très intéressant sur la controverse entre Marx et Bakounine.)
Singer corrige aussi un certain nombre d'idées fausses sur le néo-darwinisme : le darwinisme (ou la psychologie évolutionniste) justifierait les inégalités, le sexisme, l'eugénisme, le capitalisme sauvage... Singer remet bien les choses en place et rappelle que l'altruisme, la coopération, l'éthique et la raison ont aussi un fondement biologique issu de l'évolution.