Le coeur du roman et de la maison,c'est Bertha,la grand-mère qui vient de mourir;
La narratrice est sa petite fille:Iris,héritière de la très vieille demeure familiale ,tarabiscotée à souhait où s'épanouit,dans une végétation désordonnée un singulier pommier,quelque peu magique.
Les souvenirs de Bertha sont perdus et il ne reste à Iris que ses souvenirs de vacances,des armoires ,des tiroirs déversant à n'en plus finir leurs trésors d'un autre âge;la cuisine est restée celle du passé:Bertha,disparue en est toujours la maîtresse.
Le mot "Alzheimer" n'est me semble-t-il pas ou très peu prononcé,Iris n'est allée qu'une seule fois voir sa grand-mère à la maison de retraite,malgré sa grande affection et ses remords;
On comprendra que ces sujets trop lourds ne veulent pas prendre une trop large place dans ce roman,pour préserver des touches finement appliquées qui évoquent un monde de femmes,jeunes ou vieilles,mortes ou vivantes.
Dans ce tableau,les hommes sont à l'arrière plan,sauf Hinnerk,le mari de Bertha,un peu poète,assez mystérieux et tout à fait notaire.
Pas de bavardages dans ce roman:des relations,"elle m'a dit que...",des sortes de phrases-tiroirs où un mot en appelle un autre.
La lectrice se retrouve entre la vérité et l'oubli,comme l'Allemagne et ses souvenirs;le blason de la famille,inventé par Hinnerk ,représente un coeur scié par le milieu...
Attention!je pense qu'au début,en avançant dans le roman,il devient rapidement nécessaire de dessiner,à grands traits,l'arbre généalogique de cette tentaculaire famille:petite contrainte pour un grand bonheur de lecture,et pour apprendre que la compote est bien meilleure avec "trois pépins préalablement hachés menu"!
Lette