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Contenu rédigé par Anathème
Classement des meilleurs critiques: 8.052
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Anathème

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La grande histoire de la Belgique
La grande histoire de la Belgique
Prix : EUR 14,99

3.0 étoiles sur 5 Une bonne introduction à l'histoire belge en dépit d'un biais monarchiste discutable, 1 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La grande histoire de la Belgique (Format Kindle)
Soyons clair, si vous cherchez une histoire complète et détaillée de la Belgique, ce livre ne comblera pas votre désir. Par contre, comme résumé de l'évolution des "régions belgiques" (c'-à-d du territoire que recouvre aujourd'hui le royaume belge) des origines à Albert II (le règne de Philippe a débuté ultérieurement à sa parution), l'ouvrage de Patrick Weber remplit son rôle à merveille. Étant moi-même belge, j'ai appris beaucoup de choses, surtout au sujet des époques préhistorique et médiévale. Je reste néanmoins un peu frustré du traitement concis de certaines grandes questions, comme la Question royale, le Congo belge ou les conflits communautaires récurrents. Tous les éléments historiques sont pourtant abordés mais, selon l'intérêt et la sensibilité de chacun, on est en droit d'éprouver parfois de la frustration alors que certains sujets ouvrent beaucoup de nouvelles interrogations. C'est surtout dans le domaine sociologique que l'ouvrage pèche, les grandes questions liées aux tensions linguistiques, à l'économie et surtout à l'immigration n'étant que superficiellement traitées, Weber ouvrant l'analyse sans aller réellement au bout. Cette réserve, cette mise à distance est peut-être due, paradoxalement, au fait que l'auteur est belge. Sans doute un auteur étranger n'aurait-il pas hésité à creuser toutes les questions, y compris celles qui fâchent (Weber adopte ainsi une attitude très détachée par rapport à une éventuelle scission de la Belgique, sujet qu'il "cite" régulièrement sans en expliquer les tenants et aboutissants). Enfin, je reprocherai à l'auteur un évident biais royaliste (les titres de ses ouvrages passés le confirment), utilisé ici comme structure du livre (à partir de 1830, le règne de chaque souverain belge constitue un chapitre, comme si l'histoire de la Belgique évoluait au gré de la personnalité de ses souverains). Si ce choix se justifie jusqu'au règne controversé de Léopold III (qu'il faudrait largement réhabiliter), il ne correspond plus à la réalité de la structure étatique de la Belgique moderne. Weber parle ainsi sans cesse du roi et de son "personnel politique", terme condescendant et étrange sachant le minuscule pouvoir réel que conserve le monarque depuis le règne de Baudouin. Et quand il évoque la grave crise gouvernementale de 2009 (la Belgique détient le record mondial de durée de constitution d'un gouvernement), il sous-entend que c'est le roi, par son discours "musclé", qui a permis d'enfin débloquer la situation ! Les Belges qui lisent cela doivent bien rire... Cela dit, ce biais monarchiste peu en phase avec la réalité ne nuit heureusement pas à la qualité générale de l'ouvrage, intéressant condensé de l'histoire d'un petit pays qui pourrait facilement s'étaler sur 1000 pages !


Tamerlan
Tamerlan
par Fabrice Léomy
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Quelques lacunes mais un livre passionnant malgré tout, 29 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tamerlan (Broché)
Le fait que Fabrice Léomy ne soit pas historien (il est ingénieur dans une grande entreprise !) n'handicape pas beaucoup cette publication, l'auteur possédant une connaissance impressionnante de son sujet, bien complétée par une plume particulièrement agréable. On lit ce livre presque comme un roman d'aventures, et l'immersion est favorisée par une absence de notes (Léomy se contente d'une - brève - bibliographie à la fin). Deux points trahissent pourtant la formation non-spécialisée de l'auteur. D'abord, un relatif manque de mise en contexte au début de l'ouvrage, d'autant plus regrettable que, plus tard, Léomy ne cessera d'abreuver le lecteur de noms de tribus, de régions, etc. qui auraient mérité d'être brièvement explicités en préambule. Il en va ainsi des conquêtes gengiskhanides, élément essentiel de l'histoire de l'Asie centrale qui permet de mieux comprendre le contexte dans lequel Tamerlan s'est imposé, quelques siècles plus tard (l'auteur ne manque d'ailleurs pas de préciser que le rêve de Tamerlan, comme de bien d'autres conquérants de la région, d'ailleurs, était de reconstituer l'immense empire mongol, dont le fondateur Gengis Khan aura laissé une empreinte séculaire dans tous les esprits épris de puissance d'Asie centrale). Ensuite, il y a une invraisemblance totale en milieu d'ouvrage : l'auteur consacre près de 50 pages (sur un total de 350 !) à la genèse de l'empire ottoman et du règne de Bayezid (en particulier ses guerres dans les Balkans conter les forces chrétiennes). La mise en contexte que Léomy omet de faire pour le sujet même de son livre (l'histoire de Tamerlan), il le fait donc pour un sujet tout à fait différent ! La conquête de l'Europe chrétienne n'a en effet aucun rapport avec Tamerlan (qui ne sera jamais tenté par cette aventure), et si Léomy voulait situer dans l'Histoire l'ennemi Bayezid, pourquoi ne pas l'avoir fait avec les Mamelouks d'Egype, les sultans de Delhi ou les Mongols de la Horde d'Or ? Vraiment, rien ne justifie cette très longue parenthèse (par ailleurs remarquablement bien écrite, le problème n'est pas là), si ce n'est un manque de recul, une passion personnelle que l'auteur voulait absolument assouvir...

Hormis ces deux cartons jaunes qu'il me faut adresser, ce livre ravira tous ceux qui veulent découvrir ce personnage fascinant, aussi grand qu'immensément cruel, qui partage tant aujourd'hui les territoires qu'il a jadis conquis (considéré comme une icône nationale en Ouzbékistan, haï pour ses massacres et ses destructions... partout ailleurs ou presque). Ceux qui voudraient pousser leur connaissance plus loin doivent lire Jean-Paul Roux, dont les ouvrages plus détaillés sont aussi nettement plus ardus... En bref, une lecture passionnante sur un sujet par trop méconnu.


Soumission
Soumission
par Michel Houellebecq
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Incompréhensible polémique, 24 octobre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soumission (Broché)
Le "scandale" suscité par la parution de ce livre est une preuve par l'absurde de la manipulation médiatico-politique par le prisme classique de la bien-pensance, qui impose quotidiennement son règne de terreur hypocrite et silencieux. La méthode est simpliste : pour jeter le discrédit sur quelqu'un - qu'il s'agisse d'un auteur, d'un politicien ou d'un chanteur - appliquez-lui le label "facho" ou, pour respecter encore davantage la mode actuelle, celui d' "islamophobe". Résultat garanti ! Or ce minable labourage de crâne (qui ne laisse généralement à "l'accusé" que deux réactions possibles : l'autodafé ou l'acceptation d'un inlassable acharnement médiatique) en devient presque comique lorsqu'il s'agit de "Soumission". Soyons clair : cet ouvrage n'a strictement RIEN d'hostile envers l'islam, que Houellebecq qualifie "au pire" de religion puissante et conquérante, ce que nul esprit éclairé, quelle que soit son obédience, ne peut nier sans passer pour un inculte. Ce que l'auteur critique dans le sous-texte de ce livre, ce n'est évidemment pas l'islam mais la médiocrité qui gangrène les mentalités occidentales, surtout dans les cénacles politiques et médiatiques où morale et bon sens sont des vertus oubliées. D'où sans doute la haine éprouvée par ces mêmes cénacles envers ce livre et son auteur, assurément un "marginal", un artiste libre et imprévisible, donc... dangereux.

Rien que pour refuser cette polémique fabriquée de toutes pièces, il faut lire ce livre. Que vaut-il au-delà du "scandale" ? A mon sens, il ne s'agit pas d'un grand livre. Houellebecq et son personnage principal font beaucoup semblant, ont du mal à assumer leurs choix. Le personnage semble ainsi se désintéresser de la politique, mais le livre est truffé de longs développements politiques (par ailleurs intéressants, surtout les scénarios de conquête de pouvoir de l'islam, parfois terrifiants de véracité). Le personnage semble n'être qu'un pauvre type, (trop) souvent vulgaire, mais c'est aussi un universitaire spécialiste de Huysmans, et l'on découvre beaucoup de curiosité intellectuelle au fil des pages, ce qui paraît incompatible avec l'image qu'on s'était fait de lui. Le désespoir du citoyen moyen, la peinture d'un monde décati, la noirceur d'une existence médiocre... Houellebecq s'inscrit dans un désenchantement postmoderne qui n'a rien d'original, et dans le style Céline était autrement plus novateur, plus flamboyant, plus inspiré. Plus acéré aussi. Bref un meilleur écrivain, mais n'est pas Céline qui veut. Reste alors la description du fameux "pauvre type", un peu creux, facilement manipulable, et surtout foncièrement pathétique. La peinture est accablante et ce n'est déjà pas mal, puisque cela s'inscrit parfaitement dans le vrai sujet du roman. Mais pour le lecteur, il est difficile d'éprouver quoi que ce soit pour ce personnage. Après tout, c'est peut-être là encore le véritable objectif de Houellebecq...

Reste que les bons juges de la morale auront atteint leur triste but : il doit être bien courageux, celui qui osera désormais évoquer, ne fut-ce que de façon incidente, l'islam (et bien d'autres sujets aujourd'hui "tabous" ). Une censure discrète, mais une censure quand même.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 21, 2015 11:40 AM CET


L'Asie centrale. : Histoire et civilisations
L'Asie centrale. : Histoire et civilisations
par Jean-Paul Roux
Edition : Relié
Prix : EUR 29,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Sujet passionnant, lecture (trop) ardue, 5 octobre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Asie centrale. : Histoire et civilisations (Relié)
Je rejoins la remarque d'un autre commentateur : Jean-Paul Roux, spécialiste des mondes turc et mongol et de l'islam, a souvent manqué du recul nécessaire pour partager avec le lecteur un sujet aussi passionnant (et peu étudié à l'école par nous autres Occidentaux). Ce partage doit nécessairement passer par un langage clairs et un degré de vulgarisation qui permette de s'imprégner complètement du sujet. Or si Roux livre un certain nombre de chapitres qui répondent à cette exigence, d'autres sont impossibles à saisir tant l'auteur balance des centaines de noms de tribus, de personnages ou de régions parfaitement inconnus, non seulement pour le néophyte, mais même pour l'amateur éclairé de l'Asie centrale. La démarche est quelque peu étrange car on se retrouve alors régulièrement dans une logique de l'énumération sans réel intérêt, puisque l'auteur n'explique pas et ne remet pas en contexte. JP Roux s'est-il laissé emporter par sa passion ou a-t-il voulu étaler son érudition ? Par conséquent, la lecture s'en trouve polluée par ces éléments qu'on ne peut retenir (je pense également aux nombreuses descriptions détaillées de fresques ou vestiges, qui sont pénibles), alors que derrière la forme parfois lourde, le sujet demeure réellement intéressant. On ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit d'un problème de structure, notion indispensable lorsqu'on se lance dans l'histoire d'une région où tant de grandes civilisations se sont croisées. Il était peut-être trop ambitieux de condenser cette richesse dans un livre de 500 pages... Je recommanderais néanmoins ce livre aux amateurs, mais en leur conseillant de faire un tri nécessaire afin de profiter du sujet.


La guerre de Sécession, 1861-1865
La guerre de Sécession, 1861-1865
par James M. McPherson
Edition : Poche
Prix : EUR 32,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La somme ultime de James McPherson, 26 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La guerre de Sécession, 1861-1865 (Poche)
Que dire si ce n'est que cet ouvrage est le plus complet traitant de la Guerre de Sécession (en français du moins) ? Du haut de ses 1000 pages, il est évident qu'il s'adresse avant tout aux passionnés de ce chapitre de l'histoire américaine et non aux simples curieux. Il est parfois relativement complexe, surtout la première partie (le premier tiers, environ), la plus intéressante car la moins connue du grand public, qui traite du contexte politique, social et économique dans lequel cette guerre fratricide trouve son origine. Même s'il faut être attentif pour tout saisir, l'écriture reste très agréable et fluide. A l'exception des dernières pages où l'on devine une inclination pro-Nordiste, l'auteur demeure remarquablement impartial tout au long de ce récit qui traite d'un conflit qui, rappelons-le, déchaîne encore les passions aux États-Unis... Une des grandes qualités de McPherson est d'allier un sens analytique typiquement universitaire qui permet sans cesse de remettre les choses dans leur contexte et les apprécier à grande échelle, et un talent du récit dans l'exposition de chaque grande bataille ayant émaillé la guerre civile (à chaque fois avec l'appui de cartes impeccables). Son impartialité lui permet également d'ajouter toutes les nuances nécessaires aux causes de la guerre, à son évolution et à sa conclusion en 1865, là où elle est souvent résumée à quelques poncifs en Europe, du genre "esclavage vs démocratie". Si l'esclavage a certes joué le rôle de détonateur dans cette guerre, il s'agit avant tout d'une question autour de laquelle s'est cristallisée une opposition bien plus complexe et depuis longtemps en gestation entre deux parties d'un pays qui évoluaient dans des directions de plus en plus opposées (le Nord vers l'industrialisation, le libéralisme, l'urbanisme et la centralisation ; le Sud demeurant farouchement fidèle à la ruralité, l'aristocratie terrienne, l'esprit chevaleresque et le pouvoir des États). Toutes ces notions sont à prendre en considération pour comprendre le déclenchement de cette guerre, sa prolongation durant cinq années, son évolution vers une guerre totale cruelle (sans doute la première dans l'histoire) et son dénouement tragique qui a scellé le destin du Sud et a confirmé la voie capitaliste et industrielle que le pays n'allait cesser de suivre jusqu'à nos jours. Bref, cette guerre est LE tournant majeur dans l'histoire moderne des États-Unis, et ce livre permet de le comprendre parfaitement.


Le Suicide français
Le Suicide français
par Eric Zemmour
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un phénomène qui vaut bien plus que les polémiques déclenchées à son égard par la bien-pensance, 6 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Suicide français (Broché)
Ce livre est une lecture indispensable qui agrège, dans un langage ardu mais clair et précis, les divers phénomènes de dégénérescence de la France (et de la majorité de ses voisins d'Europe occidentale) depuis plus de 40 ans, dont prend conscience une proportion de plus en plus importante de la population. Pour tous ces gens-là, cet ouvrage met en forme, structure et explique ce dont ils souffrent silencieusement au quotidien. Intellectuel d'une érudition admirable (pas facile de tout suivre !), Eric Zemmour a pourtant l'intelligence d'aborder des sujets complexes et évolutifs par le biais d'une multitude de sujets très variés, qui vont de la politique au football, en passant par la chanson ou l'histoire. Tous ces sujets ne sont évidemment pas choisis au hasard, ils permettent à l'auteur de brocarder des pseudo-vérités, briser des tabous tenaces et, de façon générale, de mettre le doigt sur les origines des principaux maux affectant nos sociétés. Impossible d'évoquer tous les sujets, mais tous sont intéressants. L'esprit vif et la plume acérée du polémiste assureraient une lecture agréable si le constat qui ressort du livre n'était pas aussi tragique. La vérité fait un mal de chien ! L'acharnement politico-médiatique qui s'est abattu sur ce livre est la meilleure preuve du courage qu'il a fallu au réactionnaire (ce mot n'est pas une injure dans ma bouche) et iconoclaste Eric Zemmour pour oser vouloir briser l'élan d'autodestruction dans lequel l'Europe semble irrémédiablement emporté depuis la fin des années '60. L'incroyable succès de librairie qu'a remporté cet ouvrage représente néanmoins une lueur d'espoir. Certains ont apparemment décidé de retirer leurs œillères... Merci, Monsieur Zemmour, et continuez !


Robert E. Lee
Robert E. Lee
par Vincent BERNARD
Edition : Broché
Prix : EUR 24,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage remarquable, aux nombreux enseignements, 24 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Robert E. Lee (Broché)
Il est assez incroyable qu'il ait fallu attendre si longtemps pour que soit publiée une biographie en français de Robert Edward Lee qui le méritait pourtant bien ! Pour cette première, heureusement, Vincent Bernard ne se loupe pas en livrant un ouvrage qui recèle de nombreuses qualités. L'auteur possède un style assez riche, littéraire même, certes parfois un peu ampoulé mais globalement très agréable à lire et loin de certaines études trop scientifiques et platement écrites. Toute la vie de Robert Lee y est contée, de sa jeunesse largement privée d'un père au passé illustre à son involontaire "tournée" où l'on put encore constater l'incroyable popularité du "Renard gris" (en dépit de sa défaite, faut-il le rappeler !) avant qu'il ne meure, en passant bien sûr par sa longue carrière militaire. Il faut d'ailleurs noter - l'on ne peut en blâmer l'auteur, évidemment ! - que la majeure partie de cette carrière sous les armes est peu passionnante... tout simplement parce qu'elle le fut réellement et Lee était le premier à s'en plaindre. Même au cours de la campagne mexicaine, son rôle demeura finalement mineur.

Ce sont logiquement les chapitres consacrés à la Guerre de Sécession qui se révèlent les plus passionnants, d'autant plus que Vincent Bernard n'oublie pas d'inclure des cartes remarquables qui aident à mieux comprendre le cours des batailles. Il ressort clairement que l'auteur a voulu prendre ses précautions et ne pas verser dans une vision "héroïque" du généralissime des Confédérés (largement répandue aux États-Unis, au Sud comme au Nord). Il s'emploie ainsi à nuancer le portrait et à ne pas taire les défauts, les hésitations, les mauvaises décisions de Lee. Souvent à raison, d'ailleurs, ce qui ne l'empêche pas, hélas, d'aborder la question "tarte à la crème" de l'esclavage sans véritablement convaincre (lire à cet égard les ouvrages critiques de Dominique Venner ou Alain Sanders). En définitive, les trésors de prudence de l'auteur ne font paradoxalement que confirmer ce qui est à mon sens une évidence : le général Lee est difficilement attaquable. A-t-il fait des erreurs ? Quel général en chef peut se targuer de n'avoir pris que des bonnes décisions ? Profondément religieux, mari fidèle et père aimant, d'une probité et d'une morale exceptionnelles, stratège confirmé (cf. ses victoires impressionnantes, toujours en infériorité numérique, notamment à Bull Run, Fredericksburg ou Chancellorsville) refusant de haïr l'ennemi, humble mais adoré de ses troupes comme de la population, Lee n'avait qu'un mot d'ordre : le devoir. Toute sa vie a été dictée par le devoir, jusqu'à la sage décision de signer la capitulation pour éviter à ses troupes une ultime saignée inutile.

Pour dresser son portrait, Vincent Bernard a fait le choix de se référer abondamment aux lettres échangées entre Lee et ses proches. S'il est évident que pour une histoire complète de la Guerre de Sécession, il faut compléter ce livre par d'autres (notamment celui de James McPherson), ces références épistolaires permettent de saisir l'intimité d'un homme qui s'est peu livré, et de découvrir ses doutes, ses regrets et ses déceptions. "Qui peut prétendre connaître Robert Lee ?" écrit Vincent Bernard au début du livre. Peu de monde, sans doute, Lee lui-même n'ayant pas écrit de mémoires et sa discrétion empêchant tout exposition dispensable après la fin de la guerre. Mais Vincent Bernard s'est sans doute approché le plus possible de ce qu'on peut nommer la "vérité intime" de ce personnage, ce qui d'évidence, constitue la réussite majeure de cet ouvrage. Je terminerai par un commentaire particulièrement pertinent de l'auteur (p.100) : "A certains égards et sans exagérer la portée de la comparaison, Lee comme l'armée impériale peuvent être perçus comme de surannés avatars du XVIIIe siècle et de l'ère napoléonienne, fondés sur le courage de la troupe, l'exemple du commandement, une certaine forme de codification morale de la guerre et la prééminence de la bataille. Avec l'irruption de généraux comme Sherman, Grant ou, en Allemagne, Moltke, apparaissaient à l'inverse les planificateurs froids et terriblement efficaces, raisonnant en termes de grandes masses humaines et matérielles, subordonnant la méthode au but [...]". Tout est dit, et le système dans lequel le monde entier fonctionne aujourd'hui n'est que l'héritage amoral de ces planificateurs froids et efficaces, justifiant les moyens par la fin...


Les cavaliers de l'apocalypse
Les cavaliers de l'apocalypse
par Ion V. Emilian et Marcilly Jean
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Mérite cent fois de sortir de l'oubli, 2 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les cavaliers de l'apocalypse (Broché)
Tout dans ce livre plaira aux amateurs d'histoire militaire contemporaine, et plus particulièrement de la Seconde Guerre Mondiale. Le premier atout majeur des "Cavaliers de l'apocalypse" est sa qualité de témoignage personnel : le récit est certes (très bien) mis en forme par Jean Marcilly, mais la première personne du singulier est employée et il ne fait aucun doute que Marcilly a retranscrit les paroles et les souvenirs d'Emilian. Deuxièmement, le caractère extraordinaire de l'histoire qui nous est racontée n'est égalé que par le chapitre méconnu de la 2e GM qu'elle dévoile. Ion Emilian fut en effet officier dans le 2e Calarashi, unité de cavaliers/paysans roumains ayant combattu aux côtés des Allemands en Russie. Cette unité, qui a poussé son épopée fantastique jusqu'au Caucase, figure parmi celles ayant progressé le plus loin en territoire soviétique. Cette aventure est logiquement parsemée de souvenirs marquants, souvent douloureux mais pas seulement, et nous fait découvrir des combattants largement méconnus. Le livre se lit très facilement car le ton est celui des hommes qui ont vécu ce qu'ils racontent : la plume est vive et franche, et aux anecdotes succèdent des souvenirs particulièrement douloureux, dans le même brassage d'émotions extrêmes que l'expérience réelle. Emilian est d'une remarquable franchise, ne cachant rien de sa haine du bolchevisme, des relations parfois ambiguës avec les Allemands, de la lâcheté des chefs roumains qui ont donné leur pays à Staline, de ses trahisons par respect pour ses convictions, enfin de son travail comme agent américain après la guerre. Il fait partie de ceux qui ont été au bout de leurs idées et le prix qu'ils en ont payé est le meilleur gage de leur sincérité. Bref une histoire méconnue et extrêmement intéressante, une lecture fluide et agréable, et un auteur qu'on ne peut que respecter profondément. Un ouvrage vivement recommandé, même s'il n'est pas évident de mettre la main dessus. Il mérite largement une réédition en bonne et due forme, mais vu le caractère politiquement incorrect du protagoniste, cela restera, je le crains, une chimère...


Choix fatidiques : Dix décisions qui ont changé le monde 1940-1941
Choix fatidiques : Dix décisions qui ont changé le monde 1940-1941
par Ian Kershaw
Edition : Broché
Prix : EUR 28,40

4.0 étoiles sur 5 Exercice de style intéressant, mais quelques bémols, 10 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Choix fatidiques : Dix décisions qui ont changé le monde 1940-1941 (Broché)
Ian Kershaw, historien britannique spécialisé dans le Troisième Reich, livre ici un ouvrage un peu différent, car foncièrement analytique et acceptant volontiers le conditionnel (ex: "et si le Royaume-Uni avait accepté un règlement négocié au lieu de poursuivre le combat ?"). Comme le titre l'indique, Kershaw détaille dix décisions fondamentales prises en 1940-1941 et qui constituent, à bien des égards, des "tournants" essentiels dans la Seconde Guerre Mondiale. La sélection est forcément restrictive mais à mon sens justifiée. Tous ces "choix fatidiques" n'en sont pas pour autant aussi intéressants les uns que les autres. Les nombreuses discussions au sein du cabinet de Roosevelt sont ainsi plus fastidieuses à lire que les décisions britanniques, allemandes ou japonaises. Au niveau stylistique, comme l'a indiqué un autre commentateur, il faut insister sur les nombreuses redondances dont est coupable l'auteur, comme à chaque fois malheureusement. Ce livre aurait effectivement pu être nettement plus concis. On peut y ajouter deux autres remarques de fond : d'abord, Kershaw confirme dans ce livre qu'il déploie une vision foncièrement anglo-saxonne. Si l'on ne doute pas de sa connaissance approfondie du Troisième Reich, il en va autrement du Japon que l'auteur, malgré une recherche sérieuse dont il est coutumier, ne saisit sans doute pas dans toutes ses nuances. D'autres pays, comme la France, sont totalement absents de cet ouvrage (comme de sa somme sur Hitler, du reste). Cette position anglo-saxonne (qu'on peut aussi qualifier de "vision du vainqueur") va plus loin que cela. Les motifs américains pour rentrer dans la guerre (alors que Roosevelt avait explicitement promis à la population qu'il n'enverrait pas de troupes en Europe), par exemple, apparaissent rapidement comme troubles, voire discutables, et auraient mérité un traitement approfondi. Mais l'auteur n'ose pas poser les questions qui fâchent. Or elles sont là devant nos yeux, évidentes : alors que l'Allemagne n'avait aucune intention de livrer la guerre à l'Amérique, pourquoi celle-ci a-t-elle tout fait pour provoquer son futur adversaire ? Idem pour le Japon : ses intentions belliqueuses, qui peuvent paraître invraisemblables au vu de la différence de taille et de puissance entre les deux pays, n'est-elle pas due en partie aux interventions politiques (protection de la Chine, embargo sur le pétrole,...) des Etats-Unis, qui n'étaient aucunement concernés par la politique japonaise jusque-là ? Enfin, l'analyse de Kershaw du génocide des Juifs, de ses débuts "théoriques" à la mise en place de moyens concrets de mise à mort de masse, me semble rater son objectif. Car en réalité, ce qu'on retient est que le mystère demeure : quel rôle Hitler a-t-il joué précisément dans la décision de mettre ce génocide en pratique ? Aucune preuve formelle n'existe, mais Kershaw, toujours avide d'incriminer le "grand méchant de l'Histoire", met tout sur le dos d'Hitler sans grande nuance. La réalité me semble plus complexe (Hitler représente la cristallisation extrême d'un phénomène historique d'antisémitisme, très répandu à l'époque et qui ne concernait pas que les fascistes, loin de là) et, même si Kershaw l'admet volontiers, il revient sans cesse à Hitler, comme s'il fallait absolument mettre un visage sur le "mal". Bref, beaucoup de choses se dégagent de ce livre, ce qui en fait tout l'intérêt, mais ces "choix fatidiques" auraient mérité une analyse supplémentaire, plus critique cette fois, y compris (surtout ?) envers les vainqueurs. Car ces derniers, quoi qu'on en pense, n'ont pas toujours eu raison, bien au contraire.


En première ligne
En première ligne
par Duncan Falconer
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un récit quelque peu frustrant, 24 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : En première ligne (Broché)
Ce livre de Duncan Falconer ne manque pas d'atouts : l'auteur est un homme de terrain qui raconte ce qu'il connaît, il nous fait découvrir une unité de forces spéciales méconnue (le SBS ou Special Boat Service) qu'il sort de l'ombre des célèbres SAS et, pour ne rien gâcher, il possède un style vif, efficace et non dépourvu d'humour. "En Première ligne" ne déçoit donc pas par ce qu'il est, mais plutôt par ce qu'il n'est pas. Falconer nous fait découvrir la vie de ces commandos via son expérience personnelle, en passant par sa jeunesse assez solitaire, son engagement un peu par hasard dans les fusiliers-marins, son recrutement encore plus étonnant (vu son jeune âge) dans les SBS après des épreuves de sélection au-delà du supportable, et enfin la vie d'un commando marine à proprement parler. Le livre ne manque pas d'anecdotes, fort agréables à lire, sur quelques épisodes de la vie de ces hommes, les entraînements (qui ne sont pas sans risques, bien au contraire !), la rivalité avec les SAS (on n'échappe pas à la guéguerre des clans), etc. Tous ces récits ne manquent pas d'intérêt, surtout que l'auteur, lucide, ne manque pas de souligner les erreurs et les échecs de son unité et des forces spéciales dans leur ensemble. Ensuite on passe aux opérations réelles... Et c'est là que le bât blesse. Car après un long épisode en Irlande à combattre l'IRA (on parle là de missions de surveillance et d'infiltration, non de confrontations armées), qui est passionnant, on en arrive... à la fin du livre. Falconer évoque la Guerre des Malouines mais... il n'y a pas participé car il ne fut pas retenu parmi ceux qui sont partis. Idem en toute fin de parcours concernant la première Guerre du Golfe. Les SBS y ont participé mais non l'auteur... qui par hasard s'est retrouvé à jouer les gardes du corps sur un navire de luxe. Un épisode que l'auteur narre avec humilité et humour, d'ailleurs, l'homme ne se prenant pas pour ce qu'il n'est pas. Mais après une longue entrée en matière très intéressante et agréable à lire, le lecteur ne peut qu'être déçu de ne pas avoir droit à un récit d'engagement personnel dans un conflit réel ! Certes c'est facile à quand on est bien au chaud chez soi, mais l'intérêt de lire un livre écrit par un soldat d'élite se situe dans l'action, qu'on le veuille ou non. Pour ma part je suis donc resté sur ma faim, après une entame des plus prometteuses.


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