undrgrnd Cliquez ici Avant toi nav-sa-clothing-shoes nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici nav_WSHT16 Cliquez ici Acheter Fire Cliquez ici cliquez_ici Jeux Vidéo soldes montres soldes bijoux
Profil de Fuchinran Sandrine Monllor > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Fuchinran Sand...
Classement des meilleurs critiques: 390.069
Votes utiles : 905

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Fuchinran Sandrine Monllor "http://voyages.ideoz.fr/" (France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7
pixel
La Pianiste
La Pianiste
DVD ~ Isabelle Huppert
Proposé par dvdpromo
Prix : EUR 29,90

12 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Plongeon dans un amour abyssal, 7 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Pianiste (DVD)
La Pianiste, inspiré de l'oeuvre sulfureuse de l'écrivain autrichien Elfriede Jelinek, est un drame d'une force incroyable qui cultive une atmosphère et des sentiments aussi prenants que malsains et maladifs. LA PIANISTE est tout simplement sublime, vibratile, dans sa violence et sa rage d'amour qui tient le spectateur aux tripes. Un plongeon dans un amour abyssal.
Michael Haneke, dans un travail précis et exemplaire dévoile ici, au fil d'une première partie rythmée par les partitions fameuses de Schubert, toute la sècheresse du drame pourtant sanguin et charnel dans la quête du désir et sa privation. L'exploration minutieuse de cet amour abyssal, menant à la folie des sentiments, a été à juste titre couronnée par le Grand Prix du Jury à Cannes en 2001.
8 ans après la parution du livre éponyme de sa compatriote Elfriede Jelinek (Prix Nobel 2004), auteur très controversée en Autriche et adulée en Allemagne et en Russie, Haneke nous offre une oeuvre qui est audacieuse et brillante à plusieurs niveaux. Car il faut reconnaître le courage nécessaire pour s'attaquer à un tel univers, à ce chef d'oeuvre dont l'écriture acerbe et d'une grande noirceur alterne la crudité à la limite de la pornographie et l'implaccable certitude qu'on ne sort jamais des méandres de sa folie et de la persécussion que peuvent exercer des êtres sur notre esprit au point de nous tuer de l'intérieur... Il faudrait aussi remettre le film dans la perspective du livre : le seul reproche que l'on peut adresser à mon sens à Haneke, c'est bien de coller au côté viscéral et charnel du livre.
Difficile de casser le film pour l'air irrespirable qui s'en dégage malgré un certain académisme et une lenteur dans la mise en scène ou pour les plans silencieux sur fond noir, bien tiqués dans tous les films d'Haneke, qui diffusent le générique et préparent une incursion brutale et déstabilisante du spectateur dans cet univers glacial, déchiré et étouffant où l'on est subitement plongé, presque en apnée et sans autre possibilité de recours dès la première image ... Une caméra peu commune dont s'arme Michael Haneke pour faire partager une sexualité hors des sentiers battus à la crudité étonnante et une passion extrême, qui est interprétée non sans ferveur par un trio d'exception. Ce que Haneke met le mieux en exergue, c'est l'oppression, la perversité des rapports mère - fille qui s'élaborent en filigrane à travers des pratiques extrêmes, la vitalité morbide de l'esprit qui dicte ses lois au corps jusqu'à la quasi destruction.
En incarnant Erika, Isabelle Huppert réussit le tour de force toujours extraordinaire d'être lumineuse, à fleur de peau et pourtant tout en retenue avec sa froideur rigide mêlée de désespérance. Annie Girardot au meilleur de ses prestations dans son rôle de mère castratrice semble totalement en phase avec le personnage décrit avec effroi par Elfriede Jelinek qui ne cache pas qu'elle a vu en cette femme la mère qu'elle méprise. Benoît Magimel pourrait être taxé par certaines mauvaises langues de simple "belle gueule", mais son personnage est essentiel pour révéler l'intériorité du duo féminin et de ses rapports d'amour/haine effrayants. Tous méritaient largement les honneurs qu'ils ont reçu en rôle principal ou second rôle et l'on comprend qu'on ait choisi ce même trio pour un nouveau film dans un esprit assez proche !


Les Vagues
Les Vagues
par Virginia Woolf
Edition : Poche
Prix : EUR 6,30

34 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ethérique, 13 janvier 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Vagues (Poche)
J'ai découvert Virginia Woolf durant ma prépa en cours d'Anglais et j'avoue que j'ai immédiatement aimé. Je n'ai pas étudié à l'époque Mrs Dalloway, sa grande oeuvre, mais une oeuvre un peu moins connue qui était peut-être encore plus difficile, surtout en cours de littérature anglaise : Les Vagues. 8 ans après, j'ai eu envie de replonger dans "cette" Virginia Woolf exceptionnelle dont certaines idées rejoignent celles de mon maître à penser en littérature, Kafka surtout quand elle écrit : " Je sens dans mes doigts le poids de chaque mot. ".
Le style éthrique de Woolf me correspond mieux que celui de Kafka (mon auteur préféré, un génie) ; son imaginaire ne refuse pas la métaphore, mais la nourrit au contraire de voix, de mouvements et de murmures bruyants. J'aime cette intériorité violente, cette profondeur de chaque mot pesé et éprouvé, cette manière de s'affronter elle-même, systématiquement, par le biais de personnages qui ne semblent être que des facettes d'une seule et même personne : Virginia. Cette alternance de sentiments puissants, de réflexions sur le sens de la vie avec des descriptions de la Nature dans ce qu'elle a de plus simple et pur, est jouissive, surtout pour la faible lectrice que je suis et qui aime moyennement les livres à histoire. Tout semble décousu en apparence quand on se confronte à une histoire sans vrais personnages, sans histoire réelle et pourtant, tout n'est que fils entrecroisés, magiques, sensitifs, urgents, épurés, qui se rejoignent et tissent la Vie avec ses flux et ses reflux.
L'écriture est donc à la fois le lieu où le réel se rate, mais aussi le lieu privilégié où se révèle la dimension du réel comme impossible... " Les vagues se brisent sur le rivage [...] J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule". Regarder la vie en face toujours et la reconnaître pour ce qu'elle est, et enfin l'aimer pour ce qu'elle est et puis y renoncer pour ce qu'elle est... Pour toujours ces années ensemble et toujours les heures...


Crying Freeman: Shades of Death
Crying Freeman: Shades of Death
par Kazuo Koike
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Les larmes du tueur, 13 janvier 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Crying Freeman: Shades of Death (Broché)
N'étant point amatrice de bandes dessinées japonaises bien qu'une partie de mes recherches de thèse porte sur le sujet, j'avoue lire les manga le plus souvent sous la contrainte ''scolaire'' et non par plaisir afin d'en comprendre les mécaniques scénaristiques et les éléments d'attachement que peuvent y trouver les fans du monde entier. Crying Freeman a été pourtant de ces chocs graphiques qui m'ont rappelé combien certaines histoires dessinées peuvent prendre une toute autre dimension quand elles vous donnent le sentiment de faire partie précisément de l'histoire ! Ceci est totalement subjectif bien-sûr, d'autant que ce manga n'est que rarement cité en ''référence'' de la production japonaise et qu'il reste souvent dans l'ombre du film éponyme de Christophe Gans dont il a fourni la matière, mais je pense qu'il était bon dans cet avis de rendre justice à cette oeuvre méconnue dans sa version BD !
Réalisée par Ryôichi Ikegami essentiellement connu d'une poignée d'exégètes occidentaux pour avoir dessiné le Spiderman japonais, tentative originale de transposition nippone du héros de la Marvel et tissée autour d'une ambitieuse histoire de son collaborateur K.Koike, la série Crying Freeman qui est originellement constituée de 4 volumes (Glénat, 49F) est un manga de style shônen, c'est-à-dire plus particulièrement adressé aux adolescents. Pour lancer ici en quelques mots les bases du synopsis, Yo Hinomura, potier de son état d'origine japonaise, a été le témoin malencontreux d'un meurtre lors d'une exposition. Enlevé puis drogué, il subit l'entraînement qui fera de lui un assassin redoutable et redouté, à la solde des 108 Dragons, agissant sous hypnose et connu dans la légende sous le nom de Freeman. Puissant, rapide et infaillible, le Freeman se révèle être un atout majeur pour la mafia qui l'utilise comme tueur d'élite. Cependant, comme beaucoup de Freemen, il est marqué par le sceau d' une malédiction : les larmes qu'il verse en signe de remords lorsqu'il accomplit un crime! Un jour, durant une mission, une jeune peintre nippono-américaine, Emu O'Hara, le surprend et tandis qu'il devrait l'éliminer, il lui laisse la vie sauve. Ses patrons exigent qu'il la supprime, mais c'est sans compter avec l'amour qui va très vite les lier, le délivrer de tout conditionnement et le confronter au terrible et décisif moment du choix...
Comme c'est la règle dans les manga, la réussite repose sans nul doute sur la qualité des premiers épisodes et l'impulsion qu'ils donnent à toute la série. Sur deux tomes de 220 pages, Crying Freeman développe une intrigue palpitante mais somme toute classique, au dessin hyper-réaliste et quelque peu rude si on le compare à l'oeuvre "révélatrice" d'Ikegami, Mai Psychic Girl et au scénario bien ficelé qui fait pénétrer les accrocs d'action dans cet univers fascinant des Yakuza et des Triades, les deux mafias les plus puissantes d'Asie. Autour d'un enchaînement de règlements compte sanglants et de combats d'une crédibilité hallucinante, où la violence graphique physique et psychologique peut heurter les âmes sensibles et se teint d'un érotisme diffus, Crying Freeman conjugue, grâce à l'habile pinceau d'Ikegami, une sorte d'académisme lyrique et une affection immodérée pour les effets spéciaux de tous poils. Ainsi, la "solarisation", les fonds abstraits, l'immobilisation de l'instant, les jeux de multiplication des gros plans "émouvants" insistant sur la souffrance et la torture ou encore la représentation des personnages annexes souvent difformes et d'un goût contestable participe-t-elle d'une esthétique de photo romans qui déroule les moments forts en un rythme tour à tour saccadé et endiablé.
Dans cette ambiance sombre à souhait, les destins des deux protagonistes, mélanges de force et de fragilité, et la lutte qu'ils mènent pour faire triompher leur amour constituent aux yeux de la fille que je suis, l'intérêt principal de cette bande dessinée décryptant toutefois avec précision cet impitoyable monde hors la loi que l'on ne perçoit en général qu'avec les films de HK Vidéo ! Outre le charme et la sensibilité irrésistibles du héros - quel canon quand même ! dommage que je n'ai pas trouvé son clone dans la vie réelle tant il est d'une beauté effarante -, c'est la qualité proprement ''artistique'' qui concourt selon moi à faire de Crying Freeman un magnifique manga d'aventure ! Justesse dans les tracés, efficace rendu des émotions, noirceur et souci omniprésent des détails, subtil jeu des ombres rendant parfaitement la difficulté -relevée avec succès- du travail du mangakâ à restituer des atmosphères et des états d'esprit sans la moindre couleur, impressionnante dynamique dans la mise en scène notamment lors les scènes de combat ; tout ici dénote un coup de crayon professionnel que l'on dévore avec une certaine jubilation !
Heureuse, je le suis pleinement si j'ai pu vous transmettre mon enthousiasme et vous donner par mon avis l'envie de vous laisser tenter par un Crying Freeman en papier (presque glacé) mais tout aussi sublime et haletant que celui que vous devez connaître par la pellicule. Reconnaissant toutes les qualités du film de C. Gans qui fait figure de référence dans le 7ème Art et qui est l'un de mes préférés du genre, je pense que le manga ne saurait vous décevoir et doit se regarder à un autre niveau d'esthétisme et d'action, même si l'on aime pas spécialement ou pas du tout les manga ... Gans, féru d'arts martiaux, de manga et de jeux vidéo, a particulièrement bien adapté les deux premiers volumes de la bande dessinée en saisissant l'art et la manière de faire vibrer et d'intensifier les mouvements pour une plus grande crédibilité vis-à-vis d'un personnage hors du commun qui tue d'emblée un peu le suspens et l'équité par sa suprématie physique. On y retrouve néanmoins avec beaucoup de conviction toutes les scènes clés jouées par des acteurs étonnamment bien choisis ! Mais le manga a ce petit ''plus'' quasi indicible, que sais-je... une âme, une énergie que le dessin d'Ikegami rend de manière absolument inégalée avec une conception aussi jusqu'au-boutiste que celle de son scénariste ! Il reste néanmoins regrettable que la qualité matérielle de l'ouvrage, ici très soignée que ce soit au niveau du grain de papier ou de la reliure, n'ait pas grand chose à voir avec le produit originel ce qui fait perdre beaucoup d'authenticité, que les éditions Glénat n'aient pas préféré le format poche typique des manga et surtout qu'elles nous aient sans raison valable (si ce n'est commerciales) privé des volumes 3 et 4 que l'on peut découvrir dans la série d'OAV, l'une des rares en France à avoir eu l'insigne honneur d'être diffusée dans quelques salles obscures de cinéma d'art et d'essai parisiens. Dans le même esprit, mais moins virtuose, elle vous permettra de connaître une suite qui ne viendra sûrement jamais en BD ! 2h30 de grande action ! Qu'attendez-vous donc pour plonger ?


American History X
American History X
DVD ~ Edward Norton
Prix : EUR 8,79

8 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un film qui pâtit d'un grand manichéisme, 2 janvier 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : American History X (DVD)
Pour un premier film, voilà un film de publicitaire où la pâte se sent mais offre un résultat assez étonnant et qui a fait sensation tant auprès de la critique que des organisations mondiales et du public ! C'est tant mieux même si hélas, cela ne dure souvent que le temps du film !
La consécration a été partout au rendez-vous avec notamment le choix de cette oeuvre comme Prix des Droits de l'Homme et de l'Humanité.
Deux frères livrés à eux-mêmes voient leurs destins se croiser. L'aîné qui fait l'admiration du cadet est bouffé par la haine et la rancoeur et décide de s'enrôler dans une bande néo-nazie pour faire payer aux non-blancs la mort de son père quelques années auparavant, par un Noir. Un jour, le drame arrive, il tue froidement un homme dans la rue. Après quelques années en prison, il semble qu'une rencontre l'ait conduit à la rédemption...
Edouard Norton porte ce film de main de maître grâce à sa prestation qui en effet ne laisse pas indifférent ! Le thème du racisme sur fond de neo-nazisme est très ambitieux et son traitement sort des sentiers batttus américains trop moralisateurs pour montrer la violence froide, irraisonnée, raciale... Je trouve cependant que le film pèche à quelques moments par excès ou longueur même si la fin et sa citation reflètent parfaitement l'esprit du film ...
Pour moi, la transition est trop rapide entre les 3 grandes phases de vie du personnage central et il est regrettable que toutes n'aient pas joui du même intérêt de la part du réalisateur ! Il semble aussi trop américain sur sa fin avec un ton moralisateur qui nous conduit directement à ce que l'on doit penser sans nous laisser réellement nous faire notre propre jugement sur des sentiments et des idées où le Noir (Mal) ou le Blanc (Bien) ne sont qu'illusions... Enfin Edouard Furlong démontre aussi pas ma son talent et revient à l'écran avec un rôle intéressant bien qu'il aurait pu être davantage creusé!


Les Egarés
Les Egarés
DVD ~ Emmanuelle Béart
Proposé par boss 4193
Prix : EUR 34,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 L'exode de Téchiné, 21 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Egarés (DVD)
Ce n'est pas le Téchiné des Roseaux sauvages, je le concède, mais Les Egarés, le dernier film de l'excellent Téchiné, reste très fidèle à son esprit : l'ambivalence des sentiments, la finesse de la psychologie ici un peu trop rapidement traîtée mais réelle, l'intériorité des personnages étriqués dans des drames où ils se débattent sans toujours comprendre, sont les éléments pertinents de ce film en demi teinte...
Comme toujours, Téchiné nous confronte à la mélancolie, la tristesse profonde de ses personnages qui sont si touchants dans leurs contradictions et leur impuissance! Le sens du sacrifice y est fort comme s'il était impossible qu'un héros de Téchiné s'extrait de la tragédie dans laquelle il est enfermé. Les faiblesses du film restent cependant dans la manière dont Téchiné survole les caractères ou nous livre en quelques secondes l'essentiel de ce que l'on doit savoir et de ce que l'on retiendra d'eux sans avoir même besoin de les comprendre réellement...
Gaspard Ulliel est une grande découverte pour moi et surtout une surprise qui se confirme en ce moment dans Un long dimanche de fiançailles. Emmanuelle Béart est sublime dans son rôle, fragile et fort à la fois. Elle incarne cette quintessence propre à Téchiné, mais aussi l'impression minimaliste qui est si chère au réalisateur, même si on est peu habitué en général à des films aussi courts. Elle porte à bout de bras ce film qui n'est pas inoubliable ou complètement abouti, mais qui transporte intelligemment dans l'époque de l'exode de la 2ème Guerre Mondiale dans une France dépitée...


La Vie sexuelle de Catherine M., précédé de "Pourquoi et Comment"
La Vie sexuelle de Catherine M., précédé de "Pourquoi et Comment"
par Catherine Millet
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

37 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Sulfureux, 20 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vie sexuelle de Catherine M., précédé de "Pourquoi et Comment" (Poche)
La vie sacrifie-t-elle à la mode de la sexualisation de tout comme l'estiment certains critiques? Les polémiques manquent et aujourd'hui en littérature et elles ont bien peu de densité. Elles font parfois beaucoup de bruit pour rien. La vie sexuelle de Catherine M. a fait un temps scandale avant de devenir best-seller aux USA où la pudibonderie et les tabous sur la sexualité sont nombreux. Ce livre n'a pas échappé à cette tendance à l'outrance, que ce soit celle de l'auteur pour déployer toutes ses frasques sexuelles avec un luxe de détails étonnant ou celles des médias et du public qui se sont partagés entre dégoût, mépris souvent insultant, incompréhension, découverte jubilatoire et plaisir intense à la lecture d'une oeuvre audacieuse. Personnellement, j'ai apprécié le "spectacle", la théâtralité de cette sexualité plus médiatique certainement qu'autre chose qui annonçait Partouzes de Yann Moix à sa manière ; cette sexualité féroce dans la quantité comme la qualité, dont la permissivité invite justement à redéfinir en soi les limites, les frontières ou les méandres de nos quêtes personnelles liées à ce sujet.

Catherine Millet fait rarement dans la dentelle quand elle parle de sexe, encore moins quand elle évoque le sien et ceux qu'elle a connus. En piochant dans ses souvenirs obcènes, elle se délecte de baises éphémères et sans implication, "suce" gouluement les mots, dévore les images des milliers de corps qu'elle a sentis en elle, arrose ses phrases de giclées de "foutre" inconnu, fait jaillir des "queues" étrangères, son "con" sans cesse dilaté et son "trou" aventurié, avec une liberté déconcertante. Elle nous fait glisser sans pour autant recourir à la vulgarité dans la jouissance de sa sexualité délictieuse dont elle ne tire que la gratuité du plaisir. Elle ne manque pas de crudité dans ses évocations, ni de jusque-boutisme dans la description de la consommation nymphomane, même si l'exhibition de sa sexualité hyper-active et quelque peu déséquilibrée tombe de temps à autre dans l'indécence, la surcharge forcée et donc l'ennui dans la mesure où il n'y a guère de réflexion de fond.

Peu d'intériorité dans le personnage sulfureux et décapant de Catherine M. bien que les 4 chapitres mettent en perpsectives les apports du nombre, des apprentissages, de l'espace et du détail pour la construction de son corps et de sa sexualité de femme. J'ai cependant ressenti beaucoup de choses au travers de ce discours glacé comme le papier, ces mots vitreux parfois, ces accumulations d'expériences multiples, ces échangismes ou libertinages plein de fantaisie, ces froides pénétrations simultanées au plus profond des entrailles. J'avoue que j'ai beaucoup aimé l'humanité qui se dégage de quelques instants ou de quelques mots. C'est très fort justement parce qu'il y a dans le style, l'écriture fluide et sanguine comme sur le fond, une focalisation sur l'aspect et le descriptif qui sont souvent mis de côté par ceux qui intellectualisent la sexualité. Ici, la part du fantasme et de la réalité n'est pas mesurable et c'est d'autant plus intéressant qu'on est constamment sur le fil du rasoir, en train de se demander si ce qui est exprimé tient du vécu ou d'une fantasmatique déviante et assez jouissive.

La Vie sexuelle de Catherine M. est un roman en miroir volontairement à double tiroir : les lecteurs pétris de préjugés n'y verront qu'une nauséabonde série de sessions de baises à la limite de la prostitution consentie, les autres trouveront un large panel d'émotions et d'affects qui les troubleront et les feront réfléchir aussi sur eux-mêmes...

Le problème de la littérature et des mots, c'est que souvent, ils croient donner l'image d'une réalité avec laquelle il y a pourtant une très grande distorsion. Je pense que ce qui choque le plus, ce n'est pas tant le sexe si obscène soit-il (qui est très utilisé en littérature) ni même l'aspect pornographique, que le fait de voir une femme se permette d'en parler sous son angle mécanique et technique comme nombre d'hommes en n'hésitant pas à se faire passer pour une salope en confondant expérience, plaisir, danger, sexe et rapport...

Note 3,1/5.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 22, 2011 3:09 PM CET


Himalaya, l'enfance d'un chef
Himalaya, l'enfance d'un chef
DVD ~ Thilen Lhondup

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Voyage au bout de la vie..., 12 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Himalaya, l'enfance d'un chef (DVD)
Fasciné par l'Himalaya, chef réalisateur, voilà trois ans, de la seconde équipe de ''Sept ans au Tibet'', Eric Valli n'a pas manqué son rendez-vous avec un sublime film sur son thème fétiche et dont il se veut un excellent observateur, ''Himalaya, l'enfance d'un chef'' qui a fortement marqué le paysage du cinéma français en 1999.
Bien que très lent et peu axé sur l'action, ''Himalaya, l'enfance d'un chef'' m'a complètement séduite pour tout un mélange d'émotions ; tout à la fois pour la qualité de sa réalisation, sa mise en scène limpide, ses prises de vue fantastiques et surtout un scénario surprenant qu'Eric Valli déroule avec finesse et un regard quasiment ethnologique sous l'oeil jubilatoire du cinéphile.
Dans ''Himalaya'', on découvre avec un plaisir inouï toute la splendeur imposante, magique et méconnue des paysages de l'Himalaya, ainsi que les traditions, le folklore et la vie quotidienne d'un village de vendeurs de sel qui subsistent dans un univers hostile et misérable, en accomplissant chaque hiver un périlleux et halletant voyage au-delà de l'imaginable, au coeur des plus hautes montagnes du monde pour se rendre en pleine et y échanger leur unique ressource de vie contre du blé.
L'histoire prend pied sur les cîmes de l'Himalaya, dans un village perdu du Dolpo (Nord-Ouest), à plus de cinq mille mètres d'altitude. Tinlé, vieux chef charismatique dont le fils aîné vient de mourir accidentellement, refuse de laisser la conduite de la caravane de yaks au jeune Karma, qu'il accuse d'être responsable de la mort de son fils et qu'il juge trop ambitieux... Aussi, décide-t-il de tout entreprendre pour retrouver son titre de chef du village et mener une nouvelle caravane, ce qui nous lance dans une aventure et une rivalité captivantes dont on ne ressort pas indifférent !
C'est, en effet, l'événement annuel de la vente du sel qui coût de tout fil et habilement le scénario autour d'un conflit générationnel d'une belle dimension. Les difficultés et dangers rencontrés dans cet univers sauvage sans voie de communication, à des altitudes et des températures stupéfiantes, ponctuent le film de grands moments où l'on a le souffle littéralement coupé par la capacité de ces hommes à résister contre l'adversité et se dépasser ! Toutefois, pour ma part, je retiendrai surtout de ce film la magnifique leçon d'humanité qu'il offre en filigranne, en développant l'esprit rival de deux hommes à la fois opposés et si semblables qui à la base refusent de s'écouter et se comprendre pour s'unir autour d'un désir pourtant commun, celui d'assurer la survie de leur village -En décidant de braver les oracles du chamane et la colère de Tinlé et en levant la caravane quelques jours avant la date rituelle, Karma qui est soutenu par les jeunes illustre la fougue et l'espoir d'un renouveau, tandis que Tinlé, aussi entêté que courageux malgré un âge avancé, a retenu les enseignements de son jeune temps et incarne la sagesse même s'il est souvent aveuglé par son chagrin et son désir de vengeance. Entre ces deux êtres, il y a aussi une collecte de souvenirs, le poids et les erreurs de l'existence et surtout la naïveté, la tendresse d'un enfant qui va leur révéler le sens de la vie ... Une belle occasion de méditer tout en s'évadant ...
Si Himalaya ne compte pas de têtes connues, ce film différent, qui se trouve servi par une musique captivante et dépaysante, est tout à fait poignant, que ce soit au travers de la profondeur des caractères cernés à fleur de peau, de personnages puissants qui incarnent avec force et courage leurs convictions ou encore du fait de la précision des connaissances mises en lumière et du regard d'Eric Valli qui décortique les mentalités et les coûtumes de cette communauté avec justesse et émotion. Plus qu'un film impressionnant, un spectacle touchant à voir seul ou en famille, Himalaya se présente comme un voyage d'exception dans un monde que peu de gens connaissent et fait figure d'excellent documentaire pour ceux qui ont la curiosité de découvrir l'incroyable périple des vendeurs de sel tibétains.


Battle Royale, tome 4
Battle Royale, tome 4
par Koushun Takami
Edition : Poche
Prix : EUR 6,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Satire de la société de consommation, 9 septembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Battle Royale, tome 4 (Poche)
Dans le prisme de rapports devenus anarchiques entre les individus et notamment entre adultes et adolescents, on redécouvre au fil de Battle Royale les processus de réhumanisation ou de déshumanisation que peuvent produire les situations limites et évidemment les dissensions qui se produisent déjà aujourd'hui dans la société et la jeunesse japonaise. Certes, il y a dans toute l'oeuvre une sacrée caricature, mais le choix de l'anticipation permet d'explorer ce que pourrait être l'avenir d'une société en crise, au bord de l'implosion même si en apparence, rien dans le système n'est remis explicitement en cause au Japon! Ces perspectives nourrissent donc une réflexion qui peut être intelligente quand elle dépasse la basique trame du jeu et le débat stérile sur la violence présumée gratuite... A travers les jeunes héros, tortionnaires en mal de téléréalité, l'argument de la faillite culturelle et sociale est terrible et fait directement allusion à la philosophie qui sous-tend ces programmes ainsi que celle de certains scénarios de jeux vidéo, consomption fantasmatique et suicidaire de la loi du plus fort.
Difficile de ne pas retrouver aussi dans l'histoire un écho à "Sa Majesté des Mouches" de William Golding et à "1984" de George Orwell. L'acerbe critique de médias, des jeux vidéos, de l'informatique qui virtualisent les rapports au point de dissoudre le lien social donne un prétexte pour exalter les valeurs traditionnelles telles qu'elles sont perçues au Japon : "le courage, la solidarité, l'empathie, la responsabilité face à la lâcheté, l'indifférence et l'insouciance" suscités par l'évolution de nos sociétés consuméristes. Il y a aussi, en filigrane, une révolte contre le "fatalisme propre à une certaine pensée asiatique qui favorise la léthargie face aux événements, en fait la facette la plus ordinaire du conservatisme". D'ailleurs, on peut rapprocher Battle Royale d'une oeuvre plus occidentale dans sa forme mais tout aussi efficace : le V pour "Vendetta" d'Alan Moore et David Lloyd.
A ceux qui ont vu le film et qui ne verraient pas l'intérêt de découvrir le manga, je dirais que les deux supports sont très différents et malgré les techniques cinématographiques adpotées dans l'art du manga, on découvre une approche en apparence identique dont le traitement pourtant diffère, en particulier à propos des personnages à la psychologie beaucoup mieux soignée ce qui donne l'impression que la violence rédibitoire est un peu dilatée ... Sous des airs de littérature de gare, destiné au défoulement des ados, Battle Royale n'est pas différent des manga jugés trop violents qui cultivent la plus large gamme de sentiments liés au relationnel pour créer chez le lecteur des impressions multiples qui troublent d'autant plus qu'elles alternent vite et souvent simultanément entre désarroi, ébranlement, trouble, stupeur, désaveu, dégoût, déception et émotion intime intense. Le manga est moins sophistiqué que des oeuvres cruelles comme Coq de Combat de Tanaka qui propose une vision hyper-réaliste de la société des mégalopoles, mais il reste très efficace du point de vue du propos et de la mise en scène.


Le Champ Dolent - Coffret 2 DVD
Le Champ Dolent - Coffret 2 DVD
DVD ~ Jean Yanne
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 22,29

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'amour de la Terre nourricière, 13 juillet 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Champ Dolent - Coffret 2 DVD (DVD)
Avec le Champ Dolent, la série autonomnale de France2, en 4 épisodes, inspirée du livre d'Hervé Baslé aux éditions Lattés, nous promène par des flash-backs - ce qui est rare à la télé dans les séries - dans le monde paysan breton du siècle dernier. Un mariage, celui de la fille du narrateur, dépositaire de la mémoire lignagère, réveille souvenirs, espoirs et désillusions avec un ton mêlant goille et poésie. Balade magnifiée par des images splendides sur lesquelles coulent des mots de conteur : danse entre le présent et le passé, la tradition et le poids du temps et de ses évolutions souvent dures pour la paysannerie, dans un monde de tension dont on voit le visage, les mentalités et les gens changer !
Conte de la terre nourricière et long chant de douleur, le 3ème volet est de loin le meilleur. Les aiguilles de l'horloge reviennent à la sombre période de la campagne sans les hommes, qui met justement en lumière des personnages féminins, forts et courageux. Se dessine alors le versant le plus noir avec une dimension tragique évidente, alors que dans le 4ème volet, Jean Baptiste devient de plus en plus attachant en parlant de l'agriculture aujourd'hui.
Tout est ciselé au détail près : images, décors, ambiances, couleurs et lumières. C'est superbe surtout que l'on voit nettement changer les choses avec la lenteur et la montée dramaturgique dans le second épisode : tout a curieusement changé de couleurs, même les paysages, le ciel et la pluie ! Entourés d'une pléaide de brillants comédiens, Jean Yanne et Y. Moreau sont d'excellents interprètes qui servent la série grâce à leur professionnalisme et leur sobriété !


Les nuits fauves [VHS]
Les nuits fauves [VHS]
VHS

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hymne à la vie, 7 juillet 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les nuits fauves [VHS] (Cassette vidéo)
Le film ''culte'' de toute une partie de la génération SIDA, malgré les polémiques, les récompenses complaisantes, les jugements gratuits. Difficile de sortir indemne, tant l'approche est sanguine et incisive, audacieuse, capricieuse, torturée et jusque-boutiste, sans concession parfois et d'autrefois encore d'une chaleur envahissante, dérangeante gouttant à la folie d'aimer et l'amour à la folie.
J'ai vu Les Nuits Fauves, j'ai lu Les Nuits Fauves. J'en suis sortie touchée, transportée parfois, dérangée surtout. J'ai aussi lu Condamné Amour, livre écorché qui lui parle vraiment du SIDA comme une confession et où Cyril se met en scène réellement, j'ai eu du mal à apprécier certains passages qui étaient à mon goût trop vulgaires même si l'ensemble de l'oeuvre de Collard doit prêter à une vraie réflexion ...
Entre inconscience, lucidité, culpabilité, il y a toujours de la vie même si le plaisir peut revêtir un côté malsain, pervers. Ou les limites de l'amour : en filigrane un hymne à l'espoir : ''Je suis en vie, dans la Vie''. Une combat, une vision de l'amour humaine, fragile et violente : lui, elle, eux, nous, vous... Une vision définitivement humaine, trop humaine peut-être. Ce qui est fabuleux c'est la grandeur d'âme du film, un don désintéressé pour le souvenir d'une histoire et d'amours qui ne sont pas toujours perçus comme de l'Amour. Surtout la liberté de penser du film ce que l'on veut, tout en sortant forcément différent...
Cyril Collard a été le 1er à dire publiquement et à faire comprendre à un large éventail de gens que le SIDA n'était pas ''qu'une maladie de PD'' et que la sclérose sociale entourant cette maladie a déclenché des comportements dangereux comme sa vie sexuelle, puisqu'il avoue avoir fait fi de la maladie et avoir contaminé des gens, plus par ignorance, inconscience due au cloisonnement dans le tabou que par stricte imprudence ou méchanceté. C'était courageux de sa part et lâche un même temps puisque c'est mourant qu'il a fait son film. Pour mourir sans être trop coupable peut-être d'avoir donné la mort en baisant... ou en aimant? C'est selon... Mais parfois, certaines lâchetés ont plus de sens que tous les courages du monde!


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7