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Contenu rédigé par Fuchinran Sand...
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Commentaires écrits par
Fuchinran Sandrine Monllor "http://www.forumdesforums.com" (France)

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Jésus de Nazareth [Édition Spéciale]
Jésus de Nazareth [Édition Spéciale]
DVD ~ Robert Powell
Proposé par Bulles et Joujoux
Prix : EUR 42,99

16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fresque magistrale, 23 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jésus de Nazareth [Édition Spéciale] (DVD)
En pleine polémique avec la sortie de La Passion du Christ de Mel Gibson, les médias ne manquent pas de comparer les diverses oeuvres cinématographiques qui se sont attaquaient au passionnel sujet que constitue Jésus, l'un des prophètes qui se disait roi des Juifs et qui est mort car il affirmait être le Messie venu racheter tous les péchés du monde par sa souffrance. On pense bien sûr à l'adaptation de l'évangile de Saint Luc bien fade, à celle de Pasolini qui a fait scandale en son temps car elle suggérait beaucoup, à La dernière tentation du Christ très critiquée et scandaleuse à sa sortie. Mais la plus magistrale adaptation reste la fresque presque épique de Zeffireli qui pêche peut-être par académisme et excès de fidélité à l'évangile qu'il a adaptée, mais qui donne le plus bel aperçu au cinéma de l'histoire de cet homme extraordinaire dont le nom, deux mille ans après sa mort, reste dans des milliards de mémoires. Une réalisation impécable, 7h haletantes, une restitution des principaux événements de la vie de Jésus malgré une construction très basique et sans surprise, une super production avec une galerie d'acteurs prestigieux dont Robert Powell, Claudia Cardinale en prostituée, Ernest Borgigne, Peter Ustinov, Lawrence Olivier, Michael York qui incarne Jean le Baptiste et Stacey Keach pour jouer Barabas...


Not Going Anywhere - Copy control
Not Going Anywhere - Copy control
Prix : EUR 20,20

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'anglais pour toucher à l'essentiel, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Not Going Anywhere - Copy control (CD)
Keren Ann n'est pas très connue du grand public mélomane : elle fait partie de ce que l'on appelle les artistes "intimistes" avec leur univers bien particulier et elle est souvent davantage connue du fait de ses collaborations à des albums comme celui d'Henri Salvador "Chambre avec vue" que pour ses propres albums bien que les deux dernières victoires de la musique lui aient donné un tremplin pour partager son talent. Comme beaucoup, je suis étonnée en découvrant combien elle était différente selon qu'elle chantait en anglais ou en français, même si elle conserve cette voix douce et mélodieuse, remplie d'émotions !
Certaines de ses chansons en français sont jolies, mais elles ne marquent pas forcément, alors qu'un Benabar, Benjamin Biolay ou Vincent Delerm qui peuvent chanter dans le même esprit, ancré dans le quotidien et la sensibilité, arrivent à communiquer l'histoire qu'ils chantent avec force. Keren Ann quand elle interprète ses textes en anglais est vraiment sublime : on croirait qu'elle se fond dans ses mots pour les retranscrire dans leur essence et rendre l'histoire magique et unique. C'est encore plus admirable quand on sait qu'elle est auteur, compositeur et chanteuse dans bien des cas, ce qui se fait de plus en plus rare aujourd'hui. Je pense que cela tient aussi de son rapport particulier au français qu'elle avait évoqué dans Double Jeu, chez Pivot. Elle expliquait que pour elle, le Français était une langue trop importante pour qu'elle parvienne à donner la même dimension à ses écrits qu'en anglais qui curieusement était sa première langue (avec son père et sa mère) mais qui reste plus extérieure. Pour elle, le Français serait une langue de l'intime trop difficile à manier pour toucher à l'essentiel, surtout qu'elle est issue d'un drôle de métissage culturel (israëlite, néerlandais, français par croisement...).


Les Autres
Les Autres
DVD ~ Nicole Kidman
Proposé par MAXIDVD
Prix : EUR 0,99

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Quand les spectres sont domestiqués..., 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Autres (DVD)
Amenabar qui pour les français est quasiment un illustre inconnu est un digne successeur de Bunnel et confirme largement son talent déjà signalé par les nominations et succès aux prix Goya pour Tesis et Ouvre les yeux ! Les Autres, à mes yeux, c'est un peu un thriller fantastique au parfum suranné mais toujours envoûtant que personne n'attendait plus vraiment dans l'univers du 7ème Art de plus en plus guidé par les Scream et autres films fantastiques ou d'horreur. C'est un film qui, par son extraordinaire maîtrise et son classicisme presque outré à force d'être tenu, semble presque hors du temps et intensément angoissant au point d'en devenir jubilatoire pour les amateurs du genre. En tout cas, il est carrément hors mode. Assurément séduisant pour les amateurs du hors norme ! Il ne souffre aucunement de la comparaison avec les nombreux « films de genre » car c'est une fabuleuse leçon de cinéma portée par un seul homme assez génial, l'espagnol qui monte, qui monte, qui monte, Alejandro Amenabar, qui impose son savoir-faire avec une main de maître et qui semble en connaître beaucoup du « 7ème Art ».
Ici, point d'acteur jouant devant un écran bleu, ni de falsification numérique de l'image, et quand on sait que tous les trucages des films d'Hitchcock ont été réalisé au tournage, on se demande pourquoi tous les films ne ressemblent pas à celui-ci. Du grand cinéma pour un plaisir intact du début à la fin et même après le film ! Ce qui est aussi séduisant que fascinant c'est que Les Autres est un film qui déploie plutôt une pédagogie de l'épouvante (un peu comme 6ème Sens dans le fond et de manière très novatrice) et il s'inscrit indéniablement dans la lignée des grands classiques du film d'horreur gothique, comme La Maison du diable, Les Innocents, L'Exorciste ou Shining. Cependant, il s'en distingue car il ne s'agit pas ici de quitter à tout prix un lieu hanté pour se défaire du Mal et les spectres d'Alejandro Amenabar ne sont pas là pour être éradiqués ou mis à distance, mais pour être apprivoisés.
Je pense que Nicole Kidman porte aussi à merveille le film ! Elle irradie le film de sa beauté glaçante. Elle est d'ailleurs magistrale en bourgeoise anglaise au physique hitchcockien sur les traces de Grace Kelly avec qui elle partage une grande puissance d'évocation sexuelle. Tout simplement grandiose, Nicole Kidman dont il n'a pas fallu attendre cette prestation pour se convaincre de la richesse de son talent, semble échappée d'un film du maître du fantastique, donc, blonde stricte et sophistiquée, par laquelle le spectateur voit le film. Elle réussit une étonnante composition de femme toujours tourmentée, souvent effrayée avec une charge émotive sans conteste jouissive pour les amateurs de films fantastiques ! Personnellement, j'ai aussi beaucoup aimé l'adaptation de Roulot (doute sur l'orthographe) Le tour d'écrou qui est aussi terriblement angoissante et qui est peut-être la meilleure adaptation des 4 qui ont été faites (avec celle où jouait Ingrid Bergman).


Nina Berberova
Nina Berberova
par Nina Berberova
Edition : Broché
Prix : EUR 27,90

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 1 femme, 3 mondes, un siècle dans une oeuvre, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nina Berberova (Broché)
Il est incroyable de constater qu'en une petite femme russe comme Nina Berberova se sont fédérés 3 mondes : la Russie, le monde Occidental côté français et outre-atlantique et un siècle puisque cette femme qui est née en 1901 a vécu l'essentiel des péripéties et des terribles mouvements qui ont agité le XXème siècle.
Nina Berberova n'a été que tardivement remarquée par Actes Sud qui a publié ses oeuvres en exclusivité : son style clair, fluide, direct est subtil et juste. Elle a depuis obtenu une reconnaissance mondiale qui en fait en juste titre la plus grande auteure russe, l'égal de son grand ami Pasternak notamment! Il y a avant tout dans ses livres une quête de vérité des choses et des êtres, une quête de sens des événements ponctuant l'existence! Je vous suggère L'Accompagnatrice son oeuvre la plus aboutie peut-être et De Capes et de larmes, très accessible pour tout lecteur! Elle a aussi profité de son expérience d'exilée en quête d'identité pour produire des chroniques comme celles de Billancourt où elle raconte jusqu'aux années 60 la dureté de la vie en France pour les Russes misérables chassés par le communisme!
Son autobiographie "C'est moi qui souligne" est captivante et brillante, à l'image de l'esprit sensible de Nina. Cet ouvrage fouillé et sans concession sur son monde est exceptionnel tant pour la fluidité du style que pour l'intensité et la profondeur du contenu, mais il n'est vraiment accessible dans toutes ses dimensions que lorsqu'on s'est familiarisé avec cette femme, son histoire et l'histoire de son temps par certains romans (...) comme ses Chroniques d'éxilée ! Dans C'est moi qui souligne où domine "la quête du mot juste" avec un sentiment qu'il n'y a jamais eu de "hiatus entre elle et le monde", Nina Berbarova évoque ses rencontres passionnées et passionnantes, ses luttes intérieures, ses réflexions intimes ou intellectuelles sur ce qui explique les grandes agitations de son temps. Il vaut mieux être assez armé car ses références historiques, littéraires multiples sont quand même un obstacle à une véritable compréhension!


Chroniques de Billancourt
Chroniques de Billancourt
par Nina Berberova
Edition : Poche

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Chroniques d'un exil nourricier, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chroniques de Billancourt (Poche)
La richesse des Chroniques de Billancourt injustement contestées par certains récalcitrants au style de Berberova, se trouve dans le regard aiguisé de cette auteure d'exception, à mi chemin entre l'anthropologie, la réflexion critique et l'ethnographie. Quand Nina entreprend la rédaction de ces souvenirs d'un quotidien long et éprouvant mais chargé d'expériences humaines inoubliables qui dura plus de 30 ans, elle est déjà une femme mûre, consciente de son désir de transmettre l'histoire de l'exil et passionnée par l'exercice d'écriture. Ainsi se forge-t-elle une histoire et une identité en se nourrissant de sa littérature et en observant ses pairs dans ce que l'on pourrait appeler une banlieue ghetto pour les exilés de la Russie Communiste.
En vivant aux côtés de ces Russes de l'exil dont elle fait partie avec tout ce que cela comporte de souffrance et de surpassement, Berberova décrypte son époque, la France des immigrés et critique le "célèbre esprit d'accueil français" qui trouve ici toutes ses limites bien que Nina Berberova soit une "intellectuelle" maîtrisant parfaitement la langue française et soumise aux pires petits travaux pour manger ... Le récit non romancé, écrit à la manière d'un journal de bord assez peu confident, est fouillé et fourmille de détails sur la vie de l'époque et sur les mentalités tant russes que françaises et au final franco-russe dans cette microsociété repliée sur elle-même. Plus de 30 ans de vie parisienne pour une Russe obligée de renoncer à ce qu'elle est pour découvrir la survie et condamnée à rester parmi des Russes qu'elle finit parfois par exécrer, sont décortiqués avec justesse et pudeur...
En 1921, Nina Berberova, pourtant jeune, est obligée de fuir la Russie après la condamnation de son père pour haute trahison. De jeune femme promise à un brillant avenir qui avait fait des études et qui vivait dans le confort d'un Saint Petersbourg presque flamboyant, elle devient apatride, un temps à Berlin peu accueillant où dans l'urgence elle retrouve Pasternak et d'autres amis proches, puis à Paris où elle va vivre à Billancourt jusqu'aux années 60. Elle décrit le déchirement des exilés, la misère, la famine même, l'impossible intégration de tous ces Russes, certains issus de la bourgeoisie qui ont du renoncer à leur pays sous peine de mort par les Communistes. Elle raconte le quotidien de l'exilée dans sa noirceur et ses souffrances intérieures ; la difficulté étant de savoir comment vivre dans un pays étranger où la reconnaissance et la légitimité semblent impossibles et pourtant nécessaires pour trouver un véritable emploi qui permette de se nourrir et d'aider ses proches sans se contenter de couture alors qu'on est obsédée par la Littérature ! Nina y confie aussi les contradictions entre le sentiment d'"être" pleinement dans la tragédie ou l'épreuve et de n'avoir plus de véritable identité ou encore la solitude terrible à laquelle elle s'est retrouvée confrontée, si souvent, même si Billancourt ressemblait à l'époque à une Russie miniature, ravagée par les angoisses, le désespoir et le sentiment pour beaucoup de n'être plus rien et d'être voués à la perte de leur propre histoire !


Le Petit Prince
Le Petit Prince
par Antoine de Saint-Exupéry
Edition : Poche
Prix : EUR 6,80

56 internautes sur 60 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une leçon d'humanisme, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Petit Prince (Poche)
Avec la découverte incroyable de l'avion qui fut celui de la dernière mission de Saint Exupéry, le Papa du Petit Prince, mort il y a 60 ans, ce livre est sujet à discussion et remis sur la scène pour rappeler combien Saint-Exupéry obtint la reconnaissance "littéraire" la plus importante - celle du public - grâce à une histoire aux allures de gentil conte qui pouvait faire sourire sans qu'on puisse imaginer qu'elle passerait ainsi à la postérité. Le Petit Prince n'est ni plus ni moins que l'ouvrage français le plus traduit (140 langues) et vendu par million dans le monde ; 150 pages inoubliables, peuplées de merveilleux messages d'amour, d'espoir même s'il est aussi l'objet d'un grand commerce avec de multiples produits dérivés vendus à prix d'or car Le Petit Prince est une marque à la mode, qui est à l'image des chères têtes blondes dont rêvent les mamans ...
Au premier degré, on pourrait considérer l'oeuvre de Saint Exupéry comme une littérature naïve, voire niaise qui oscille entre nostalgie et douce rêverie en brodant autour d'une histoire sans grand intérêt mettant en scène un garçonnet, une rose, une étoile, un renard... Les spécialistes en littérature, intellectuels ou du moins ceux qui se prennent pour des "intellectuels" et des "spécialistes" ont pu contester la qualité du récit, le style apparamment fragile, la faiblesse des idées qui seraient émises dans ce libre. Pourtant, le Petit Prince est un chef d'oeuvre d'humanisme, une leçon de confiance universelle, qui fait justement rêver ceux qui ont perdu leur âme d'enfant et qui aimeraient pouvoir retrouver le courage de voir le bon y compris dans le mauvais... L'écriture est simple, parfois même infantile, mais pure justement, accessible à tous et volontairement ancrée dans le langage de l'enfance pour mieux traduire la beauté et la sensibilité du monde dont on rêve tous étant enfant : un monde d'amour et de poésie ! Dessine moi un mouton, qui ne se souvient pas de cette demande qui pourrait sembler bien naïve une fois encore et qui est pourtant si chargée de sens ? Le Petit Prince est un livre original , magique, tantôt réaliste malgré le surréalisme de l'aventure, tantôt utopique dans sa vision du monde idéal : il faut le lire et relire, pas seulement quand on est enfant ou adolescent ou quand on veut le faire découvrir à ses enfants, car il est rempli de symboliques qui échappent bien souvent à notre regard de soi-disant adulte désireux de voir le monde tel qu'il est... Peut-être est-ce le Petit Prince qui le voit le mieux dans sa quête de lui-même, sa rencontre de l'Autre, sa découverte du monde ?
Le génie de Saint-Exupéry est bel et bien d'offrir un livre marquant où toutes les lectures sont possibles, qu'il s'agisse de la drôle de fable pour enfant ou d'une vision philosophique de la vie qui pose les principales questions sur notre monde et notre raison d'être, tout en laissant à chaque lecteur la liberté de de trouver ses propres réponses ! La grande force de ce livre est finalement son rare universalisme qui fait que chacun d'entre nous en survolant ou lisant attentivement et se souvenant, devrait y retrouver une partie de lui-même!
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The Virgin Suicides [Import USA Zone 1]
The Virgin Suicides [Import USA Zone 1]
DVD ~ Kathleen Turner

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dérangeante quintescence de l'adolescence!, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Virgin Suicides [Import USA Zone 1] (DVD)
Voilà un film aussi troublant que dérangeant et envoûtant avec en filigrane une mélancolie poignante, une ambiance étouffante parfois qui met les personnages au bord de l'asphyxie...
Pour un premier film à la fois poétique et lumineux malgré le propos sombre entre angoisses et attentes, Sofia Coppola se fait un prénom ce qui n'était pas évident vu les antécédents de son maître de père ! Elle a un talent certain avec des angles de vue novateurs, ambitieux et originaux et des lumières incroyables sur une histoire puissante qui a capté la quintessence de l'adolescence, qui invite à la réflexion et à puiser en soi pour se laisser envahir par le flot d'émotions dont ce film est chargé ! Comment imaginer mieux pour une incursion dans le cinéma, confirmée depuis par l'excellent Lost in translation, qu'un tel film servi en plus par toute la délicatesse, la subtilité de la fragile Kirsten Dunst et un James Woods toujours impeccable ?!


Bread and Roses
Bread and Roses
DVD ~ Pilar Padilla
Prix : EUR 13,00

22 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du grand Ken Loach, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bread and Roses (DVD)
Ken Loach est plus qu'un réalisateur, c'est un cinéaste ultra réaliste qui observe, analyse et décortique à la manière d'un ethnologue le monde qui l'entoure, sans concession ni fioriture. Bread and Roses est sûrement l'un de ses meilleurs films même si ce n'est pas le plus connu : il y explore avec son habituel regard scrutateur, toujours aussi acéré et cynique, l'Amérique de la prospérité, sans oublier son côté frondeur, parfois désabusé, mais surtout son imparable pate touchante et poignante qui ne laisse pas le spectateur indemne d'un bout à l'autre du film.
Un réalisateur d'exception, hors norme dans le cinéma mondial et trop souvent rejeté pour l'intellectualité et l'approche critique et implacable de ses mises en scènes et ses atmosphères paradoxales et aussi terriblement généreuses par moment. Plus qu'un réalisateur à apprécier pour son côté à fleur de peau, son talent tranchant, c'est un Artiste comme on en trouve de moins en moins, qui sans concession plonge dans la société de son époque pour en montrer toutes les facettes, même les moins glorieuses et nous ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure et que l'on voit de moins en moins (avec les yeux, ni le coeur d'ailleurs).
On découvre dans ce film en particulier la face cachée de la prospérité et c'est jubilatoire, d'autant que Bread and Roses était déjà servi par l'excellente prestation d'Adrien Brody qui quelques années plus tard devait être consacré pour son rôle dans Le Pianiste de Polanski. Regardez ce film, vous ne le regretterez pas si vous aimez le vrai bon cinéma américain qui sort des sentiers rebattus!


Philadelphia [Édition Spéciale]
Philadelphia [Édition Spéciale]
DVD ~ Tom Hanks

9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La discrimination comme porte d'entrée sur le SIDA, 16 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Philadelphia [Édition Spéciale] (DVD)
Bien que beaucoup en fassent un film sur le sida, et sûrement l'un des premiers à grand public et qui a été un succès au box office grâce à un duo d'acteurs exceptionnels comme Tom Hanks et Denzel Washington, il ne faudrait pas oublier que le sida n'est dans Philadelphia qu'un prétexte pour parler de discrimination et différence. Du moins, et ce n'est pas toujours évident au premier visonnage et quand on décontextualise le film, Philadelphia n'est pas qu'un film sur le SIDA, non que le sujet ne soit pas suffisamment porteur de réflexion ou de dramaturgie, mais qu'une grande société de production avec de grands acteurs pouvait difficilement se permettre aux USA d'aborder la question du sida autrement que par des combats comme celui de cet avocat brillant, licencié après des manigances de ses supérieurs, parce qu'on avait découvert qu'il avait le SIDA.
En effet, il y a fort à parier que le cinéma américain de l'époque (et cela n'a pas forcément beaucoup changé hélas) n'aurait sûrement pas osé, aux débuts des années 90, aborder un sujet qui était encore tabou au cinéma s'il n'avait pas été trouvé ce subterfuge qui consiste à croiser les combats : pour la différence, contre l'homophobie, contre la discrimination sociale et professionnelle. Malgré la montée du sida et la lente prise de conscience de la gravité du problème et de l'exclusion et de la ségrégation sociale générées, le cinéma américain n'était pas destiné à parler d'une maladie "honteuse" que seuls quelques téléfilms avaient traitée avec la plus grande pudeur, sans avoir beaucoup d'échos si ce n'est celui du destin d'Alison, l'une des premières jeunes femmes hétérosexuelles américaines, de bonne famille, atteinte par le VIH sans s'être droguée et qui a contribué à rappeler que le SIDA touchait tout le monde.
Que l'on apprécie Philadelphia pour son message de tolérance, soit, mais ne nous leurrons pas : l'Amérique puritaine reste omniprésente jusque sur les grands écrans et souvent ce qu'elle suggère comme morale ou message, elle ne se l'applique pas à elle-même dans la réalité. Des producteurs et des acteurs ont refusé de prendre part à l'aventure Philadelphia, car ils ne voulaient pas voir leur image ou leur nom mélangé à un sujet comme le SIDA... Cela fait réfléchir!


Lettres à Ottla et à la famille
Lettres à Ottla et à la famille
par Franz Kafka
Edition : Broché
Prix : EUR 11,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quand Kafka transcende Franz..., 14 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres à Ottla et à la famille (Broché)
Kafka était un hommes de lettres au propre comme au figuré : il a été avant tout un écrivain qui vivait sa vie par ses romans et nouvelles, mais aussi un ami, un parent qui échangeait ses impressions avec sa famille et ses proches par des lettres nombreuses et denses. Ottla était sa soeur préférée, la dernière de ses 3 soeurs avec qui il s'entendait à merveille et dont il disait qu'ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Ottla a reçu de multiples lettres, y compris quand Kafka vivait à Prague ou s'absentait de chez lui quelques jours à peine. C'est par cette correspondance et celles que nous n'avons pu lire à Max Brod par exemple qu'éclate l'esprit de Kafka et la mani-re dont il érige l'écriture comme centrale dans sa vie. Il est évident que même dans le cas des lettres les plus intimes, Kafka transcende Franz pour évoquer le monde, sa vision de la vie, ses peurs, ses incapacités à affronter ses engagements et ses faiblesses qui le rendent attachant. On retrouve bien sûr un style très kafkaïen propre à ses lettres et moins courant dans ses romans : il use à souhait de phrases longues remplies de points virgules, ponctuées d'aussi longues parenthèses qui noient facilement le lecteur qui manquerait d'attention. Les lettres à la famille sont des lettres souvent très longues, fourmillant de détails, qui ne se contentent pas de transmettre des nouvelles, mais qui offrent la vision de Kafka sur le monde, sur les gens et sur la vie ! L'investissement de 10€ est mérité, même si l'oeuvre n'est pas forcément facile à trouver. Dans la même collection des Lettres à Miléna, le livre est de très bonne facture!


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