Profil de Fuchinran Sandrine Monllor > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Fuchinran Sand...
Classement des meilleurs critiques: 100.559
Votes utiles : 828

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Fuchinran Sandrine Monllor "http://voyages.ideoz.fr/" (France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7
pixel
The Hours
The Hours
DVD ~ Meryl Streep
Proposé par dvdpromo
Prix : EUR 22,90

39 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Puzzle intriguant, 9 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Hours (DVD)
Ce film par puzzle, commis par le réalisateur de Billy Eliott, est déroutant, surtout la première fois qu'on le découvre sans avoir lu la moindre critique et savoir à quoi on s'expose. Dans The Hours, au fil de deux heures qu'on ne voit pas passer, s'imbriquent trois destinées de femmes presque ordinaires et souvent broyées par leurs contradictions, leurs choix intimes difficiles ou inextricables ; trois femmes fragiles et fortes à la fois dont on déroule les vie en parallèle. Virginia Woolf écrivant son chef d'oeuvre Mrs Dalloway dans l'Angleterre des années 40 après avoir sauvée in extremis d'une première tentative de suicide ; Laura Brown, l'une des lectrices de ce roman à succès dans l'Amérique des années 60 qui, transformée par cette découverte et insatisfaite de sa vie, rêve de devenir son héroïne fétiche et Clarissa Vaughan, la copie conforme de Mrs Dalloway dans les années 90 à New York qui soutient un ami poète atteint du sida dont le plaisir est de la surnommer ainsi pour la taquiner, d'autant qu'elle s'oblige à inviter toujours des amis en soirée pour se sentir exister ... Dans le prisme de ces héroïnes de 3 époques, des hommes en souffrance, dans l'incompréhension, le silence, le doute, la peur ou l'attente, émergent comme des figures chargées de sens et de symboles qui éclairent les questions existentielles agitant l'esprit des héroïnes ... Je noterais au passage la prestation toujours impeccable d'Ed Harris abonné aux seconds rôles, mais quels seconds rôles ?!
Stephen Daldry déroule habilement ce scénario original et complexe dans sa dynamique, en saisissant les émotions à fleur de peau. La musique prenante épouse le rythme du film qui reproduit d'une certaine manière le ressac de la mer. Comme dans Les Vagues, l'oeuvre sûrement la plus aboutie de Virginia Woolf que je vous suggère au passage de lire, le réalisateur coud avec intelligence les monologues intérieurs et ces "moments de l'être", tels des coquillages nacrés, envers et contre le flux et le reflux du temps. Par la répétition, la petite enfance, l'enfance, l'âge adulte sont réinvestis non sans brisure, échecs, remords ou frustration. D'aveux de faiblesses en actes de violences psychologiques nécessaires ou obsédants, on apprécie la multiplicité des vies possibles et la force du combat intérieur ou contre le monde et les gens qui nous forceraient au nom de la norme, à renoncer à ce que l'on est et ce que l'on veut! La mise en scène fluide un peu comme le flot de l'eau qui obsède Virginia Woolf, l'une des héroïnes, restitue la psychologie approfondie des personnages à la manière d'un drame intime, intense, où les situations se chevauchent malgré une certaine lenteur de l'action, où l'on sème le spectateur pour mieux l'attirer dans des histoires personnelles presque semblables et pourtant si différentes.
J'avoue que j'ai surtout admiré la performance de Nicole Kidman, même si tout le talent de Julianne Moore bouleverse dans sa simplicité et la fragilité de son personnage et si mon actrice préférée reste Meryl Streep, perfectionniste et d'une justesse incroyable. Kidman réalise une prouesse en se transformant, y compris physiquement, en Virginia Woolf plus vraie que nature, prise dans les inflexions de son esprit génial sans cesse secoué par son désir d'écrire et celles de sa vie toujours insatisfaisante où elle se sent vieillie, usée, démodée, incapable de vraiment écrire!
Le film est intriguant avec ses éclairs un peu schizophréniques à l'image de chacun des personnages jamais annexes, bien que les hommes soient en apparence réduits à des seconds rôles ! Il est subtil dans ses évocations, exceptionnel justement parce que chaque visionnage donne une nouvelle idée des caractères, des histoires des personnages touchants et riches d'émotions plurielles qui passent très bien chez le spectateur, quand ils ne sont pas carrément envoûtants comme l'écrivaine Woolf et son double Virginia! On ressort de ce film différent, un peu violenté par les réflexions sous-jacentes, interrogatif ou conscient du sens que peut prendre la Vie lorsqu'on décide de reste maître de ses choix et d'être "dans la vie"... A saluer aussi le fait que The Hours fasse peut-être découvrir à beaucoup le talent de l'auteur Virginia Woolf!
"J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents (...). Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule. (...) Mes doigts portent le poids de chaque mot", écrivait Virginia Woolf. Comme elle avait raison!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 8, 2013 5:12 PM MEST


Jean de Florette
Jean de Florette
DVD ~ Yves Montand
Proposé par KAPPA MEDIA
Prix : EUR 32,00

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Jubilatoire Provence de Pagnol, 7 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jean de Florette (DVD)
Déjà 18 ans et pas une ride pour Jean de Florette ! Ce film de Claude Berri est vraiment un délice dont on ne se lasse pas : une belle plongée dans la Provence profonde et pittoresque chère à Pagnol, sur fond d'amours impossibles, d'intrigues, de jalousies et de malentendus...
Jean de Florette est une adaptation particulièrement fidèle et agréable à visionner : on ne se sent pas très éloigné de l' écriture pagnolesque et le plaisir des images provençales avec ces paysages uniques, chauds et colorés sous la "cagnasse", le soleil brulant, rend le tout vraiment poétique. Outre un respect notable et appréciable de l'oeuvre originelle qui peut donner envie aux plus jeunes de découvrir Pagnol grâce au cinéma et une réalisation classique mais convaincante, on peut féliciter aussi le trio d'acteurs axtraordinaires qui sert cette histoire de secrets de famille tragique. Montand, à l'acmé de son art, est inimitable et incarne un "papet" plus vrai que nature avec l'accent en prime ; Depardieu ne joue pas dans l'excès pour une fois et se fond dans son rôle de bossu malchanceux qui cherche à faire fortune en élevant des lapins sur une terre où les "étrangers" sont peu acceptés et Daniel Auteuil, dans son rôle pourtant ingrat d'Hugolin, crève l'écran avec son admirable justesse et donne toute sa puissance à son personnage qui sera plus fort encore dans la suite Manon des Sources. C'est d'ailleurs sûrement grâce à ce rôle pour lequel il a été césarisé que l'on se souvient le mieux de l'un des plus grands acteurs actuels français!


Avalon - Édition 2 DVD
Avalon - Édition 2 DVD
DVD ~ Malgorzata Foremniak

4 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Obsolescence du virtuel, 6 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avalon - Édition 2 DVD (DVD)
Je suis toujours fan des films, atypiques, uniques, qui suscitent les avis les plus tranchés car il n'y a rien de pire que le mitigé dans le 7ème Art ! Dans ce futur proche, des jeunes s'adonnent à Avalon, un jeu de réalité virtuelle illégal mais prenant, qui leur permet de s'évader de la réalité. Certains d'entre eux, dont Ash fait partie, gagnent leur vie par leurs prestations... Le choix était audacieux, mais le réalisateur Oshii, ultra connu depuis Ghost in the Shell (moins bon que la BD qui l'a inspiré mais là n'est pas le propos), avait l'envergure pour y parvenir ! Choisir une équipe polonaise et des acteurs polonais me semble un choix très judicieux.
Pour ma part, je trouve que ce film, certes abouti mais en trompe l'oeil, joue beaucoup sur la finesse et l'illusion de la perfection dans la réalisation graphique d'un monde de la réalité virtuel, en oubliant parfois le fond de la question... Un monde digital tout en projections donc mais sans réel effet réflexif dans le scénrio comme dans les messages proposés... Beaucoup d'échos à Battle Royale dans l'esprit je trouve, si ce n'est que ce film-là n'a pas la même profondeur psychologique et joue surtout sur les effets spéciaux plutôt hallucinants et qui laissent prendre au jeu ! Il est vrai qu'entre une musique somptueuse en décalage, une certaine poèsie des images, on se laisse séduire par la noirceur du propos en filigrane, la qualité des graphismes et de l'animation, une enlevure avec des jeux de couleurs stupéfiants, des contrastes noirs et jaunes pour le jeu et noir et blanc pour l'espace réel avec un macrocosme angoissant et asphyxiant.
Affolant, si déroutant qu'on perd très vite pied avec la réalité pour plonger dans cet univers fictionnel dont les Japonais se sont quasiment fait les spécialistes ! Et il faut savoir qu'avec les otaku et les phénomènes mondieux d'otakunisation, ils ont de quoi être inspirés pour voir jusqu'où peut aller le virtuel ! Je pense également que le film fait bien des clins d'oeil à Matrix (normal lui-même est pris d'un comics qui a pioché dans un manga) quant au contenu de la réflexion sur la réalité virtuelle et la virtualisation de la réalité ; vaste et fascinant sujet s'il en est et aussi à Sixième sens dans son sens de la construction. Echaffaudant une atmosphère prenante d'un bout à l'autre, piochant chez Cronemberg (EXistenZ) et sûrement chez Kubrick, le film a une saveur d'irréalité plus réelle que le réel. Avalon, c'est plus une ''obsolescence qui n'est en fait que le spleen du réel''...


Hiroshima mon amour - Édition Digipack 2 DVD [Inclus un livret de 32 pages]
Hiroshima mon amour - Édition Digipack 2 DVD [Inclus un livret de 32 pages]
DVD ~ Emmanuelle Riva
Prix : EUR 27,24

11 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Hiroshima, mon amour ; douleur de la mémoire, mémoire des douleurs, 6 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hiroshima mon amour - Édition Digipack 2 DVD [Inclus un livret de 32 pages] (DVD)
Un peu plus de dix ans après les terribles événements de la bombe d'Hiroshima, Marguerite Duras offre à Alain Resnais un excellent scénario sur fond d'amour mortifié, de quête personnelle quasi impossible et terriblement douloureuse. Dans Hiroshima Mon amour, l'écrivain décortique le tabou de la douleur charnelle et psychologique qu'il s'agisse de celle d'un peuple dont les plaies de la guerre saigneront longtemps encore, celle d'un être dans son entièreté ou d'un amour né du fantasme. Reconnaissons le, cette Douleur peut rester quelque peu hermétique au premier abord, pour tous ceux qui ne seraient pas habitués au style durassien, brut, déroutant, rugueux parfois et si personnel. Duras explore évidemment les mécanismes du souvenir et de la Mémoire humaine dans ce qu'ils ont de plus intime et de plus profond ; ses latences et les errances liées à l'illusion de l'amour et de la vie. L'incident de la détonation de la Bombe atomique réveille un processus de souvenirs où le présent et le passé s'unifient dans l'esprit d'une étrangère venue tourner un film à Hiroshima. On fluctue ainsi entre inventions de cette femme perdue dans ses peurs, mensonges plus réels que la vérité des événements et images de mort, éprouvées et saisies par les autres, qui sont encore du ressort de l'imaginaire.

Servi par Stephane Audran, exceptionnelle dans son rôle de jeune femme fragile qui nourrit sa méditation sur la vie à travers une espèce de rêve éveillé ponctué d'une multitude de souvenirs sur les horreurs de la guerre au Japon, Hiroshima Mon Amour est un film beau, émouvant et captivant du fait même de sa lenteur savoureusement orchestrée, de ses phrases répétitives, ressassées comme tant de fausses certitudes bouleversantes, ces mots violents qui ponctuent les images dures suggérant pourtant avec pudeur les conséquences de la Bombe dans une ville à jamais meurtrie.

On ne ressort pas indemne d'un tel film magnifié par les jeux de noirs et blancs, les dégradés de gris comme autant de références aux doutes et aux peurs et des silences plus forts que les paroles. C'est un hymne à l'amour quel qu'il soit et à l'humanité dans toute sa dimension.

L'un des deux héros, un japonais (Lui) dit à sa compagne (Elle), "Tu n'as rien vu à Hiroshima . . . rien."

"J'ai tout vu . . . tout", répond-elle. Mais Elle continue à insister qu'elle a vu tout au musée à Hiroshima, dans les photographies et les reconstitutions. "Je n'ai rien inventé,". Lui répond:"Tu as tout inventé".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 15, 2009 4:12 PM MEST


Noce Blanche
Noce Blanche
DVD ~ Vanessa Paradis
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 19,90

8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Découverte d'un beau talent, 2 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noce Blanche (DVD)
C'est Jean-Claude Brisseau qui donna à Vanessa Paradis sa première occasion de montrer toute sa teneur dramatique, son talent et sa sensibilité au cinéma, largement confirmés par son meilleur film Une fille sur le Pont. Dans Noce Blanche, Vanessa Paradis, encore adolescente est étonnante aux côtés du déjà confirmé Bruno Kremer qui joue le rôle de son professeur de philosophie dont elle s'éprend. Un amour rapidement réciproque mais interdit donnant lieu à la passion, à la haine parfois, au doute, à la peur et surtout au scandale une fois qu'il sera découvert. Jeune femme fragile qui dissimule une force intérieure et une lucidité exceptionnelle et parfois cruelle, Mathilde Tessier, issue d'une famille difficile et entâmée par la vie croit pourtant en l'amour que lui porte François, âgé de la cinquantaine et déjà marié. On pourrait se risquer à dire que Vanessa est à l'image de son personnage : douce, tendre et décidée, lumineuse et intelligente dans son jeu de débutante qu'on croirait déjà passée dans le monde des professionnels du cinéma, mais surtout remplie d'une émotion simple et naturelle malgré la dureté de cette leçon de vie que portent ses frêles épaules.


Journal d'un écrivain
Journal d'un écrivain
par Virginia Woolf
Edition : Poche

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent si on connait déjà Virginia Woolf, 2 mai 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Journal d'un écrivain (Poche)
Passionnée, névrosée, cruelle souvent envers elle-même mais surtout géniale, Virginia Woolf est sûrement l'un des plus grandes auteurs de son temps! Elle a marqué la Littérature par des réflexions tourmentées d'une rare profondeur, sa quête d'elle-même parfois déroutante, son besoin vital d'écrire pour prendre sens, ses romans comme Mrs Dalloway ou Les Vagues qui lui ont apporté une reconnaissance mondiale et une écriture sans cesse en mouvement, à la recherche du sens des choses et de la vie...
Dans son Journal dont on découvre 26 tomes proposés par son mari Léonard Woolf, on découvre essentiellement le travail et les méthodes de l'auteur, ses réflexions sur l'Ecriture plus que ses préoccupations personnelles ou intimes liées à sa vie toujours "subie" par son esprit hypersensible et si en avance sur son temps qu'elle était bien souvent incomprise. On cerne surtout mieux son goût du mot juste si difficile à atteindre, ses choix de style avec des ruptures aussi étranges qu'étrangères qui donnent au lecteur l'impression d'être toujours promené dans un univers peu maîtrisable où ce qui à un instant semble raconter une histoire devient une collection d'idées, de personnages, de sentiments, inquiétante et dérangeante où tout est vigoureux et quasi névralgique. Ce qui touche le plus peut-être, c'est la rigueur à laquelle elle s'astreint pour pouvoir vivre ses mots au plus profond d'elle-même en les liant les uns aux autres pour créer une union magique et inédite, au point de ressentir les émotions féroces, les déchirements voire les déchirures qui ponctuent chacun d'eux de manière unique et inimitable...
Ce Journal n'est réservé à mon sens qu'à ceux ou celles qui connaissent Virginia Woolf ou du moins, certaines de ses oeuvres. Il les éclairera sur la dynamique verbale de Woolf tout en restant difficile d'accès puisqu'il y a de nombreuses références à des amis, des contacts qui peuvent dépister celui qui ne connaîtrait pas un minimum la vie de la romancière!


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7