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Contenu rédigé par Bruno Parfait
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Commentaires écrits par
Bruno Parfait "bruno parfait"
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Grand art avec fausses notes : Alfred Cortot, Piano
Grand art avec fausses notes : Alfred Cortot, Piano
par Christian Doumet
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

5.0 étoiles sur 5 Le lion, les salsifis et les étoiles, 2 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Grand art avec fausses notes : Alfred Cortot, Piano (Broché)
L'intitulé de ce commentaire est induit par l'ouvrage.
L' image d'un lion inoffensif et de Charlie Chaplin terrorisé en coin de cage, dans un film des années 20, déclenche une autre réminiscence photographique, témoin d'un même temps , même noir et blanc...une tournée de Cortot dans le Middle West (1918), camions et route poussiéreuse, lion de cirque dans l'un, piano probable dans l'autre.
Les salsifis...longs doigts noueux à la verticale, diaphanes, spectres véloces, tels que les figent les filtres encombrés des reconstructions mémorielles...
Les étoiles, puisque quand l'une d'entre elles s'offre distinctement sur le grand fond galactique, l'appropriation , la connivence se lovent dans ce qui n'était qu' indifférenciation...
Et puis...c'est Alfred qui demande à l'auteur d'écrire (de "coucher sur le papier") sur la vérité, une vérité qui serait celle d'un "petit livre sur sa mémoire", pas comme celui de Gavoty, "trop gentil et respectueux". C'est le lion et le Middle West retrouvés qui entrainent l'acceptation...Le livre sera couché sur le papier.
Inutile de dire qu'il n'y aura pas de vérité autre que celle qui tentera de cerner la connivence, d'humer un temps, un homme ..."faire connaissance une bonne fois à travers quelques mots sauvés de l'archéologie des corps".
Quatre portraits, neuf leçons.
Il existe extraordinairement peu d'ouvrages (publiés) sur Alfred Cortot. La biographie de Bernard Gavoty, construite sur les entretiens de l'auteur avec le pianiste (ou le musicien, ou le virtuose)...et celui-ci.
Il faut lire les deux.
Christian Doumet écrit en poète...mais comme Valéry, il ne s'égare ni ne rêvasse. Il cerne au plus prés ce bloc ligneux de mystére qui révèle un en deçà (ou un au delà ou tout ce qu'on voudra) de la langue qui est celui de la musique, truisme, mais aussi d'autre chose...dont la justesse ne peut se dispenser du mépris des perfections, qui ne sont que mensonges vains et stériles puisqu'alors plus rien ne parle...Le génie dans les fausses notes.
En filigrane (avec d'autres, dont quelques maîtres du Tao), Schumann veille, autre grand maître du bancal qui dit, dit d'autant plus qu'il n'y a pas grand chose à dire.
Un livre de plusieurs lectures, qui exige le lâcher-prise de l'attention, ou plutôt l'attention au lâcher-prise.


Carnaval - Scenes D'Enfants - 3 Fantaisiestucke
Carnaval - Scenes D'Enfants - 3 Fantaisiestucke
Prix : EUR 17,89

4.0 étoiles sur 5 Pour les Chants de l'Aube, 11 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carnaval - Scenes D'Enfants - 3 Fantaisiestucke (CD)
Je ne connaissais pas cet enregistrement autrement que de réputation pour l'interprétation des Gesange der Frühe.
Réputation plus que méritée. Différente tant de celle de Jean Martin (fluide et posée, avec du poids dans les notes) que de celles,plus récentes, de Piotr Anderszewski et Mitskudo Uchida. Il se passe ici autre chose encore, de l'ordre de la traduction du malaise, de la traduction d'une lutte vaine contre le malaise...Une forme de noirceur plus rageuse que les silences d'Anderszewski...comme si un pianiste Russe (si cela peut encore signifier quelque chose) était ici à l'oeuvre...Le Carnaval, les Scènes d'Enfants et les trois Fantasiestucke ne sont pas ici aussi schumaniennes qu'ailleurs...pas assez de mystére, de traduction nostalgique d'un monde perdu dans les Kinderszenen par exemple...
Mais le piano d'Antonin Kubalek me parait pour ainsi dire définitif dans les Chants de l'Aube. Belle prise de son, ce qui ne gâte rien.


Schumann : Grande Humoresque, Sonate n° 1
Schumann : Grande Humoresque, Sonate n° 1
Prix : EUR 16,99

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Et de deux..., 28 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann : Grande Humoresque, Sonate n° 1 (CD)
Après Brahms, Schumann. Il y a là, pour le moins, sens de l'Histoire et des histoires. Et une fois de plus, disque magnifique. Aussi fluide et narratif que son Brahms, le Schumann d' Adam Laloum est à la fois lumineux (ce qui ne veut pas dire d'un brillant de surface) et lourd de silences pleins entre les notes. Moins perceptiblement angoissé et ombré que celui de Piotr Anderszewski, qui proposait lui aussi une magnifique interprétation de la Grande Humoresque en 2010. En aucun cas il ne faut choisir entre ces enregistrements...les deux font plus que l'affaire. D'autant plus que la Sonate chez l'un est aussi magistrale que les Chants de l'Aube chez l'autre.


Variations Op.21 N° 1. Klavierstucke Op.76 Rhapsodies Op.79. Intermezzi Op.117
Variations Op.21 N° 1. Klavierstucke Op.76 Rhapsodies Op.79. Intermezzi Op.117
Prix : EUR 20,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Laloum et Kempff, 27 septembre 2013
Le titre de ce commentaire parle presque tout seul...
Non? Alors je précise...
Si la musique pour piano de Brahms suppose l'adroite, la subtile alliance du poids, parfois terrien, et d'une profondeur qui monte et remonte de loin...certains pianistes, et pas des moindres, conjuguent mal, privilégient un aspect sur l'autre, fluidifient et allègent, au détriment de la dimension insondable d'une tellurique bien terrienne (le souvenir est d'ici bas). Je pense surtout là, évidemment, aux derniers klavierstücke...mais les Variations, bien antérieures, sont déjà de cette veine.
Kempff etait léger, fluide, transparent. Laloum l'est tout autant, précis, près de la lettre, mais lorgne vers le poids de Katchen par d'autres moyens. Le balancement ,le sens de l'aller retour, le ressasement et la réminiscence que n'exlut pas son pianisme sont plus proches de l'Américain. Tout en maintenant un diaphane qui signait le Kempff tardif...
C'est dire qu'il y a là un sacré bon disque.
A ranger pres de Kempff et de Katchen...chacun sachant remplir une bonne moitié du contrat imposé par ce que sont les oeuvres. Pogorelich reste à part...pour son absolue plénitude de son, qui boucle toutes les boucles.


Beethoven : Intégrale des quatuors à cordes
Beethoven : Intégrale des quatuors à cordes

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rustique, sophistiqué, idoine., 19 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Intégrale des quatuors à cordes (CD)
Les versions préférées doivent souvent au parcours, au cheminement de l'auditeur. Le choix est parfois, souvent, celui des origines...à savoir le privilège de l'antériorité. La version intégrale du Quatuor Vegh fut ma première, bien avant la réédition du corpus enregistré en mono vingt ans plus tôt.
Je place cette version non pas au dessus de toutes les autres, mais ailleurs. Un ailleurs qui me la fait finalement écouter ... disons un peu tous les jours (pas intégralement hein...).
A quoi çà tient, l'adhésion, la connivence, le choix finalement involontaires?
En un mot s'il faut le risquer: intériorité.
Une intériorité magyare, à la fois râpeuse et à jamais voyageuse.
Ce retour des Vegh sur Beethoven à la Chaux de Fonds en ce début des années 70 résume, condense et densifie. Y compris dans le son, celui des musiciens, celui souligné par la captation: un violoncelle chantant, dense...des tempi qui répondent à une exigence de creusement du sens.
Il ne me viendrait pas à l'idée de préférer les Berg, admirables de maîtrise...mais d'une autre maîtrise.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 15, 2013 11:47 AM MEST


Bagatelles
Bagatelles

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bagatelles, 4 décembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles (CD)
J'intitule la chose Bagatelles, parce que je pense y trouver là la meilleure version, boisée à souhait, avec un harmonium pas moins bohême, frétillement et nostalgie...
Pour les quatuors, je suis plus partagé, non pas niveau interprétatif (il y a là une version tchèque en diable, vivante, sachant rebondir et surprendre), davantage en ce qui concerne la prise de son, presque totalement perchée dans les hauts mediums et l'aigu. Plus d'assise et les Prague passaient juste derrière (si çà peut faire sens de classer/hiérarchiser à ce point là...).
Le Quatuor de Prague joue peut être plus classique, mais on ne perd en aucun cas la Bohème en route, plus large aussi, plus ample. Aussi sentimental (au sens qui convient justement ici), mais par des voies différentes. Et avec une prise de son où on retrouve tout le spectre sonore.
Les Vlach sont toiut de même extraordinaires de poésie...l'attaque de l'adagio du quatuor numéro 9 relève du miracle. Tout Dvorak en quelques mesures. Magnifique alto.


Chopin : Sonate Pour Piano N°2 - Schumann : Scènes D'Enfants - Carnaval
Chopin : Sonate Pour Piano N°2 - Schumann : Scènes D'Enfants - Carnaval
Prix : EUR 7,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Der Dichter spricht, 25 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin : Sonate Pour Piano N°2 - Schumann : Scènes D'Enfants - Carnaval (CD)
Tous ces enregistrement datent de 1953, des Studios d'Abbey Road.
Un Cortot tardif donc...mais ils ne sont pas si nombreux, ses Schumann.
Interessant de faire le parallèle avec Clara Haskil. La pianiste est probablement plus fluide, plus droite, plus naturelle...mais comment juger, appréhender l'idée même de naturel dans une musique si parlante, si liée à un affect littéraire si totalement musicalisé?
Force est de constater, et avec quel plaisir, que Cortot dit ici plus que tous les autres, Haskil et Arrau compris. C'est à un voyage intérieur qu'il nous invite, celui des enfants devenus grands, condamnés à sublimer l'idée reconstruite des instants évanouis bien plus que ces instants eux mêmes, engloutis par définition.
C'est exactement ce qui animait Schumann.
A ce jeu là, même en 1953, Cortot est seul. Libre à nous de l'accompagner. En attendant la quasi intégrale EMI prévue en novembre, cet enregistrement offre une très bonne solution d'attente.


Ephémères - Musical Humors
Ephémères - Musical Humors

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fugacité, 24 septembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ephémères - Musical Humors (CD)
En cet automne
En cet automne
Pourquoi dois-je vieillir,
Oiseau dans les nuages?

Vingt-quatre haikus, tous, sauf deux (ses disciples Sora et Seishi), de Bashô...mis en musique, si l'on peut dire, pour et par la musique...alors quoi d'autre que le piano?
Superbe exercice, concis et protéiforme, pulsant et évanescent, cinglant, statique...et fugace, fugitif dans son essence même. Alice Ader est ici enregistrée en public...et c'est magistral d'intelligence et de poésie musicales. C'est aussi très "français".
La rencontre de Bashô et de Philippe Hersant renvoie à des tas de choses, qu'on a vite et par commodité qualifiées d'impressionisme au début du siècle passé. Mais Hersant, tout en servant l'héritage, fait de l'Hersant...ce qui donne rien moins que de l'universel.
Et quoi de plus universel que la fugacité...


Alfred Cortot
Alfred Cortot
par Bernard Gavoty
Edition : Broché

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Alfred Cortot par Bernard Gavoty, 13 juillet 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Alfred Cortot (Broché)
L'ouvrage vaut surtout parce qu'il révèle (sans finalement relever) d'un temps, celui ou rigueur pouvait se conjuguer à imagination, laisser-aller à profondeur...une époque où la fidélité aux textes n'excluait pas l'expression totale de soi. Cortot pianiste, Cortot chef, Cortot pédagogue ne font qu'un, unis par une exigence qui est celle de l'art quand on entend le servir, avec hauteur de vue et chair entremêlées.
Gavoty n'élude rien des années sombres. Que ce soit le déplacement en Allemagne ou la distance quelque peu fâcheuse à l'égard des temps. Un Casals, c'était de ce point de vue autre chose. Et justement, Gavoty nous permet de comprendre pourquoi le Catalan a gardé son estime à l'égard d'Alfred: c'était la musique, dans sa dimension la plus poètique, la plus ineffable, qui continuait de lier les deux hommes.
L'auteur trace les difficultés du biographe quand il s'affronte à un sujet vivant: la liberté accordée s'estompe devant la gêne, le quant à soi nié reprend ses droits. L'ouvrage ne sera publié qu'après la mort du Maître. L'accord était déjà plus que tacite.
Au bilan, une émouvante biographie de musicien doublée d'une recontextualisation qui remet en perspective la notion même d'interprétation. Ici parlante, comme "le poète parle" dans les Kinderszenen.


Dvorák: Piano Works (Coffret 4 CD)
Dvorák: Piano Works (Coffret 4 CD)
Prix : EUR 26,00

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mazurkas tchèques, 2 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dvorák: Piano Works (Coffret 4 CD) (CD)
Sur quatre disques, il n'y a que six mazurkas, de 1880,et le modèle Chopin est assez loin... Dvorak folâtre, "mélancolise" à défaut de stricte inventivité formelle. Mais son génie propre vous prend et emmène ailleurs, vers des chemins de traverse qu'on s'étonne de reconnaître sans les avoir jamais parcourus...Le rhapsodique dans la forme courte. Les cycles pianistiques de Janacek, et c'est beaucoup dire, sauront prolonger cette musique, au piano à nulle autre pareille...
On n'associe pas Dvorak au clavier, c'est le moins que l'on puisse dire, à l'orchestre, au quatuor,oui, à l'alto, son quasi truchement en musique de chambre, et son premier instrument.
On a un peu tort.
Si tout n'est pas sur des sommets, rien ne laisse indifférent...On trouvera même ici des inflexions plus intimes, une écriture à la fois sans prétention ostentatoire et suffisamment originale pour souvent y revenir... étrangement, quelque chose qui ne s'épuise pas...
En quatre disques, Radoslav Kvapil a enregistré toute la musique pour piano de Dvorak vers 1970. Ce sont ces enregistrements qui sont regroupés ici. Composés de 1876 à 1894. De l'ambitieux Thèmes et Variations aux Humoresques du séjour américain. Les petites pièces, les Silhouettes, les Eglogues, les Huit Valses, les Six Mazurkas, seront, pour ceux qui les ignorent, et ils sont légion, une révélation. Quant aux Humoresques (avec la célébrissime septième, sur huit...), il est vain de vouloir leur résister.
L'enregistrement est superbe,et Kvapil le pianiste aussi alto qu' était l'alto pour Antonin Dvorak.


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