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Contenu rédigé par Michel LONCIN
Classement des meilleurs critiques: 3.318
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Commentaires écrits par
Michel LONCIN

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Mahler : Symphonie No. 6
Mahler : Symphonie No. 6
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 INVERSION inacceptable des mouvements centraux !!!, 6 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie No. 6 (CD)
Quelles que puissent être les qualités de cet enregistrement, il constitue, comme TOUS ceux (Abbado - Gergiev, Rattle ...) qui adoptent cette DETESTABLE "mode" de l'INVERSION des mouvements centraux (Andante puis Scherzo) au lieu de Scherzo - Andante rétablie par MAHLER la dernière fois qu'il a dirigé sa 6ème Symphonie (à Vienne, le 04 janvier 1907), une authentique HERESIE relativement à la quintessence tragique de ce chef-d'oeuvre !!!

Il n'est, pour s'en convaincre, que d'écouter les VRAIES réussites des versions de l'ordre normal ... Celle de Klaus TENNSTEDT (tout particulièrement en sa version "ive" de 1991) et celle de Giuseppe SINOPOLI ... versions qui furent, comme "par hasard", violemmentd écriées à leur époque et qui se situent à la même dimension "supérieure" de Léonard BERNSTEIN, la seconde, surtout (même un Pierre BOULEZ, trop "analytique", ne l'atteint pas) !!! On comprend alors "POURQUOI", à Vienne en 1907, MAHLER a définitivement rétabli l'ordre premier des mouvements intermédiaires : l'Andante moderato du troisième mouvement apparaît alors non pas comme le "repos" apollinien cher à Claudio ABBADO (qui, tout simplement, n'a JAMAIS été à sa place dans cette oeuvre !) après la pseudo "victoire" du "thème d'Alma" (si l'on adopte l'ordre inverse) que suivent les GRIMACES du Scherzo mais, "se souvenant" e l'immobilité de la section centrale de la Durchführung" du 1er mouvement, comme un Refuge ... celui des sommets de ces montagnes du Tyrol du Sud où MAHLER, loin de la ... "civilisation", loin des hommes, de leur agitation, de leur méchanceté insigne, avec l'apaisement spirituel et moral, allait chercher l'inspiration ... Outre plus, le fait que, harmoniquement parlant, enchaîner l'Andante en Mi bémol Majeur après la Coda faussement "triomphale" en La Majeur (avec la 6te ajouté "Fa dièse" omniprésente) est extrêmement brutale mais on ne peut que convenir que la fin de ce même Andante, si l'on adopte l'ordre NORMAL, s'enchaîne alors au mieux avec l'accord altéré (Ut-Mi bémol-Fa dièse-La bémol) en Ut mineur ouvrant le Finale ... avant la prochaine mêlée en La mineur ...

La PREUVE des intentions définitives de MAHLER (qui, effectivement, a longtemps hésité relativement à cet ordre), on la trouve dans la lettre du 17 janvier 1907 (soit TREIZE jours seulement après le concert de Vienne) adressée à Wilhelm MENGELBERG et par laquelle il lui demande de lui renvoyer son exemplaire de la partition afin d'y introduire de nouvelles retouches. Malheureusement, il omet de faire part du rétablissement de l'ordre initial (Scherzo puis Andante), si bien qu'il ne subsiste aucune "preuve écrite" dudit rétablissement ... Toutefois, toutes les corrections (y compis celle sapportées dans la dernière année de la vie de MAHLER) subsistent ... y compris cette note TRES IMPORTANTE de la main du chef hollandais : "Nach Mahlers, Angabe II Scherzo erst dann III Andante" (d'après Mahler, d'abord II Scherzo puis III Andante) !!! Et, le 1er octobre 1919, Alma Mahler câblera au même MENGELBERG : "Erst Scherzo dann Andante" (D'abord Scherzo puis Anante) !!!

Persister dans cette attitude de l'INVERSION des mouvements centraux st non seulement une TRAHISON des dernières volontés de MAHLER mais une HERESIE et ... témoigner d'une incompréhension totale de ce que signifie la 6ème Symphonie, "la SEULE 6ème malgré la Pastorale" dira Alban BERG !! C'est uniquement par respect pour Daniel HARDING que je note deux étoiles ...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 29, 2016 4:09 PM MEST


La Tour infernale
La Tour infernale
DVD ~ Steve McQueen
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 7,49

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Le doublage INFERNAL !!!, 12 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Tour infernale (DVD)
Extraordinaire film (sorti en 1974/75, il a marqué toute une, deux, trois quatre ... générations !) mais seconde version doublée française CALAMITEUSE !!! ZERO ... DOUBLE ZERO ... TRIPLE ZERO !!! Rien que le fait voue cette version à finir aux poubelles ou aux chiottes !!!

Je possède la MERVEILLEUSE première version sur mon ordi ... Jacques Thébault/Steve Mac Queen - Marcel Bozzufi/Paul Newman - Jean Martinelli/William Holden - Dominique Paturel/Richard Chamberlain - Perrette Pradier/Faye Dunaway - Roger Rudel/Robert Vaughn - Jean-Claude Michel/Robert Wagner - Calude Dauphin/Fred Astaire ... TOUS, absolument TOUS au-dessus de tout éloge !!! Dès lors, certain qu'elle ne sera plus jamais rééditée en DVD officiel, je me fera MA version personnelle sur DVD ...

Y a-t-il donc des ... "intérêts" financiers et des "droits d'auteur" inébranlable pour CENSURER de la sorte la première version ... ?


La Caméra explore le temps : L'assassinat du duc de Guise
La Caméra explore le temps : L'assassinat du duc de Guise
DVD ~ Georges Descrieres

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une Exécution NECESSAIRE et SALUTAIRE !!!, 30 janvier 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Caméra explore le temps : L'assassinat du duc de Guise (DVD)
Il est devenu "classique" de parler d'assassinat du duc de Guise lors que le mot "Exécution" est, en l'occurrence, tout à fait approprié et LEGAL au regard de l'Histoire attendu qu''en ce temps de la France royale, le roi avait le DROIT (et même le DEVOIR) de se faire Justice lui-même en cas de crime de lèse-Majesté !!! Une notion juridique évidemment impossible à comprendre en notre époque de "droit-de-l'hommisme", la peine de mort ayant été en outre abolie !!!

Crime de lèse-majesté, de fait, il y avait ... et en surmultipliée encore depuis au moins la "Journée des Barricades" (12-13 mai 1588), le duc de Guise, ayant désobéi à l'ordre formel du roi de demeurer dans Soissons. Mais il va authentiquement passer les bornes aux Etats généraux de Blois (composé d'une immense majorité de députés à sa dévotion et dont l'audace ne connaissait plus de bornes), usurpant authentiquement la préséance royale (même en le peu qu'il en restait) lors du fameux banquet en s'associant à son frère Louis, cardinal de Lorraine, invitant à boire à la santé d'Henri de Guise "roi de France" !!!

Dès lors, Henri III n'a plus d'autre alternative que d'éliminer son ennemi ... Frapper à la tête ... supprimer les Guises par un arrêt de Justice ... ? IMPOSSIBLE : il n'aurait trouvé ni un Parlement ni un tribunal pour y procéder ... et encore moins des témoins qui auraient osé paraître !!! C'est assez bien souligner dans quel état se trouvait alors la monarchie ... Il ne restait plus au roi que recourir au même moyen que Charles IX lors de la Saint Barthélemy (résultant d'une décision souveraine du souverain, menacé par Coligny d'une reprise de la guerre civile) : procéder à une Exécution conformément à la puissance régalienne du monarque, premier Juge !!!

"Quos vult perdere Jupiter dementat" (Jupiter égare - rend fou - ceux qu'il veut perdre) ... Tel fut exactement l'état du duc de Guise qui, prévenu à plusieurs reprises, méprisant "souverainement" le roi ("Il n'oserait !"), marcha à la mort dans l'inconscience de la foudre qui allait s'abattre sur lui !!! Comme dans le cas de César, c'est une des plus exemplaire démonstration de l'évidence du "Fatum" !!! Cette exécution, si elle ne supprimera pas la Ligue, aura pour résultat de précipiter la réconciliation du roi avec Henri de Navarre à qui, sur son lit de mort, il transmettra la couronne, conformément aux lois fondamentales du royaume et pour son salut !!! Henri III, "le Calomnié", sera authentiquement, selon le mot de Philippe Erlanger, "mort pour la France" !!!

Tout cela est très bien rendu par le présent téléfilm (inspiré manifestement par le "Henri III" du grand historien Philippe Erlanger) de l'émission "La Caméra explore le Temps" ... énième démonstration qu'en ce temps-là, la télévision, avec des moyens très réduits, remplissait pleinement une fonction pédagogique (quelle différence avec les NULLITES NULLISSIMES de notre époque !) ... François Maistre (qui pourtant, offre peu de ressemblance physique avec Henri III), est éblouissant dans le rôle ... qui, à la différence de films de la même époque ("La Reine Margot" ... "Pardaillan"), nous épargne les ridicules caricatures du "roi au bilboquet" flanqué de ses "Mignons" !!! Je préfère toutefois la vision de Jean Dalric, interprétant le rôle dans l'EXCELLENT teléfilm "Catherine de Médicis" (1989) avec Alice Sapritch (voir mon commentaire) et débarrassant TOTALEMENT son personnage de toute ambiguïté par trop efféminée ... ce dont ne se départit pas vraiment François Maistre dans sa gestuelle ou, à certaines séquences, ... tout particulièrement à sa première entrée, quand on le voit en présence de sa femme, Louise de Vaudémont-Lorraine et de sa mère, Catherine de Médicis - interprétée par Maria Mériko (laquelle y reviendra dans "La Dame de Monsoreau"), dans le timbre de sa voix ... De même, Georges Descrières ("inattendu" Henri de Guise) et Jacques Castelot (le cardinal de Lorraine) ... lequel, deux ans plus tard (1962), se glissera dans les ornements d'Henri III conformément aux "canons" caricaturaux habituels dans "Pardaillan" (avec Gérard Barray) ...

C'est pourquoi, en dépit de son EXCELLENCE, je n'accorde pas à ce téléfilm les "CINQ Etoiles" qui pourtant me montent dans les doigts ...


Pearl Harbor [Édition Single]
Pearl Harbor [Édition Single]
DVD ~ Ben Affleck
Prix : EUR 6,99

Aucun internaute (sur 3) n'a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Et un NAVET étatsunien de plus ... UN !!!, 29 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pearl Harbor [Édition Single] (DVD)
Un NAVET étatsunien de plus, de fait ... sorti quelques mois avant le ... "11 Septembre" !!! Passe pour la qualité "plastique" du film et ses "effets" cinématographiques ... Là, Hollywood est IMBATTABLE ... le sait bien et ... en ABUSE !!! A part cela, que retenir ... ?

L'Histoire d'amour, les deux "frères" d'arme, amoureux de la même infirmière ... laquelle rivalise d'héroïsme avec eux (Dame ... il s'agit de renchérir sur l'ULTRA féminisme castrateur du "Grand macho") ... ? Tout juste bonne à faire verser de douces larmes ... tout en distrayant (et endormant) l'attention et l'esprit critique du spectateur !!!

La querelle des deux "frères" (avec coup de poing à la gueule à l'appui !) ... ? De la poudre aux yeux : les deux "frères" se retrouveront "au garde-à-vous" et aux commandes de leurs appareils ... le moment venu !!!

La "traîtrise" de Pearl Harbor ... ? A la différence de l'EXCELLENT "Tora - Tora - Tora", "ON" se garde bien de souligner l'ambiguïté des autorités politiques de Washington - ambiguïté tellement ... "ambiguë" qu'elle ne cache plus le fait que "Pearl Harbor" fut, en fait, un PIEGE tendu par Washington à Tokyo !!! Toutefois, "ON" se garde bien de TROP accabler les Japonais, précieux "partenaires" dans la Pax Americana" régnant dans le Pacifique depuis 1945 ... Dès lors, "ON" explique que les ... "raisons" des Nippons de 1941 à franchir le Rubicond !!! Et "ON" donne l'occasion aux deux "frères" d'arme d'assumer la posture de MEILLEURS pilotes de l'USAF, en ce 07 décembre 1941 !!!

"L'humanité" de Roosevelt ... ? Mais c'est qu'il s'agit de rappeler aux étatsuniens d'aujourd'hui (en 2001, "W" Bush vient d'être élu) la fermeté d'âme de l'homme dont on peut plus que jamais s'autoriser à se demander quel fut son VRAI rôle dans "Pearl Harbor" (le VRAI, pas la fiction) !!!

Bien entendu, "Stars et Stripes" oblige, il ne saurait être question de laisser le spectateur sur sa faim ... "patriotique" après la tripotée reçue à Hawaï ... C'est pourquoi, "ON" élargit la "fiction" de ce ... "Pearl Harbor" à l'Opération de Doolittle ("Trente secondes sur Tokyo" ... "modernisant" ce faisant le film qui en a été tiré) du 18 avril 1942 de manière à assurer une énième de énième de énième "FIN" de film d'espèce "étasuniennement" PATRIOTIQUE (du même genre que la fin également "Stars et Stripes" du "Soldat Ryan") ... tout en résolvant le "problème" de l'histoire d'amour ... "à trois" : un des frères" d'arme est tué ... l'autre frère" devenant le "papa" (et l'instructeur) du fiston ... que l'on devine futur pilote ... dans la guerre du Viet Nam ...

En résumé, un NAVET à jeter ou cela nous semblera "digne" d'être livré ... Aux orties ou ... aux cabinets !!!


Clara
Clara
DVD ~ Aline Annessy
Proposé par Art Cub
Prix : EUR 21,55

1.0 étoiles sur 5 Une énième manifestation de misandrie !!!, 26 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clara (DVD)
Encore un de ces films ULTRA féministes (voir le navet "Nannerl") où les "méchants" hommes sont accusés d'avoir réduits leurs femmes au rang de "ménagères" et de "ventres" !!! Ainsi du "méchant" Félix" (Mendelssohn) vis-à-vis de de sœur Fanny, ... du "méchant" Robert (Schumann) avec la "pauvre" Clara et, plus tard encore, du "méchant" Gustav (Mahler) s'agissant de la "pauvre" Alma !!! Ils sont censés avoir "stérilisés" la vocation créatrice de leurs épouses ou sœur (Mendelssohn) ... Il n'est que de juger des œuvres desdites femmes : très talentueuses mais tout simplement dépourvues de GÉNIE si on les compare avec les créations IMMORTELLES des susdits "méchants" !!!

Le présent film culmine dans l'absurdie et la fausseté historique (utlisée assurément pour dévaloriser Robert Schumann et faire de Johannes Brahms un lamentable "pigeon" amoureux se chargeant des "tâches" ménagères et familiales lors que le DEMENT Robert, complètement saoul, "bat" sa femme !!! Assertions ARCHI - ARCHI FAUSSES !!! Le film aurait pu avoir l'honnêteté de faire savoir que Clara a abandonné sans scrupules son mari, livré à l'incompétence des aliénistes de Bonn pendant 22 mois, n'acceptant de le "revoir" que le jour même de sa mort (31 juillet 1856) ... lors que le "pigeon" Brahms, lui, se dévouait pour son Maître durant ces mêmes 22 mois !!! Il aurait pu faire avoir AUSSI que une ouvre DÉCHIRANTE de génie comme le concerto pour violon en ré mineur a été tout simplement CENSURE par Clara (avec cette fois l'accord de Brahms et du violoniste Joachim) puis par sa fille ... avant qu'il soit redécouvert en 1937 ... Il est désormais considéré comme un de ses plus grandes œuvres ... De même pour l'autodafé qu'elle s'est permise de certaines ultimes ouvres comme une sonate pour violencelle ... livrée au feu !!!

Film ZEROissime !!!


Au plaisir de Dieu - Coffret 4 DVD
Au plaisir de Dieu - Coffret 4 DVD
DVD ~ Jacques Dumesnil
Prix : EUR 24,69

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 FIDELITE et CHUTE !!!, 25 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au plaisir de Dieu - Coffret 4 DVD (DVD)
"Fidélité et chute" ... Je devrais plutôt titrer "Fidélité DONC chute" ... celle de la famille "Plessis-Vaudreuil" dont les divers membres, à des degrés divers, paraissent être (ou sont !) "EGARES" dans le XXème siècle. Le premier à l'être assurément, c'est le "patriarche", Sosthène, duc de Plessis-Vaudreuil, SPLENDIDEMENT incarné par Jacques DUMESNIL, quasi "accidentellement" choisi pour le rôle de l'aveu même de Jean d'Ormesson et qui, ne se contentant pas d'incarner le rôle, EST authentiquement "Sosthène" !!! Né le 19 juillet 1856, Sosthène traverse plus de quarante années d'histoires familiales et d'authentique Histoire jusqu'au delà de ses 90 ans, à ce point inébranlable dans son idéal, ses valeurs, ses certitudes aristocratiques, par opposition à la bourgeoisie et à la République, lors que l'Histoire, précisément, l'éloigne à ce point et de plus en plus de la REALITE du Monde que, se survivant à lui-même (pour son malheur !), il est voué à vivre, DECHIRE, l'effondrement de son domaine ... Aaah, cet ARRACHEMENT qui se traîne sur un bon tiers du dernier épisode comme pour mieux nous faire sentir (et partager !) le DRAME personnel du vieillard qu'il est devenu, si longtemps hautain et intransigeant - mais juste ! - et qui nous le fait vraiment AIMER à l'exemple de sa petite fille par alliance Nathalie, Juive, marxiste et psychanalyste (soit TOUT LE CONTRAIRE de lui) éprouvant alors pour lui une infinie pitié !!!

Ce domaine, fief des "Plessis-Vaudreuil" depuis des siècles (en fait, depuis 1127 et la donation par Robert II le Pieux ... confirmée en 1214 par le roi Philippe Auguste, ainsi que Sosthène l'assène dans cette scène inoubliable, à la face de "l'ENNEMI", le général von Stulpnagel), nous en vivons la chronique à partir de 1905-06 et la scandaleuse "Querelle des Inventaires" résultant de la "loi" Combes sur la Séparation de l'Eglise (dont on peut dire qu'elle FONDA la France de pair avec ses rois) et de l'Etat (la république qui DETRUIT cette France - il n'est que d'OSER le "VOIR" de nos jours -) ... Ayant perdu trois de ses quatre fils, tombés au "champ d'honneur" et "pour la France" durant la "Grande Guerre", Sosthène se trouve de plus en plus en conflit avec le survivant, Paul, dont le mariage avec une riche héritière "roturière", la très belle Gabrielle Rémy-Michaux (France Lambiotte), fille du descendant d'un régicide incarné par François Maistre (ici, nous touchons à la REALITE, la mère de Jean d'Ormesson étant la descendante du conventionnel régicide Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau), le destine de plus en plus à "renier" les valeurs familiales tout en en partageant cependant les avantages privés ... ce qui le conduira à sa perte puisque, devenu le directeur des usines Rémy-Michaux, il se suicidera du fait des conséquences du crash de 1929 ... et de ses erreurs !!! De cette union, sont nés quatre fils mais la chronique nous fait nous intéresser surtout à Philippe (Maxence Mailfort), nationaliste d'extrême droite, et Claude (Paul Barge), aspirant prêtre puis communiste déclaré, à leurs affrontements idéologiques et politiques (argument de l'excellent en tous points quatrième épisode) et qui se réconcilieront provisoirement aux sortirs de la Seconde guerre mondiale. Aussi, à leur cousin Jean, très proche de Claude, incarnation de l'auteur, Jean d'Ormesson.

Le destin de la famille "Plessis-Vaudreuil" ... ? De Sosthène, on ne le sait mais que l'on devine mort de chagrin ... Outre la perte de leur domaine (à nouveau, en analogie avec l'histoire de Jean d'Ormesson), des drames et des déchéances ... en un film rapide !!! Hubert, fils de Jacques (tué en 1940, lui aussi "pour la France"), meurt d'une infection généralisée ... Gabrielle et Olivier (fils de Pierre, héritier du titre), tués dans des accidents de voiture ... Anne-Marie, soeur d'Olivier, comme sa mère, d'une overdose et d'alcoolisme après une "carrière" d'actrice de cinéma ... Philippe, tué en Algérie !!! Un ACCABLEMENT que symbolise tout à la fin Alain, fils de Claude, activiste maoïste durant mai '68 (au point de VIOLER la devise de sa famille - "Au plaisir de Dieu" - par le graffiti "Au plaisir du peuple" qu'on le voit peinturlurer sur un mur et que l'on peut imaginer ensuite, "bobo", se rangeant "bourgeoisement" en donneur de leçons et "moralisateur" ... à l'exemple de tant et tant de "soixante-huitards historiques" (qu'il est inutile de nommer puisque ne ratant, de nos jours, aucune occasion de "philosopher" sur les antennes des médias "comme il faut") !!!

Deux moments de bienfaisante fraîcheur ... La scène de la chasse au premier épisode, peu avant 1914, où nous faisons la connaissance fugace d'un cousin russe des "Plessis-Vaudreuil" (lequel sera massacré avec sa famille et ses serviteurs lors de la révolution de 1917) et tout le deuxième épisode où il nous est donné de goûter l'oeuvre pédagogique du précepteur, l'humaniste et poète Jean-Christophe Comte (incarné par l'excellent Sylvain Joubert), auprès des petit-fils de Sosthène, et de Michel Desbois (Yves Beneyton), fils très doué d'un serviteur du château et, ayant succédé à Paul, devenu pétainiste égaré en 1940-44 (à nouveau la "malédiction" attachée aux "biens mal acquis Rémy-Michaux") ... ainsi que la double personnalité de Gabrielle, à la fois digne "châtelaine" tenant son rang de marquise à Plessis-Vaudreuil et animatrice à Paris des soirées débridées et nihilistes des dadaïstes et surréalistes ...

"Au plaisir de Dieu" ... un moment de GRÂCE de la télévision française ... quelques années après "Mauregard", autre chronique familiale de 1865 à 1970 et qui DEVRAIT être urgemment également gravée en DVD (on peut la trouver sur ina.fr) ...


Bob Morane. Les papillons de l Ombre Jaune
Bob Morane. Les papillons de l Ombre Jaune
par Vernes Henri
Edition : Cartonné

5.0 étoiles sur 5 Lepidotera mors, 18 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bob Morane. Les papillons de l Ombre Jaune (Cartonné)
Je reproduis ci-après (en les augmentant légèrement) les commentaires que j'ai inséré le 11 février 2013 s'agissant de la réédition du roman en 1973 :

"Les papillons de l'Ombre jaune" sont, à mon estime, un de meilleurs épisodes de la saga de l'Ombre jaune (oserais-je dire le meilleur avec "Le Poison de l'Ombre jaune" ?) !!! A la mystique de la vieille Afrique (c'est le seul épisode de la saga qui se passe en Afrique) à laquelle est sensible Bob Morane (voir le dialogue avec Allan Wood au chapitre I) s'impose pour un temps (celui du roman) cette poétique de la peur, de l'angoisse, de l'effroi, de l'horreur attachée à ces papillons de la mort créés par le génie maléfique de Monsieur Ming, répandant l'Amok, la "folie de tuer" par morsure et dont l'existence se heurte à l'incrédulité si compréhensiblement humaine de Bill Ballantine ("mordu par un papillon ? et pourquoi pas par une pantoufle" !)... comme elle le serait de l'immense majorité de "l'opinion" si d'aventure pareille mutation génétique résultait d'un programme de domination mondiale d'une puissance innommable ...

A partir de l'inquiétant prologue, elle culmine en trois épisodes, sommets de l'oeuvre :

1° chapitres V et VI : d'une part, le premier assaut des papillons sur Bob Morane et Bill Ballantine (auxquels s'est jointe Lynn Aldiss, jeune chasseuse de photos dont le safari a été décimé par les mortels insectes), d'autre part, la vision offerte aux trois protagonistes des animaux de la brousse frappés de folie furieuse (tant même, que les herbivores ne craignent pas de s'attaquer aux carnivores) ;

2° chapitre X : après l'exposé par Monsieur Ming, au chapitre IX, de ses intentions (et la justification du combat qui l'oppose à Bob Morane élargi métaphysiquement au principe du "Bien" et du "Mal" entre "Ormuzd" et "Ahriman" (*) ... incomparablement plus convaincante que ce "sel", ce "piment" qui, pour Monsieur Ming, tels des "drogues", en seraient l'excitant), la course HALLUCINEE, pour la SURVIE, de Bob Morane et de Lynn Aldiss, poursuivis par l'essaim en furie des mortels insectes (si magnifiquement reproduite par le dessinateur Paul Joubert - ah, ce rouge sang du ciel soulignant le mauve-violet, "couleur de sang séché", des papillons - sur la page de couverture de l'édition originale de 1968) qu'a été si inexplicablement incapable de reproduire William Vance en la couverture absolument antinomique de la réédition de 1973 !!!)

(*) "Toujours, nous sommes repartis dos à dos comme dans une sorte de reconstitution à l'échelle humaine du combat que, depuis que l'Univers est Univers, se livrent les deux grands principes du Bien et du Mal personnifiés par Orzmud et Ahriman..." ("Les papillons de l'Ombre jaune" - p. 104)

3° chapitre XII : la lutte, également pour la vie, entre Bob Morane et Bill Ballantine, ce dernier, frappé d'Amok ...

Une fois de plus, comme MALHEUREUSEMENT si souvent dans les romans de la saga, on regrette l'échec d'un plan aussi génialement démoniaque (en ce monde, c'est, hélas, bien plus souvent le Mal qui triomphe, le Bien n'étant promis qu'au-delà de la Mort) !!! Échec si total que ces papillons mortels ne reparaîtront plus par la suite ... à la différence des "invincibles" dacoïts (dont les cadavres ne se comptent plus), des robots et autres armes de haute technologie ...

Un REGRET : "Les papillons de l'Ombre jaune" n'ont, jusqu'à présent, toujours pas été adapté en bandes dessinées ... par un dessinateur capable d'une poétique des couleurs qui se hausserait au niveau de la qualité de Paul Joubert !!!


Beethoven: Symphonies - Ouvertures (coffret 6CD)
Beethoven: Symphonies - Ouvertures (coffret 6CD)
Prix : EUR 40,00

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Une énième USURPATION du "baroquisme" !!!, 17 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven: Symphonies - Ouvertures (coffret 6CD) (CD)
J'avoue qu'il m'est IMPOSSIBLE d'émettre un avis possiblement "mesuré" sur cette énième manifestation du "baroquisme" intégral exporté en ce début du XIXème siècle musical, apogée du classicisme et orée du romantisme et saluée dès sa parution sur les antennes belges de la RTBF - c'est à son écoute que j'ai entendu pour l première fois cette prétendue "révélation" (comment s'en étonner, Jos van Immerseel étant BELGE) !!! Car, on ne l'a jamais souligné, ce qui SÉPARE Beethoven des authentiques grands "classiques" viennois (HAYDN - MOZART) et, PLUS ENCORE, du siècle baroque, c'est cet événement CAPITAL que sont la Révolution française et l'épopée napoléonienne, inscrivant dans l'Histoire une RUPTURE d'espèce DÉFINITIVE avec un passé pluri-séculaire !!! Dès lors, "l'Esprit" a totalement changé ce, dès la 1ère Symphonie (que l'on dit "haydnienne") et, plus encore, dans la méconnue 2ème Symphonie (que l'on nous assure si "souriante, lors que, composée à l'époque de l'a conscientisation des progrès de la surdité, elle représente en fait une première "Symphonie du Destin") ...

Cet Esprit, Jos van Immerseel, "baroquiste" d'entre les "baroqueux" devant l'Eternel, s'avère INCAPABLE de l'incarner et le faire REVIVRE dans cette somme essentielle de l'oeuvre beethovénienne que représente son oeuvre symphonique !!! Tout particulièrement (et cela ne saurait étonner !) dans les œuvres d'esprit authentiquement révolutionnaires et visionnaires car ouvrant authentiquement sur le futur romantique que sont les 3ème, 5ème, 6ème, 7ème et 9ème Symphonies !!! Même les oeuvres dites "sages" comme les 4ème et 8ème Symphonies transpirent du "Baroque" jusqu'à la nausée !!! Et que dire alors des "Ouvertures" authentiquement pré romantiques tels que "Egmont" ou Coriolan" ... sans parler de "Fidelio" ?!!!

A jeter où l'on voudra (à tout prendre, je préfère de TRES LOIN l'intégrale "baroquiste" de Harnoncourt !) ... et que cesse ENFIN cette USURPATION du "Baroque" avant et au delà son siècle !!! Je regrette, une fois de plus, que l'on ne puisse voter ZERO étoile !!!


Gaston Phébus [Version restaurée]
Gaston Phébus [Version restaurée]
DVD ~ Jean-Claude Drouot
Prix : EUR 17,09

4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Il y a "Gaston Phoebus" ET ... Gaston Phoebus !!!, 10 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gaston Phébus [Version restaurée] (DVD)
Feuilleton "historique" … ? Voire … car, à nouveau, nous sommes en présence d’un téléfilm, au demeurant REMARQUABLE, mais n’ayant avec l’Histoire (la VRAIE) que des rapports extrêmement lointains voire même totalement imaginaires !!!

D’emblée, un décalage se produit entre le prétendu Gaston Ier de Foix (en fait, Roger-Bernard III de Foix) et ses deux femmes : la légitime, "Hélène" (en fait, Marguerite de Moncade,), interprétée par la très belle Michèle Grellier et "l’épouse de Dieu", répudiée et reléguée dans un couvent pour cause de stérilité (offrant une analogie avec la prétendue "dame de Salenque" qui, répudiée, serait devenue effectivement mère d’un certain "Corbeyrand", seigneur de Rabat, circonstance que RIEN ne prouve, cependant).

Que dire quand ce décalage est formidablement transposé à la dimension temporelle ?!!! Car le feuilleton situe un "Gaston Phoebus" pleinement adulte et en âge de convoler en justes noces à l’heure de la bataille de Crécy (26 août 1346) puis du siège de Calais (septembre 1346 - août 1347) … lors que le VRAI Gaston III de Béarn, né le 30 avril 1331 à Orthez, et n’était encore alors qu’un tout jeune adolescent … déjà comte de Foix (car ayant succédé à son père à l’âge de 12 ans sous la régence de sa mère) mais NULLEMENT "roi" mais vicomte de Béarn !!! Toutefois, ayant prêté hommage au roi de France pour son comté, il refusera d’en faire autant pour le Béarn, ayant toujours affirmé ne détenir la vicomté "de Dieu et de son épée" (d’où, sans doute, cette titulature royale …). Décalage tellement "ENORME" qu'il nous présente Gaston Phoebus servant par les armes sous Philippe VI de Valois alors qu’il est IMPOSSIBLE que le VRAI Gaston Phoebus ait pu agir de la sorte sous son règne (1328-1350) … de même que Charles de Navarre (né en 1332) avoir intrigué à sa cour !!! En fait, ledit décalage paraît effectif sous son fils, Jean II le Bon, qui sera, de fait, un des plus néfastes rois de France !!!

Que dire aussi de cette prétendue "Myriam", née de père inconnu, sa tendre amie d’enfance, qu’il épouse au mépris de la réalité et de devoirs féodaux d’alors … et qui, historiquement, est "inconnue" au bataillon de la vie amoureuse (et des multiples frasques sexuelles) du VRAI Gaston Phoebus ?

Que dire encore de cette relation marquée du signe de la HAINE, entre le Gaston Phoebus "feuilletonesque" et cette "Agnès", noircie au possible, meurtrière, empoisonneuse, sorcière, femme fatale, complice de son frère, le lâche Charles II de Navarre dit "le Mauvais" … ?!!! Car en fait, la véritable Agnès de Navarre, épousée le 04 août 1349, apparaît bien avoir été une femme sensible, poète et musicienne (elle avait été l’élève de Guillaume de Machaut), toute dévouée à son époux qui multiplia les trahisons matrimoniales à son égard et finit effectivement par la répudier, non pas comme présenté dans le téléfilm mais du fait que sa dot avait été détournée par son frère qui, effectivement, fut un fourbe (l’honnêteté oblige de dire qu’il avait certaines excuses, ayant été bassement spolié en terres et en titres par les Valois devenus rois de France) … ? A ce propos, l'histoire du "chien de Clovis", conté par Gaston Phoebus dans le 3ème Episode devant Philippe VI, sa femme l'INDIGNE Jeanne de Bourgogne, interprétée remarquablement par Claude GENSAC, aussi heureuse dans les rôles dramatiques que comiques), Charles et Agnès de Navarre, authentique, figure en fait dans "Le livre de chasse", manuscrit illustré sur la vénerie, dicté par Gaston Phoebus à la fin de sa vie.

Que dire aussi du destin du fils de Gaston Phoebus et d’Agnès de Navarre (seul survivant d’un "lit" fécond … ce qui implique de nombreuses relations intimes entre les deux époux), présenté comme lâche, veule, homosexuel, effectivement tué accidentellement par son père en 1382 (selon le chroniqueur Froissart qui ne semble pas avoir porté dans son cœur le comte de Foix - comme également Louis Ier d’Orléans - … car il n’existe aucun témoignage visuel de l’événement) pour une participation à un complot d’empoisonnement … ? Participation involontaire, le jeune homme ayant été la dupe de son oncle, Charles de Navarre, authentique praticien des poisons … Mort dont Gaston Phoebus ne se remettra pas au point d'avoir signé un traité secret avec le roi de France (Charles VI), en faisant son légataire universel et lui laissant ses domaines en échange de la Bigorre et 100 000 francs d'or (ce dont se réfère le 6ème Episode) ... sans doute pour éviter (vainement) que la branche cadette des Foix-Castelbon hérite.
S'agissant d'Yvain de Foix, né des amours adultérines de Gaston Phoebus avec Catherine de Rabat (et non de cette prétendu "Marguerite") notons que celui-ci et son oncle Charles de Navarre, finiront de la même manière ATROCE : par le FEU et, à chaque fois, du fait d’une maladresse !!!

Il reste que je conserve plus qu’un "faible" pour ce feuilleton même aussi grossièrement romancé … Sans doute parce que REMARQUABLEMENT interprété par Jean-Claude DROUOT, le "Thierry la Fronde" de notre enfance (se passant à la même époque, le tragique XIVème siècle !) et le "Rodolphe Vernet" des "Gens de Mogador" de notre adolescence) … Le jeu de ses outrances apparaît pleinement justifié, Gaston Phoebus, bien qu'artiste (poète et musicien – compositeur - comme sa femme) ayant eu la réputation d’un homme, incapable de dominer ses propres colères … Aussi, Nicole GARCIA, machiavélique « Agnès », Georges MARCHAL interprétant ce pseudo Corbeyran, François MAISTRE, décidément voué à incarner des "salauds" (le comte de Monsoreau, sorti de l’imagination déformante de Dumas) ou, en l’occurrence, l’exagérément lâche et minable Philippe VI de Valois et Jean-François PORON (Espaing), inoubliable duc de Nemours ("La princesse de Clèves") ou le procureur Villefort ("Le comte de Monte Cristo") ... Sans oublier la musique (outre le générique, trois thèmes en forme de "leitmotiv", incarnant les trois femmes héroïnes : sensible, pour "Myriam", ambigu pour "Agnès" et pathétique pour "Marguerite") ...


Symphonie N°2 - Symphonie N°11
Symphonie N°2 - Symphonie N°11
Prix : EUR 15,60

5.0 étoiles sur 5 La 11ème Symphonie : un manifeste de la Souffrance et de la Colère, 8 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonie N°2 - Symphonie N°11 (CD)
Il y a deux manières d'interpréter la 11ème Symphonie de Dmitri Chostakovitch : "cinématographique" (avec grands "effets" hollywoodiens, surenchérissant sur une orchestration pléthorique d'espèce "naturaliste" de manière à garantir à la "foule" le "frisson" au spectacle d'un orchestre en furie) ou ... "chostakovienne", je veux dire en tenant compte de ce que le compositeur, ainsi qu'il l'a dit lui-même, a manifestement entendu édifier en son oeuvre symphonique : un monument funéraire dédié aux DIZAINES de MILLIONS de morts qu'ont coûté pour la Russie les deux guerres mondiales, la guerre civile et "l'expérience socialiste" de 75 ans d'ENFER !!! Morts ensevelis dans la terre de Russie souvent en des tombes sans nom ... Telle est, à mon avis, le sens de l'interprétation de Valery Gergiev, génial chef d'orchestre natif de Léningrad, lieu du MASSACRE, le 09 janvier 1905, de plusieurs centaines de miséreux venu quémander au "Petit père" Nicolas II (absent !) une amélioration de leur MISERE !!!

L'oeuvre, bâtie en quatre mouvements porteur de titres "programmatiques" dans la tonalité générale et quasi exclusive de Sol mineur, est construite sur des motifs et thèmes originaux de Chostakovitch, fusionnant avec des thèmes de NEUFS chants révolutionnaires connus à l'époque :

1° "La Place du Palais" : une quinte à vide (SOL - Ré) inscrit la tonalité en un long thrène frissonant des cordes aigues d'inspiration profondément russe, ponctué par de sourds triolets aux timbales délimitant une quarte diminuée (futur leitmotiv de la foule) et que suit une fanfare de trompette bouchée en forme "d'avertissement" ... Atmosphère générale de suspension, mais pas au sens malhérien tel que défini par Adorno : peinture d'une aube glaciale précédant la tragédie ... Matériel musical original du compositeur, ils assument d'emblée un rôle crucial qui se confirmera tout au long de la symphonie. Apparait ensuite aux deux flûtes soli le premier chant révolutionnaire, "Ecoute" développé par les cuivres et que suit un second, mélodie annonyme aux violoncelles et contrebasses, "Le Prisonnier", repris par flûtes, hautbois et clarinettes ... "Ecoute" est repris par les bassons puis, reprise du "climat" spectral de la "Place" ... Forme "A - B - A' ...

2° "Le Neuf Janvier" : d'emblée, le mouvement s'anime ... Sur des runinations inquiétantes des cordes graves, est exposé aux clarinettes et bassons le 6ème des Dix poèmes opus 88 ("Oh, toi notre Tsar") que Chostakovitch avait mis en musique en 1951 ... soit, remarquons-le bien, à une époque où l'URSS entière tremblait sous la Seconde Terreur stalinienne. Suggérant le rassemblement d'une foule excédée, ce chant se développe, s'amplifie, culmine en un cri ("Découvrez-vous la tête" - marque de respect envers le Tsar -), non de révolte, mais de supplication incantatoire, celle de cette foule qui a FAIM et SOIF de Justice ...
Rappel des motifs de la "Place" (on imagine la foule faisant face à la soldatesque la couchant en joue) que suit alors la musique la plus monstrueusement furibonde jamais composée et pourtant construite par les moyens contrapuntiques les plus éprouvés : lancé par la caisse claire, un fugato sur le motif resserré de "la Foule" (1er mouvement)? culminant dans l'anti "Apothéose" du massacre !!! Musique authentiquement "visuelle", effrayante, climax du motif de "la Foule" réunissant toutes les forces des percussions, et qui n'eut pas été écrite sans l'existence du Finale de la 6ème Symphonie de Mahler et les propres "anti Apothéoses" des 7ème, 8ème et 10ème Symphonies de Chostakovitch, mais que Gergiev, à la différence de certains de ses collègues qui en font un "spectacle", "retient" ... pour mieux en exprimer la quintessence inhumaine, mécanique !!!
Ce qui suit ensuite, reprenant l'introduction de "La Place", n'est plus que torpeur figée, horreur glacée et immense douleur, que "berce", ô ironie, la reprise aux deux flûtes soli de "Oh, toi notre Tsar" ...

3° "In Memoriam" : en forme de "Requiem", Chostakovitch s'empare très connu "Vous êtes tombés en victimes" d'Alexandre Varlamov, utilisé dans "Le Cuirassé Potemkine" de 1928 et autres films soviétiques (jamais présenté - forcément ! - "à l'ouest") sur un accompagnement pizzicati des basses utilisant le motif de quarte diminuée. Aux lugubres cuivres et bois graves succède alors la SEULE éclaircie de la symphonie, la phrase initiale de "Libre parole de liberté, bienvenue" (texte et mélodie anonymes) aux cordes aigues, musique d'une intense beauté, sourire baigné de larmes dans un mode Majeur pathétique typique du Chostakovitch de la maturité (qu'on retrouvera dans le Finale de la 13ème Symphonie) et que Gergiev mène jusqu'à l'incantation !!! Climax tragique, quintessence de la douleur sur "Découvrez-vous la tête" puis reflux ... Les pizzicati demeurent seuls ... comme autant de poignées de terre jetées sur une tombe !!! Fa dièse suspensif ...

4° "Le Tocsin" : traduction musicale d'une COLERE trop longtemps contenue !!! Du Fa dièse en forme de "signal", irruption en Si mineur d'une marche altière, offrant des analogies rythmiques avec le Scherzo de la 10ème Symphonie (le "Portrait" de Staline !). Utilisation du chant polonais "Tremblez, tyrans !", du chant de L. Radin "Hardi, camarades, marchez au pas" et de la célébrissime "Varshavianka" (La "Varsovienne") légèrement modifiée par l'adapter aux exigences harmoniques des autres chants. Climax sur le resserrement du "Signal" Fa dièse, et la mélodie "Oh, toi notre Tsar" !!! "Découvrez-vous la tête" réapparaît alors au cor anglais (long solo pathétique analogique avec celui de la 8ème Symphonie) sur les accords glacés du début avant que la Coda, imposant le motif en triolets (resserrés) de la "Foule" montant de l'obscurité des bois graves à la "lumière" des cordes aigues avec celui de "Découvrez-vous la tête", tellement véhéménte qu'elle apparaît conjuguée "au futur" : importance d'une harmonie en sixte napolitaine - La bémol - absorbée par la tonique de Sol mineur/Majeur !!! Ici aussi, Gergiev se garde du "spectaculaire" gratuit de la percussion renforcée par les cloches naturelles et tubulaires pour mieux faire ressortir la dimension "futuriste" qu'implique ce Tocsin !!!

Composée à l'été 1957, on ne saurait passer sous silence le fait EVIDENT que Chostakovitch, sous le prétexte de célébrer le 40ème anniversaire de la "Révolution d'Octobre 1917", s'est emparé d'une actualité toute récente (la Révolution hongroise de novembre 1956 ... sans oblier l'insurrection de Berlin Est du 17 juin 1953, toutes deux noyées dans le SANG) pour élever une protestation véhémente ... à qui SAVAIT et OSAIT "entendre" !!! Protestation qui s'adresse à TOUTES les époques ... dont la nôtre où les médias, maniant cyniquement le "DEUX poids - DEUX mesures" et le manichéisme, nous abreuve journellement de photographies qu'ils veulent culpabilisatrices lors que, dans le même temps, ils font cyniquement bon marché d'autres effusions sanglantes, aux frontières de l'Europe, parce que concernant un politiquement "INcorrect" !!!


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