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Contenu rédigé par Luc REYNAERT
Classement des meilleurs critiques: 96
Votes utiles : 1559
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Commentaires écrits par Luc REYNAERT (Beernem, Belgium)
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5.0 étoiles sur 5
Superbe, 15 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vol.5 (CD)
Ce CD est une parfaite introduction à la musique classique pour piano avec son mélange de mélodies et de morceaux bien connus et populaires, comme le `Wedding Day at Troldhaugen' de E. Grieg ou la transcription par Walter Gieseking du 'Staendchen' de R. Strauss, avec des morceaux moins bien connus comme `Der kleine Postillon' de GustaV Lange. Balázs Szokolay a pris son temps pour jouer et enregistrer parfaitement, pas sentimentalement, tous les pièces, avec des sons magiques dans ses propres transcriptions de `la Chanson de Vilja, extrait de l'opérette de F. Lehár `La Veuve joyeuse' ou la `Pizzicato Polka' de Johann et Josef Strauss. Un récital superbe avec d'excellentes notes par Naxos, pour un prix modique. Hautement recommandé.
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5.0 étoiles sur 5
L'innocence est exploitée, 13 juin 2013
Green Fish n'est pas un vrai film de gangsters, mais plutôt une illustration du combat entre le bien et le mal, entre l'innocent et le dépravé, entre le juste et ceux qui ne connaissent que la loi du plus fort, entre la ville (et ses poisons) et la campagne (avec ses poissons verts). Cette loi du plus fort joue surtout sur le plan physique (la force, le nombre), mais aussi sur le plan mental (la ruse, la manipulation, le guet-apens, le cynisme de l'individu). Le film a également une dimension socio-économique : le personnage principal du film est un jeune homme, qui vient de faire son service militaire. Il n'a pas de boulot; mais, il est engagé par le chef immoral d'un gang qui apprécie son courage, sa sincérité et sa `moralité' (son sens de justice). Et les femmes là-dedans? Elles n'ont d'autre choix que de suivre le plus fort, pour autant qu'elles soient jeunes et belles. Quant à l'enfant qui va naître, le doute est permis sur la parenté... Le premier film de Lee Chang-dong contient déjà des ingrédients importants de ses films suivants aussi bien au niveau des symboles, qu'au niveau des thèmes: le train, la spasticité, la violence gratuite ou l'exploitation de l'innocence. Ils en disent long sur la vision du réalisateur sur les affaires du monde `humain'.
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5.0 étoiles sur 5
La tactique du salami, 9 juin 2013
Ce livre est une évocation magistrale du putsch des communistes en Tchécoslovaquie en 1948 contre la volonté de la majorité de la population. Les communistes avaient peur de perdre les prochaines élections forcées par la démission des ministres sociaux-démocrates dans le gouvernement. Son livre démontre éminemment bien que des motifs de gain personnel étaient à la base du soutien pour le putsch. Il était reçu avec un grand enthousiasme parmi les jeunes parce que `de très nombreux jeunes, sans attaches avec la société bourgeoise, voyaient s'ouvrir brusquement devant eux des carrières brillantes. Il y avait tant de places vacantes!' Le putsch L'acteur du putsch était le PC avec le peuple comme son instrument et avec un but ultime : le monopole du pouvoir. `Le PC a remporté la victoire sans coup férir, au moyen de la mobilisation parfaitement orchestrée de ses militants et des organisations syndicales dont il avait le contrôle ; il l'a emporté en s'assurant la neutralité de l'Armée, la coopération des forces de police, et en tenant en réserve - en cas d'une résistance prolongée des éléments démocratiques - la grève générale et l'utilisation des milices ouvrières.' La tactique du salami F. Fejtö explique remarquablement comment les différentes tranches du salami ont été coupées : l'utilisation de postes ministériels pour étendre l'influence du PC dans les administrations, la police et l'armée ; l'unification des syndicats permettant au PC d'évincer l'influence social-démocrate et de se servir de la mobilisation de la classe ouvrière pour prendre le pouvoir ; l'affaiblissement des autres partis politiques avec des provocations et des fabrications de complots ; l'absorption progressive du parti social-démocrate ; des élections exclusivement contrôlées par le PC. Les promesses (non tenues) Par ses promesses `de bien-être généralisé, d'égalité, de justice et de respect de la propriété privée, d'émancipation ouvrière et de tolérance envers la petite bourgeoisie, le PC avait pu donner à sa lutte pour le pouvoir l'aspect d'un mouvement populaire.' Mais, `en raison des pressions soviétiques, et surtout de ses propres conceptions bureaucratiques, il n'a pu tenir aucune de ses promesses. Le PC tchécoslovaque formé par un long passé de stalinisme, d'opportunisme, de démagogie, de discipline autoritaire n'a pu donner que ce qu'il portait en lui : le socialisme sans liberté.' Les places vacantes dans l'administration et dans les entreprises nationalisées n'ont pas été octroyées à des gens capables, mais à des `pions fiables'. Après le coup, des épurations ont commencé au niveau le plus haut (dans le PC) jusqu'en bas de l'échelle (surtout dans l'armée et l'administration) : exécution de V. Clementis et de R. Slánský, condamnation à l'emprisonnement à perpétuité de G. Husák, B. Loebl et J. Srmkovsky. K. Gottwald était devenu un alcoolique qui s'est effondré après l'enterrement de Staline. Ce livre, avec d'excellents portraits de E. Benes, J. Masaryk et L. Svoboda, est une analyse formidable d'un événement historique important, dont François Fejtö a judicieusement tiré des leçons plus générales, aussi bien au niveau du caractère de l'être humain, avide de pouvoir et d'usurpation du pouvoir et sans scrupules pour liquider des anciens `amis', mais aussi au niveau de la politique nationale, qui est, en fait, internationale. Hautement recommandé.
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5.0 étoiles sur 5
Le progrès économique, 8 juin 2013
Jean Fourastié était un économiste remarquablement perspicace qui basait ses jugements sur les résultats des politiques économiques et pas, surtout pas, sur des critères idéologiques. Il ne perdait jamais son temps avec des détails, mais s'attaquait directement aux facteurs cruciaux dans la vie économique et sociale, et, des lors, cruciaux pour le niveau de vie et le bien être de la population tout entière d'un pays. Ces facteurs sont l'emploi, la production, la consommation, le progrès technique, la productivité, l'épargne, les investissements et le profit. Le but ultime de toute politique économique devrait être le grand espoir du XXème siècle : le progrès (la croissance) économique. La croissance économique Pour Jean Fourastié, `le seul facteur de la croissance économique est le progrès des techniques de production, c'est-à-dire l'application au travail quotidien de méthodes de plus en plus efficaces issues des sciences expérimentales. Le progrès technique permet l'élévation du niveau de vie, l'allongement de l'espérance de vie, la réduction de la durée du travail, une limitation de l'inégalité sociale et une redistribution de la puissance économique entre les nations.' Mais, ce progrès `n'est pas sans contreparties pénibles, comme la concentration urbaine, l'encombrement, la pollution, la tension entre pays en avance et pays en retard, la redistribution de la puissance économique entre les nations et les groupes sociaux, les crises économiques, politiques, morales et culturelles.' L'emploi Pour Jean Fourastié, `le facteur fondamental, qui permet l'équilibre économique, est l'emploi. Pour adapter la production à la consommation, il n'y a qu'une variable, c'est l'emploi.' Et, `le facteur qui relie l'emploi à la production, c'est la productivité du travail.' L'équation fondamentale de l'équilibre économique est `emploi = consommation / productivité.' Pour le facteur `emploi', l'éducation, la compétence technique et technologique ainsi que le niveau `intellectuel' d'une population sont des facteurs déterminants dans la (progression de la) productivité du travail. Comme il l'a dit dans un autre livre (`Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible'), `le facteur essentiel du développement n'est pas le capital, mais le savoir des hommes.' Le profit Jean Fourastié constate `que dans les pays socialistes et dans la mesure où les profits privés y ont été effectivement supprimés, il n'y a pas d'autre incitation à l'efficacité et à son progrès dans les entreprises que le décret politique, la hiérarchie et le contrôle administratif. Dans les pays où le profit a été supprimé par décision politique, les salaires ne sont pas plus élevés, mais au contraire moins élevés.' Le livre termine sur une longue tirade contre la France et sa population, qui, heureusement, n'est plus que partiellement d'actualité, grâce aux `Trente Glorieuses ou la Révolution invisible'. Hautement recommandé aux fanas de l'auteur et à tous ceux intéressés par des problèmes économiques.
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3.0 étoiles sur 5
Le délire conceptuel, 6 juin 2013
Ce livre est à tout point de vue très étonnant. Jean Fourastié, un économiste d'une envergure mondiale, défend avec bec et ongles la morale de l'Eglise Catholique d'avant Vatican II. La raison en est son extrême pessimisme quant à la survie de l'humanité dans un monde sans Dieu. Pourquoi une morale religieuse ? Jean Fourastié : `Simplement je crois que la situation de l'homme sans religion est pire que celle des hommes qui adhèrent à une religion. Et plus encore, je crois qu'un groupe humain ne peut subsister à très long terme sans une image pas trop absurde, rodée et testée par les siècles, du surréel et que seules les grandes religions peuvent aujourd'hui nous aider à nous constituer cette image.' Son pessimisme Jean Fourastié n'est certainement pas un adepte de Jean-Jacques Rousseau. Pour lui, `le monde de l'intelligence serait au moins aussi horrible que le monde de l'instinct.' Pire encore, `l'histoire des hommes, la misère, la brutalité, la violence, l'orgueil, l'erreur, la souffrance ... l'humanité n'a trouvé ni les instruments conceptuels ni les instruments matériels propres à maitriser son destin.' Quant au capitalisme, `il est clair que l'efficacité du capitalisme tient essentiellement au fait qu'il sait utiliser et utilise la vanité triste' des êtres humains. Le délire conceptuel Ce livre est surtout important pour sa notion du `délire conceptuel'. Ces délires sont des théories basées sur des concepts de base dont le bien-fondé saute apparemment aux yeux ou dont l'exactitude n'a (même) pas été vérifiée. Jean Fourastié donne comme exemple la théorie du structuralisme de F. de Saussure, qui prétend qu'il n'y a aucun lien entre une langue et la réalité. Un autre délire conceptuel, qui a été démasqué d'une manière remarquable par Jean Bricmont et Alain Sokal, est celui du post-modernisme. Pas mal de lecteurs considéreront la solution proposée par Jean Fourastié pour vaincre les maux du monde comme un délire conceptuel. A lire par les jusqu'au-boutistes de Jean Fourastié, et surtout pour son idée de `délire conceptuel'.
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5.0 étoiles sur 5
La clef de toute activité économique (inter)nationale est la productivité, 4 juin 2013
Ce livre est un véritable classique en matière socio-économique à cause de son analyse du progrès de la productivité dans les différents secteurs économiques (inter)nationaux. Progrès technique Comme le constate judicieusement Jean Fourastié, `le progrès technique a bouleversé la production et la consommation des nations modernes. Augmentant le rendement du travail dans des secteurs importants de l'acticité économique, il a permis d'accroître la production, donc la consommation. Mais la consommation croissante ne s'est pas laissé imposer la structure de la production croissante. Elle a peu à peu imposé sa loi à la production. Il en est résulté une modification profonde des structures économiques.' Facteurs Le facteur fondamental pour le progrès technique est le progrès scientifique (l'innovation). Celui-ci dépend de facteurs secondaires : sur le plan financier, de l'épargne, des investissements et d'un taux d'intérêt adéquat; sur le plan économique, d'une organisation efficace de la production dans les usines, du transport et de la distribution des produits; sur le plan humain, du niveau et de l'efficacité de l'éducation de la population. Secteurs et effets Le progrès technique a fait des miracles dans les secteurs primaire (l'agriculture) et secondaire (l'industrie). Mais, il a peu d'influence sur le secteur tertiaire (les services) : un coiffeur met depuis des siècles les mêmes minutes de travail pour une coupe de cheveux. Ce progrès technique a provoqué des baisses du temps de travail par unité de production et dès lors des prix unitaires, aussi bien dans l'agriculture que dans l'industrie. Il en est résulté une augmentation phénoménale du niveau de vie et du bien être de toute la population des pays industrialisés, au niveau de la quantité du travail (semaine des 35-40 heures, temps libre, vacances) ainsi qu'au niveau de la qualité de la vie (produits de consommation, habitation, transports, communication). Pour les pays non industrialisés, qui ont raté le train de l'efficacité économique, la catastrophe continue. Le résultat en est une immigration croissante aux pays avec un niveau de vie supérieur, nonobstant les efforts considérables de la part des pays industrialisés pour endiguer l'afflux irrésistible et continue d'étrangers indésirables. Lecture hautement recommandée à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire et au fonctionnement de notre monde moderne.
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5.0 étoiles sur 5
Une immense communauté d'intérêts, 3 juin 2013
Ce roman est un tableau impressionnant de la Chine déchirée par les seigneurs de la guerre (de 1916 jusque dans les années 1940). Ces seigneurs défendaient leurs territoires comme des bêtes sauvages à l'aide de leurs armées privées qui pouvaient compter jusqu'à un million de soldats. Ils gouvernaient comme des potentats, considérant la population sous leurs ordres comme une bande de moineaux. Leur arme était la force brute avec des tortures effroyables et des exécutions barbares, décrites d'une manière saisissante et fortement détaillée par l'auteur. Lucien Bodard n'est pas, comme un Rudyard Kipling, dupe du système et voit à travers le système colonial même dans un immense territoire géré par des seigneurs de guerre : `les famines, les Warlords, les belles concessions des étrangers, les milliardaires jaunes, les banques et aussi les consuls, les pasteurs, les missions catholiques et les curés. C'est une immense communauté d'intérêts où sur le cadavre de l'Empire Céleste, à côté des haut-de-forme des gentlemen, prolifèrent la soutane et la cornette.' Le Consul est bien le représentant de l'intérêt colonial français. Son seul but est d'obtenir par tour les moyens possibles et imaginables des concessions pour pouvoir construire son chemin de fer `français' et ainsi pouvoir véhiculer des marchandises françaises. Ce roman formidable, écrit avec un certain détachement dans un langage fauviste, mais aussi ironique et/ou sarcastique, donne un panorama poignant d'une époque révolue, celle d'un colonialisme d'affairistes soutenu par les forces occidentales. A lire par tous les fanas de l'auteur, par tous ceux intéressés par l'histoire de la Chine et par l'histoire humaine en général (le colonialisme).
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Viridiana
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| DVD ~ Silvia Pinal |
| Prix : EUR 11,28 |
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5.0 étoiles sur 5
Pourrie par la religion, 2 juin 2013
Alors que le long métrage `Viridiana' contient certains aspects bien connus des films de L. Buñuel, comme le fétichisme ou le voyeurisme, son objectif principal est, comme dans `L'Age d'Or', la religion et plus particulièrement le catholicisme avec son évangile de pitié et d'altruisme. Cet évangile est personnifié par une aspirante religieuse, sublimement jouée par l'actrice mexicaine Silvia Pinal. Mais, face à un comportement absolument scandaleux de la part des pauvres qu'elle voulait aider, elle devient sur les tons de la musique de Haendel une anti-Messie. Pour l'Eglise catholique, ce film est fondamentalement un blasphème, symbolisé par sa parodie diabolique de la Dernière Cène (le tableau de Léonard de Vinci) avec les apôtres peints comme des misérables et des mendiants vils et vicieux. Un autre point de vue beaucoup plus controversé de L. Buñuel est sa misogynie, exprimée par le fils illégitime de Don Jaime, Jorge: tous les chats sont gris la nuit. Avec un casting formidable, Silvia Pinal étant le joyau de l'équipe, ce film n'a pas perdu une ombre de son mordant subversif envers la morale chrétienne. A voir par tous les amoureux d'un cinéma d'un niveau mondial.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Violence, 1 juin 2013
Les deux films sud-coréens sur ce DVD sont extrêmement violents. Mais, il y a une différence essentielle entre les deux. L'intrigue de `L'Isle' se joue strictement sur le plan de la psychologique individuelle, tandis que le protagoniste de `Peppermint Candy' est directement impliqué dans d'importantes questions politiques (régime dictatorial, le Massacre de Gwangju, tortures) et socio-économiques (syndicalisme, le monde des affaires). `L'île' est centré sur la bataille des sexes, physiquement (la force) et mentalement (domination). Mais, certains événements (et leurs mobiles) ne sont pas toujours clairement expliqués. Le film reste ainsi sur le plan social plutôt `abstrait'. Ses symboles (des hameçons) peuvent sembler très rudes. `Peppermint Candy' est un film beaucoup plus ambitieux (avec un budget plus conséquent). Il s'attaque de front à des problèmes politiques sud-coréens et leurs règlements violents par les forces de l'ordre. Ces solutions totalitaires ont cassé l'idéalisme de la jeunesse, comme celle du protagoniste, qui est obligé en tant que soldat de participer à la répression d'un soulèvement estudiantin et syndical (le Mouvement pour la démocratisation de Gwangju) et en tant que policier à des tortures de syndicalistes. Pour la majorité des spectateurs non-coréens les événements socialo-politiques décrits ne sont probablement pas bien connus. Un (deuxième) titre plus explicite pour les différents épisodes en aurait certainement facilité la compréhension. L'utilisation de symboles, comme des personnes handicapées (déstabilisées), le train pour les retours en arrière ou le titre (et la distribution des menthes pendant le film) en tant que contraste avec le sort du personnage principal, sont beaucoup plus plausibles que dans `L'Ile'. Les deux films (le deuxième long métrage de Lee Chang-dong et le quatrième de Kim Ki-duk) sont très représentatifs pour le renouveau du cinéma sud-coréen. Hautement recommandés.
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5.0 étoiles sur 5
Chacun devrait être responsable de son propre sort, 30 mai 2013
Dans son traitement cinématographique du chef-d'oeuvre de Lilian Lee, Chen Kaige s'est fixé surtout sur l'évolution de la liaison `sentimentale' de deux acteurs (dont un homosexuel) à travers l'histoire tumultueuse de la Chine au 20ème siècle avec la chute de l'empereur, l'occupation japonaise, la guerre civile, la victoire des communistes et la Révolution Culturelle. L'opéra chinois `Adieu ma concubine' en est un leitmotiv splendide. La relation sentimentale sera sérieusement bousculée durant les séismes politiques. Alors que `chacun devrait être responsable de son propre sort', chacun, s'il est faible sur le plan physique ou psychologique, pourrait être acculé à trahir son ami par des accusations mensongères, notamment sous la pression d'interrogatoires publics violents. Le message politique du film peut être résumé par le slogan : `Maudits sont les tyrans qui plongent le peuple dans la misère'. Avec des scènes inoubliables, comme l'abandon d'un enfant par sa mère, l'entraînement rigoureux des jeunes aspirants-acteurs, les procès politiques publics ou la rencontre de `vieux amis', Chen Kaige a magnifiquement transcrit en images (avec un étalonnage sublime) le texte de Lilian Lee. Néanmoins, le livre de Lilian Lee transcende les relations personnelles des deux protagonistes avec ses méditations sublimes sur l'art, l'artiste, la vie individuelle, l'amour, la mort et la politique. Un exemple tiré du livre : dans le monde ordinaire, victoire et défaite, vie et mort ne durent que le temps d'un clin d'aeil. Mais, l'art et l'artiste ne font pas partie de ce monde où la politique avec son adage `tuer ou être tué' ne sème que douleur, souffrance et misère. Par l'art, le public échappe pendant le spectacle à la dure réalité de la vie pour entrer dans un univers de rêves et d'émotions profondes, incarnés par les acteurs (de l'opéra chinois). A voir par tous les cinéphiles.
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