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Contenu rédigé par Luc REYNAERT
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Commentaires écrits par
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium)
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La Duchesse de Langeais : Histoire des Treize
La Duchesse de Langeais : Histoire des Treize
par Michel Lichtlé
Edition : Poche
Prix : EUR 3,80

5.0 étoiles sur 5 De classes et de vrais sentiments, 2 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Duchesse de Langeais : Histoire des Treize (Poche)
Balzac était l’écrivain modèle pour l’idéologue littéraire marxiste G. Lukács, parce qu’il utilisait des personnages qui représentaient parfaitement des classes bien déterminées (des types). Ceci est certainement le cas dans ce roman, où les protagonistes sont éminemment représentatifs du ‘Paris de la haute classe et de la noblesse’.
Quant à la société dans son ensemble, pour Balzac elle est nécessairement constituée de classes bien distinctes : ‘partout, lorsque vous rassemblerez des familles d’inégale fortune sur un espace donné, vous verrez se former des cercles supérieurs, des patriciens, des première, seconde et troisième sociétés. L'égalité sera peut-être un droit, mais aucune puissance humaine ne saura le convertir en fait’.

Il donne dans ce livre aussi une analyse critique de la situation socio-économique d’un cercle supérieur, l’aristocratie : ‘chaque famille ruinée par la révolution, ruinée par le partage égal des biens, ne pensa qu’à elle, au lieu de penser à la grande famille aristocratique … la noblesse restaurée ne pouvait plus être qu’une oligarchie.’
Dans cette classe, la duchesse de Langeais ‘faisait autorité’. ‘Elle menait cette vie creuse, exclusivement remplie par le bal, par des triomphes sans objet, par des passions éphémères’, jusqu’au jour où elle est confrontée à des ‘vagues ardeurs d’un amour réel’.
Par l’issue de la confrontation acharnée entre de vrais amoureux dans cette ‘époque froide, mesquine et sans poésie’, Balzac nous donne sa vision sur la vraie nature de la classe en cause et de son avenir : sera-t-elle capable ‘d’être’ ou continuer à ‘paraître’ ?

La structure de ce roman est très moderne, même ‘cinématographique’ avec un retour en arrière et des éléments à la Hitchcock (des rendez-vous arrangés ou manqués de justesse). Il est aussi plein de péripéties dignes d’un ‘film noir’ : des enlèvements brutaux ou des transgressions de strictes règles religieuses.
En un mot : un roman fort. Un chef-d’œuvre.


The Cries Of London - Orlando Gibbons (William Byrd Ensemble)
The Cries Of London - Orlando Gibbons (William Byrd Ensemble)

5.0 étoiles sur 5 Dieu, le Roi et les classes inférieures, 16 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Cries Of London - Orlando Gibbons (William Byrd Ensemble) (CD)
La musique sur ce CD contient des morceaux pour voix et violes de gambe (consort anthems), des ‘verse anthems’ (pour voix et orgue), un madrigal, des ‘In Nomine’ (une fantaisie pour violes fondée sur un cantus firmus), une pavane et deux pièces instrumentales. La nature de ses thèmes est aussi bien religieuse que profane.

Les textes
Les thèmes religieux comprennent des louanges du Seigneur, comme dans (11 – Voyez, voyez, le verbe est incarné): ‘Gloire à l'Agneau qui est assis sur le trône’; des appels d'aide dans (5 - O Dieu, le Roi de gloire): ‘Nous vous implorons, ne nous laissez pas dans la détresse’ ou dans (9 – Louez le Seigneur): ‘Seigneur, soyez mon aide’; et des recommandations comme en (1 - Les yeux de tous attendent de toi): 'Le Seigneur garde tous ceux qui l'aiment auprès de lui, mais disperse les impies' ou dans (10 - Si vous êtes ressuscité avec le Christ): ‘aimez les choses célestes’ et (4 – Bénis sont tous ceux qui craignent le Seigneur).

Les chansons profanes contiennent une ode (2 - Ode de bienvenue au roi James Ier): ‘les rayons d'un visage plus glorieux’, de profondes méditations sur la vie en général comme dans (3- Ne comptez pas trop, jeune homme, sur ton physique): ‘les fleurs se fanent’ et dans (12 – C’est quoi notre vie?) : ‘Un théâtre de passion’. Ce dernier texte est un poème remarquable de Sir Walter Raleigh.
Mais, le texte le plus étonnant est le ‘7 - Les cris de Londres'. Ce sujet a également été traité par d'autres compositeurs comme Richard Dering ou Thomas Weelkes). Mais, la version d’O. Gibbons est la plus élaborée. En plus des cris des marchands, il décrit d'autres scènes de rue comme la recherche d'une jument grise perdue, ou les voix de pauvres mendiantes: ‘nous grelottons jour et nuit sur des planches nues dans un sombre cachot’.

Musique
La musique de O. Gibbons est basée sur des imitations plutôt harmonieuses et des jeux d'écho, où parfois la mélodie domine (1, 2, 7).
Les chansons brillent par leur noblesse et leur force atmosphérique. La même chose peut être dite de la pièce instrumentale (8 – La pavane du Seigneur de Salisbury).
Il y a aussi d’astucieuses interprétations du texte: 'march' dans (12) ‘Ainsi nous avançons en jouant vers notre dernier repos’; ‘je crie’ dans (9); dans (11) après 'tous chantent ensemble’ toutes les voix le font effectivement, ou dans (10), où le rythme lent pour ‘car vous êtes morts’ devient plus vive pour 'et votre vie est cachée'.
Mais, le chef-d'œuvre d’Orlando Gibbons est sans contestation ‘Les cris de Londres', avec son ‘bruitage ordonné’ de sons, les cris et les gémissements humains dans les marchés de Londres.

Le récital est magnifiquement interprété par l’Ensemble William Byrd et ‘The Occasional Byrd’ sous la direction de Graham O'Reilly qui a également signé pour une excellente introduction (traduction en français et en allemand). Les textes des chansons ne sont traduits qu’en français (pas parfaitement).

Un must pour tous les amateurs de musique de la Renaissance.


Le Chant des Oyseaulx
Le Chant des Oyseaulx

5.0 étoiles sur 5 Oiseaux et amours, 2 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Chant des Oyseaulx (CD)
Les chansons sur ce CD sont centrées autour de 'chants' d'oiseaux, qui sont une partie des sons que Janequin a utilisés dans son 'jeu phonique, rythmique et contrapuntique sur les onomatopées ' d'autres objets (sont) batailles, bruits urbains, caquet de femmes, chasses' (Jean-Pierre Ouvrard dans son excellente introduction).

Textes
Dans ces chansons, les onomatopées sont intimement liées aux 'troubles' amoureux ('Le dieu d'amours vous sonne'). Leur message est on ne peut plus clair: dans (1 ' Le Chant des Oyseaulx) le cocu doit jouer au coucou, 'Coqu, coqu, coqu ' Par trahison en chacun nid pondez sans qu'on vous sonne. Réveillez vous cueurs endormis le dieu d'amours vous sonne'; la (8 ' Le chant de l'alouette) est une litanie d'insultes 'qu'on tue ce faulx, jaloux, cornu, cocu', alors que dans (20 ' Le chant du rossignol) 'tous veuillez estre songneulx d'amour servir loyaulment en tous lieux, suyvez les dames en tous lieux et de soucy dictes fy, fy, fy, fy'.
Les autres textes traduisent les palpitations émotionnelles d'amoureux: des songes (2 ' Toutes les nuictz), des souvenirs (3 ' J'atens le temps, 9 ' Quand contremont), le sexe (4 ' Il estoit une fillette, 6 ' Un jour Colin, 15 ' A ce joly moys de may), l'espoir (7 ' O doulx regard), la maladie d'amour (12 ' O mal d'aymer, 13 ' Herbes et fleurs, 16 ' Assouvy suis, 17 ' Quelqu'un me disoit l'aultre jour), le refus (18 ' M'y levay ung matin), la peur 'd'estre cocu' (19 ' M'amye a eu de Dieu le don), mais aussi la fidélité (11 ' Ma peine n'est pas grande).
Après avoir chanté toutes les commotions physiques et mentales de l'amour, il n'est pas étonnant que le prêtre C. Janequin lance un appel pour la grâce de Dieu (10 ' Hellas mon Dieu).
Remarque : le livret ne comprend pas le texte de la chanson n' 5 ' Las on peult juger (introuvable sur l'internet).

Musique
La musique de Janequin est de nature polyphonique basée sur des imitations. Son originalité consiste dans l'utilisation d'onomatopées, comme dans sa composition la plus connue, 'La Bataille de Marignan', et ici dans les différentes pièces qui imitent des chants d'oiseaux. Ces onomatopées étaient considérées par J. Huizinga (L'Automne du Moyen Âge) comme un signe de décadence, alors qu'en fait ils constituent un retour à la nature sans l'intervention d'un intermédiaire religieux.
Pour les chansons d'amour, les rythmes sont 'vifs' pour les no's. 4 ('le jeu d'amours'), 6 ('pour culer jamais ne recula'), 15 ('Chacun fasse son essay pour serre la croupierre'), et plus lents pour les no's 2 ('Toutes les nuictz'), 12 ('O mal d'aymer'), 16 ('Assouvy suis') et 17 ('ce moys est mélancolique'), ou contemplatifs dans les no's. 7 ('O doulx regard') et 19 ('Les tétins rondz comme une vache').
De pures perles mélodiques sont les no's. 4, 10, 11 et 18.

Ces chansons sont interprétées d'une manière splendide par l'Ensemble Clément Janequin.
Tous les textes (introduction et chansons, sauf les nos. 3, '5, 7) sont traduits en anglais et allemand.
Ce CD ne devrait pas manquer dans la médiathèque de tous les fanas de musique polyphonique.


A Portrait of Love - Musique à la cour de France
A Portrait of Love - Musique à la cour de France
Proposé par moviemars-amerique
Prix : EUR 4,52

5.0 étoiles sur 5 Les dangers de l'amour, 8 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Portrait of Love - Musique à la cour de France (CD)
Le récital de musique baroque sur ce CD est tout simplement sublime. De plus, son introduction et les commentaires de Sarah Cunningham (SC) sont tout-à-fait exemplaires.

Marin Marais
Le premier morceau est la pièce géniale de Marin Marais ‘La sonnerie de Ste. Geneviève du Mont de Paris’(1), une brillante imitation et une paraphrase mélodique d’un ostinato de trois notes produit par une cloche d’église.
‘La Feste Champêtre’ (17) du même compositeur est une mélodie rythmée interrompue par des accents plaintifs de cornemuse et d’une danse paysanne (SC).

François Couperin
Ce CD comprend deux chefs-d’œuvre de François Couperin. Le premier est la ‘Ritratto dell’Amore – Portrait de l’Amour’ (9-16), une suite de danses qui évoque d’une manière étonnante les charmes d’une bien-aimée imaginaire (SC). Le deuxième est la suite ‘Les Folies Françoises’ (18-30), qui décrit un bal masqué où l’amour est peint musicalement d’une manière fantasque, moqueuse et voluptueuse (SC). Mais, le bal finit dans les larmes, avec ‘La Jalousie Taciturne’, le ‘Désespoir’ et ‘L’Ame en Peine’.

Cantates
La deuxième pièce sur ce CD est la cantate ‘L’Amour piqué par une abeille’ de Louis-Nicolas Clérambault (2-8). Sa morale est douce-amère : ‘une abeille cruelle ose blesser ce Dieu charmant ; Vénus guérit bientôt sa blessûre légere. (Mais) Charmant vainqueur juge des maux que tu nous causes. Tes traits puissant Dieu des Amours font ressentir des peines plus cruelles. Ils portent dans les cœurs mille atteintes mortelles.’
Clérambault y interprète musicalement et d’une manière ingénieuse des mots comme ‘enchaine’ les Zephirs (3), ou ‘gloire’ et ‘chaînes’ dans (6). Il baisse le ton pour ‘Je me meurs, je succombe’ pour le remonter avec ‘Venus sourit’ dans (7).
Il accentue judicieusement la phrase cardinale de la pièce ‘Juge des maux que tu nous cause’ dans (8).
Le thème de cette cantate a été interprété maintes fois par des poètes, voir Anacréon, Théocrite, Ronsard ou E. Mörike (poème mis en musique par Hugo Wolf).
La deuxième cantate est un autre tube poétique, ‘La Mort de Didon’, ici dans la version de Michel Pignolet de Montéclair. La musique suit la division du texte en plaintes / souhaits de Didon et l’histoire racontée par un narrateur. Le compositeur interprète furieusement les mots ‘volez vents furieux’ et impérieusement ‘vengez mes feux trahis !’.
Le texte contient aussi une morale épicurienne : ‘Un sensible cœur risque son bonheur le jour qu'il s'engage. Que les seuls plaisirs fixent nos désirs : Evitons les peines ! Amour, si les jeux n'en forment les nœuds, je brise mes chaines.’
Les deux morceaux sont chantés admirablement par Nancy Argenta.

Ce CD avec un récital modele, joué d’une manière sublime par le trio Sonnerie, ne devrait pas manquer dans la médiathèque de tout amateur de musique classique.
Un regret : pas de textes des poèmes, mais ils peuvent être trouvés sur le site[...].


La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse - Prix Nobel de Littérature 2015
La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse - Prix Nobel de Littérature 2015
par Svetlana Alexievitch
Edition : Broché
Prix : EUR 5,80

5.0 étoiles sur 5 La réalité noire, 3 décembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce document implacable et terrifiant est constitué de réactions désespérées de la population soviétique qui a été soumise directement à l’irradiation nucléaire après l’explosion de la centrale de Tchernobyl. Il s’agit aussi bien d’habitants de la région de Tchernobyl, que de militaires mobilisés pour nettoyer le site et ses environs fortement contaminés.

Pratiquement toutes les victimes comparent l’accident de Tchernobyl à la guerre, même à une ‘guerre par-dessus toutes les guerres’, car les suites de l’accident se laisseront sentir beaucoup plus longtemps que celles d’une guerre : ‘la désintégration de l’uranium, il y en a pour un milliard d’années. Et pour le thorium, quatorze milliards.’
L’impact saisissant de l’irradiation est évoqué avec force détails sur le plan physique, génétique et psychique: ’des morceaux de poumon, de foie lui sortaient par la bouche … Il s’étouffait avec ses propres organes’; un nouveau-né ’avec une pathologie multiple complexe: aplasie de l’anus, aplasie du vagin, aplasie du rein gauche. Si l’on montre cela à la télé, aucune mère ne voudra plus accoucher.’

De plus, les renseignements des autorités politiques sont manipulés: ‘l’incroyable quantité de mensonges liés à Tchernobyl n’a pas d’équivalent, sauf pendant la guerre. Dans la presse, tout était mensonge.’ En outre, il y a l’omniprésente censure : ‘l’affaire était strictement confidentielle. Tout était écouté. L'Etat dans l’Etat. Les services secrets confisquaient même les pellicules aux équipes de télévision.’
Enfin, les interventions des militaires sur le site après l’accident sont vraiment déplorables : ‘l’on jetait les déchets contaminés directement dans les nappes phréatiques.’

Les victimes ont perdu toute confiance : ‘mais j’avais envie de poser aussi d’autres questions, sur le sens de la vie humaine, de notre existence sur Terre.’ Le résultat en est: ‘j’ai peur de l’homme’; et ’la chose la plus juste au monde, c’est la mort … il n’y a aucune autre justice au monde.’

Entre-temps, il y a eu un accident nucléaire plus terrible encore, celui de Fukushima au Japon, où il y a eu la même manipulation, notamment des données scientifiques et de l’impact sur la santé humaine et l’environnement de notre planète tout entière.
Mais, d’autres incidents menacent des populations innocentes partout dans le monde, tenant compte de l’existence de’un arsenal monstrueux d’armes nucléaires. Celles-ci pourraient être utilisées dès qu’un des belligérants deviendra convaincu qu’il pourra frapper le premier et d’une manière décisive afin de ‘gagner’ l’ultime combat pour la domination de notre planète. Pourtant, il y a eu les exemples horribles de Hiroshima et de Nagasaki. Mais, comme une des victimes l’a si bien exprimé : ‘j’ai peur de l’homme’.

Ce livre est un document humain remarquable. A lire par tous ceux qui s’intéressent aux problèmes cruciaux pour notre vie sur terre.


Rue du silence, n° 6
Rue du silence, n° 6
par Monika Maron
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Une confrontation violente, 3 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rue du silence, n° 6 (Broché)
Le thème principal de ce court roman plein d’émotions féroces est la liberté, ou mieux encore, l’absence de liberté.
La fille d'un directeur d'école devient la secrétaire d'un apparatchik retraité et handicapé de la RDA. Il l’a recrutée pour dactylographier son autobiographie, qu’il lui dicte dans un jargon purement idéologique. Les deux vivent dans un quartier résidentiel privilégié pour des cadres du SED (Parti Socialiste Unifié) à Berlin-Est.
L’apparatchik, devenu communiste à 17 ans, justifie son choix politique par la lutte contre le nazisme. Mais, pour sa secrétaire, ceci n’est pas une raison pour, après la victoire sur Hitler, instaurer une nouvelle dictature : un État totalitaire, dont la population est constamment surveillée et contrôlée par sa police secrète, la Stasi.
La confrontation provoque de violentes explosions de colère de la part de la secrétaire, surtout quand elle apprend que son interlocuteur n’a pas été un membre passif du Parti. Il devient une véritable obsession pour elle, qui rêve de pouvoir l’étrangler.
La tension électrisante pleine de colères réprimées qui propulsent le récit, peut être comparée à l’atmosphère qui règne dans ‘Le coup de grâce’ de M. Yourcenar.
Ces deux livres sont des chefs-d’œuvre remarquables.


La dernière princesse de Mandchourie
La dernière princesse de Mandchourie
par Bihua Li
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Depuis la nuit des temps, les êtres vivants sont en guerre, 5 octobre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La dernière princesse de Mandchourie (Broché)
Ce livre est une biographie romancée de Yoshiko Kawashima (autres noms : Jin Bihui, Xianzi Aixin Jueluo), la fille de la quatrième concubine du prince mandchou Su. Elle a vécu pendant la première moitié du 20ème siècle. Son père était le chef de file du clan mandchou Qing, qui avait régné sur la Chine de 1644 à 1912. Su essayait de regagner le pouvoir politique perdu en collaborant avec l’ennemi héréditaire de la Chine, le Japon : il ‘rêvait de devenir empereur à son tour. Comme tous les Qing, le prince était mandchou, et donc issu des tribus nomades qui habitaient à l’origine le nord-est de l’empire de Chine. Par principe, jamais le prince Su n’eût accordé sa confiance à un Chinois.’
Yoshiko Kawashima était la pièce maîtresse dans son stratagème de reconquérir (une partie de) la Chine avec l’aide de l’armée japonaise. Il l’a envoyée au Japon chez un intrigant ambitieux Naniwa Kawashima afin qu’elle prenne une identité japonaise.

A l’âge adulte Yoshiko (‘une âme d’homme dans un corps de femme’) devient chef de l’armée de Pacification du Manzhouguo, les trois provinces du Nord-est de la Chine : ‘Aveuglée par la griserie du pouvoir, elle croyait se servir d’eux (les Japonais) pour assouvir ses propres ambitions, alors qu’elle n’était en réalité qu’un pantin entre leurs mains.’ Cet empire Qing était en fait une nouvelle colonie nippone.
Elle s’est engagée en plein corps avec les Japonais et ‘leur sinistre politique des « trois tout » : tout bruler, tout massacrer et tout piller’. Sur le plan individuel, elle a mené une vie dissolue.

Dans ce roman plein de violences physiques (par ex. tortures sadiques) et sexuelles (par ex. viols à la chaîne), l’auteur propose une alternative pour la mort du personnage principal par rapport à celle rapportée dans les commentaires historiques.
Hautement recommandé, et notamment à tous les amateurs de littérature asiatique.


La révolution mondiale: l'histoire du komintern 1919-1943 racontée par l'un de ses principaux témoins
La révolution mondiale: l'histoire du komintern 1919-1943 racontée par l'un de ses principaux témoins
par Buber-Neumann Margarete
Edition : Reliure inconnue

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L’histoire du Komintern et l’origine de l’épuration du PC entre 1935 et 1938, 27 septembre 2015
Ce livre contient des analyses et des commentaires importants qui ont été repris par d’autres historiens, comme R. Conquest.
Il s’agit en particulier de l’origine de l’épuration de 1935-1938 par Staline, la catastrophe de la collectivisation du secteur agraire, l’affaire de Kronstadt, le pacte Hitler-Staline ou encore la vision de l’auteur sur R. Luxemburg, Staline ou Trotzki.

L’origine de l’épuration de Staline de 1935 à 1938
Pour l’auteur, la préhistoire de cet événement ‘commence dans les années d’industrialisation hâtive et de collectivisation forcée, lorsque la famine sévit et que les paysans se soulevèrent. Le mécontentement et la résistance gagnèrent alors l’appareil même du Parti. Pendant l’été 1932 un groupe d’opposition se constitua. Son chef Rioutine rédigea un programme de 160 pages et le fit distribuer discrètement. Il y réclamait entre autres le ralentissement du rythme de l’industrialisation et de la collectivisation ainsi que la destitution de Staline qu’il présentait comme le mauvais génie de la révolution et qu’il comparait aux pires despotes de l’histoire. Les membres du groupe d’opposition furent arrêtés par la Guépéou. Staline réclama que Rioutine fût exécuté. Comme ce dernier appartenait à la direction de l’organisation moscovite du Parti, il fallait que le bureau politique se prononçât. Staline n’obtint pas la majorité. Kirov et Ordjonikidze lui avaient refusé leurs voix’.

Rosa Luxemburg : la démocratie avant tout
‘Le remède que Trotzki et Lénine ont trouvé – la suppression pure et simple de la démocratie – est encore pire que le mal auquel il doit parer.’

Trotzki : le pouvoir avant tout
A Kronstadt, il a ordonné de fusiller les marins qui s’étaient révoltés contre le régime et qui demandaient plus de liberté et de démocratie.
Il était aussi un défenseur fervent de la collectivisation agraire.

Staline, le pacte avec Hitler
Staline avait une frousse bleue du pouvoir de l’Armée Rouge et surtout du Général Toukhatchevski. Pendant l’épuration des années 1935-8, ‘57 % des officiers d’état-major furent arrêtés pour être ensuite, à de rares exceptions près, liquidés physiquement’, comme d’ailleurs le Général Toukhatchevski.
Par le pacte avec Hitler, Staline ‘espérait pouvoir rester à l’ écart du conflit jusqu'à ce que les armées de l’Allemagne et de ses adversaires fussent épuisées par une longue guerre. Alors ce serait son heure. L’Armée Rouge submergerait l’Europe et porterait le communisme jusqu’aux rivages de l’Atlantique.’

En fin de compte, l’auteur constate que ‘ainsi donc après des siècles de raison, de progrès, de libéralisme, la maturation historique de l’humanité n’a pas empêché qu’au XXème siècle un parti politique puisse entreprendre de régler ses divisions internes en accumulant les cadavres et que des partisans fanatiques se mettent en devoir de prouver par des hécatombes les dogmes de leur maitre.’
Mais contrairement à ce que l’auteur a cru, le monde de Staline a disparu, sur le plan international avec l’intervention soviétique en Afghanistan, et sur le plan national avec l’accident de Tchernobyl.

Un livre indispensable pour comprendre l’histoire de l’URSS et de l’Europe au XXème siècle.


Devins et oracles grecs - Que sais-je ?
Devins et oracles grecs - Que sais-je ?
par Robert Flaceliere
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Des progrès dans la connaissance humaine, 23 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Devins et oracles grecs - Que sais-je ? (Broché)
Pour l’éminent helléniste français Robert Flacelière, la divination est ‘la connaissance surnaturelle de l’inconnaissable. (Elle) suppose avant tout la croyance en une Providence qui prend soin de l’homme et consent à l’aider en lui révélant ce qu’il ignore’.
Cette divination existait sous plusieurs formes, mais surtout par l’intermédiaire d’oracles et de l’examen d’entrailles.

Entrailles d’animaux
A ce sujet, l’auteur cite Alain : ‘le gésier de l’oiseau lui enseignait qu’il pouvait manger des graines jusque-là suspectes ou mal connues’.
L’utilisation d’entrailles humaines est contestée. Mais, il est certain que les Grecs procédaient à des immolations humaines (de pharmakoi) lors de rites de purification.

L’origine des oracles
Pour l’auteur, les origines des oracles ‘sont des paroles involontaires, ainsi que des mouvements ou tressaillements du corps humain, qui pouvaient servir de présages : non seulement les convulsions des épileptiques, atteints du ‘mal sacré’, mais aussi des phénomènes ordinaires comme le bourdonnement d’oreilles ou l’éternuement. Il suffisait que l’acte physiologique fût soustrait à la volonté pour paraître imputable à l’influence divine.’

La Pythie, la Sibylle
Comme Plutarque l’a si bien expliqué dans son traité ‘Sur les oracles de la Pythie’ : les paroles involontaires et les tressaillements de la Pythie étaient interprétés par des ‘secrétaires’ du sacerdoce delphique (dont il a été le gérant pendant plus de vingt ans). R. Flacelière remarque astucieusement que ce sacerdoce et ses secrétaires étaient ‘sensibles aux influences humaines, aux intrigues politiques, aux générosités financières’.
L’ultime décadence a été décrite par Hérodote : la Sibylle Perialla s’est laissé corrompre.
Ce cas a fait l’objet d’un examen approfondi par P. Bonnechere dans les ‘Dialogues d’histoire ancienne – Supplément 8’. Il en tire la conclusion que la Sibylle était corrompue, mais n’a pas menti !

Influences
La divination a fait progresser la connaissance humaine dans des domaines aussi divers que la médecine, la physique (l’atome) et l’astronomie (via l’astrologie).

Ce petit volume est une excellente présentation d’une institution cardinale dans la vie quotidienne de la Grèce antique.
Pour d’autres études et commentaires, je recommande les travaux de Plutarque, Jane Ellen Harrison, Walter Burkert ou Philipp Vandenberg, ainsi que d’autres œuvres de Robert Flacelière (L’Amour en Grèce, La vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès).


Le Décameron - Edition illustrée de 16 reproductions - Traduction par Jean Bourciez
Le Décameron - Edition illustrée de 16 reproductions - Traduction par Jean Bourciez
par Boccace
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Mordant, 21 septembre 2015
Chassés par la peste de la ville de Florence, des évadés racontent des histoires cocasses pour passer le temps à la campagne.
Déjà le début du Décaméron est impressionnant : la description des ravages de la peste parmi la population florentine.

Avec le slogan 'il n'est pas de sujet si déshonnête qui, traité en termes voilés, ne puisse être abordé par quiconque', les histoires traitent des tribulations entre jeunes et vieux-vieilles, entre pauvres et nantis, entre l'homme et l'animal, entre les puissants et les faibles, ou encore entre le pouvoir religieux et le pouvoir séculaire. D'autres sujets sont l'amour, le sexe et la haine, le hasard et la nécessite, la chance et la malchance, l'honnêteté et la malhonnêteté, ou encore la double morale.

Le pouvoir
Le Décameron est particulièrement dur pour tous ceux qui détiennent le pouvoir : les 'seigneurs et le clergé'.
'Presque tous les seigneurs sont devenus de cruels tyrans.'
'L'hypocrisie des hommes d'église. Ecoutez cette voix qui s'élève et devienne mordante pour blâmer chez autrui les vices qu'ils sont les premiers à pratiquer. Ils nous démontrent que, s'ils obtiennent eux-mêmes leur salut à recevoir des aumônes, nous l'obtenons à les leurs distribuer.'

L'appétit sexuel
'Jour et nuit on y travaille, et le matelas est secoué!'. Mais, 'aux jeunes tout le bon du bon, aux vieilles les rogatons'.

Une blague en tant qu'exemple
Un client commande des cuisses de héron dans un restaurant. Il en reçoit une dans son assiette. Il rouspète évidemment : il m'en faut deux. Non, dit le restaurateur, une, je vous le prouverai demain matin. Le lendemain matin, tous les hérons sont en train de dormir sur une patte. Vous voyez, dit le restaurateur, une patte. 'Fouie, fouie', crie le client. Tous les hérons s'envolent. Vous voyez, dit-il, deux pattes ! 'Oui, mais, dit le restaurateur, pourquoi n'avez-vous pas crié 'fouie' hier soir !

Certaines histoires ont servi de base notamment pour des pièces de théâtre de Shakespeare (Le Marchand de Venise) et de Lessing (Nathan der Weise)

Traduction admirable de Jean Bourciez.

Lecture obligatoire pour tous les amateurs d'une littérature d'un nouveau mondial.


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