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Contenu rédigé par Luc REYNAERT
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Commentaires écrits par
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium)
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Visages d'enfants
Visages d'enfants
DVD ~ Jean Forest
Proposé par BERSERK MEDIA
Prix : EUR 7,49

5.0 étoiles sur 5 Révolutionnaire, 21 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Visages d'enfants (DVD)
Cet ensemble de trois DVD contient des copies magnifiquement restaurées, teintées avec en plus de nouvelles partitions musicales, de chefs-d'œuvre de Jacques Feyder tournés à l’époque du film muet.
Ils montrent à profusion la magie de sa mise en scène (également et surtout avec des enfants), son montage génial, son réalisme naturel, sa capacité de monter la tension dramatique, sa clairvoyance psychologique et sa prédilection pour des paysages spectaculaires.

‘Crainquebille’, basé sur une nouvelle d’Anatole France, est une histoire qui vient tout droit du ‘Ventre de Paris’. Son thème principal est l'amitié (ici entre deux vendeurs de rue: un vieux colporteur et un gamin qui vend des journaux) et son contraire, l'exclusion et la haine. Le film expose la puissance brutale des ‘représentants’ de la loi (les policiers et les juges), la froideur et le cynisme de la bourgeoisie et l'ostracisme social de personnes condamnées, même si c’est d’une manière tout-à-fait injuste.
Le film excelle par son réalisme (les scènes de rue et du marché) et par le jeu naturel de ses personnages principaux.

‘L’Atlantide’ est une adaptation fidèle du roman exotique de Pierre Benoit. Son thème principal est basé sur une crainte subconsciente chez l’homme: l'attraction fatale par une femme dévoreuse de mâles. Même la chaleur du Sahara n’est pas capable de stopper la force de séductive d’une déesse du sexe. La qualité de la distribution et les images du désert sont des éléments majeurs dans le rayonnement de ce film.

Le long métrage le plus étonnant est ‘Visages d’Enfants’, basé sur un scénario original de J. Feyder et de sa femme, F. Rosay. C'est un chef-d'œuvre important dans l'histoire du 7ème art. Son thème principal est le lien entre une mère et son enfant, même après la mort de la mère.
Le montage est fascinant: des séquences d’une image (une technique plus tard utilisée par D. Vertov et A. Resnais) pour évoquer un rêve obsessionnel et le montage de deux scènes intercoupées afin de renforcer la tension dramatique.
D'autres éléments sont le fétichisme (voir L. Buñuel) et l’effet de faire vivre l’image dans un portrait afin de souligner le lien affectif inconscient entre la mère et l'enfant. La direction des enfants est tout simplement superbe.

Bien sûr, J. Feyder n’a pas eu peur d’utiliser des éléments mélodramatiques. Mais, la fin de ‘L’Atlantide’, en apparence idyllique, est une gifle pour tous les hommes sur terre.
Akira Kurosawa l’a expliqué plus tard si merveilleusement: l'art n'est pas l'expression d’émotions personnelles (de l'artiste), mais la création d’émotions dans le cœur du spectateur. En d'autres termes, le spectateur doit vraiment partager les joies et les douleurs des personnages à l'écran. Par conséquent, une mise en scène doit être axée sur un jeu ‘naturel’, sur des actions ‘naturelles’. Instinctivement, Jacques Feyder avait compris l’importance capitale de ce concept fondamental. Il était un vrai maître d'Art.

Cet ensemble de DVDs est un must pour tous les amateurs de cinéma.


In Musica Vivarte
In Musica Vivarte

5.0 étoiles sur 5 Splendide, mais pas de textes, 19 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : In Musica Vivarte (CD)
Ce CD comprend des extraits de différents récitals de l'Ensemble Huelgas dirigé par Paul Van Nevel.
Mais, il y a un problème : le livret d'accompagnement ne donne pas les textes des chansons. Heureusement, ils peuvent être trouvés assez facilement sur l’Internet, la plupart avec des traductions.

Ci-après les adresses:
sur eclassical.com – Temple of Chastity nr. 17 pour (1)
sur (1 ou 2 ou 3).[...]pour (2, 6, 7, 8, 11)
(3, 4, 10) sont des textes catholiques classiques
(9) est un poème de Pétrarque, voir petrarch.petersadlon.com.

Les chansons sont un mélange de textes religieuses et profanes.
Les classiques catholiques sont Kyrie (4), Credo (3) et Magnificat (10); (11) sont des extraits des ‘Lamentations de Jérémie’ (Ghimel & Daleth); (1) ‘Ex Illustri' est un conductus, un appel ‘de nous laisser entrer dans le palais du ciel’.
(7) est un extrait de l’ensalada 'La Justa’ de M. Flecha el Viejo, qui raconte entre autres quolibets la défaite de Lucifer.
Les chants profanes sont principalement des lamentations amoureuses: (8 - calami sonum ferentes - Les flûtes qui génèrent les sons) de C. de Rore est une complainte de Catulle: ‘Lesbia était dure pour moi’.
(6 - Je prens congie) est une chanson caractéristique pour N. Gombert: ‘adieu l'amour; personne ne viendra m'aider’.
(9) Comme l'a dit Goethe, avec Pétrarque il est toujours Vendredi Saint: ‘Maintenant, je vis en pleurant, et n’ai aucun remède contre la Mort, sauf la Mort."
(2 - fumeux fume) de Solage est une exception. Il médite sur 'une spéculation fumeuse’.

La musique
La ‘4 – Kyrie’ de A. Brumel et la '10 - Magnificat (Venite exultemus Domino)’ de M. Praetorius excellent par leurs vagues sonores impressionnantes générées par les voix (4) et les voix + les instruments (10) ; ‘1 - Ex Illustri' (Anon.) par la pureté de sa mélodie, ‘3 - des extraits de La Dissection d'un Homme armé’ (Anon.) par leurs lignes mélodiques et l’éclat des voix.
‘6 - Je prens congie' est peut-être une des complaintes les plus attrayantes de N. Gombert avec de belles imitations, tandis que ‘5 - Fortuna desperata' (Anon’) est une sombre mélodie instrumentale.
L’ensalada ‘7 - La Justa’ de M. Flecha el Viejo excelle par son expressivité sonore, ses lignes mélodiques et ses jeux d'écho.

Tous les extraits sont interprétés magnifiquement par le Huelgas Ensemble dirigé par Paul Van Nevel.
Hautement recommandé, même sans les textes.


Susato-Dansereye-Pickett-
Susato-Dansereye-Pickett-

5.0 étoiles sur 5 Splendide, 18 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Susato-Dansereye-Pickett- (CD)
Les danses de Tielman Susato publiées en 1551 sont encore très attrayantes, et certainement quand elles sont jouées par le New London Consort dirigé par Philip Pickett. Leur interprétation sur des instruments historiques est tout simplement splendide.

Les 38 courtes pièces brillent par leurs airs animés, la vivacité de leurs rythmes et leurs sons authentiques et naturels.
En tant que compositeur / éditeur, T. Susato arrangeait des airs d'autres compositeurs, comme 'La Bataille' et 'Il estoit juin fillette ; de C. Janequin, ‘Mille Regretz’ de J. Desprez ou ‘Dont vient cela’ de C. de Sermisy.

Ce CD, avec une excellente introduction par Philip Pickett, ne devrait pas manquer dans une médiathèque.


Vous ou la Mort
Vous ou la Mort
Prix : EUR 18,55

5.0 étoiles sur 5 Amour et sexe, 18 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vous ou la Mort (CD)
Ce CD est une compilation de récitals du Currende Consort / Capella Sancti Michaelis publiés par le label Eufoda.
Le sous-titre ‘chansons d'amour courtois’ ne reflète pas exactement le contenu des chansons. Certaines chansons ne sont pas du tout courtoises.

Les textes
La première chanson ‘Hé, compaignons’ de G. Du Fay doit réveiller … tous les auditeurs. Elle est suivie par des éloges du véritable amour, des lamentations amoureuses et des appels ouverts pour des contacts sexuels.
Le véritable amour est exprimé d’une manière dramatique en ‘2 - La belle se siet’ (La belle dame s'assied) de G. Du Fay: ‘si on le pend, enterrez-moi avec lui, pour que les gens diront: voici du véritable amour’. Dans '3 - Amours merchi', G. Binchois chante l'amour, qui lui a fourni un ‘très riche plaisir’. Dans '16 - Autant en emporte le vent’ de P. de la Rue: 'un baiser seulement, si le cœur n’y ajoute pas sa touche, autant en emporte le vent’.
La plupart des chansons sont des lamentations amoureuses, comme la '7 - Ma bouche rit' de J. Ockeghem: 'cœur pervers, faux et mensonger’, ou la '21 - Je ne me puis tenir d'aimer' de J. Desprez: ‘je ne peux pas m'empêcher de t’aimer, toi qui ne m'aime pas du tout’, et la '25 - Cueurs desolez' (Cœurs désolés) de J. Desprez: ‘Elle pleurait la nuit, parmi ses amants elle n'en avait pas un pour la conforter’.
Mais, d'autres chansons sont des appels flagrants pour des contacts sexuels, comme la ‘9 - Es wollt ein Maegdlein grasen gahn' (Une jeune fille voulait aller au pré) par H. Isaac: ‘Baise-moi, cher Pierre’, ou la '22 - Allegez moy' (Soulagez-moi) de J. Desprez: ‘soulagez moi en dessous du nombril’, et la '19 - Si j'avoye Marion’ (Si j'avais Marion) de J. Desprez: ‘Je l'emmènerais au bois pour danser un tourdion.’

La musique
Les chansons les plus expressives sont les appels sexuels: tout un chœur et avec des imitations furieuses dans la '22 - Allegez moy’ de J. Desprez, la '9 - Es wollt ein Maegdlein' de H. Isaac avec des variations splendides pour la flûte à bec, et un bon rythme dans '19 - Si j'avoye Marion’ de J. Desprez.
Certaines chansons se distinguent par leurs belles lignes mélodiques, comme la ‘2 - La belle se siet’ de G. Du Fay avec des jeux d'écho, ou la ‘6 - S'elle m'aimera – Petite Camusette’ par J. Ockeghem avec un contrepoint voix / instrument. Les lamentations de P. de la Rue (15 - Il viendra le jour désiré, 16 - Autant en emporte le vent) sont des compositions très intimes avec des imitations lentes, comme l’est aussi la ‘3 - Amours merchi’ de G. Binchois.
Les pièces instrumentales (5, 8, 11, 14, 24) brillent par leurs lignes mélodiques et leurs rythmes vifs.

La présentation de ce CD est tout simplement magnifique avec du matériel graphique superbe et d'excellents commentaires de J. C. Cabello et D. Fallows.
Tous les textes sont traduits en espagnol et en anglais. Malgré son titre en français, les textes des chansons ne sont pas traduits en français, seulement les introductions. Il est vrai que la majorité des chansons sont en vieux français.
Ce CD plaira surtout aux fanas de musique de la Renaissance.


24 city
24 city
DVD ~ Joan Chen
Proposé par Sales-For-U
Prix : EUR 15,99

5.0 étoiles sur 5 Relevance sociale, 15 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 24 city (DVD)
Le démantèlement d'une ancienne usine militaire et son remplacement par l’immense complexe '24 City' d'appartements de luxe et de centres commerciaux à Chengdu illustre parfaitement le bouleversement socio-économique de la Chine. En fait, c'est le vieux credo communiste à l’envers, dont l’adage était : d’abord l'industrie lourde et ensuite la consommation.

Etant un grand admirateur de Bertolt Brecht (pour ‘Still Life’, il s’est inspiré de ‘La bonne âme de Se-Tchouan’), Jia Zhang Ke analyse brillamment l'impact de décisions socio-économiques sur la vie des êtres humains en tant qu’individus. Il n'oublie jamais le côté humain, comme le prouvent ici les entretiens avec trois générations de familles dont la vie était liée directement (par leur boulot) ou indirectement (par la famille) à l'usine.

Cette usine était en fait un secret d'Etat. Mao avait ordonné que toutes les usines militaires doivent être cachées dans les montagnes de la Chine centrale. Le personnel y avait un statut privilégié en matière de nourriture, de boissons rafraîchissantes, de logement ou de divertissement. L’usine constituait une véritable communauté indépendante, presque totalement coupée du reste de la population de la ville de Chengdu. Cette communauté connaissait ses propres histoires d'amour, de jalousie, de drames familiaux, de camaraderie et de solidarité.

Jia Zhang Ke a utilisé aussi bien des acteurs professionnels, comme Joan Chen, que des amateurs afin de donner une vraie authenticité cinématographique aux réactions des personnes impliquées dans la démolition complète d'un paysage industriel. Les entretiens font revivre des souvenirs d'incidents cruciaux qui ont marqué des gens pour le restant de leur vie. La démolition est une source de tristesse et de nostalgie pour l’ancienne main-d'œuvre, mais génère aussi de nouvelles opportunités pour la troisième génération.
Le film illustre l'écart monumental entre les conditions de vie de l'ancienne génération (absolument aucun gaspillage de nourriture, de vêtements ou de pièces de rechange) et de la nouvelle (achat de gadgets coûteux à Hong Kong).

Bien sûr, la technique de l'entrevue a déjà été utilisée efficacement dans de nombreux longs métrages (probablement un des premiers était ‘Hitler, connais pas’ de Bertrand Blier), mais rarement cette technique a généré un docudrame d'une telle intensité dramatique comme ici.
Ce véritable chef-d'œuvre original et saisissant devrait être vu par tous les amateurs de cinéma de classe internationale.


First Booke Of Songes
First Booke Of Songes

5.0 étoiles sur 5 L'amour ou la mort, 11 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : First Booke Of Songes (CD)
Les chansons de John Dowland sont des sommets, non seulement de la musique de la Renaissance, mais de la musique occidentale en général. Son ‘First Booke of Songes’ contient quelques mélodies particulièrement attrayantes.

À quelques exceptions près (18, 20), les sujets des chansons sont l’Amour (avec un grand A), et, son contrepoint poétique, la mort.
Dans ces chansons, l’Amour a ses propres lois (21). L’amoureux se jette par terre pour sa bien-aimée : c’est toi ou la mort. Ou, d’une manière plus poétique : ‘l’homme le plus malheureux chante ses peines comme un cygne mourant’ (14) et ‘laissez cette lumière céleste être aussi sombre que l’enfer’ (12).
Mais, dans la (15) l'amour survit à la mort.
D’autres thèmes sont le temps (la vieillesse) : les boucles d’or sont devenues grises (12), et le sommeil, image de la mort (20).

Musicalement parlant, les chansons de John Dowland brillent par la pureté de leurs lignes mélodiques, comme la ‘2 – Who ever thinks or hopes of love’ (Quiconque pense à ou espère recevoir de l’amour) avec des imitations lentes), ou la ‘3 – My thoughts are wing’d with hopes’ (Mes pensées ont les ailes de l’espoir) avec un joli contrepoint entre la voix et le luth.
Mais, les véritables sommets sont la ‘13 – Sleep, wayward thoughts’ (Dormez, pensées rebelles) et la ‘17 - Come again: sweet love doth now invite’ (Reviens, l’amour doux devrait inviter maintenant). Ce sont des mélodies magnifiques, au même niveau par exemple de ‘Tant que vivray’ de Claudin de Sermisy.
L'interprétation par le Consort of Musicke dirigé par Anthony Rooley est tout simplement splendide.
Néanmoins, un grand regret : pas de traduction des textes en français.

Ce CD ne devrait pas manquer dans la médiathèque de tous les amateurs de musique.


Une enfance de Jésus
Une enfance de Jésus
par J. M. Coetzee
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 L'utopie de J. M. Coetzee, 10 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une enfance de Jésus (Broché)
J.M. Coetzee a toujours été un écrivain très ambitieux, qui s’est attaqué de front aux grands problèmes humains, aussi bien sur le plan individuel que sur celui de la société en général.
‘Une Enfance de Jésus’ n’est ainsi pas un livre exceptionnel de Coetzee. Le roman traite des thèmes récurrents dans son travail, mais de nouveau d’une manière controversée, directement (par ce qu'il dit) et indirectement (par ce qu’il ne dit pas explicitement).

Tout d'abord, ce livre est écrit dans une prose impeccable, qui se situe très loin de celle de ses débuts beckettiens.
L'histoire de base est très simple: un homme est à la recherche de la mère d'un très jeune garçon (pas son enfant) dans un pays étranger, qui est très bien organisé pour accueillir tous les étrangers qui arrivent à ses rives. Ces étrangers doivent, cependant, être tous complètement ‘lavés’ psychiquement.

Sur le plan individuel et familial, le garçon est un enfant exceptionnellement intelligent. Etant intelligent et rebelle, le garçon a de gros problèmes à l’école. Il est aidé, protégé et aimé d’une manière exemplaire par ses parents adoptifs. Sont-ils meilleurs, ou plus aptes, que des parents naturels?
Sur le plan de la nourriture, le père adoptif est un véritable fana des régimes frugaux basés sur les céréales dans sa nouvelle patrie.

Sur le plan sociétal, le père adoptif devient un débardeur, déchargeant les bateaux de sacs de céréales sur son dos, un véritable ‘travail bestial’. Il propose de mécaniser le processus avec une grue. Mais, la grue est mal manipulée et le frappe très gravement Est-ce que cette image claire et nette signifie que le progrès technique est une malédiction pour l'humanité? Parce qu’il détruit des emplois, ou rend les hommes oisifs? Comme le livre le dit: ‘Il ne faut pas dénigrer le travail manuel. Pendant tout le temps que j'ai passé ici, je n'ai rien rencontré que de la vraie camaraderie. Imaginez-vous de devoir passer tous vos journées sur un banc public à ne rien faire.’ En d’autres termes, c’est du Kropotkine revisité.
Les silos à céréales sont infestés de rats. Mais ceux-ci sont laissés tranquilles. Une cohabitation pacifique entre des êtres humains et des animaux sauvages (des rats) n'a pas toujours été un succès époustouflant au cours de l'histoire humaine.
Le pays dispose également d'une solution à la manière d’infirmières pour assouvir les pulsions sexuelles de l'homme.

Toutefois, le principal problème pour la famille adoptive réside dans l'éducation du jeune garçon. Restant têtu, l'administration de l'école est obligée par la loi en vigueur de le mettre dans un camp avec un régime spécial pour des enfants difficiles. Vont les parents adoptifs, en fin de compte, marquer leur accord sur cette mesure autoritaire ? Ou, vont-ils quitter leur patrie d’accueil à la recherche d'une nouvelle utopie, qui conviendra mieux à leur enfant adoptif?

‘Une Enfance de Jésus’ est un livre typique dans l’œuvre de J. M. Coetzee. Cependant, en tant qu’introduction à son œuvre littéraire, je commencerais avec des chefs-d’œuvre moins ‘utopiques’, comme ‘Foe’ ou ‘En attendant les barbares’.
Je recommande aussi le film ‘Disgrâce’ de Steve Jacobs, sur la base d’un livre (également controversé) de J.M. Coetzee et avec un sublime John Malkovich dans le rôle principal.


Jesse James [Import USA Zone 1]
Jesse James [Import USA Zone 1]
DVD ~ Tyrone Power
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 12,50

5.0 étoiles sur 5 La Pieuvre, 10 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jesse James [Import USA Zone 1] (DVD)
Ce film brillant illustre éminemment bien un chapitre brutal dans l'histoire socio-économique des Etats-Unis: la création du ‘cheval de fer’, le train transcontinental.
Un des plus grands romanciers des Etats-Unis, Frank Norris, l'a appelé ‘La Pieuvre’. Elle étranglait sans pitié les paysans avec ses multiples bras d’acier. Dans le roman de Frank Norris, l'étranglement se faisait par l’imposition de prix beaucoup trop élevés pour le transport des produits agricoles; en d'autres termes, des extorsions par un monopole. Dans ce film-ci, les propriétaires des chemins de fer tentent de forcer les agriculteurs à vendre leurs terres pour une bouchée de pain, par des mensonges (le gouvernement ne vous donnera rien) ou simplement par la force brute, en les tabassant. Les compagnies des chemins de fer avaient besoin de nouveaux terrains pour étendre leur réseau.
Une des familles qui résistent à cette extorsion est le ménage James (les frères Frank et Jesse et leur mère). Lorsque leur maison est détruite d’une manière criminelle (leur mère perd la vie dans l’incendie), les frères prennent la loi entre leurs propres mains et se vengent en attaquant les trains pour voler la clientèle des compagnies des chemins de fer, les passagers.

Ce film peint un pays sans lois et foncièrement corrompu, où le pouvoir est fermement dans les mains d’hommes d’argent, qui ont des amis en haut lieu et qui contrôlent ainsi toutes les routes vers le pouvoir absolu (les finances, les législateurs et les juges).
D’un autre côté, à la fin du 19ème siècle, la presse (les médias), ici la ‘Liberty Weekly Gazette’, était encore indépendante, et soutenait les agriculteurs contre l'arbitraire du pouvoir législatif et judiciaire.

Ce film continue à fasciner non seulement par son évocation d'un passé pas si loin derrière nous, mais aussi, par ses thèmes tout-à-fait modernes, comme le pouvoir socio-économique de l’argent, la corruption politique et la liberté des medias.
Excellente mise-en-scène de Henry King avec une distribution exceptionnelle (T. Power, H. Fonda, R. Scott).
A voir absolument.


Knightly Passions
Knightly Passions
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 27,95

5.0 étoiles sur 5 Des mots et des notes, 6 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Knightly Passions (CD)
Oswald von Wolkenstein est un compositeur très original, même s’il a ‘emprunté’ la plupart de ses mélodies de ses collègues, qu'ils soient anonymes ou non.
Le son des mots est une partie essentielle de sa musique, non seulement dans le but de créer des onomatopées, comme C. Janequin, mais pour générer des jeux de mots et pour exprimer son message d'une façon mémorisable.

Les textes
Ce récital couvre un très large éventail de thèmes. Il contient une chanson de chasse (7 - Taïaut, compagnon), une chanson de beuverie (9 – Crions joyeusement), une chanson de printemps avec des onomatopées (5 – Le moi de mai couvre d’un riche tapis la terre entière), une chanson de l’aube - les amoureux discrets doivent partir à l’aube (13 - Réveille-toi, mon trésor), un chant de guerre (15 – A l’assaut !), une querelle entre la femme d'un fermier et sa femme de chambre (11 - Debout, Maredel), une chanson sur ses problèmes personnels (16 – A travers la Barbarie : ‘mon suzerain m’en veut, à cause de l'envie de gens méchants’), des chansons sur l'amour physique (4 – Joyeuse, tendre: ‘bouche contre bouche, langue contre langue, sein contre sein, ventre contre ventre, peau contre peau, rapide et zélé, l’un contre l’autre sans se lasser’) et (8 – Toi, mon beau cœur élu: ‘son corps fier m’ôte toute ma peine’), un appel d’aide à Dieu (3 - Lui qui plane au-dessus de nous: ‘que je puisse échapper à mes ennemis’) et, finalement, des chansons (lamentations) d’amour (12 – Cruelle amante, où l’ai-je perdue), (10 - Ah, languir douloureusement) et (1 - Un gentilhomme bien né: ‘jamais ma plainte ne sut vous émouvoir’).

La musique
Les mélodies sont essentiellement des lignes monophoniques simples avec des contrepoints parfois rudimentaires. Certaines chansons sont très rythmées, comme la chanson de beuverie (9), la chanson de printemps (5), la querelle (11) et la (16 – A travers la Barbarie) qui a aussi un parfum arabe.
La partie la plus originale des compositions d'Oswald von Wolkenstein est la combinaison entre le son des mots et la musique, qui génère un style déclamatoire et théâtral. Certaines de ses chansons sont vraiment des courtes pièces de théâtre (7, 12), alors que la (11) peut être considérée comme la quintessence d'une opérette allemande.
Toutes les chansons pourraient être chantées ou jouées sur des places publiques, comme lors de marchés en semaine ou le dimanche matin après la messe par des chanteurs populaires.

Le récital est magnifiquement chanté et joué par le New London Consort sous Philippe Pickett.
Tous les textes sont traduits en anglais, français et en allemand moderne.
Ce CD, avec des excellentes introductions par David Fallows, Pia Ambrosh et Giampiero Bernardini, ne devrait pas manquer dans la médiathèque de tous les amateurs de musique classique.


La Chambre des Dames
La Chambre des Dames
Proposé par Les Livres du Château
Prix : EUR 33,70

5.0 étoiles sur 5 Les hypocrites mettent le siècle en péril (Thibaut de Champagne), 5 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Chambre des Dames (CD)
Le titre ‘La Chambre des Dames’ de ce magnifique CD avec des chansons de trouvères du 12eme et 13me siècle a trait aussi bien à la Vierge Marie qu’à des dames laïques.

Les textes
Les textes sont surtout des lamentations amoureuses, religieuses, ou même profondément humaines : dans ‘20 – Hélas, que deviendrai-je’ (Anon.), la Vierge Marie pleure sur la mort de son fils.
Les chansons d’Adam de la Halle (4, 7, 13, 18, 19, 23), ainsi que celle de G. de Ferrières (10), sont des lamentations d’amoureux, comme dans ‘18 – Dieu, comment pourrais-je vivre sans elle ?’
Dans sa chanson ’14 – J’aime amourette exquise’, il se préoccupe d’un aspect plus ‘moral’ des relations amoureuses : ‘si elle est enceinte par ma faute, si scandale et plainte en résultent, je l’aurais déshonorée. Mieux vaut que je m’abstienne.’
Les chansons religieuses sont des glorifications de la Vierge Marie, comme la ’17 – Reine Celeste’ de G. de Coincy ou la ’24 – Salut, vierge des vierges’ (Anon.), alors que dans la ’12 – Voici la joie du monde’ (Anon.) l’auteur se réjouit de la naissance du Christ.
Dans ‘1 – L’autre matin’ (Saint Louis), le Roy prie la mère de Dieu : ‘protégez-moi de la puissance du diable’,
La ‘5 – Devers Chastelvilain’ de C. Muset décrit les tribulations d’un trouvère.
Dans ‘(2 – Les oiselets de mon pays’, G. Brulé célèbre le lien entre la musique et l’amour : ‘j’ai entrepris mon chant dans l’espoir de la récompense qu’Amour m’a toujours promise.’
Mais, le texte le plus important est le ’9 – Dieu est comme le pélican’ de Thibaut de Champagne, où les mœurs du temps sont fortement critiqués, ainsi que ses confrères, les barons, ‘qui savent tellement mentir et tromper. Notre temps qui nécessairement va s’écrouler, si Dieu ne fait cesser la bataille.’

La musique
La plupart des chansons (3, 5, 10, 18) et des pièces instrumentales (4, 8, 11) sont composées de belles mélodies homophoniques, parfois avec de l’influence du Grégorien (9).
Les morceaux qui sortent du lot sont la ’12 – Voici la joie du monde’ (Anon.) et la ‘24 – Salut, vierge des vierges’ (Anon.) par la vivacité de leur rythme, soutenu pas des tambours ; la ‘20 – Hélas, que deviendrai-je’ (Anon,) par la pure beauté de sa mélodie, et, la ‘9 – Dieu est comme le pélican’ de Thibaut de Champagne par l’expressivité de la voix.

Ce récital remarquable est chanté et joué d’une manière sublime par Diabolus in Musica.
Il ne devrait pas manquer dans la médiathèque de tous les amateurs de musique classique.


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