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Jaamuna
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Elgar / King Olaf
Elgar / King Olaf
Prix : EUR 25,90

5.0 étoiles sur 5 Du souffle et du panache, 25 mars 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elgar / King Olaf (CD)
Les scènes de la saga du roi Olaf (titre complet) est une cantate dramatique pour soprano, ténor et basse, chœurs et orchestre, composée par Edward Elgar avant ses grands oratorios (tels The Apostles et The Dream of Gerontius) et avant le succès de ses Variations Enigma.
Cette saga raconte l'histoire de la vie, des batailles d’Olaf Tryggvason, croisé nordique qui devint roi de Norvège en 995.
Alors que cette cantate fut jouée régulièrement dans les années ayant suivies sa composition, elle a été largement négligée depuis. Il n’en existait, à ma connaissance, qu’un seul enregistrement antérieur (Vernon Handley pour EMI). Le livret est basé sur un poème de Longfellow et on qualifie le style de la composition musicale de wagnérienne (ah bon …).

C’est l'Orchestre philharmonique de Bergen (enregistrement en Norvège en juin 2014) qui fait revivre cette cantate ici avec beaucoup de brio et de conviction.
Le chef Andrew Davis est ici entouré de solistes convaincants, Barry Banks, l’un de ces ténors capables de chanter des notes élevées (qualifiés de « high tenor »), le baryton basse Alan Opie (j’adore sa voix) et la délicate (et bien jolie) soprano américaine Emily Birsan, ainsi que par 3 chœurs inspirés et performants.
Donc cette œuvre est pour moi une découverte d’importance et son interprétation vibrante me ravit.

La bannière de Saint-George est une œuvre de commande passée par l’éditeur de musique Novello en 1897, en l’honneur du jubilé de diamant de la reine Victoria. Et Edward Elgar est parvenu à en faire, en seulement un mois, une composition musicale intéressante et au charme durable sur un livret de Shapcott Wensley pourtant bien terne et plat.
Les chœurs de Bergen font ici aussi preuve de leur qualité avec notamment une diction de l’anglais impeccable.
Donc un bon complément à « King Olaf » sur le 2ème CD.

Enregistrement sonore de qualité, la qualité Chandos.
J’ajoute que j’apprécie aussi la gravure de couverture de Peter Nicolai Arbo, qui contraste agréablement avec ce qu’on voit souvent.
Livret avec une présentation trilingue des œuvres et des interprètes (anglais, allemand, français) et le texte intégral des œuvres.


Genoveva [Blu-ray] [(+booklet)]
Genoveva [Blu-ray] [(+booklet)]
DVD ~ Robert Schumann
Prix : EUR 32,04

5.0 étoiles sur 5 Un sommet du romantisme allemand : quelle beauté, quelle force et quelle émotion !, 25 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Genoveva [Blu-ray] [(+booklet)] (Blu-ray)
Je ne connaissais pas cet opéra avant de le découvrir ici et tant la musique que la scénographie m'ont scotchée dès le début et ne m'ont plus lâchée.
Résumons le thème en quelques lignes : Siegfried, comte palatin, part rejoindre la croisade de Charles Martel (du côté de Poitiers ?) et confie son épouse Genoveva (Geneviève de Brabant), à Golo en qui il a toute confiance. Celui-ci le trahit aussitôt et tente de séduire Genoveva. Econduit, Golo est poussé à une infâme vengeance par la nourrice Marghareta, sorcière sur les bords. Genoveva, fidèle à son mari, est prête au martyre, elle échappera de peu à la mort promise et Siegfried la réhabilitera. Une fin digne et finalement heureuse d'un Schumann (car il a aussi écrit le livret) très épris de Clara sa femme.

J'ai eu la curiosité de lire plusieurs commentaires sur cette production et je n'ai lu nulle part ce qui me paraît être une évidence : le moteur à la fois des chevaliers partant guerroyer contre les Sarrazins envahisseurs et celui de Genoveva c'est la foi et c'est tout autant Schumann (musique et livret) que Martin Kusej par sa mise en scène qui nous plongent dans un univers chargé de mysticisme.

La musique de Robert Schumann est pour moi sublime. Elle a parfois des fulgurances rarement entendues ... je la ressens avec une puissance extraordinaire à commencer par le premier air chanté par le choeur et repris par Hidulfus accompagné du choeur.
Dire que jusqu'ici je goutais bien peu Schumann ! Par pure méconnaissance tout simplement.
Nikolaus Harnoncourt fait merveille à la tête de l'orchestre et des choeurs du Zurich Opera House. Je lui dis un grand merci car c'est à lui qu'on doit cette renaissance de Genoveva, qu'il considère comme l'un des opéras les plus importants de la 2ème moitié du XIXème siècle.

Venons en à la mise en scène ... thème de bien des controverses comme souvent.
Problème déjà pour certains, les protagonistes qui ont visiblement des costumes que je qualifierai de « romantiques » évoluent dans un décor contemporain.
J'imagine que les solistes et choristes ont sans doute été bien aise de ne pas devoir chanter emberlificotés dans des cottes de maille, montés sur un destrier (ben oui ...) et la hache ou l'épée au poing pour les hommes, et les femmes dans de lourdes robes mérovingiennes. Mais pourquoi pas bien sur, or il se trouve seulement que le metteur en scène a pris un parti différent. On peut d'ailleurs remarquer que le thème de cet opéra peut parfaitement être transposé à une toute autre époque, celle de Charles Martel considérée par Schumann n'étant qu'une toile de fond interchangeable.
Et puis pourquoi les « puristes » ne s'en prennent-ils qu'au metteur en scène et non aussi à Schumann qui a plaqué une musique du 19ème siècle sur des évènements censés se produire au 8ème ?
Alors s'offusquer sur une mise en scène décalée par rapport aux évènements, sans être conscient que la musique l'est avant tout, avouez que c'est drôle ...

On critique aussi M. Kusej sur le fait que les personnages principaux, lorsqu'ils devraient être sortis de scène, y sont encore, figés et inexpressifs, le plus souvent de dos et dans un coin, un peu comme un enfant au piquet dans les écoles d'antan. On les voit mais ils ne sont pas présents, point barre, alors pourquoi aller chercher midi à quatorze heures ? Car certains critiques qui n'ont rien compris se sont ingéniés à échafauder une théorie comme quoi le metteur en scène aurait voulu montrer une incommunicabilité entre les personnages. Wow ... je n'adhère en rien à ces spéculations oiseuses et élucubratoires.
On reproche aussi à M. Kusej le sang qui vient progressivement un peu maculer les murs. Ben oui je constate que dans ses mises en scène il y a souvent du sang mais ce n'est pas moi qui vous dirait s'il a ou non des ancêtres provenant des Carpates.

Toutefois il reste quelques mystères pour moi sur des intentions de Martin Kusej que je n'ai pas su décrypter (je pense à la symbolique des poissons par exemple). Ronny Dietrich, directrice dramaturgique de l'Opéra de Zurich donne dans le livret quelques débuts d'explication sur les options du metteur en scène. Je n'ai pas tout compris et préfère en rester à ma vision ...
Alors non seulement pour moi cette mise en scène n'a pas trahi l'oeuvre mais encore elle la magnifie et lui donne une force peu commune.
Au risque de me répéter je crois utile d'ajouter que je ne suis pas plus inconditionnelle de mise en scène au caractère dit « moderne » que d'autre chose. Pour ne prendre que cet exemple la façon dont Olivier Py a « traité » Carmen ou Lulu est aux antipodes de ce que j'aime. Je n'y vois que vulgarité et je ne suis généralement pas bon public non plus pour Pierre Audi. Donc à chacun ses critères !

Les interprètes
Quand la musique atteint des sommets et que les solistes sont déjà très bons je n'ai pas envie de chipoter sur les petits plus qui pourraient leur manquer pour atteindre une soi disant excellence et je ne vais donc pas gâcher mon plaisir, préférant savourer le nectar quand bien même il ne serait qu'aux trois quart plein. Et comme il l'est bien plus ...
Juliane Banse est une Genoveva belle , émouvante, inoubliable. Martin Gantner est un Siegfried parfait selon moi, j'en ai autant pour Shawn Mathey qui incarne non sans élégance le traître Golo et Cornelia Kallisch, inquiétante et malfaisante Margharita.
Le baryton-basse Ruben Drole campe un fougeux Hidulfus, il a peu à faire et le fait très bien, j'adore sa voix.

L'image, le son, sont pour moi d'excellente qualité. Les sous-titres sont en allemand, français, anglais, espagnol et italien.

Pas de bonus comme souvent chez Arthaus.

Pour moi il est manifeste que la note maximale s'impose et il en irait de même si le maximum était 10 au lieu de 5. Et pour en rajouter une couche si je ne devais garder que 3 opéras ... il en ferait partie.
Alors Vive Charles Martel ! Vive Robert Schumann ! Vive Nikolaus Harnoncourt !
Vive Martin Kusej et tous les autres !

Attention je ne vise nullement à ce que vous regardiez Genoveva coûte que coûte. Si par exemple vous pensez que la vue d'un lavabo sur la scène va immanquablement vous donner des boutons alors ce Genoveva n'est pas pour vous, passez votre chemin tout simplement ...

Donc pour conclure, comme déjà dit dans une chronique précédente, ceci est mon ressenti personnel, toute ressemblance avec le vôtre ne saurait être que pure coïncidence ...


Mylène Farmer - Timeless 2013, le film [Édition Limitée]
Mylène Farmer - Timeless 2013, le film [Édition Limitée]
DVD ~ Mylene Farmer
Prix : EUR 19,99

5.0 étoiles sur 5 Son spectacle le plus abouti et ... beaucoup d'amour partagé, 20 mars 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mylène Farmer - Timeless 2013, le film [Édition Limitée] (DVD)
Tout commence par la renaissance de Mylène, sortie d'une matrice intergalactique. Et le « à force de mourir » est bien là pour le confirmer.
Nous découvrons la vaste scène que Mylène arpente avec l'aisance qu'on lui connait.
Notamment dans un « c'est une belle journée » très réussi avec la présence de robots stupéfiants par leur agilité, leur mimétisme dans les danses et leurs mimiques qui leur donnent comme des réactions humaines.
Et c'est aussi l'intervention des danseurs, excellents et complices. Que des hommes, ce ne sont plus les éphèbes tels qu'on les voit d'habitude mais plutôt des guerriers assez imperturbables mais terriblement efficaces.

D'une chanson à l'autre les ambiances changent du tout au tout grâce aux éclairages les plus élaborés jamais vus.
A noter 3 duos, 1 avec Moby pour « Slipping away » et 2 avec Gary Jules présent à ses côtés pour « Mad World » et « Les mots ».
Les intermèdes permettant notamment les changements de costumes (créations toujours inspirées de J.P. Gaultier) sont remplis par les danseurs ou aussi par les 5 robots qui nous font notamment un ballet inattendu sur le trio pour piano et cordes de Franz Schubert (entendu notamment dans le film Barry Lindon), non « crédité » (ils auraient dû, je pense).

Et des titres récents et anciens s'enchaînent pour un programme très renouvelé puisqu'on n'y trouve par exemple aucun des 6 titres de l'album « point de suture » interprétés au Stade de France de 2008 et par contre 7 titres de ses 2 derniers albums de 2010 et 2012.

Il faut bien sur dire l'excellence des musiciens, anciens comme nouveaux, celle de ses 2 choristes. Yvan Cassar est toujours là pour accompagner Mylène sur les moments d'émotion.
Mylène nous surprend même quand elle reprend ses grands standards. Ainsi cette version d' « XXL » est bien plus sobre et plus intériorisée que les précédentes, sans chorégraphie.

Bien entendu la fin est plutôt consacrée à des titres mélancoliques.
Et c'est sur un « Rêver » (j'ai rêvé qu'on pouvait s'aimer ...) bien crépusculaire qu'elle rejoint l'ombre une fois de plus et nous quitte dans une scénographie qui va même jusqu'à symboliser son ascension ... laissant une fois de plus son public à la fois émerveillé et dévasté par l'émotion.

La technique, image et son, sont de tout premier ordre. Aussi il ne faut pas se contenter de regarder ce spectacle là où on peut le voir sur internet car le gain de qualité sur support DVD / BR est considérable à la fois pour l'image et le son et ça en vaut réellement la peine.
En conclusion un spectacle total, très abouti.

Et cette perfection résulte bien entendu d'un travail considérable. C'est tout l'intérêt des bonus du 2ème DVD qui présentent des séquences centrées sur les costumes, la robotique, les images de scène, la scène et la logistique. On prend conscience de tout ce qu'il a fallu faire pour aboutir à un tel niveau d'excellence.
Une séquence sur le journal de la tournée donne un aperçu des différentes villes et différents publics où il a été présenté en s'attardant sur les fans qui ont suivi Mylène dans tout son périple.
Un attachement bien compréhensible et mérité.


Cavalli / Giasone
Cavalli / Giasone
Prix : EUR 16,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le plus grand succès lyrique de l'histoire de l'opéra vénitien dans une excellente version à petit prix ..., 12 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cavalli / Giasone (CD)
Je salue cette nouvelle edition du Giasone de Cavalli par Rene Jacobs.
C'est bien entendu de l'excellente production de 1988 qu'il s'agit.

C'est l'opéra de Cavalli que je réécoute toujours avec plaisir. Et pour l'apprécier un peu plus je conseille de regarder par ailleurs cette production très intéressante Il Giasone où Federico Maria Sardelli dirige le Symphony Orchestra of Vlaamse Opera dans une mise en scène inventive de Mariame Clément et musicalement tout aussi intéressante que celle-ci, quoique différente. Car tous ces opéras ont bien entendu été composés pour être vus sur une scène.

Merci toutefois à René Jacobs d'avoir contribué par cet enregistrement à faire connaître cet opéra qui le mérite vraiment. Ici mon commentaire de l'édition originale : Cavalli - Giasone

On ne retrouve pas dans cette nouvelle édition le livret quadrilingue de 260 pages de l'édition originale pour des raisons d'économie.
Ceci permet de proposer ce coffret de 3CD à un prix plus qu'abordable.

Alors, pour qui ne connait pas encore, c'est l'occasion de découvrir cette merveille de goût et de raffinement qui ne manque pas aussi de truculence.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 16, 2015 11:10 PM CET


La trace du serpent
La trace du serpent
par Thompson-T
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un maître de l'étreinte fatale, 28 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La trace du serpent (Poche)
Ce livre est véritablement remarquable. Il retrace l'itinéraire du français Charles Sobhraj, criminel hors normes, de sa naissance en 1944 à Saïgon jusqu'à son incarcération en 1977 dans la prison de Tihar à New Delhi où il restera plus de 20 ans dans le quartier de haute sécurité. Et son auteur, le journaliste Thomas Thompson, pour l'écrire, a fait un travail d'investigation remarquable, faisant 2 fois le tour du monde pour enquêter non seulement sur les lieux des crimes, mais allant aussi enquêter sur ses victimes les plus significatives pour comprendre comment et pourquoi des jeunes femmes ou jeunes hommes étaient parti en Inde, aussi au Népal ou en Thaïlande pour finir détroussés et même parfois assassinés de façon sordide (plusieurs corps ont été retrouvés carbonisés) après avoir fait sa rencontre.

Car Sobhraj aurait pu ne rester qu'un séducteur impénitent, as de la cavale, voleur, escroc, rendant malades ses victimes avant de les détrousser, mais il a fini par en tuer certains, généralement par empoisonnement, et ne s'est plus guère arrêté ensuite (une bonne quinzaine d'assassinats en tout).

La fascination qu'il a exercée sur ceux qui l'ont approché a été telle que plusieurs femmes sont tombées sous son emprise, alors même qu'elles en avaient été initialement les victimes. De même il est parvenu sans mal à ce que certains voyageurs se joignent à lui pour détrousser leurs victimes de rencontre. Et il est parvenu également à exercer souvent sa fascination sur les policiers, juges et geôliers auxquels il a eu affaire.

A noter que Thomas Thompson n'est pas le seul à avoir écrit sur Charles Sobhraj, l'écrivain australien Richard Neville a publié en 1979 « The Life and Crimes of Charles Sobhraj » (non édité en France a priori), écrit d'après les dires de Sobhraj lui-même, donc sans doute bien plus complaisant. C'est à lui que Sobhraj fera cet aveu "Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler" !

Après ses années de prison à Delhi, Sobhraj est notamment revenu quelques temps en France en 1997 où il s'assura les services de Me Jacques Vergès. Il retourne au Népal en 2003 où il est reconnu, jugé et condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre d'une touriste américaine à Katmandou en 1975.
En 2008, il a 64 ans et il épouse en prison la fille de son avocate ... qui n'a que 22 ans. Aux dernières nouvelles il négocie la réalisation en Inde d'un film à gros budget retraçant sa vie.

Mais revenons à Thomas Thompson : Son livre, remarquable à la fois par son sujet et les qualités de son narrateur, lui valut de recevoir un « National Headliner Awards ».
Il aurait pu compléter son livre ou en écrire une suite s'il avait vécu plus longtemps ... car il est mort en 1982. Sa famille pense que la maladie du foie qui a causé sa mort a été contractée en Extrême-Orient alors qu'il enquêtait sur la saga Charles Sobhraj.

Une vengeance du serpent ? Pas impossible ...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 2, 2015 5:53 AM CET


La trace du serpent
La trace du serpent
par Thomas Thompson
Edition : Poche

5.0 étoiles sur 5 Un maître de l'étreinte fatale, 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La trace du serpent (Poche)
Ce livre est véritablement remarquable. Il retrace l'itinéraire du français Charles Sobhraj, criminel hors normes, de sa naissance en 1944 à Saïgon jusqu'à son incarcération en 1977 dans la prison de Tihar à New Delhi où il restera plus de 20 ans dans le quartier de haute sécurité. Et son auteur, le journaliste Thomas Thompson, pour l'écrire, a fait un travail d'investigation remarquable, faisant 2 fois le tour du monde pour enquêter non seulement sur les lieux des crimes, mais allant aussi enquêter sur ses victimes les plus significatives pour comprendre comment et pourquoi des jeunes femmes ou jeunes hommes étaient parti en Inde, aussi au Népal ou en Thaïlande pour finir détroussés et même parfois assassinés de façon sordide (plusieurs corps ont été retrouvés carbonisés) après avoir fait sa rencontre.

Car Sobhraj aurait pu ne rester qu'un séducteur impénitent, as de la cavale, voleur, escroc, rendant malades ses victimes avant de les détrousser, mais il a fini par en tuer certains, généralement par empoisonnement, et ne s'est plus guère arrêté ensuite (une bonne quinzaine d'assassinats en tout).

La fascination qu'il a exercée sur ceux qui l'ont approché a été telle que plusieurs femmes sont tombées sous son emprise, alors même qu'elles en avaient été initialement les victimes. De même il est parvenu sans mal à ce que certains voyageurs se joignent à lui pour détrousser leurs victimes de rencontre. Et il est parvenu également à exercer souvent sa fascination sur les policiers, juges et geôliers auxquels il a eu affaire.

A noter que Thomas Thompson n'est pas le seul à avoir écrit sur Charles Sobhraj, l'écrivain australien Richard Neville a publié en 1979 « The Life and Crimes of Charles Sobhraj » (non édité en France a priori), écrit d'après les dires de Sobhraj lui-même, donc sans doute bien plus complaisant. C'est à lui que Sobhraj fera cet aveu "Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler" !

Après ses années de prison à Delhi, Sobhraj est notamment revenu quelques temps en France en 1997 où il s'assura les services de Me Jacques Vergès. Il retourne au Népal en 2003 où il est reconnu, jugé et condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre d'une touriste américaine à Katmandou en 1975.
En 2008, il a 64 ans et il épouse en prison la fille de son avocate ... qui n'a que 22 ans. Aux dernières nouvelles il négocie la réalisation en Inde d'un film à gros budget retraçant sa vie.

Mais revenons à Thomas Thompson : Son livre, remarquable à la fois par son sujet et les qualités de son narrateur, lui valut de recevoir un « National Headliner Awards ».
Il aurait pu compléter son livre ou en écrire une suite s'il avait vécu plus longtemps ... car il est mort en 1982. Sa famille pense que la maladie du foie qui a causé sa mort a été contractée en Extrême-Orient alors qu'il enquêtait sur la saga Charles Sobhraj.

Une vengeance du serpent ? Pas impossible ...


Cavalieri : Rappresentatione di anima e di corpo
Cavalieri : Rappresentatione di anima e di corpo
Prix : EUR 19,99

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une brillante Rappresentatione, 24 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cavalieri : Rappresentatione di anima e di corpo (CD)
Si je n'avais connu le compositeur de cette oeuvre j'aurais sans doute pensé à Emilio de Cavalieri tant elle me fait penser à sa composition dans les Intermèdes de la Pellegrina (1589).
Cette "Rappresentatione di Anima, et di Corpo (per recitar cantando)" est un drame en 1 prologue et 3 actes.
Une oeuvre étonnante à plus d'un titre, qualifiée par certains de premier opéra ou encore premier oratorio de l'histoire de la musique. Car Cavalieri a utilisé des moyens conséquents : grande troupe de chanteurs, choeur, orchestre de taille, des récitatifs chantés faisant avancer la trame, on serait déjà dans l'opéra... si l'ouvrage n'était en principe destiné à la salle de prière (oratoire en italien).

Le livret est de Manni, ses personnages sont surtout des allégories, Consiglio, Intelletto, Piacer, Vita mondana, Anime beate, Anime dannate, ainsi que l'Angelo Custode, mais il aurait eu un goût bien fade sans la musique souvent spectaculaire qui le magnifie.

Cette Rappresentatione a fait jusqu'ici l'objet d'une discographie intéressante : notamment une version de studio par l'Arpeggiata, dirigée par Christina Pluhar, une autre enregistrée en public dans une église par le Istitutioni Harmoniche de Marco Longhini.

René Jacobs s'est doté ici d'un large ensemble composé des musiciens du Concerto Vocale et de l'Akademie für Alte Musik de Berlin. Nous avons avec lui un mélange de simplicité et de foisonnement dans les parties les plus animées dans un ensemble parfaitement cohérent et bien maîtrisé.
Les solistes sont tous admirables, que ce soit Marie-Claude Chappuis et Johannes Weisser, les deux rôles titres, ou encore le baryton-basse Gulya Orendt, la basse Marcos Fink, le ténor Mark Milhofer et aussi la mezzo-soprano Luciana Mancini. Sans compter l'excellence des choeurs.

Alors René Jacobs meilleure version ? Je l'affirmerais sans hésiter si les autres étaient largement de moindre intérêt ce qui n'est pas vraiment le cas. Alors je dirais plutôt une excellente version, une de plus.


Danses & Airs antiques pour luth
Danses & Airs antiques pour luth
Prix : EUR 13,44

5.0 étoiles sur 5 Un vrai régal, 22 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danses & Airs antiques pour luth (CD)
Il nous faut reconnaitre à quel point nous sommes des privilégiés de pouvoir entendre des musiques de toutes les époques.
Ce n'est qu'à partir des années 1950 que le disque vinyl 33t a supplanté le 78t apparu dans les années 1920 et que la diffusion musicale a véritablement commencé à se répandre.
Avant toutes ces années il fallait se rendre au concert, à l'opéra, pour entendre des oeuvres.
Bien des compositeurs n'ont de fait pu entendre leurs oeuvres que lorsqu'elles furent jouées et parfois même jamais. Et on donnait surtout en concert des aeuvres contemporaines, bien peu des siècles précédents.

Ottorino Respighi (1879 - 1936) est un cas bien particulier dans la musique du début du XXème siècle : initié au piano et au violon par son père, il partit se perfectionner un an à Moscou, il y suivra notamment des cours d'orchestration avec Rimsky-Korsakov. Il étudiera aussi avec Max Bruch et c'est Richard Strauss parmi ses contemporains qui l'inspirera le plus. Et tout ceci ne l'empêchera pas d'avoir un intérêt et un goût prononcés pour la musique ancienne.

C'est ainsi qu'il eût l'idée d'orchestrer trois ensembles de musique ancienne de luth entre 1917 et 1932, les deux premiers employant cuivres et bois et harpe ainsi que des cordes et la troisième pour cordes seules. Et la plupart de ceux qui entendirent ces suites à cette époque les apprécièrent sans en connaître l'origine ...

Je dois dire que pour moi le résultat est assez confondant. Respighi a choisi des rythmes et des mélodies attrayantes, et il les a orchestrés avec une grande habileté. La variété des textures, même dans la suite pour cordes seules, est un régal en soi, y compris quand on connaît les originaux (pour ceux-ci je recommande cette version Ancient Airs And Dances).

Et l'excellence ressentie en écoutant cet enregistrement tient à plusieurs causes, en dehors de la qualité et variété des oeuvres elles-mêmes :
- le chef Antal Dorati, réputé pour sa préparation et sa direction de l'orchestre méticuleux, fait ressortir toutes les couleurs de ces suites avec conviction,
- la qualité du Philharmonia Hungarica, composé d'exilés hongrois, orchestre avec lequel Dorati enregistrera notamment dans l'intégralité des symphonies de Haydn pour Decca,
- la qualité de l'enregistrement analogique d'origine en 1958 (aux normes très élevées de Mercury pour sa série Living Presence), résultat de l'utilisation de trois microphones sur des canaux séparés, retranscrit alors sur vinyle; les bandes originales ont été préservées et remixées pour le CD, sans filtrage, égalisation, ou compression.

C'est tout cet ensemble qui fait de ce CD la version de référence de ces suites remarquables.
Je m'associe donc pleinement à l'excellent commentaire précédent de L'AIGLE.

Livret très détaillé sur la composition de Respighi, les oeuvres originales, Antal Dorati, l'orchestre Philharmonia Hungarica, l'enregistrement Living Presence (anglais).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 25, 2015 6:20 AM CET


Faire, Sweet & Cruell: Elizabethan Songs
Faire, Sweet & Cruell: Elizabethan Songs
Prix : EUR 22,97

4.0 étoiles sur 5 A l'âge d'or élisabéthain, 20 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Faire, Sweet & Cruell: Elizabethan Songs (CD)
Des chansons de l'âge d'or, au temps d'Elisabeth et de Shakespeare, accompagnées au luth, tel est ce programme capté en 1983 en Suède.
Ces madrigaux ont pour auteur John Dowland, l'un des musiciens les plus fêtés de son époque, Thomas Campion, poète et musicien, et aussi John Danyel, Thomas Ford et Francis Pilkington. Tout comme les madrigaux italiens qui les ont précédé, ils chantent les joies et les tourments de l'amour, soit en y mêlant la mythologie soit en mettant en scène la société rurale et villageoise.

La soprano Christina Högman et le luthiste Jakob Lindberg, ici au tout début de leur carrière musicale, nous délivrent une interprétation délicate de ces madrigaux, avec un très bon équilibre entre la voix et le luth. C'est vraiment frais et reposant.
Christina Högman s'est rapidement tournée vers d'autres répertoires, celui de l'opéra car on la retrouvera quelques années plus tard chantant notamment Mozart et même Wagner.
Jakob Lindberg est, assez logiquement, resté dans ce répertoire, jouant dans de nombreux ensembles tels que l' English Concert, l' Orchestre de l'Age des Lumières, l' Academy of Ancient Music (Christopher Hogwood), le Taverner Choir (Parrott), le Monteverdi Choir (JE Gardiner), le Purcell Quartet ou en accompagnant des solistes telle Emma Kirkby ou Ann Sofie von Otter.

Le label BIS est réputé pour la qualité sonore de ses enregistrements. Cette édition comprend d'ailleurs un WARNING qui renvoie à l'avertissement suivant : « Attention ! Contrairement à tous les principes établis ce disque a été enregistré et reproduit avec toutes les nuances ORIGINALES, qui sont très fortes. »
Le livret comprend l'ensemble des textes (sans traduction).


Ancient Airs And Dances
Ancient Airs And Dances
Prix : EUR 10,22

5.0 étoiles sur 5 Aux sources des suites de Respighi, 18 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ancient Airs And Dances (CD)
Épris de musique italienne renaissante tardive et baroque, Ottorino Respighi (1879–1936) réalisa des arrangements de pièces italiennes et françaises des XVIe et XVIIe siècles pour luth et guitare baroque qu’il publia sous la forme de Trois suites de Danses et Airs anciens (Ancient Airs and Dances).

Paul O’Dette a eu l’idée d’enregistrer les versions originales, pour luth, de ces œuvres arrangées par Respighi, en respectant, pour l’essentiel, l’ordre qu’il leur donna dans ses suites. Tache pas simple car il lui a fallu d’abord les identifier. Paul O’Dette précise que « Respighi n’ayant pas mentionné ses sources, retrouver chaque pièce se révéla un véritable défi ».
Mission accomplie, ce qui nous permet d’entendre toutes ces oeuvres qui sont ici exécutées dans leur intégralité.
Paul O’Dette au luth et à la guitare est accompagné pour ce faire du tenor haute-contre Rogers Covey-Crump, du violiniste John Holloway, du lutiste Nigel North, et de Christel Thielmann à la basse de viole.
La plupart de des airs sont des airs à danser, ballo, gaillarde ou encore passomezzo. C’est notamment le cas de la noble « Laura suave » de Fabritio Caroso, un arrangement du Ballo del Gran Duca que Cavalieri composa en 1589 pour le mariage de Ferdinand de Medici et Christine de Lorraine. Air bien connu des pratiquants des danses de la Renaissance Italienne.

Mais ce qui me ravit par-dessus tout ce sont les airs de cour français chantés par Rogers Covey-Crump, « Divine Amaryllis » d’Antoine Boësset et six autres airs de Jean-Baptiste Besard. A noter que si ce dernier est contemporain de Michaël Praetorius, ces airs de cour qui sont les premières œuvres du genre, recèlent déjà l’écriture mélodique merveilleusement fluide des compositeurs vocaux français du début du XVIIe siècle.
Rogers Covey-Crump qui a chanté au sein de plusieurs groupes, et principalement avec The Hilliard Ensemble (spécialiste du répertoire médiéval et de la Renaissance, mais aussi du compositeur contemporain Arvo Pärt), est particulièrement à l’aise dans ces airs qui sont des miniatures d’un exquis raffinement. Le livret en comporte l’intégralité des textes.

Je recommande cet enregistrement soigné (la qualité Hypérion) à ceux qui apprécient les transcriptions de Respighi et ceux qui aiment la musique de la Renaissance en général.


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