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Contenu rédigé par philb
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philb
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Morituri
Morituri
Prix : EUR 15,99

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Longue vie à Murat, 18 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Morituri (CD)
Murat l'artisan continue sa route et nous revient deux ans après le très apprécié "Babel". On ne peut bouder son plaisir à l'écoute de ce "Morituri", nouvelle livraison de 11 chansons délicates et entêtantes, ballades rock raffinées et mâtinées d'un élan jazzy. Après un "French lynx" énergique qui endosse immédiatement le vain statut de tube de l'album, on retrouve la profondeur, la poésie et l'intimité du troubadour auvergnat (Frankie, Tarn et Garonne, Le cafard), au milieu de chansons plus toniques et accrocheuses (Interroge la jument et Nuit sur l'Himalaya, grandes réussites dont les textes méditent sans démagogie sur l'état de la société). On est également séduit par "Tous mourus", petite parabole sur la fin du monde rural, portée par une très belle rythmique. Un album de qualité, crépusculaire, agréable et essentiel, qui rejoint les bons crus de l'auvergnat. On souhaite longue vie à Murat, artiste surdoué dont les albums réguliers nous apportent le surcroît d'intelligence, de finesse et d'authenticité qui manque à notre époque. Nul ne sait quelle tournure prendra sa carrière (ses dernières interviews laissent planer le doute sur la suite, dans un contexte peu reluisant pour les musiciens marginaux exclus du box office). Quoi qu'il en soit, depuis 1999, Murat fournit discrètement à la chanson une oeuvre riche et cohérente, toujours orchestrée par le bon goût, sans accident de parcours, à la manière d'un Neil Young. On pourra en profiter pour en réécouter les plus grands moments: Mustango, Le moujik et sa femme, Lilith, Moscou, Tristan, Le cours ordinaire des choses, Babel), sachant qu'aucun autre de ses disque n'est à jeter.


Les Vestiges du Chaos - Édition Livre Deluxe Tirage Limité
Les Vestiges du Chaos - Édition Livre Deluxe Tirage Limité

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Définitivement au sommet, 18 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Vestiges du Chaos - Édition Livre Deluxe Tirage Limité (CD)
Voici l'album rare et précieux d'un artiste qui ne l'est pas moins. En effet, rares sont les artistes qui se bonifient autant avec les années. Et à ce titre, on peut aisément qualifier "Les vestiges du chaos" de grand oeuvre dans la carrière de Christophe. A la manière d'un Gainsbourg, d'un Ferré ou d'un Bashung, un gouffre sépare les débuts discographiques de Christophe de cet album presque parfait. C'est en 1996, avec l'album "Bevilacqua" (le vrai nom de Christophe) que la mue s'opère. Le chanteur populaire faiseur de tubes (Aline, Les marionnettes, Les mots bleus, Succès fou) se change en dandy électro torturé, qui n'hésite pas à égarer la frange la moins aventureuse de son public. Certes, quelques bizarreries nous avaient bien mis sur la voie dans les années 70 (Le dernier des Bevilacqua, Voix sans issue, Merci John d'être venu). Mais le Christophe nouveau va encore plus loin dans l'exigence et l'innovation. En 2001, l'album "Comme si la terre penchait" met tout le monde d'accord. Les esthètes et la presse branchée ne s'y trompent pas. Plus abouti et inspiré que "Bevilacqua" il s'agit de l'album majeur de Christophe, redécouvert par toute une génération. Quelques best of voient alors le jour, et l'oeuvre de Christophe est réévaluée, à la lumière notamment des superbes concerts de 2002, immortalisés par un fameux DVD capté à l'Olympia. Après un nouvel album (Aimer ce que nous sommes) en 2008, encore excellent quoi qu'un peu long et compliqué, un album de morceaux inédits (Les paradis retrouvés) et un live piano voix (Christophe intime) pas vraiment inoubliable, nous voilà confrontés à ces "Vestiges du chaos", qui nous montrent un Christophe encore plus près des sommets jadis pratiqués par son ami Alain Bashung. L'album conjugue une impeccable production, des arrangements aventureux, des mélodies évidentes, une voix fragile et émouvante, des textes impressionnistes. Des morceaux presque expérimentaux (Définitivement, E justo), de superbes ballades (Océan d'amour, Dangereuse, Tu te moques), des rythmes dansants et obsédants (Stella Botox, Tangerine) se côtoient dans un album homogène. Les deux sommets du disque restent sans doute "Drone" (à la mélodie renversante) et "Lou", sublime hommage à Lou Reed, dont Christophe narre les derniers instants avec une finesse et une poésie rarement atteintes dans le format chanson. En résumé, Christophe nous livre à 70 ans un album d'esthète, novateur sans être pédant, convaincant sans être putassier. C'est ça le génie.


RENAUD - Édition Collector (CD + Livre)
RENAUD - Édition Collector (CD + Livre)
Proposé par plaisir_de_lire
Prix : EUR 28,37

6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Retour d'un vieux copain, 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : RENAUD - Édition Collector (CD + Livre) (CD)
Une semaine après sa sortie et au bout de quelques écoutes attentives (un peu détaché des commentaires passionnés et des délires du buzz qui ont entouré la promo), on peut commenter posément l'album du retour de Renaud, car 10 ans après Rouge sang, c'est bien d'un retour (improbable et très attendu) dont il s'agit. D'emblée, le sentiment qui prédomine est le plaisir d'entendre à nouveau Renaud chanter, comme un vieux copain qui viendrait nous donner de ses nouvelles, surtout quand ses disques ont accompagné notre vie. Du Gavroche d'Amoureux de Paname au loubard de Place de ma mob, en passant par le jeune père au coeur tendre de Mistral gagnant ou Morgane de toi, jusqu'aux albums de la maturité (Marchand de cailloux et A la belle de mai), on a toujours suivi avec intérêt les aventures de l'un des auteurs de chansons les plus doués et les plus importants de sa génération, avec Souchon sans doute. On retrouve dans ce nouvel album une qualité et une homogénéité qui faisaient un peu défaut sur son essai précédent (Rouge sang), long et inégal, avec des chansons peu mémorables pour ne pas dire plus.
Deux titres attirent l'attention: J'ai embrassé un flic, chanson d'ouverture très efficace et plutôt émouvante, dont le folk enjoué rappelle un peu l'ambiance de Marche à l'ombre. Renaud avait déjà esquissé le thème (hommage à un flic) dans la remarquable "Ballade de Willy Brouillard" il y a 20 ans. Les fans radicaux du Renaud anarchiste d'Hexagone doivent reconnaître que le monde d'aujourd'hui n'est plus aussi simple, et que Renaud a aujourd'hui 64 ans. L'autre chanson, Hypercacher, évoque également les attentats de janvier 2015, sur le mode de la chronique. Ces deux textes sociétaux séduisent par leur côté concis, pudique, et par leur mélodie émouvante signée Michael Ohayon. Ajoutons Les mots, l'une des chansons les plus fortes de cette cuvée, où Renaud se fend d'une déclaration d'amour tout en douceur à l'écriture et à ses idoles d'encre et de plume (Hugo, Brassens, Nougaro) au gré d'une ballade qui salue son inspiration retrouvée.
Au rayon tendresse, on est saisi par Héloise, belle chanson pour sa petite fille (coécrite avec Renan Luce), ballade vénitienne jouant avec les rimes en ise, qui rappelle les hommage à la petite Lolita (mère d'Héloise) sur les albums précédents (C'est pas du pipeau, Il pleut). Ta batterie est également à ranger au rang des réussites de l'album, un talk over sur un rythme jazzy, qui évoque le thème de la transmission par la musique (Renaud boucle la boucle entamée avec Chanson pour Pierrot). Ailleurs, l'auteur de "Dans mon HLM" rend hommage à l'adolescence à travers deux portraits: celui d'une ado fugueuse (Mulholland Drive) texte dense et original sur une ballade rock percutante, et Dylan, hommage poignant à un jeune homme victime d'un accident de la route, qui rappelle d'autres personnages au destin tragique chantés par Renaud (La teigne, Petite conne ou Elsa). N'oublions pas le single Toujours debout, un bon rock FM efficace, signature du retour du chanteur énervant, qui a encore "retrouvé son flingue". Le reste de l'album est plutôt anecdotique: La vie est moche et c'est trop court rappelle les complaintes de Boucan d'enfer avec moins de style que Mon bistrot préféré, par exemple, autre hommage aux chers disparus. La nuit en taule (texte peu intéressant, musique monotone et voix éteinte) et Mon anniv (beaucoup moins percutant que Cheveu blanc, sur le thème du temps qui passe, malgré une musique accrocheuse) peinent à convaincre. Tout comme Petite fille slave (écriture scolaire, moins inspiré que les portraits de la grande époque de Renaud) ou Petit bonhomme (hommage à son fils sur une seule rime et une mélodie assez plate). On passera sous silence le morceau caché, slam vulgaire qui sonne comme du mauvais Gainsbarre, et qui tranche avec l'habituelle pudeur protestante de l'auteur de "Ma gonzesse" et "Me jette pas".
Au final, un disque agréable, avec une moitié de bonnes chansons. Même si Renaud semble avoir perdu le style qui lui a fait pondre tant de chefs-d'oeuvre dans les années 80 et 90, on est séduit par ce retour, dont on n'attendait pas tant.


Operation Aphrodite
Operation Aphrodite
Prix : EUR 17,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Maudite Aphrodite, 16 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Operation Aphrodite (CD)
Un projet ambitieux et engageant sur le papier. On attendait peut-être trop de ce nouveau Manset, publié après neuf ans de silence discographique. Ses interviews avares en modestie nous annonçaient même une oeuvre extraordinaire. Au final, un disque long, pompeux et ennuyeux, plombé par les lectures d'extraits du roman de Pierre Louys dont on cerne difficilement le rapport avec les chansons. Pour évoquer les chansons elles-mêmes, on est à des années "Lumières" (les fans de Manset saisiront le jeu de mots) de la grande époque du bonhomme (disons de 1974, année de "Il y a une route" à 1989, et le sublime Matrice). Des textes portés par une voix fatiguée, où se côtoient hermétisme poétique et jeux de mots "carambar" (Jean se marrait et Simone s'ignorait, l'Océanie et l'eau, c'est Annie), sonnant comme l'étrange rencontre entre Mallarmé et Boby Lapointe. Peut-être du second degré. Aucune mélodie vraiment marquante ne vient sauver la mise pour tirer l'auditeur d'une impression de torpeur et de pédantisme. Un album tardif et inutile (ce n'est que le constat d'un fan déçu) qui n'ajoute rien à l'oeuvre immense de Manset, dont on réécoutera inlassablement les jalons essentiels: Finir pêcheur, Vies monotones, Manteau rouge, Comme un guerrier, Les enfants des tours, Chambres d'Asie, Marchand de rêves, Le masque sur le mur, Banlieue Nord, Camion bâché, Il voyage en solitaire... Cette Opération Aphrodite nous déçoit d'autant plus que les deux dernières livraisons de chansons inédites de Manset (Obok en 2006 et Manitoba ne répond plus en 2008) marquaient une nette embellie après une décennie un peu terne parsemée d'albums passables (La vallée de la paix, Jadis et Naguère, Le langage oublié). On se consolera en ce printemps avec le retour plus inspiré de quelques artistes de la "famille musicale" de Manset, comme Christophe (Les vestiges du chaos) ou Jean-Louis Murat (Morituri).


Acoustique - Tirage Limité
Acoustique - Tirage Limité

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Déjà légendaire, 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Acoustique - Tirage Limité (CD)
Un an après l'excellent "Baron samedi", revoilà Bernard Lavilliers, dont le statut de légende de la chanson française est plus que jamais en marche avec ce nouvel album de reprises, qui donne un éclairage nouveau sur son immense répertoire. La set list, irréprochable, nous permet d'en prendre la mesure. Mieux qu'une compilation, ce disque offre l'occasion d'apporter une dimension plus sobre et intemporelle à quelques chefs-d'oeuvre jusque là figés dans des productions assez datées. C'est particulièrement le cas de "Noir et blanc", "Petit" ou "Trafic", qui en sortent grandis grâce à des versions sobres, débarrassées des artifices propres aux choix artistiques des années 80. Autre bonne surprise de l'album: la présence de deux chansons rares et pourtant sublimes, un peu oubliées et souvent absentes des compilations: le poignant "Saint-Etienne", hommage humble à la ville natale de son auteur; et "La grande marée", autopsie saisissante de notre société à la Orwell. Ajoutons l'immanquable trilogie ouvrière chère à l'auteur, avec une "Fensch vallée" relookée, "Les barbares" version rap et "Les mains d'or, très percussive, qui ne pouvaient manquer au rendez-vous, et constituent les grands moments de l'album. Pour le reste, on réécoutera avec plaisir, mais moins de surprise "Idées noires", où Catherine Ringer peine à égaler Nicoletta, et "On the road again" en duo avec Jean-Louis Aubert, qui perd un peu de sa magie. Les versions de "Betty" ou "Manila Hôtel" n'ajoutent rien aux versions d'origine déjà acoustiques et épurées, si ce n'est le bonheur renouvelé d'écouter deux des plus belles ballades de Lavilliers. Après de très bons albums publiés lors des deux dernières décennies ("Carnets de bord", "Causes perdues et musiques tropicales", "Baron samedi"), Bernard Lavilliers a sans doute souhaité enfoncer le clou avec un flash back sur les monuments de son répertoire. L'oeuvre d'un géant, digne héritier des Brassens ou Ferré, et dernier grand chanteur à textes en activité au même titre que Souchon, Higelin, Thiéfaine, Sheller ou Le Forestier.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 24, 2014 2:11 PM CET


Alain Souchon & Laurent Voulzy
Alain Souchon & Laurent Voulzy
Prix : EUR 6,99

13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Parce que c'était lui, parce que c'était moi, 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alain Souchon & Laurent Voulzy (CD)
Devait-on attendre monts et merveilles de ce premier disque en duo du tandem légendaire de la chanson française? Si l'on en juge leurs dernières productions en solo, le doute était permis. Chez Laurent Voulzy, rien de bien réjouissant depuis l'excellent "Avril" de 2001, entre albums de reprises et pensum moyennâgeux. Quant aux fans exigeants d'Alain Souchon, ils peuvent concéder que le dernier très bon album de leur idole date de 1999 ("Au ras des pâquerettes"), après un album, "La vie Théodore", en demi-teintes, et un dernier essai, "Ecoutez d'où ma peine vient", d'une faiblesse inhabituelle chez son auteur. D'après ces tièdes considérations, on peut qualifier ce retour en duo de bonne surprise, avec des chansons agréables, bien produites, qui sonnent comme un bon album de Voulzy, dans la lignée d'un "Caché derrière". Le single beatlesien, "Derrière les mots", nous renvoie un peu au "Paradoxal système" de la même époque. Ailleurs, le charme opère, avec une production pop-folk sans grande audace, mais fort agréable à entendre. Quelques citations des chefs-d'oeuvre d'antan, sans toutefois les égaler, avec un "Ile de France" qui rappelle le classique "Grimaud", et une "Baie des fourmis" qui nous offre de charmantes réminiscences du "Rêve du pêcheur". Le charme opère quasiment sur toutes les plages, avec une mention particulière pour "Consuelo", dont la musique cite discrètement le "Knocking on heaven's door" de Dylan, sur un texte hommage à Saint-Exupéry à travers le chagrin de sa veuve.
La légère déception de l'ensemble tient sans doute à la plume d'Alain Souchon, sans doute moins incisive et moins fleurie que par le passé, où ses trouvailles linguistiques souvent géniales faisaient la différence. Son goût pour la chronique sociale apparaît néanmoins dans "Oiseau malin", où il est question de la révolte potentielle des opprimés. Son goût du portrait, moins affûté qu'à l'accoutumée, intervient à travers "Bad boys", où le portrait d'une soi-disant ado moderne semble anachronique quand celle-ci lit Baudelaire et écoute AC/DC. On pense à "La petite Bill" et à "J'attends quelqu'un", portraits de filles appartenant à la mythologie "souchonniennne". Ces bémols bien dérisoires n'empêcheront pas l'auditeur d'apprécier à sa juste valeur un album très séduisant, concocté avec amour par deux artisans de la chanson, qui ne seront pas heurtés par la comparaison avec Simon and Garfunkel.
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Paris-Milan
Paris-Milan
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trio magique, 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paris-Milan (CD)
Cet album est un rêve pour tous les puristes de la chanson de qualité ignorée des médias. Excusez du peu: Jean Guidoni interprète des textes d'Allain Leprest sur des musiques de Romain Didier. La première rencontre entre Guidoni et Leprest s'est effectuée sur l'album hommage "Chez Leprest", avec l'interprétation habitée de "J'ai peur", l'une des premières chansons du regretté poète de Rouen. Rappelons que Leprest nous a quittés en 2011, en laissant en plan, entre autres, un projet d'album symphonique autour de ses plus belles chansons, et quelques textes inédits, récupérés et mis en musique avec soin par le complice Romain Didier. Le choix de Guidoni pour les interpréter est une idée pertinente, sachant que ce dernier excelle surtout lorsqu'il met sa voix au service des grands auteurs (Prévert, Pierre Philippe). Par magie, Jean Guidoni parvient à s'approprier sans peine l'univers de Leprest, à travers notamment "Paris-Berlin",chanson éponyme, qui rappelle que Guidoni a jadis "marché dans les villes", avant de "mourir à Venise". Ou encore "Putain traînée salope", clin d'oeil à un fameux album de l'artiste, le "Putains" de 1985. Le duo avec Juliette "Trafiquants" confirme cet impression de filiation parfaite et d'osmose entre les deux univers. Bien sûr, les puristes de Leprest remarqueront quelques faiblesses, réminiscences et tics d'écriture: "Reviendre", "Dans le jardin de Gagarine" (à qui Leprest avait déjà dit Good bye) ou bien "Le jour baisse toujours trop tôt", reprise d'un texte autrefois interprété par Jehan sous un autre titre: "Chansons bâteaux". Quoi qu'il en soit, cet album homogène et mélodieux reste un ravissement pour les fans des trois artistes. Bravo à Didier Pascalis, complice et producteur de feu Allain Leprest, d'avoir permis la réalisation de ce projet.


CHARLELIE COUTURE-IMMORTEL CD
CHARLELIE COUTURE-IMMORTEL CD
Proposé par musicplus75
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Retour dans la lumière, 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : CHARLELIE COUTURE-IMMORTEL CD (CD)
Certains se sont arrêtés à "Comme un avion sans ailes", le mégatube de 1981. Charlélie Couture a fait du chemin depuis, souvent en marge des grands circuits médiatiques. Une carrière riche, audacieuse, ponctuée de sommets ("Solo boys", "Casque nu", "Double vue", "Fort rêveur") et d'albums plus anecdotiques mais toujours intéressants.
Avec "Immortel", c'est le grand retour de l'artiste. En tout cas aux yeux du grand public qui l'avait oublié. Nous, les vrais fans, savions qu'il n'avait jamais disparu et suivions fidèlement ses aventures, de son exil australien à ses albums new-yorkais, en passant par son virage électro au tournant des années 2000. A ce titre, ce nouveau disque, s'il marque un mieux au niveau de la production (peaufinée par Benjamin Biolay), n'est pas plus remarquable que ses précédents essais. L'inspiration semble même légèrement en deçà du dernier opus de 2011, "Fort rêveur", cité plus haut. On remarque deux chansons de haute tenue: "L'amour au fond", single de lancement, magnifique titre qui rappelle la grâce mélodique de "L'avion sans ailes" et "Méchante envie", émouvante introspection autour du spleen d'une rupture, qui restera l'une des plus belles chansons de Charlélie. Le reste n'a rien de vraiment inoubliable. "Mon ami Pierrot", qui détourne la fameuse comptine pour évoquer un SDF, peut faire sourire, mais rappelle que Charlélie a tenté la même chose sur "La Marseillaise" il y a quelques années. Dans "Be an artist" et "Broken" (méchamment pompée sur le "Everything is broken" de Dylan), Couture s'adonne avec un plaisir routinier à la langue de Shakespeare, procédé qu'il nous ressert régulièrement. Le reggae "La dernière heure" recycle à la fois "Le jour de la dernière heure" (sur Pochette surprise) et la mélodie de "Gangsters" (sur Double vue). Enfin, l'instrumental "A french man in New York", probable clin d'oeil à Sting, n'a rien de mémorable. Le grand public, s'il se penche dessus, découvrira un bon album de Charlélie. Les fans seront sans doute moins conquis, mais heureux de retrouver leur idole presque sexagénaire, qui leur rappelle, à travers un titre à tiroirs dont il a le secret, qu'il est "mortel". Raison de plus pour profiter de cet album (y en aura-t-il beaucoup derrière?) et de se replonger dans la discographie conséquente de ce chanteur majeur du rock français.


Le jour et la nuit
Le jour et la nuit
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le jour après la nuit, 20 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le jour et la nuit (CD)
Longue nuit, longue éclipse, pour Gilbert Laffaille, artiste discret et trop rare, qui signe un retour inespéré, quatorze ans après le dernier album de chansons inédites: "La tête ailleurs". Entre temps, un album de chansons anciennes réenregistrées et augmenté d'une poignée d'inédits ("Dimanche après-midi", publié en 2002), et un disque en public piano-voix. Pour les néophytes, rappelons que Gilbert Laffaille apparut à la fin des années 70 dans le paysage de la chanson française, avec "Le président et l'éléphant", fable caustique et ironique à l'écriture faussement naïve, qui dénonçait les safaris du président Giscard. A la manière d'un Souchon ou d'un Chedid, Gilbert Laffaille porte un regard tendre et amusé sur notre société, qu'il brocarde par petites touches. Il faut jeter une oreille sur les petits chefs-d'oeuvre que sont "Interrogations écrites", "Le gros chat du marché", "Neuilly blues", "Dents d'ivoire et peau d'ébène", "CQFD". Ce versant habilement engagé cohabite avec des textes impressionnistes qui évoquent le bonheur simple, la contemplation des petits riens qui font tout, avec une touche de nostalgie toujours légère. Nuance, raffinement et finesse seraient les trois mots qui pourraient qualifier l'oeuvre de Laffaille.
On retrouve la patte de l'auteur dans ce nouvel album, avec "Jardin des plantes" ou "La chambre rose", dont le parfum suranné et les belles images nous envoûtent. Deux chansons essentielles ressuscitent par ailleurs le Laffaille citoyen du monde, qui écrivit jadis "Tom du Mali", émouvant portrait d'un balayeur africain perdu à Paris, petit frère de la Lily de Pierre Perret. "Homme en boubou, femme en sari" est un vibrant hommage aux peuples jadis colonisés. "Just like you", sans doute le titre le plus remarquable de l'album, lui fait écho, en traitant d'une colonisation plus moderne, celle du capitalisme qui en vient à tenter le tiers-monde, et à créer les mêmes besoins qu'en Occident.
Mais le point culminant de ce nouveau cru reste "Si tu n'es plus là", bouleversant hommage de l'artiste à sa femme Josiane, décédée voilà quelques années, et à qui est dédié ce disque. Des mots émouvants, simples, et pudiques pour dire la douleur du deuil et la perte de l'être cher. Une douleur qui nous incite à porter un autre regard sur les choses. Les musiques jazzy et bossa qui escortent les textes de l'album soutiennent à merveille la voix caressante et sincère de Gilbert Laffaille, un artiste qui fait honneur à la chanson qui parle au coeur et à l'esprit, une chanson dont les médias ne veulent plus entendre parler. L'occasion d'évoquer les frères d'arme de Laffaille, qui ont pour nom Romain Didier, Jean Guidoni, Jacques Bertin, Kent, ou le regretté Allain Leprest.


Le temps des âmes
Le temps des âmes
Prix : EUR 14,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Kent intimiste, 23 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le temps des âmes (CD)
Comme tous les vrais artistes de la chanson, Kent est toujours là où on ne l'attend pas. Avec cet album acoustique et intimiste (à dominante piano-voix), l'ex-leader de Starshooter nous emmène sur un territoire dont il est peu coutumier. Après un album complètement guitare, "Panorama", où il revisitait les plages importantes de son répertoire (avec au passage quelques inédits), on reste dans le dépouillement, qui sied assez bien à la profondeur des textes de cet auteur majeur de la chanson. Pourtant, "Le temps des âmes" (c'est son titre) n'est qu'à demi-réussi. La première partie de l'album nous saisit, grâce à des chansons assez bouleversantes: "Ombres berlinoises", le morceau d'ouverture, est un hommage subtil et impressionniste à l'Allemagne, pays où Kent a rencontré son nouvel arrangeur, responsable de l'ambiance sobre qui élmane du disque. On est séduit par "L'éternité", l'une des plus belles chansons de Kent, bouleversante de lyrisme et de sincérité sur le temps qui passe et la fin de la jeunesse, thème abordé de manière plus légère mais tout aussi réussie dans "Jeune con". Le morceau éponyme, composé par le vieux complice Jacques Bastello, fustige un monde où les apparences ont triomphé des vraies valeurs, et prône un retour à l'authenticité. Autre grande réussite: "Notre amour", belle ode aux vieux couples. C'est alors que la plage 7 sonne comme une évidence: une reprise de Jacques Brel. Celui qui chanta les vieux amants, l'Europe du Nord, la vieillesse (autant de thèmes abordés dans la première partie du disque). Le titre choisi, "Avec élégance", est un morceau peu connu de l'auteur d'"Amsterdam". Composée lors des sessions des "Marquises" en 1977, la chanson était réapparue en tant qu'inédite en 2003, au sein d'une nouvelle intégrale. Son texte évoque un homme qui entre paisiblement dans l'hiver de l'existence, et qui voit sa jeunesse lui échapper. Cette reprise très réussie sonne un peu comme le dernier bon moment de l'album, dont la seconde partie semble un peu moins inspirée et monotone sur la longueur. Ce format aurait peut-être induit une plus grande concision (une dizaine de titres), concision qui faisait justement la force et l'intensité des disques de Brel. Par ailleurs, on est en droit de préférer le Kent rocker (les albums "Cyclone", "Bienvenue au club",et l'ambitieux opéra-pop de "L'homme de Mars") ou musette (le fabuleux et déjà ancien live "Kent en scène", qui reste le disque de référence pour découvrir le chanteur).
Quoi qu'il en soit, Kent pose une nouvelle balise sur un parcours original, exigeant, hors des sentiers battus. Bravo à lui!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 25, 2013 6:48 PM MEST


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