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philb
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Le temps des âmes
Le temps des âmes
Prix : EUR 15,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Kent intimiste, 23 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le temps des âmes (CD)
Comme tous les vrais artistes de la chanson, Kent est toujours là où on ne l'attend pas. Avec cet album acoustique et intimiste (à dominante piano-voix), l'ex-leader de Starshooter nous emmène sur un territoire dont il est peu coutumier. Après un album complètement guitare, "Panorama", où il revisitait les plages importantes de son répertoire (avec au passage quelques inédits), on reste dans le dépouillement, qui sied assez bien à la profondeur des textes de cet auteur majeur de la chanson. Pourtant, "Le temps des âmes" (c'est son titre) n'est qu'à demi-réussi. La première partie de l'album nous saisit, grâce à des chansons assez bouleversantes: "Ombres berlinoises", le morceau d'ouverture, est un hommage subtil et impressionniste à l'Allemagne, pays où Kent a rencontré son nouvel arrangeur, responsable de l'ambiance sobre qui élmane du disque. On est séduit par "L'éternité", l'une des plus belles chansons de Kent, bouleversante de lyrisme et de sincérité sur le temps qui passe et la fin de la jeunesse, thème abordé de manière plus légère mais tout aussi réussie dans "Jeune con". Le morceau éponyme, composé par le vieux complice Jacques Bastello, fustige un monde où les apparences ont triomphé des vraies valeurs, et prône un retour à l'authenticité. Autre grande réussite: "Notre amour", belle ode aux vieux couples. C'est alors que la plage 7 sonne comme une évidence: une reprise de Jacques Brel. Celui qui chanta les vieux amants, l'Europe du Nord, la vieillesse (autant de thèmes abordés dans la première partie du disque). Le titre choisi, "Avec élégance", est un morceau peu connu de l'auteur d'"Amsterdam". Composée lors des sessions des "Marquises" en 1977, la chanson était réapparue en tant qu'inédite en 2003, au sein d'une nouvelle intégrale. Son texte évoque un homme qui entre paisiblement dans l'hiver de l'existence, et qui voit sa jeunesse lui échapper. Cette reprise très réussie sonne un peu comme le dernier bon moment de l'album, dont la seconde partie semble un peu moins inspirée et monotone sur la longueur. Ce format aurait peut-être induit une plus grande concision (une dizaine de titres), concision qui faisait justement la force et l'intensité des disques de Brel. Par ailleurs, on est en droit de préférer le Kent rocker (les albums "Cyclone", "Bienvenue au club",et l'ambitieux opéra-pop de "L'homme de Mars") ou musette (le fabuleux et déjà ancien live "Kent en scène", qui reste le disque de référence pour découvrir le chanteur).
Quoi qu'il en soit, Kent pose une nouvelle balise sur un parcours original, exigeant, hors des sentiers battus. Bravo à lui!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 25, 2013 6:48 PM MEST


Le Cadeau
Le Cadeau
Prix : EUR 9,98

20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un beau cadeau, 23 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Cadeau (CD)
Disons-le d'emblée, le nouvel album de Maxime Le Forestier est un bon cru. Il faut avouer que ses trois dernières livraisons nous avaient un peu laissés sur notre faim: "Passer ma route" (1995), disque inégal et poussif malgré quelques grands moments. "L'écho des étoiles" (2000), dont la production un peu bâclée ne rendait pas justice aux chansons. "Restons amants" (2008), décevant come back après huit années de silence et d'activités annexes (comédie musicale "Gladiateur", Restos du coeur, concerts hommages à Brassens). "Le cadeau" compense toutes les failles évoquées plus haut. C'est un disque concis, homogène, élégamment produit. Un album à l'ancienne, mélodieux et simple, dont l'écoute nous procure un bon moment. On dirait que Maxime optimise toutes les qualités qui ont fait sa réputation: orchestrations acoustiques, élégantes (folk, swing, musiques du monde), voix bien placée, textes subtilement engagés: "La p'tite hirondelle" évoque l'immigration clandestine, "L'averse" dénonce les patrons voyous, "La bête curieuse" brocarde ironiquement les médias inquisiteurs et le monde du buzz. Au même titre que ses collègues Souchon et Cabrel, Le Forestier est l'un des derniers artisans de la chanson sociale et concernée, face à la nouvelle chanson française, dont la marque de fabrique est de ne parler de rien et de refuser la mélodie.
Autre bonne nouvelle, l'album est porté par un excellent single, futur classique du répertoire. "Le p'tit air", mélodie entêtante sur un texte qui évoque la postérité des artistes, grâce à une oeuvre qui leur survit (thème que Trenet avait traité dans "L'âme des poètes"). Ce petit bijou est co-signé avec Julien Clerc. L'occasion de rappeler la féconde collaboration entre les deux artistes, qui se bonifie avec les années: "Amis", "Quitter l'enfance", "Restons amants", "Double enfance", "Fou peut-être". Au rayon des surprises, un duo avec Camille ("La folie", aux couleurs afro) et un texte signé Jacques Weber (la ballade "Impasse des oiseaux", grand moment du disque).
Le retour d'un géant de la chanson française (tout comme celui d'Higelin il y a quelques jours) donnera peut-être l'occasion de se replonger dans un riche répertoire. Celui de Maxime Le Forestier est dominé par deux albums essentiels: le premier (éponyme) datant de 1972, qui imposa immédiatement Maxime comme chef de file d'un mouvement folk engagé, avec une forte densité de titres inoubliables: "San Francisco", "Mon frère", "Comme un arbre", "Education sentimentale", "Parachutiste". On mentionnera également "Né quelque part", l'album du retour (1988), et son lot de chansons marquantes: "Ambalaba", "Les mots et les gestes", et "La visite", magnifique hommage à Brassens. Entre les deux, une discographie souvent inégale, parsemée de quelques chefs-d'oeuvre au fil des années: "Dialogue", "Les lettres", "Je veux quitter ce monde heureux", "Les jours meilleurs". Maxime Le Forestier est à redécouvrir d'urgence, au même titre que ses collèges aujourd'hui sexagénaires: Goldman, Souchon, Cabrel, Renaud, Lavilliers, Sheller, Chédid, Jonasz, Duteil, Yves Simon... Une génération dorée, dont le répertoire est rempli de tant de "P'tits airs" qui appartiennent désormais au patrimoine.


Toboggan - Edition Limitée
Toboggan - Edition Limitée
Prix : EUR 20,25

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un artiste indispensable, 18 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Toboggan - Edition Limitée (CD)
Pourquoi Jean-Louis Murat est-il un artiste essentiel? parce que son oeuvre nous apporte tout ce qui manque à notre époque: authenticité, dépouillement, naturel, poésie, austérité. A la manière d'un Gérard Manset, l'auvergnat construit depuis des décennies une discographie aussi fournie que raffinée. C'est en 1999 que les choses sérieuses commencent avec "Mustango", album blues-rock magnifiquement produit qui reste son chef-d'oeuvre inégalé. A partir de là, tel un Neil Young francophone, Murat va enchaîner les disques à un rythme effréné, de plus en plus en marge du système et du grand public, semant au passage quelques monuments ("Lilith", "Moscou") et des albums plus aventureux et moins indispensables ("Madame Deshoulières", "A bird on a poire"). Au tournant de la nouvelle décennie, Jean-Louis alterne les albums un peu bâclés et routiniers ("Taormina", "Grand Lièvre") et les disques très réussis: "Le cours ordinaire des choses", enregistré à Nashville en 2009, retrouve en partie la grâce et l'inspiration de "Mustango". Avec "Tristan", autre grand moment, on retrouve le Murat intimiste, précieux, dont la musique oscille entre folk dépouillé et ballade moyennageuse. La dernière livraison, intitulée "Toboggan", est dans cette veine. Un album calme, fait maison, aux textes murmurés sur des mélodies lumineuses et familières. Aucun titre ne se détache de cet ensemble homogène et concis (une trentaine de minutes), comme au temps béni du vinyle, loin de la plupart des albums indigestes et jetables qui sortent aujourd'hui. Ce Murat se savoure doucement, le soir, au coin du feu. Rien qu'à lire les titres: "Belle", "Il neige", "Le chat", "Amour n'est pas querelle", on s'y sent bien. En prime, un texte magnifique, symptomatique de notre époque "J'ai tué parce que je m'ennuyais" et un tube en puissance: "Over and over", superbe mélodie qui renoue avec l'inspiration des grandes chansons comme "Le monde caressant" ou "Col de la Croix Morand".
Il faut prendre le temps de déguster l'oeuvre de Jean-Louis Murat en se promenant dans ses nombreux albums. Il fait partie des rares artistes sincères et exigeants de notre temps, au même titre que les discrets Silvain Vanot, Bertrand Belin, Jacques Bertin, Frédéric Bobin, Dick Annegarn ou Richard Desjardins...


Old Sock
Old Sock
Proposé par b68solutionsfr
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Juste de la bonne musique, 18 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Old Sock (CD)
Fini le temps où le jeune Clapton, contemporain de Jimi Hendrix, révolutionnait le rock armé de sa guitare incendiaire. "All things must pass", comme disait feu son ami George Harrison... Le "God" de la guitare a su s'adapter à toutes les époques qu'il a traversées avec plus ou moins de bonheur jusqu'à devenir, à partir des années 90, une sorte de missionnaire du blues et de gardien du patrimoine de la musique américaine. A ce titre, "Old sock" est parfaitement réussi. Rien de bien original et révolutionnaire, certes, mais juste de la bonne musique, agréable, bien jouée, magnifiquement chantée. On se promène avec plaisir dans cette tracklist de 12 chansons où Clapton revisite principalement des classiques du répertoire anglo-saxon comme "Born to lose", "Still got the blues" ou "Goodnight Irene". Un kaléidoscope où l'on croise reggae, soul, jazz, folk, blues, ragtime, et au détour duquel interviennent quelques vieux amis comme Mc Cartney, JJ Cale ou Taj Mahal. Un nouveau disque d'Eric Clapton est toujours un bonheur, et l'on doit accepter l'évolution d'un artiste. Celle de Clapton est finalement pertinente, en endossant l'habit de passeur et de gardien de la mémoire, au même titre que les illustres septuagénaires du rock comme Neil Young, Bob Dylan et Paul Mc Cartney, dont les derniers opus font allégeance aux musiques inspiratrices de leur oeuvre, qui appartient elle-même au patrimoine, et que certains reprendront sans doute après leur disparition.


Beau Repaire
Beau Repaire
Prix : EUR 9,98

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'album de la sérénité, 17 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beau Repaire (CD)
En 2006 débute la seconde carrière du grand Jacques Higelin, avec l'album "Amor Doloroso", qui sonne comme une sorte de best of de ses belles années, bonifié par la production impeccable de Rodolphe Burger... Suite en 2010 avec "Coup de foudre", album offensif et mélancolique aux sonorités folk-rock.
Et voilà qu'aujourd'hui, à près de 73 ans, Higelin ponctue cette trilogie avec "Beau repaire", disque lumineux et apaisé qui arrive sur nos platines en ce printemps 2013. Produit par l'esthète Edith Fambuena (à qui l'on doit la production du chef-d'oeuvre de Bashung "Fantaisie militaire"), l'opus nous propose 12 titres de haute tenue, dont les grands moments se nomment "La balade au bord de l'eau", morceau d'ouverture solaire et serein, où Jacques se promène sur l'une des ces mélodies dont il a le secret... "Hey Man", sublime ballade folk qui s'aligne avec les sommets du répertoire, ou encore "Seul", tube en puissance, clin d'oeil au maître Charles Trenet... Avec "Etre là, être en vie", autre morceau majeur, c'est un hommage plus direct à un autre grand ancêtre de la chanson: Barbara... Hommage émouvant d'un Higelin arrivé à l'automne de son existence, qui souhaite semble-t-il se rapprocher plus que jamais de ceux qui l'ont accompagné et inspiré. D'autres plages rappelleront aux fans fidèles de la longue carrière de l'artiste (débutée au milieu des années 60) quelques morceaux légendaires. Ainsi, ce "Rendez-vous en gare d'Angouleme" fait écho à une autre gare, celle de Nantes, évoquée dans "La rousse au chocolat". Les plus perspicaces remarqueront en "Tomorrow morning", pastiche délirant des Beatles, un écho au "I love the queen" de la période Saravah, où Jacques se moquait gentiment de Paul Mc Cartney. De même, un duo amoureux coquin (d'anges heureux!) avec Sandrine Bonnaire nous fera immédiatement songer à la paire Higelin/Fontaine des tout débuts ("La Grippe", "Cet enfant que je t'avais fait"). "La joie de vivre", avec ses accents de "Tombé du ciel", est un parfait antidote à la morosité de ces temps de crise. Enfin, on se régalera de "Château de sable", magnifique ballade piano/violoncelle où Jacques a rarement aussi bien chanté.
Ce beau disque de fin de parcours donnera, espérons-le, l'occasion à quelques-uns de découvrir l'immense répertoire de ce géant surdoué et inclassable de la chanson française, dont les balises marquantes se nomment: "BBH 75", "Alertez les bébés", "No man's land", "Champagne pour tout le monde", "Tombé du ciel", "Illicite"... L'occasion de potasser de longues heures les pages d'Amazon...


Amour (César 2013 du meilleur film)
Amour (César 2013 du meilleur film)
DVD ~ Jean-Louis Trintignant
Prix : EUR 9,99

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Amour exclusif, 28 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Amour (César 2013 du meilleur film) (DVD)
Depuis ses débuts, Michael Haneke ausculte les mauvais penchants de l'âme humaine... Violence et sadisme sont explorés sous toutes leurs formes, notamment dans "Benny's vidéo" et "Funny games", ses deux premiers chefs-d'oeuvre, où la violence est pratiquée par de jeunes hommes, enfants de la société de consommation abreuvés d'image... Dans "La pianiste" et "Le ruban blanc", les films de la consécration, ce sont des personnages plus respectables (notables bourgeois) qui s'adonnent à la cruauté... Dans "Caché", c'est autour du mensonge et de la vengeance que s'articule l'action... "Amour", son dernier film, prend un peu le contrepied de toute l'oeuvre, en montrant l'homme sous son meilleur jour... L'homme capable de don de soi, d'amour absolu et désintéressé. Cet amour, c'est celui d'un octogénaire pour son épouse en fin de vie. Un amour absolu, romantique au sens large du terme. Une démarche que l'on croyait réservée aux jeunes héros de la littérature (Roméo et Juliette, Tristan et Iseult). Ici, cet amour exclusif et sans retour émane d'un vieil homme calme et cultivé, qui devient de plus en plus fou d'amour à mesure que l'état de sa femme se dégrade... Cette folie est contenue dans quelques scènes très référencées... Celle du début, qui amorce le flash-back, rappelle inévitablement le "Psychose" d'Hitchcock... Celle de l'oreiller fait songer à "37°2 le matin", deux films sur l'amour fou... Car cela est bien le thème d'"Amour". Davantage qu'un film sur la vieillesse ou la fin de vie... "Amour" porte bien son titre... Haneke arrive encore à se montrer subversif. Pari osé, en effet, de bâtir un film autour de deux acteurs octogénaires (Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva, exceptionnels de justesse et de fragilité) dans le huis-clos d'un appartement haussmannien, à l'heure où le jeunisme est de mise au cinéma comme ailleurs. Le grand Ingmar Bergman avait réussi le même pari dans son dernier film, "Sarabande". "Amour" se rapproche de tels sommets. Film épuré, proche de nous, qui touche à des thèmes essentiels. Comme toujours chez Haneke, ce classicisme cohabite avec des scènes très mystérieuses, qui laissent le spectateur libre de ses interprétations. Ainsi, la scène finale, où Trintignant suit le fantôme d'Emmanuelle Riva hors de l'appartement, montre sans doute qu'il va la rejoindre dans la mort. Peut-être va-t-il se suicider par noyade, comme le suggère la scène du cauchemar (prémonitoire?), où on le voit étouffer dans les eaux montantes. Et le dernier plan d'Isabelle Huppert (fille du vieux couple), toute petite dans l'appartement vide de ses parents, nous suggère peut-être l'annonce de sa vieillesse et de sa déchéance prochaine (l'appartement va la dévorer comme il l'a fait avec ses parents). Comme pour montrer le cycle de la vie... Les jeunes d'aujourd'hui seront les vieux de demain... Il faudra faire un jour le deuil de sa jeunesse et de sa liberté... C'est sans doute ce que fait symboliquement Jean-Louis Trintignant au moment où il étouffe le pigeon entré par erreur dans l'appartement. Avec ce film intime et puissant, Haneke ajoute une pierre majeure à une oeuvre déjà conséquente, et affirme son statut d'immense cinéaste, statut heureusement reconnu à l'unanimité...


Voce a Mano
Voce a Mano
Prix : EUR 15,39

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 C'est peut-être Grand Jacques?, 21 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voce a Mano (CD)
"Voce a mano", troisième album d'Allain Leprest, publié en 1992 chez Saravah (maison de disques créée par Pierre Barouh, qui incarna la figure du label indépendant dans les années 80-90), reste un jalon incontournable dans sa carrière. C'est pourtant une oeuvre difficile (toutes les chansons du disque sont présentées dans des versions voix-accordéon, avec Richard Galliano comme partenaire de luxe). C'est peut-être là l'écueil de l'album, un peu radical et difficile à écouter sur la longueur. La filiation avec Jacques Brel n'a jamais été aussi évidente que sur cet opus. L'interprétation rocailleuse de Leprest n'est pas étrangère à cette similitude... Tout comme l'atmosphère musicale, qui rappelle vraiment des morceaux typiques du Grand Jacques comme "L'éclusier", "Jaurès" ou "Vesoul", chansons portées par l'accordéon. D'ailleurs, sur "C'est peut-être", morceau majeur de "Voce a mano", Leprest fait explicitement allusion à l'auteur d'"Amsterdam". Outre "C'est peut-être", bouleversante chanson sur le déterminisme social, hommage aux petites gens, aux obscurs, aux destins brisés, on retrouve deux autres classiques du répertoire d'Allain: "La gitane", déclaration d'amour à la cigarette, et "Je viens vous voir", réflexion subtile sur le rôle du chanteur engagé. Parmi les autres titres, moins connus, on trouve pourtant quelques chefs-d'oeuvre. Deux d'entre eux, bizarrement, sont signés par d'autres plumes: "Le petit Ivry", magnifique texte sur l'enfance perdue est signé Emmanuel Dods... "Rue Blondin" est une chanson de Louis Arti, autre grand auteur méconnu de la scène alternative... Ailleurs, on chante l'amour: "Ma puce", "La meilleure de mes copains" et "Mon abat-jour" sont dédiés à la muse Sally... "Combien ça coûte", ode au bonheur tout simple, est l'une des plus belles chansons d'Allain Leprest... Tout comme "Vingt ans", qui évoque l'adolescence prolo du chanteur, avec quelques accents de Ferré, l'autre maître à écrire et à penser... Tout n'est pas inoubliable dans le disque... On passera sur "Chanter des fois", "Le Cotentin" et "Vas-y molo Quasimodo", chansons moins essentielles. N'empêche qu'en 1992, Allain Leprest est au sommet de son inspiration. Il le confirmera deux ans plus tard avec l'album 4 (sans doute son meilleur disque), qui aboutira au formidable concert à l'Olympia "Il pleut sur la mer". Après ça, la carrière de Leprest marquera légèrement le pas, avec des choix artistiques pas toujours heureux et des problèmes personnels qui nuiront au rayonnement de cet extraordinaire et anachronique poète de la chanson...


Connaît-on Encore Leprest ? (Coffret 1 Cd, 2 Dvd, 1 Livre)
Connaît-on Encore Leprest ? (Coffret 1 Cd, 2 Dvd, 1 Livre)
Prix : EUR 34,00

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Très bien, mais..., 20 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Connaît-on Encore Leprest ? (Coffret 1 Cd, 2 Dvd, 1 Livre) (CD)
Evidemment, on ne va pas bouder son plaisir... Une sortie autour de l'oeuvre d'Allain Leprest n'est jamais superflue... Bientôt deux ans que ce grand auteur méconnu nous a quittés, au grand désespoir de la petite confrérie d'admirateurs fidèles qui suivait chacun de ses concerts comme une messe... Ce coffret s'adresse surtout à eux, les collectionneurs, les amoureux d'une oeuvre rare et exigeante construite en marge des sentiers battus du show-bizness et bien plus radicale que celle des artistes contemporains que l'on veut nous faire prendre pour des auteurs (Bénabar, Biolay, Delerm, Thomas Dutronc, Renan Luce...). Ces admirateurs convaincus "connaissent encore Leprest" et l'ont toujours connu... Mais arrivera-t-on à le faire connaître à un public plus large? Rien n'est moins sûr, à une époque où la chanson dite à textes ne représente plus grand-chose...
Pour évoquer plus précisément ce coffret, on pourra jouer les rabat-joie et objecter quelques reproches: le cd 1 se présente comme une compilation de morceaux choisis du répertoire d'Allain. Mais les fans de la première heure le savent bien: les vrais chefs-d'oeuvre de Leprest se situent plutôt au début de sa carrière (disons les années 80 et 90 et ses quatre premiers disques). Ici, il est question uniquement des deux derniers albums studio, qui marquent à mon sens un léger déclin créatif. Le dvd 2 (concert de Leprest) nous donne hélas une image affaiblie de l'artiste, si proche de la fin. Si la set list est irréprochable, la prestation (piano minimaliste, voix éteinte, corps usé) rend difficilement justice aux chansons... Quant au dvd 3 (concert hommage), il n'apporte rien de plus aux deux volumes très réussis de "Chez Leprest" publiés il y a six ans. On retrouve plus ou moins les mêmes protagonistes et les mêmes chansons.
Posons la question sans détour: à quand une intégrale cd de Leprest? Rappelons que la discographie du poète de Mont Saint-Aignan se compose de 9 albums publiés entre 1986 et 2008 (7 albums studio et 2 albums live: "Il pleut sur la mer", enregistré en 1995 à l'Olympia et "Je viens vous voir", capté en 2002 à Castres. Leprest était encore en pleine possession de ses moyens, et accompagné par plusieurs musiciens). Pour revenir sur la discographie studio, il faudrait réparer une hérésie en rééditant les deux premiers albums sortis chez Gérard Meys (1986 et 1988), qui contiennent la plupart des grandes chansons: Bilou, Mec, Rimbaud, La retraite, Ton cul est rond, Joséphine et Séraphin, Y a rien qui se passe, Le café littéraire, Le sac à main de la putain, La dame du dixième... Et n'existent qu'en vinyle! Seul un cd de la collection millésime (1995) avait compilé maladroitement les deux 33 tours en faisant des coupes sombres...
On attend cette véritable intégrale... Passons outre les sombres querelles d'édition. Allain Leprest et son public méritent bien cet hommage...


Parade
Parade
Prix : EUR 7,49

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Prince pour tout le monde, 10 décembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Parade (CD)
A qui voudrait découvrir le petit prince du funk, génie des années 80 dont l'influence fut inestimable, on conseillera "Parade", album concis et varié, publié en 1986... Prince est alors à l'apogée de sa popularité, et la presse people se plaît à l'opposer à Michael Jackson (querelle préfabriquée et aussi idiote que celle qui dressa les Beatles contre les Rolling Stones dans les années 60). Prince se moque bien de cette vaine entreprise, trop occupé à bâtir une oeuvre novatrice qui marquera son époque. Mieux que "Purple rain" (un brin consensuel) et que "Sign of the times" (un peu long et exubérant), "Parade" est un disque hautement fréquentable, même pour le profane. On y retrouve un chef-d'oeuvre de Prince "pur jus", le célèbre "Kiss" (funk moite et cool, magnifiquement produit) et des chansons un peu plus surprenantes, comme le jazzy "Under the cherry moon" (à la mélodie renversante) et l'obsédant "Girls and boys" (avec ses voix samplées en français en guise de pont). Dans la même veine, "Do U lie", avec ses allures de comédie musicale et son accordéon, fait presque vagabonder notre esprit sur les bords de la Seine. L'album recèle enfin (en dernière plage) une ballade exceptionnelle: "Sometimes it snows in april", faisant de "Parade" un disque essentiel, qui justifie à lui seul la légende de Prince et représente son âge d'or... A conseiller aux gens qui croient ne pas aimer cet artiste original et finalement mal connu...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 14, 2014 10:00 PM MEST


So
So
Prix : EUR 14,00

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Photographie des eighties, 10 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : So (CD)
Les dates anniversaires ont parfois du bon. A l'heure où sortent pléthore d'albums inutiles et jetables, il est bon d'appuyer sur le bouton "rewind" de notre mélomanie, et de se replonger dans les délices d'un chef-d'oeuvre oublié. Celui-ci date de 1985 et tient en deux lettres: "So"... Un disque qui a marqué durablement son époque, et qui continue de cristalliser à lui seul toute la musique des années 80: un rock/soul synthétique teinté de musique du monde aux mélodies entêtantes. Son auteur, Peter Gabriel, est un ancien combattant du rock, qui s'illustra jadis chez Genesis, groupe progressif aujourd'hui un peu oublié... "So" constitue le point culminant incontestable de sa longue carrière... 9 titres inoubliables, magnifiquement chantés... Passons sur les tubes imparables "Red rain", "Big time" et le très célèbre "Sledgehammer" (avec son clip mémorable). Le sommet du disque reste sans doute "Don't give up", magnifique ballade au texte social, interprétée en duo avec Kate Bush. Même les perles moins connues comme "In your eyes", "That voice again" ou "Mercy street" constituent des sommets qui font de "So" un véritable classique. Mentionnons la production de Daniel Lanois (U2) pour ajouter à la légende... Evoquer "So" nous renvoie inévitablement à deux autres disques contemporains indispensables, commis également par deux anciens leaders de groupes légendaires: le "Dream of the blue turtles" de Sting et "Graceland" de Paul Simon. Toute une époque et un son... D'ailleurs, Sting et Peter Gabriel, outre leur intérêt pour l'altermondialisme, ont en commun une fin de carrière symphonique (ils ont tous deux revisité leur répertoire avec un grand orchestre). Mais mieux que le rock au musée, nous préférerons leurs albums originaux, portés par une rythmique inimitable et un souffle inégalable...


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