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Contenu rédigé par Pokespagne
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Commentaires écrits par
Pokespagne "Pok" (São Paulo, Brésil)

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Sound & Color
Sound & Color
Prix : EUR 10,99

4.0 étoiles sur 5 Puissant et créatif, 27 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sound & Color (CD)
Le premier album de Alabama Shakes, "Boys & Girls", valait surtout pour la découverte de la voix insensée de Brittany Howard, mais souffrait de chansons faiblardes, et d'un manque d'originalité patent. Les "Shakes" étaient visiblement conscients du problème, qui ont laissé trois bonnes années s'écouler avant de publier ce "Sound & Color" beaucoup plus acéré au niveau compositions, et surtout boosté par une production assez démentielle, qui propulse chaque morceau avec une puissance, et une créativité sonore assez renversantes. Au point que, cette fois, c'est le chant de Brittany qui, au moins au prime abord, apparaît comme le maillon faible de l'album (un comble, quand même !) : usant d'un falsetto quasi permanent, dissimulée derrière des effets sonores un peu épuisants, entourée de choeurs appuyés,cette voix magique se voit traitée ici comme un instrument, au même niveau par exemple que la guitare. C'est incontestablement déstabilisant, avant que, au fil des écoutes, on se familiarise avec ce nouvel Alabama Shakes, plus audacieux, plus rock aussi. Et qu'on finisse par apprécier "Sound & Color" à sa juste valeur.


Growing Up Is for Trees
Growing Up Is for Trees
Prix : EUR 14,99

5.0 étoiles sur 5 ENSEMBLE !, 26 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Growing Up Is for Trees (CD)
Le monde a-t-il vraiment besoin d'une version "light" de Arcade Fire ? La question se pose à l'écoute du pétulant dernier album des Suédois pléthoriques de I'm From Barcelona, "Growing Up Is For Tree". Les 3 premiers morceaux, irrésistibles, complètement exaltants - à la manière d'un "Funeral" débarrassé de sa noirceur et de sa métaphysique - semblent indiquer que, "Oui", en l'absence des maîtres, on se satisfait pleinement de la beauté fulgurante d'un "Helium Heart" qui nous froisse délicieusement notre cœur à nous, à défaut de nous le briser ! Ce sont néanmoins les morceaux suivants, un peu moins "sous influence", un peu plus enfantins, qui transmettent peut-être mieux les angoisses d'Emmanuel Lundgren, son besoin régressif d'être réconforté par sa bande d'amis qui chantent, dansent, jouent de leurs instruments hétéroclites autour de lui. Le programme de I'm From Barcelona n'a sans doute jamais été aussi clairement exprimé que sur cet album : jouer ENSEMBLE la musique la plus gaie qui soit, au risque - parfaitement assumé - de la naïveté, pour ne pas sombrer dans la morosité de nos vies adultes, qui semblent chaque jour un peu plus sans objet. Et faire que la Musique ne s'arrête JAMAIS. Un programme magnifiquement exécuté dans "Growing Up is For Trees", l'album qui nous rendra un peu plus heureux en 2015.


Mad Max 2 [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
Mad Max 2 [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook]
DVD ~ Mel Gibson
Proposé par METAMZCI
Prix : EUR 24,21

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Chef d'oeuvre indiscutable du film d'action..., 16 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mad Max 2 [Blu-ray + Copie digitale - Édition boîtier SteelBook] (Blu-ray)
Revoir le magistral "Mad Max 2", près de 35 ans après sa sortie explosive et mémorable (et juste avant un retour vaguement inquiétant aux affaires avec "Mad Max 4") permet - entre autres - de vérifier à nouveau la supériorité absolue de l'effet de réalité de la cascade sur le trucage numérique (la CGI, comme on dit aujourd'hui...) aussi parfait soit-il. Dans ce chef d’œuvre indiscutable du film d'action, outre la perfection de la narration, de la mise en scène - constamment juste et inspirée de George Miller -, de l'interprétation d'un Mel Gibson "à fond" (sans ce recul ironique qu'il a vite acquis en rejoignant Hollywood), on jubilera avant tout devant l'hystérie des scènes de poursuite, et devant ces tonnes de métal hurlant, écrasant les véhicules et broyant les corps avec un réalisme rarement atteint - ou du moins qui ne le sera plus à nouveau tant que les financiers crétins aux commandes du Cinéma populaire préféreront la parfaite sécurité de l'ordinateur à l'imperfection tellement risquée du réel.

Bien sûr, en 2015, on grimacera devant l'utilisation lourdingue de la très mauvaise musique de Brian May (cette obsession du "soulignement" musical est sans doute l'une des seules "fautes théoriques" commises par Miller), on sourira de l'incohérence fondamentale d'une histoire qui voit ses personnages gâcher à longueur de temps leur ressource présentée comme la plus précieuse, ou de l'imagerie "punk-SM" pas très fine, mais ce sont là de bien légères réserves par rapport à la beauté de "Mad Max 2" : les paysages désertiques de l'Australie - peut-être jamais encore filmés de cette manière - qui confèrent un cachet particulièrement aride et suffocant à l'ambiance du film, ainsi que la dimension mythique de ce héros post-moderne (cynique, perdu, pragmatique) et pourtant infiniment romantique qu'est Max, rendent le film inoubliable.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 6, 2015 11:41 PM MEST


Je suis vivant et vous êtes morts
Je suis vivant et vous êtes morts
par Emmanuel Carrère
Edition : Poche
Prix : EUR 7,95

5.0 étoiles sur 5 Palmer Eldritch dans le Ciel, 16 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je suis vivant et vous êtes morts (Poche)
Philip K. Dick a été mon auteur préféré dans les années 70, à l'époque où se sont constitués mes goûts littéraires, et sans dire comme certains que "Ubik" est l'un des 5 livres les plus importants de l'histoire de l'Humanité, il est certain que j'ai gardé de cette fréquentation le souvenir du plaisir aigu que me procuraient les défis conceptuels et les jeux paranoïaques phildickiens. Emmanuel Carrère est depuis quelques années l'un de mes écrivains favoris, lui qui semble capable de sublimer dans ses biographies la vie de quiconque, qu'il soit artiste ou criminel (ou les deux...). L'idée de lire la bio de Dick par Carrère, même en sachant qu'il s'agit d'une œuvre "de jeunesse", m'était logiquement irrésistible, et le moins que je dois dire, c'est que "Je suis Vivant et Vous êtes Mort" m'a procuré un plaisir intense, celui de retrouvailles avec un vieil ami de mon adolescence, avec ses éternelles plaisanteries, avec ses délires (aujourd'hui, on parlerait de "mindf***s") diablement séduisants. Des retrouvailles magistralement orchestrées avec la complicité évidente d'un Carrère qui prend fait et cause pour la schizophrénie polymorphe de Dick : peu importe la véracité des éléments biographiques - Carrère semble user de pas mal de "licence poétique" pour faire correspondre systématiquement chaque étape de la vie de Dick avec le contenu des romans composés à la même époque -, car le terrain que laboure ce livre, c'est évidemment celui de l'univers mental du "génie le plus barré" de la S.F. Chaque chapitre de "Je suis Vivant..." voit Dick s'engluer assez pitoyablement dans ses histoires d'amour dérisoires, dans sa consommation de drogues de plus en plus intensive, dans le désir enfantin d'une célébrité qui lui échappera toujours largement, et agit alors comme un tour d'écrou supplémentaire, visant à nous priver de tout espoir (... mais aussi de tout désir...) de retrouver un jour de le chemin de la sortie. Le chemin de la vie, de la réalité, de la raison, la sortie de la production littéraire de Dick, du livre de Carrère lui-même. Car l'idée géniale de "Je suis Vivant...", c'est quand même d'extraire de quelques-uns des romans-clé de Dick la quintessence de ses concepts paranoïaques - et visionnaires, n'ayons pas peur de le dire -, de les appliquer à sa / notre réalité, et de finalement renchérir par rapport à son postulat ludique de départ : pour Carrère comme pour le vrai fan phildickien, la plaisanterie "avant-dernière" est que Dick était bel et bien le Prophète du XXème siècle, clairement aussi barjo et aussi illuminé qu'un Nazaréen trafiquant de champignons hallucinogènes, mais nettement plus pertinent que lui. Et qu'il a bel et bien soulevé, pour notre plus grande joie et notre plus grande terreur, un coin du voile. Qu'il nous a montré ce que nul ne doit jamais voir : le visage convulsé de haine de Dieu, dans le ciel. Après ça, aucun retour possible, chacun de nous doit désormais se résigner à entrevoir régulièrement l'un des effroyables stigmates de Palmer Eldritch, histoire de ne jamais oublier que, de fait, nous somme tous MORTS.


Le Hobbit : La bataille des cinq armées [DVD]
Le Hobbit : La bataille des cinq armées [DVD]
DVD ~ Ian McKellen
Prix : EUR 12,99

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Le Cinéma est Mort, 14 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Hobbit : La bataille des cinq armées [DVD] (DVD)
Pourquoi perdre son temps - même cinq minutes - sur un désastre de l'ampleur de cette "Bataille des Cinq Armées" ? Par fidélité à Tolkien, ici poignardé, non, pardon, conchié par celui qui se disait son plus grand fan, ce Peter Jackson qui, je l'espère, ne sera plus autorisé désormais à faire le moindre film ? Pour exprimer mon incommensurable rage devant une telle accumulation de bêtise, de laideur et d'incompétence ? Pour contrebalancer tant de commentaires complaisants de pauvres spectateurs clairement aussi perdus que moi ? Que sauver de ces 144 minutes d'ennui profond, de consternation sans fond ? Une scène par ci par là, peut-être, mais l'effort en vaut-il la chandelle ? Scénario inexistant, acteurs en pleine pantalonnade, répétition jusqu'à la nausée, la vraie, des effets de signature de "mise en scène" Jacksoniens, et surtout, surtout, déréalisation mortifère de la 3D, transformant ce qu'on aimerait être des scènes épiques - ou même simplement d'action - en simulacres pitoyables de jeux vidéo. Toute intelligence bue, toute émotion oubliée. Ici, le Cinéma est Mort. Coulent mes larmes...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 6, 2015 6:39 AM MEST


Hotel Europa
Hotel Europa
Prix : EUR 20,98

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Rude déception !, 14 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hotel Europa (CD)
On brûlait d'envie depuis longtemps d'écouter la suite du brillant "Urk", datant quand même déjà de 1989, et sommet de la longue et riche discographie des Nits puisque traduisant parfaitement l'énergie, la fraîcheur et la fantaisie du groupe sur scène. "Hotel Europa" était un projet des plus excitants, puisque couvrant presque exactement ces 25 dernières années de concerts donnés par les merveilleux Bataves à travers l’Europe… Sauf que la déception s’avère rude : derrière une pochette magnifique – des photos de chambres d’hôtel à travers le continent européen et à travers le temps -, le contenu musical de "Hotel Europa" est extrêmement pauvre, et ne nous offre qu’une maigre poignée d’occasions de nous émerveiller comme autrefois sur la créativité du trio. La plupart du temps, cet interminable double album ne dégage qu’un profond ennui, et même un peu de gêne par instants alors que Henk et ses acolytes font des choix d’orchestrations pour le moins discutables, voire laids et ridicules : ce qui passe dans l’excitation du moment s’avère beaucoup moins digeste une fois gravé pour l’éternité. La principale cause de ce semi-désastre réside dans la sélection des morceaux, largement inédits – ce qui contentera certains fans, je peux l’admettre -… mais méritant clairement de le rester, la song list évitant soigneusement les morceaux les plus connus et les plus jouissifs (même si la fin du second CD rattrape heureusement un peu le coup). On peut aussi voir dans cet "Hotel Europa" la confirmation que la veine créatrice de nos chers Nits s’est peu à peu épuisée, ce que l’on soupçonnait évidemment à l’écoute d’albums qui étaient devenus avec le temps de plus en plus désincarnés. Sans doute est-il temps pour les Nits de plier leurs gaules, pour ne pas gâcher les merveilleux souvenirs qu’ils nous ont offerts durant la première partie de leur longue carrière.


Vulnicura
Vulnicura
Prix : EUR 13,99

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Rupture amoureuse, 11 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vulnicura (CD)
Si les ruptures amoureuses sont régulièrement une excellente source d'inspiration pour les artistes qui en manqueraient (... comme si souffrir était un carburant nécessaire, ce qui est à la fois un cliché honteux et une semi-vérité assez banale), elles ne sauraient non plus garantir la réussite du projet musical. Björk, qui tourne en rond depuis pas mal d'années, et nous trompe en la jouant de plus en plus "expérimental", histoire de cacher le déficit en mélodies de ses albums, a visiblement souffert le martyre du naufrage de sa vie amoureuse, et cette souffrance transparaît régulièrement au fil des plages de "Vulnicura", créant une émotion indiscutable - même si l'auditeur peut se sentir placé dans une position de voyeurisme inconfortable. Pour le reste, c'est "business as usual" chez Björk : des titres informes, interminables, plutôt bien orchestrés et bien produits, mais qui ne génèrent au final qu'un vague ennui... Mais, bon, comme d'habitude, la pochette est belle, voire même saisissante.


My Dreams Dictate My Reality
My Dreams Dictate My Reality
Prix : EUR 10,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Musiques fondatrices, 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : My Dreams Dictate My Reality (CD)
Comme Soko, on a adoré The Cure et sa douloureuse mélancolie. On s'est tout autant qu'elle excités sur les voix guerrières de ces chanteuses punk - Blondie, Siouxsie et quelques autres - qui ont défini une nouvelle féminité, intègre et pourtant sexy, à la fin des années 70. Et on s'était même promis de faire un jour un disque en hommage à ces musiques fondatrices. D'y parler de nous, du coup, de notre enfance, de nos parents, de nos révoltes, de nos dégoûts et de nos coups de cœur. Et puis le temps a passé et nous ne l'avons pas enregistré, cet album. Nous avons même arrêté d'écouter Robert Smith, ou Joan Jett, ou Siouxsie Sioux. Soko, elle, l'a fait. Et même bien fait. Parce que "My Dreams Dictate My Reality", malgré un léger déficit de production (le mal de notre époque, cette option lo-fi assez mal maîtrisée) atteint un équilibre parfait - instable, mais parfait - entre réminiscences plaisantes et appropriation intègre de codes qui pourraient pourtant dépassés. "My Dreams Dictate My Reality" est un album de plaisir, qui prête aisément flanc aux critiques, mais qui n'a rien de honteux, grâce à une poignée de mélodies bien troussées, et surtout grâce à la sincérité qui s'en dégage... A condition bien sûr qu'il ne s'agisse que d'une étape dans le parcours d'une jeune femme prometteuse. Et capable de bien d'autres choses plus originales. Comme sa prometteuse association avec Ariel Pink le démontre d'ailleurs ici !


Carrie & Lowell
Carrie & Lowell
Prix : EUR 10,99

4.0 étoiles sur 5 La paupérisation de la musique et ses conséquences..., 4 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carrie & Lowell (CD)
Nous philosophions l'autre jour sur la paupérisation de la musique, et son influence néfaste sur la qualité des albums (sur le thème : les Beatles n'auraient pas pu pondre leurs albums sans George Martin, et... beaucoup d'investissement en temps et en argent en studios), et voilà que déboule ce "Carrie & Lowell", qui me paraît une parfaite illustration de ce phénomène. Car il y a dans cet album tout pour la réalisation d'un vrai "chef d’œuvre" : un thème fort, universel (le deuil de sa mère et de son enfance), une cohérence totale issue d'un parti pris tenu jusqu'au bout (la légèreté et la délicatesse plutôt que le pathos, la lumière plutôt que l'obscurité), un auteur compositeur ambitieux et intègre - ce Sufjan Stevens toujours à deux doigts de la reconnaissance -, sans parler de quelques mélodies inspirées ("Fourth of July"). Et pourtant, ces promesses ne se matérialisent pas complètement ici : "Carrie & Lowell" n'est finalement qu'un petit album vraiment touchant, à écouter au casque, seul dans le noir, replié sur soi comme dans un cocon protecteur. Ou bien au contraire assis dans un fauteuil, loin du bruit du monde, en lisant les paroles, parfois obscures, parfois saisissantes. Il lui manque de la profondeur, de l'ampleur, du souffle. Il lui manque du travail pour mieux en avoir extrait la "substantifique moelle" de chansons un tantinet paresseuses. Il lui manque cette remise en question, cette confrontation au monde qu'aurait apporté un "grand producteur", et qui aurait permis d'introduire des surprises, des décalages, une perspective pus inspirée dans ce qui est, en l'état, le déroulement bien sage du "programme" d'un vrai artiste, ici abandonné à lui-même.


Ténèbres, prenez-moi la main
Ténèbres, prenez-moi la main
par Dennis Lehane
Edition : Poche
Prix : EUR 9,65

4.0 étoiles sur 5 Un maître..., 1 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ténèbres, prenez-moi la main (Poche)
Dennis Lehane, c'est l'un des rares auteurs de polars "à la mode" qui sache conjuguer, au delà des intrigues impressionnantes qui lui ont valu déjà un bon nombre d'adaptations réussies au cinéma, une belle élégance d'écriture avec une grande profondeur des personnages, clairement inscrits dans un lieu géographique (Boston) et un contexte socio-économique (le prolétariat d'origine Irlandaise). Ce qui fait que si, même si l'on peut trouver pas mal de choses à redire - pour une fois - à l'intrigue de ce "Ténèbres... ", datant quand même de 96 (serial killer peu crédible, guère de surprise dans la révélation finale du coupable, dernière scène de confrontation en forme de cliché qui tombe assez à plat), le plaisir de lecture est permanent : on rit de bon cœur aux saillies humoristiques qui abondent dans la patiente - et superbe - exposition des personnages et de leur environnement, on tremble sincèrement avec eux quand nos héros deviennent à leur tour victimes, bref on vibre intensément tout au long, ou presque, de ce thriller très humain, et souvent même très touchant. Lehane est un maître.


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