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Commentaires écrits par
Pokespagne "Pok" (São Paulo, Brésil)

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Des noeuds d'acier
Des noeuds d'acier
par Sandrine Collette
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

3.0 étoiles sur 5 Masochisme des lecteurs..., 9 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Des noeuds d'acier (Poche)
Sans doute faut-il plus qu'une petite tendance au masochisme pour lire un livre comme "Des Noeuds d'Acier", qui, comme le "Misery" de Stephen King auquel on le compare généralement, appartient au genre quand même assez limité (et claustrophobe) des "captivity thrillers"... Parce qu'on se saurait parler de plaisir le long de ces - pourtant courtes - deux cents et quelques pages de torture physique et mentale, d'humiliation et de dégradation extrêmes. Très bien écrit - ou tout au moins bien mieux écrit que 90% des polars qu'on ingurgite généralement - "des Noeuds d'acier" se dévore en quelques heures avec ce mélange de fascination et de répulsion qui en fait un ouvrage marquant. S'il a une qualité indiscutable, c'est son refus des concessions, sa détermination à nous éprouver jusqu'au bout, jusqu'à ces quelques pages de conclusion parfaites qui font littéralement saigner le coeur du lecteur. S'il a un défaut, c'est certainement un manque de "sous texte", de profondeur peut être, à la différence de "Misery", justement, qui doublait l'épreuve d'une jolie réflexion sur la création : Collette essaie bien dans la dernière partie du livre de créer un écho entre les frères monstrueux et la relation destructrice entre le "héros" et son frère, mais jamais ne nous convainc vraiment. L'énigme du comportement violent, déséquilibré, du personnage principal dans la toute première partie du livre se verra ainsi expliquée par le manque d'amour familial, mais ce thème lui-même reste assez superficiel, malheureusement. Finalement, c'est en nous faisant réfléchir - involontairement sans doute - sur l'inhumanité de l'esclavage que "des Noeuds d'acier" risque le plus de rester dans nos mémoires, au delà de l'extrême inconfort que sa lecture aura engendré en nous.


La Conjuration primitive
La Conjuration primitive
par Maxime Chattam
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Surenchère, 6 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Conjuration primitive (Poche)
Chattam a dû un jour se poser la question à 10.000 euros : comment aller plus loin, après plusieurs romans saturés d'horreurs en tous genres, de serial killers abominables, comment faire encore frissonner des lecteurs de plus en plus blasés devant les scènes gore que cinéma (hollywoodien principalement) et littérature (de gare, quand même) déversent depuis plusieurs décennies ? On imagine facilement que l'idée de base de "la Conjuration Primitive" est née de ce besoin de surenchère toujours plus fort, tout en empruntant les oripeaux - un peu hypocrites, M. Chattam - d'une alerte, d'une dénonciation des déviances de plus en plus répandues que crée notre société malade de sa consommation outrancière. Ceci posé, afin de ne pas être dupe de la manoeuvre, et à condition de survoler les passages gore régulièrement insoutenables qui abondent, "la Conjuration Primitive" n'est pas un trop mauvais livre, il se lit même avec un certain plaisir grâce à sa générosité en coups de théâtre, suspense et rebondissements en tous genres. Se terminant de manière virile dans une bataille rangée qui nous épargne la routinière confrontation finale avec le "Mal" (brrr), il n'évite malheureusement pas certains tunnels, comme les pénibles considérations sur la contamination des chasseurs par la folie des prédateurs. Et puis, quelle purge quand Chattam essaie d'adopter des accents lyriques pour nous décrire les moments d'extase (sexuelle en particulier) ou de transe de ses personnages ! Allez, Maxime, concentre-toi sur ce que tu sais faire le mieux, le thriller à l'américaine écrit avec les pieds... pardon avec les mots les plus simples possibles, c'est déjà pas mal !


Monster, tome 15
Monster, tome 15
par Naoki Urasawa
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 En deux parties distinctes, 30 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Monster, tome 15 (Broché)
Construit en deux parties distinctes, "La Porte de la Mémoire" nous offre d'abord la conclusion de la rencontre entre Eva, un personnage décidément de plus en plus intéressant (alors que les personnages féminins ne sont pas toujours complexes dans les grandes sagas d'Urasawa), et son "garde du corps" Martin, dans une ambiance émotionnelle forte, voire romantique - puisqu'Urasawa use cette fois du cliché très cinématographique des retrouvailles manquées sur le quai d'une gare. La force du personnage de Martin, et la séduction qu'il dégage, ne rend d'ailleurs que plus cruel la pâleur du personnage principal de "Monster", Tenma, qui est de moins en moins crédible lorsqu'il prend un air décidé et annonce pour la nième fois qu'il va tuer le monstre ! La seconde partie nous ramène à Prague, où nous retrouvons nombre de personnages secondaires - qui font, on le sait, la richesse des livres d'Urasawa - et assistons aux efforts, cette fois couronnés de succès, de Nina pour retrouver la mémoire, et nous en dire plus sur ce passé mystérieux qu'elle partage avec son frère jumeau. Un point intéressant de ce tome très riche est le retour à des considération politiques, le monstre manipulant (ou étant manipulé ?) par l'extrême droite allemande pour créer un nouveau führer (ce qui n'est pas vraiment une surprise, cette piste politique ayant déjà été ébauchée plus tôt dans la saga, de même que la question du racisme anti-turcs, à nouveau subtilement évoqué ici).


Revolutionary Son
Revolutionary Son
Prix : EUR 8,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Seulement disponible en MP3 ? (Une fois passées les 5 minutes de gloire...), 30 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Revolutionary Son (Téléchargement MP3)
Comment se fait-il que l'intérêt qu'avait éveillé le premier album de Fredo Viola en France ait totalement disparu 5 ans plus tard, alors que Viola publie un second essai, "Revolutionary Son" dans la même veine (une voix sublime, des expérimentations vocales audacieuses, une indéniable créativité, tant mélodique que formelle), et même, à mon goût, un tantinet meilleur ? Sommes-nous donc tant esclaves des modes que nous ne savons plus attribuer plus de ces fameuses 5 minutes de gloire warholiennes à des artistes "différents"? Pour les quelques uns qui n'ont donc pas tout à fait oublié le choc de "The Turn" (la chanson), "Revolutionary Son" propose de nouvelles ritournelles pop baroques, ludiques et tantinet absurdes, mais qui finissent par infuser un zeste de fantaisie et de joie impromptues dans notre grisaille quotidienne (voici un album parfait pour être écouté en voiture dans les embouteillages, et retrouver un peu de légèreté !). En allant un peu plus vers la pop traditionnelle sur certaines chansons, Fredo Viola baisse un peu le masque de "musicien érudit", et se fait plus proche de nous... plus attachant, à l'image de la couverture de l'album, célébrant des moments de joie et d'émerveillement, avec des enfants jouant avec la lumière. Il reste malheureusement ici quelques moments ennuyeux parce que par trop abstraits, à l'image de deux morceaux interminables ("The Cult" et "A Flood In the Cellar") qui intriguent à la première écoute, mais qu'on zappera allègrement par la suite. Gageons qu'une fois débarrassé de ses penchants "d'artiste contemporain" un peu précieux, Fredo Viola pourrait devenir un véritable magicien pop. Il en a le talent de compositeur et la voix enchantée.


Californication - Saison 7
Californication - Saison 7
DVD ~ David Duchovny
Prix : EUR 25,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Une catastrophe, 27 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Californication - Saison 7 (DVD)
Comme trop de séries qu'on a aimées un temps et qui se sont perdues dans la dernière ligne droite, "Californication" fait donc le faux pas qui tue dans cette dernière saison qui semble contredire tout ce qui faisait l'intérêt et l'essence de la série. Car outre le happy end qu'on craignait depuis longtemps, on voit ici Hank renoncer à ses obsessions - y compris artistiques - pour devenir un bon papa et donc ce bon mari si longtemps attendu. On voit Marcy et Runkle refuser (par romantisme, pudibonderie, etc.) de succomber à "une proposition indécente", soit une décision "morale" complètement incohérente par rapport à la vérité de ce couple pourtant passionnément construit au cours des saisons précédentes. Le plus symptomatique est de voir les scénaristes s'évertuer à désamorcer la fameuse scène blasphématoire de la fellation dans l'église,ce qui est d'une lâcheté inadmissible pour une série qui se voulait un temps provocatrice. Ajoutons qu'on ne rit guère tout au long de la saison, que la critique de la série TV - qui aurait pu permettre de mettre en perspective le travail de "Californication" - est superficielle et donc futile, et que le personnage pourtant capital du fils est tiré vers le bas par une très mauvaise interprétation. Bref, on est face à une catastrophe complète, qui dévalorise gravement une série qu'on aimait pourtant bien.


La douceur de la vie
La douceur de la vie
par Paulus Hochgatterer
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 Le paradis autrichien, 27 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La douceur de la vie (Broché)
A force de fréquenter Haneke et de lire des faits divers horrifiques se passant en Autriche, on s'est fait une représentation assez effrayante de la psyché de ce pays... et ce n'est pas "la douceur de la vie" de Paulus Hochgatterer qui va nous faire changer d'avis, tant le pédopsychiatre accumule en quelques centaines de pages une multitude de cas de névroses, psychoses et deviances diverses qui finissent par déprimer le lecteur le plus optimiste, surtout lorsque les victimes - ou même les coupables des exactions largement horribles contées ici - sont des enfants. La lecture de ce livre, plus ou moins faussement vendu comme un polar, s'avère donc éprouvante, et ce d'autant que Hochgatterer met à l'épreuve notre intelligence en passant d'un narrateur à un autre sans nous faciliter d'aucune manière la compréhension du récit qu'il construit, récit qui ressemble finalement plus à un puzzle de psychés malades qu'à un thriller ou même à la chronique d'une petite ville autrichienne qui a depuis longtemps (la seconde guerre mondiale, on le comprend à la fin) sombré dans la déraison. On doit admettre que Hochgatterer a un style magnifique, qui lui a d'ailleurs valu maintes récompenses, mais on regrettera le choix assez radical qu'il fait à la fin du livre d'abandonner sans un mot, sans un regard en arrière, les beaux personnages - comme le pédopsychiatre (justement) tourmenté et le flic désabusé qui tentent tous deux de saisir un peu de la vérité de leurs concitoyens. On avait appris à les aimer malgré les obstacles mis sur notre chemin par l'auteur, et on ne peut que se sentir frustrés de ce qu'ils n'aient droit à aucune "closure" qui aurait pu justifier - sans parler de guérir, bien évidemment - leur souffrance. Un léger bémol seulement à un livre rugueux, malaisant, mais d'une intelligence et d'une originalité confondantes.


Bayou Country
Bayou Country
Prix : EUR 7,00

5.0 étoiles sur 5 Retour à Bayou Country, 21 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bayou Country (CD)
Nous étions en 1971. Avant Iggy, Ziggy et le basculement du monde. J'avais un ami, un seul, qui pensait que - après les Doors - Creedence était le meilleur groupe américain. C'est à dire le meilleur groupe du monde, selon lui. Comme preuve, il me faisait écouter "Bayou Country", et à lui tout seul, il imitait la voix de Fogerty, la guitare de Fogerty, mais aussi les crocodiles et les moustiques presque aussi méchants du bayou. Je le regardais avec admiration, et aussi pas mal de crainte. Je crois que cette musique, avec cette voix de noir possédé, irrité, avec cette rythmique que rien ne semblait pouvoir arrêter, ni même dévier de son chemin, avec cette guitare qui tour à tour criait puis carillonnait, surtout au long de morceaux anormalement longs (justement), me semblait trop grande pour ma petite chambre de lycéen, où la moiteur du bayou n'avait jamais pénétré... Me faisait peur, comme le témoignage plein de superstitions d'un monde trop loin du mien. Mais, dans "Bayou Country", il y avait aussi "Proud Mary", que Tina Turner chantait aussi, mais moins bien, me semblait-il : l'une des plus belles choses que j'aie jamais entendu alors - je n'avais que 14 ans, imaginez-vous. Et "Proud Mary" me faisait songer que, au delà des délires vaguement effrayants de mon ami, je reviendrais un jour à "Bayou Country", et que ce paysage flou, ces hommes aux chemises à carreaux et aux fiers instruments, eh bien, ce serait un peu comme mon pays, comme ma famille. Enfin mon pays, enfin ma famille. Là où mon coeur aurait grandi, là où mes craintes se seraient enfin envolées, tant d'années plus tard. Aujourd'hui, j'ai 57 ans, et la musique de Creedence, ce blues mécanique, brûlant et instoppable, me met le feu au coeur, et aussi les larmes aux yeux. Là est mon pays, ma famille. Où es-tu, mon ami ?


Pom Pom
Pom Pom
Prix : EUR 12,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Merci, Ariel, pour nous avoir cochonné notre année Rock !, 14 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pom Pom (CD)
Moi qui ai connu et vécu le "rock décadent" - comme les journalistes de Best et Rock & Folk disaient au début des années 70 -, le prog déjanté de la même époque, Kim Fowley et Todd Rundgren ("A Wizzard, A True Star", quelqu'un ?), ce "pom pom" m'a soufflé (et même rendu un peu nostalgique - et pourtant, je hais la nostalgie !) : tout était là, à nouveau, avec la même exagération (prétention ou sens de l'humour ? le débat est toujours ouvert), mais aussi la même générosité un peu crado. D'ailleurs, Kim Fowley lui-même est là, c'est bien la preuve qu'Ariel Pink sait ce qu'il fait. Pourtant, je n'aimais pas Ariel Pink, pour l'avoir vu, ridicule, pas drôle et pénible, jouer de la disco grasse un soir à Paris avant que Black Lips et Liars n'emportent, eux, notre adhésion : je l'avais classé comme un "p'tit con, sans talent", et l'avais enterré. Mais "pom pom", s'il n'invalide pas totalement ce jugement (le côté "p'tit con"), prouve que du talent, le bougre en a : il y a ici des mélodies psyché que Syd Barret n'aurait pas reniées, des envolées qui rappellent le Genesis fou de "Foxtrott", des délires fragmentés en petits morceaux qui évoquent les débuts de Sparks. Il ya même une paire de belles, oui vraiment belles chansons plus conventionnelles ("Put Your Number...", "One Summer Night", "Consider Me Gone")... Le tout sali par un son garage rafraîchissant, concassé par des intrusions permanentes de gimmicks sonores et de dialogues débiles. Parfois, ça reste (ou devient) très fort, souvent c'est très drôle, mais ça arrive aussi à être grossier et lourd, indiscutablement. En fait, le pire défaut de "pom pom", c'est que ce n'est pas un album (avec un... sens, une logique, une sorte de construction thématique ou émotionnelle), mais un énorme gâteau obèse, écoeurant de "trop" (de mélodies, d'idées, de gags), un disque à peu près inécoutable dans son intégralité. On pourra d'ailleurs aussi trouver que ce pire défaut a tout d'une qualité, en une année (2014) où on a du mal à trouver plus d'une véritable idée originale dans un disque "normal". Alors, on va roter pour faciliter la digestion, et crier tous en choeur : "Merci, Ariel, pour nous avoir cochonné ainsi notre année rock 2014 !".


Autoportrait de l'auteur en coureur de fond
Autoportrait de l'auteur en coureur de fond
par Haruki Murakami
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

4.0 étoiles sur 5 Inexplicable, 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Autoportrait de l'auteur en coureur de fond (Poche)
Je déteste courir à pied, et je ne m'y suis même pas mis à la suite de la lecture de cet "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond" de notre cher Murakami. Et si j'ai parfois eu des velléités de devenir écrivain, j'ai l'impression que les "cours" d'auto-discipline que Murakimi dispense avec sagesse, parcimonie et modestie dans ce livre auraient tendance à me dissuader d'essayer un jour. Alors quoi ? Qu'est-ce qui fait que lire ce Murakami atypique est un enchantement complet, que ces pages pourtant anodines décrivant simplement le "travail", puis la manière dont se vit la course de fond, et l'écho de tout cela dans la vie du coureur, se dévorent à la même vitesse qu'un thriller américain ? S'agit-il de l'évidente beauté du style ? De l'humanité bouleversante de bien des passages qui nous renvoient poliment à nous-mêmes, à notre propre confusion et notre propre détermination ? Peut-être, oui. Ou bien c'est encore autre chose de moins discernable, ce petit grain de "génie" qui permet à Murakami de transcender avec légèreté tout ce qu'il écrit. Après avoir refermé cet "Autoportrait...", ivre de vitesse et parfois ému jusqu'aux larmes, je me suis dit que Murakami est vraiment un type qui pourrait vous passionner en réécrivant le bottin.


A bittersweet Life
A bittersweet Life
DVD ~ Byung-hun Lee
Prix : EUR 13,00

4.0 étoiles sur 5 Le dernier plan..., 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : A bittersweet Life (DVD)
Il est facile de manquer le dernier plan de "A Bittersweet Life", et, du coup, de passer à côté du film. D'ailleurs, c'est exactement ce qui m'était arrivé la première fois que j'avais vu le film. Comme "Shutter Island" (cela me paraît le meilleur exemple récent de remise en question finale de ce que l'on a vu - et parfois critiqué - auparavant), "A Bittersweet Life" offre une conclusion expliquant certaines dérives formelles du film qui s'étaient avérées choquantes, comme cette outrance croissante d'un déluge de violence de moins en moins réaliste, ces éclairs d'humour grotesque, ce gunfight final interminable... qui semblaient - avant ce dernier plan - dénaturer la beauté du film. A travers cette remise en question subtile de ce que l'on a pu voir et comprendre tout au long des deux heures qui ont précédé, KIM Jee-Woon nous offre un portrait extrêmement pessimiste d'un monde rongé par la violence, où les vieilles notions d'honneur ne dissimulent que l'absence totale d'humanité des personnages : le "héros" rêvé du film, machine à tuer quasi indestructible réalisera que pour "réussir" professionnellement, il ne faut aimer personne. Mais il nous propose aussi une "sortie" : s'arrêter pour contempler la beauté (de feuilles qui vibrent dans le vent, du visage d'une femme absorbée sur la musique qu'elle joue au violoncelle), déguster une tasse de café en contemplant la ville à travers une vitre... prendre la bonne décision. Tout cela avec mis en scène puissante, juste, d'une grâce stupéfiante. Un chef d'oeuvre ?


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