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VIRY 02 (FRANCE)

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Super Session + Bonus Track
Super Session + Bonus Track
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 5,81

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE PHILIPPE PARINGAUX MAGAZINE ROCK&FOLK, 22 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Super Session + Bonus Track (CD)
CHRONIQUE DE PHILIPPE PARINGAUX MAGAZINE ROCK&FOLK JANVIER 1969 N°24 Page 61
Album 1968 33T Réf : CBS 63396 gb
Un disque qui arrive à son heure pour faire justice de certain procès que l’on fait un peu trop souvent aux musiciens pop américains ; beaucoup leur reprochent de s’être laissé dépasser depuis un moment par les Britanniques et de ne plus être tout à fait dans le coup. Voici le démenti flagrant, sous forme d’une vraiment super-session qui remet les choses et les idées en place. Mike Bloomfield, Al Kooper, Steve Stills et le bassiste Harvey Brooks peuvent tous prétendre à une première place mondiale, catégorie pop (nous avons interrogé plusieurs instrumentistes français à ce sujet : Brooks a fait l’unanimité, les autres ont toujours été cités). Musiciens perdus navigant de groupes éphémères en sessions nocturnes (Kooper : ex « Dylan » et « Blood, Sweat and Tears » ; Bloomfield : ex « Dylan », « Paul Butterfield » et « Electric Flag » ; Stills : ex « Buffalo Springfield »), ils sont réunis ici pour un enregistrement dont la qualité, à tout point de vue, atteint les sommets : qualité de propreté et de mise en place d’abord, absolument impeccables, tout comme la gravure (de la vraie stéréo !) ; qualité du répertoire ensuite, bluesy avec Bloomfield, plus folk avec Stills (qui remplaça Bloomfield, tombé malade, pour la seconde séance) ; qualité des musiciens enfin, toujours inspirés mais jamais bavards, toujours spontanés mais jamais brouillons (ce qui n’est pas toujours le cas des Britanniques), et qui savent remarquablement ordonner leur fougue sans plus tomber dans la sécheresse qu’ils ne tombent dans la virtuosité gratuite (ils pourraient pourtant). Bloomfield est le plus bluesy, longues phrases sinueuses à la T. Bone Walker (régal des « intros » précédant les descentes et les remontées nerveuses mais sans saccades, exploration large des possibilités sonores de l’instrument et grand usage des cordes basses (régal des « entrées »). Kooper est le plus jazz des trois, son jeu est très linéaire et dépouillé, vierge d’effets (à la différence de certains organistes britanniques à la réputation bien surfaite). Bon soliste, il fait surtout merveille dans l’accompagnement, tissant et étalant de lourdes nappes sonores et frémissantes derrière les guitaristes. Il chante aussi d’une voix, dit l’auteur des notes de « Soulful Asthmatic », ce qui est une très bonne définition. Stills est le plus folk, son jeu est moins brûlant que celui de Bloomfield, moins noir aussi. Jeu moulinant, presque mécanique, sonorité très étouffée et très belle. Moins exubérant et moins imprévisible que Bloomfield, Stills fait preuve d’une rigueur et d’une continuité certaines dans l’improvisation, suivant son chemin sans s’en écarter d’une ligne (il ne joue cependant pas assez en solo pour être jugé su ce seul disque) ; à noter l’usage extrêmement intelligent qu’il fait de la pédale wah-wah dans le merveilleux « Season Of The Witch ». Quant à Harvey Brooks et au batteur Eddie Hoh, ils font leur travail à la perfection, toujours avec cette recherche de l’efficacité dans la simplicité qui prouve que, s’il est vrai qu’il n’y a que deux sortes de musiques, la bonne et la mauvaise, le pop, grâce aux géniales folies d’un Hendrix comme aux hommes de cette super-session, est en train d’envahir le premier camp.


Atom Heart Mother (Discovery Edition)
Atom Heart Mother (Discovery Edition)
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE PAUL ALESSANDRINI MAGAZINE ROCK&FOLK, 8 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Atom Heart Mother (Discovery Edition) (CD)
CHRONIQUE DE PAUL ALESSANDRINI MAGAZINE ROCK&FOLK DECEMBRE 1970 N°47 Page 82
5° Album 1970 33T Réf : Harvest SHVL 781
Ce que laissait pressentir "Umma Gumma", mais surtout, déjà, "More" se confirme : le Pink s'éloigne de la folie interspatiale du premier disque pour épurer le son, assumer le dandysme anglais. Une Angleterre sublimée, celle du rite, des cérémonies : thé, breakfast. Déjà la pochette qui est une célébration de la douceur de la campagne anglaise, des pelouses vertes.
La folie Syd Barrett est maintenant bien absente. Reste un désir d'élargir le son, d'amplifier la plénitude : ici, c'est l'adjonction du trombone, des choeurs. Si l'on s'éloigne de toute violence, de toute définition satisfaisante de la pop music, reste un charme fascinant, mais de ceux qui semblent couler, apaisants. Ce n'est pas un monde fragile, ou incandescent, mais une sorte d'alchimie des parfums de l'Angleterre : dandysme, humour, distinction, mais aussi repli, silence. Il nous semble assister à une cérémonie au lyrisme ample et sans passion, un voyage qui n'est plus total, sidéral, mais qui est comme une promenade à travers la campagne anglaise peuplée de ses silences, de ses chuchotements, de ses bruits avortés. Une musique qui se referme, ne s'offre plus mais se satisfait d'elle-même de son propre sommeil, de son charme irrésistible.


Birds Of Fire
Birds Of Fire
Prix : EUR 5,49

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE JEAN CHRISTOPHE LEVINSON MAGAZINE ROCK&FOLK, 2 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Birds Of Fire (CD)
CHRONIQUE DE JEAN CHRISTOPHE LEVINSON MAGAZINE ROCK&FOLK AVRIL 1973 N°75 Page 82
2° Album 1973 33T Réf : CBS 65321
Le cadre très restreint d'une chronique se prête assez mal à l'analyse de ce dernier disque du Mahavishnu Orchestra. Il existe pourtant, entre la tentation du silence ("la musique parlant toujours d'elle-même", comme le disait John Coltrane), et la facilité de n'énoncer que des clichés, un point que nous aimerions développer, à propos du prétendu délire qui hanterait l'univers de John McLaughlin. Cette notion de délire semble provenir d'un contresens fait sur le baroquisme évident d'une telle musique. Par baroquisme, nous entendons l'emphase, le gonflement du discours au sein duquel se superposent plusieurs lignes mélodiques, plusieurs rythmes, plusieurs climats, au sein duquel les alliages sonores se font de plus en plus raffinés (au point que le Moog, la guitare et le violon parviennent à se confondre en une authentique fusion, une seule et unique parole habitant les diverses individualités du Mahavishnu Orchestra, sorte de construction géométrique éminemment complexe, poursuite toujours plus avancée vers une plénitude et une intensité dont le but suprême est que la musique, dans la moindre de ses manifestations, soit commandée par une "logique supérieure" (parallélisme certain avec la métaphysique même de John McLaughlin), dépassant (en les récupérant)
les énergies et les volontés parfois forcément antagonistes des membres du groupe.
Mais, de même que la base de la voix mystique est l'ascèse (c'est à dire l'absolu contrôle de soi), l'implacable logique des compositions de John McLaughlin (rigueur de la mise en place, équilibre entre les solos et les ensembles, parfaite maîtrise de la balance sonore, etc...) nous interdit de parler de délire. Celui-ci ne commence que lorsque le déroulement du discours échappe à la vigilance du créateur. Et l'on sent bien, tout au long de "Birds Of Fire", que la parole, bien que merveilleusement mobile, parfois sinueuse, toujours étonnante et inattendue est cependant régie par une très forte discipline d'ensemble qui barre le chemin de l'abandon de soi, du délire en d'autres termes. Il y a, comme fondement de cette musique, un évident travail, pas seulement au niveau de la mise au point des morceaux, mais aussi, et surtout, au niveau du contrôle des énergies individuelles. Le disque lui même ne se présente plus comme la juxtaposition de divers climats sans lien apparent entre-eux, mais obéit à une évolution interne où la circularité du premier thème, "Birds Of Fire", est reprise dans la clôture de "l'oeuvre",
"Resolution", répétition "Ad Infinitum" d'un même motif. Et puis écoutez aussi le solennel "Sanctuary", avec cette merveilleuse improvisation de Jan Hammer au Moog, et "Sapphire Bullets Of Pure Love", pour cette atmosphère à la fois mystérieuse et naïve que crée l'union du piano acoustique et de la guitare sèche, instant de repos et d'innocence paisible que s'offrent parfois les ascètes...
Que dire d'autres, sinon que "Bird Of Fire" apparaît comme le plus achevé, à ce jour des disques du Mahavishnu Orchestra, cristallisation parfaite des désirs du leader John McLaughlin, naissance d'une "beauté violente" enfin équilibrée.


Sufficiently Breathless
Sufficiently Breathless
Proposé par RAREWAVES USA
Prix : EUR 5,73

4.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE PATRICK GRACZYK MAGAZINE ROCK&FOLK, 1 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sufficiently Breathless (CD)
CHRONIQUE DE PATRICK GRACZYK MAGAZINE ROCK&FOLK NOVEMBRE 1973 N° 82 Page 93
2° Album 1973 33T réf : Capricorn 47510
Voilà un album qui nous fera doublement oublier la désastreuse prestation de l'Olympia (rappelez-vous la première partie des Doors en mai 72). En ces temps-là, Captain Beyond semblait harassé par des problèmes d'équilibre musical, incapable de pouvoir s'échapper de la vacuité qui le tenait. Mais les ans lui ont ouvert les portes et lui ont procuré la maturité salutaire, d'où ces changements de personnel (Marty Rodriguez) et d'orientation survenus depuis, et surtout ultérieurement au premier album, assurément inférieur à celui-ci. Enfin, "Sufficiently Breathless" démontre que le groupe cachait bien des facultés que l'on ne soupçonnait point à une époque. Plus encore que sa qualité, c'est sa fraicheur qui saisit.
Dans un tout autre style, Captain Beyond propose ici une musique diantrement swingante, un alliage impeccablement dosé de rock et de rythmes latins, ceux qui possèdent particulièrement la magie de rendre, en un quart de tour, les musiques encore plus charmantes, encore plus étourdissantes. D'autant plus que le groupe a su s'augmenter de musiciens non seulement compétents mais surtout prêts à sacrifier un peu de sueur pour offrir à l'ensemble des couleurs à la fois infiniment plus chatoyantes et excitantes : Guille Garcia (congas, timbales, percussion) et Reese Wynans (electric & acoustic piano). Ainsi, l'incursion de ces deux bonshommes a apporté à la musique de ce groupe jadis rudimentaire qui avait puisé son énergie dans les mêmes entrailles que les gens avec lesquels chacun des membres avait joué auparavant. Que ce soit avec Iron Butterfly pour Lee Dorman (basse) et Rhino (lead, acoustic & slide guitars) ou avec un Deep Purple encore méconnu pour Rod Evans (vocals), chacun marquait au fer rouge sur la musique les leçons apprises au fil de ces aventures éphémères ; mais la synthèse ne rendait que vain tout espoir d'originalité et d'esthétique. Le résultat n'offrait qu'une tournure sujette à la violence sonore, une "compression" des sonorités qui annihilait toute grandeur d'âme.
Aujourd'hui, l'esprit de Captain Beyond a bien changé et, inévitablement, la musique a fait peau neuve. Une chose engendre une autre ...
Plus de fournaise sonore, mais des rocks allégés, bien construits, qui éliminent toute trace d'un passé délétère. Évidemment, le responsable le plus proéminent de cette volte-face pourrait bien être Guille Garcia, locomotive qui éructe ses vapeurs enivrantes et qui entraine sa suite vers les décors de son pays au rythme de percussions fébriles ("Everything's A Circle", "Distant Sun"). Mais, si bien agencés sont les morceaux, que même ceux qui excluent toute influence latine n'en suscitent pas moins une curiosité profonde. Car nous sommes aux antipodes du groupe de la première heure, de ce heavy-rock grondeur qui était sa marque de fabrique. Désormais, la musique apparait plus étirée, plus limpide aussi ; la guitare n'écrase plus, par sa lourdeur, les autres instruments, mais au contraire, se fond dans l'ensemble, voire même décuple son efficacité en background, dans certains cas ("Bright Blue Tango"). Par le cisèlement de notes claires stridentes, le style de Rhino frise parfois celui-ci de Carlos Santana ("Everything's A Circle"), toutes proportions gardées évidemment, et l'on peut s'empêcher d'évoquer la chaleur ambiante du studio, les balancements lascifs. Même Rod Evans qui semble maintenant jouer sans encombre avec sa voix, laisse parler les musiciens parmi lesquels se manifeste particulièrement Reese Wynans avec, dans ses mains, son piano électrique qui sème çà et là ses notes onctueuses et contribue à nourrir plus amplement le nouveau sound de Captain Beyond ("Drifting In Space") et "Starglow Energy", morceau dans lequel on note la participation de Paul Hornsby à l'orgue). Dans cet album, on survole un éventail de styles (cosmique, acoustique, afro-cubain), et c'est bien là l'explication exacte de ce charme si singulier. "Sufficiently Breathless" pourrait bien sonner en même temps, la fin d'un trop long sommeil et la réalisation de foisonnants jolis rêves accumulés dans l'esprit du groupe. Enfin.


Fun House
Fun House
Prix : EUR 6,99

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE PAUL ALESSANDRINI MAGAZINE ROCK&FOLK, 27 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fun House (CD)
CHRONIQUE DE PAUL ALESSANDRINI MAGAZINE ROCK&FOLK DECEMBRE 1970 N°47 Page93
2° Album 1970 33T Réf : ELEKTRA 74071
Le son d'une ville : Detroit. La violence, l'agression, le désir de tout balayer, de faire table rase, d'écorcher les sons, de porter le cri aux limites du supportable. On est loin ici d'une musique hippisante, des mots peace and love ; c'est plutôt WAR ; musique en révolte qui appelle à la guerre contre l'ordre établi, à la profanation d'une morale. Musique perverse, à l'image du chanteur, Iggy, qui descend dans le public pour se livrer à une agression physique caractérisée, de type sado-masochiste. Martèlement sans fin de la batterie, cris étranglés du saxophone, rugissement des amplis saturés - une sorte de tornade rouge, une lave incandescente qui déverse un flot ininterrompu de décibels. La rock and roll music retrouve des équivalences de l'esthétique free jazz : au cri pur et tranchant du saxophone répondent la saturation des amplis, le larsen, la réverbération. C'est aussi une musique de la joie rouge, d'une révolution en marche. Une musique presque physique qui retrouve le degré zéro du son : le bruit, amplifié, sorte de tension constante, ligne tendue qui s'accélère, se dédouble dans la profusion des sons, dans leur intensité. Aucun répit, aucune limite, ouverture aux vertiges du hasard, mais sur l’armature que constitue le constant roulement rythmique de la batterie.
Écoutez "L.A. Blues" pour goûter aux joies sensuelles de l'explosion, de la violence créatrice, de l'appel aux armes. Une musique de rupture, de cassure, qui est fière de sa singularité, consciente de sa force et qui ne sent aucun besoin de s'apaiser. Au contraire, on sent une détermination aux limites de la morale bourgeoise, de refuser ainsi toute récupération. Après le premier disque du MC5, et peut être plus parfaitement encore, c'est l'explosion absolue de la rock and roll music.


For Those Who Are About To Die We Salute You
For Those Who Are About To Die We Salute You
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK, 26 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : For Those Who Are About To Die We Salute You (CD)
CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK OCTOBRE 1969 N°33 Page 79
1° Album 1969 33T Réf : Fontana STL 5510 gb
Tout d'abord, une belle pochette, double comme il se doit, avec des notes signées Jon Hiseman, le leader du groupe. On y apprend que les membres du Colosseum (Colisée) se connaissent depuis longtemps, du moins en ce qui concerne J. Hiseman, D. Greenslade et T. Reeves. Hiseman rencontra Dick Heckstall-Smith chez Graham Bond (qui est en train de reformer un orchestre en Angleterre, après un long exil aux USA).
Hiseman, Slith, Reeves, font ensuite un stage chez Mayall et forment après "Bare Wires", le Colosseum. "Those Who Are About To Die" est leur premier LP. "Walking In The Park", de Graham Bond, déménage sérieusement, avec des riffs qui vous font sauter. L'orgue de Greenslade se promène derrière les cuivres, bien qu'il soit parfois en évidence, tout comme la batterie d'Hiseman, éblouissant de technique et de punch. Reeves est là aussi, et il sort un agréable petit solo dans "Mandarin". Colosseum délire un peu dans "Debut", mais rien de comparable à ce qui se passe dans "Beware The Ides Of March" trois accords de Bach deviennent un excellent prétexte à un délire que pourrait leur envier Hendrix lui-même. Greenslade se révèle ici comme un organiste excellent, aussi bien en temps que soliste qu'accompagnateur, Hiseman utilise certainement plusieurs paires de baguettes simultanément, et James Litherland n'est certes pas inférieur à ses collègues. Quant à Heckstall-Smith, il n'y a pas de problème, il est fabuleux. "The Road She Walked Before" swingue gaiement, tandis que "Blackwater Blues" (spécial flirt) nous fait apprécier une fois la classe d'Heckstall-Smith. "Those About To Die" plein de gimmicks (dans le cas présent, surtout pas confondre avec "clichés"), termine un disque caractérisé tout d'abord par sa qualité - il n'y a pas de déchets ; par son genre blues, jazz-pop : c'est de la pop-music de 1969, assez rare en Grande Bretagne pour qu'on le signale ; et enfin, des musiciens qui jouent décontractés (parce qu'ils en sont capables), des musiciens qui jouent en se faisant plaisir, heureux de faire la musique du Colosseum, sans que l'un ou l'autre ait la parle coupée par le leader. Facilement un des cinq meilleurs disques sortis cette année par les groupes anglais.


Mad Dogs & Englishmen
Mad Dogs & Englishmen
Prix : EUR 29,99

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK, 22 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mad Dogs & Englishmen (Album vinyle)
CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK OCTOBRE 1970 N°45 Page 83/84
3° Album 1970 33T Réf : A&M Records AMLS 60021/22
Ce fut une histoire bien extraordinaire que celle de Joe Cocker et Mad Dogs & Englishmen. Une histoire, qui, d'ailleurs, n'est peut être pas tout à fait terminée puisque Joe Cocker aura prochainement besoin d'un groupe, d'un morceau de cette troupe de quarante personnes qui l'accompagna à travers les Etats-Unis au cours des mois de mars, d'avril, mai derniers. Lorsque Cocker dit son intention de faire une tournée américaine, on lui fit comprendre qu'il lui faudrait engager des musiciens américains. Cela se passait le 12 mars. Le 13 , Léon Russel téléphona à Cocker, lui demandant de le laisser monter un groupe susceptible de l'accompagner. Le soir même, dix musiciens étaient rassemblés et commençaient à répéter. Au fil des journées, d'autres musiciens, d'autres chanteurs venaient se joindre à ceux qui répétaient inlassablement pendant dix ou douze heures d'affilée. Lors de ces séances furent enregistrées deux chansons, « The Letter » et « Space Captain ». Quelqu'un proposa de faire filmer la tournée ; on dut prévoir un avion plus grand, pour transporter les quarante-trois personnes de l'entreprise Cocker. Une grande famille composée de musiciens, de roadies, sonorisateurs, femmes, enfants, secrétaires, cinéastes, qui s'envole pour Détroit où débute la tournée. Le 16 mai, chacun part de son côté. Il paraît qu'ils se sont bien amusés. On le verra bien, puisqu'un film va sortir, un jour. Un de plus.
Reste ce double LP. Sur le strict plan de la présentation, c'est certainement l'ouvrage le plus impressionnant jamais réalisé en matière de pochette qui se déplie en formant un carré de 60 sur 60. Du carton bien épais, de la couleur partout et un gigantesque poster, agrandissement de l'illustration intérieure (une affiche de théâtre). On en prend plein les yeux, avant d'en prendre plein les oreilles. Enregistrement public ; ambiance Fillmore East, par une belle soirée de mars 70. Ingénieur du son en chef : Glyn Johns (évidemment). Vraiment pas bidon, Joe Cocker. Vraiment pas bidons, Léon Russel, Chris Stainton, les filles qui chantent, les types qui font de la musique comme des déments pour un public qui gueule sa joie pendant des heures. C'est bon d'entendre, (presque de voir tant est « live » cet enregistrement), Russel diriger au doigt et à l'œil cet énorme orchestre, Cocker haleter entre deux morceaux. Et ces six filles qui font « Ouh », « Ah », s'élancent très haut alors que Cocker râle ou que Russel sort un solo de guitare renversant, que cette batterie cogne désespérément pour soutenir cette énorme machine. Laquelle devient une merveille de finesse lors du bouleversant « Bird On The Wire », se divise pour un « Girl From The North Country » (dédié à son auteur, ce type qui a fait « quelques » bonnes chansons). Ou bien, pour quelques minutes, on en déplace le pôle d'attraction ; Cocker s'efface en faveur de la voix pure de Rita Coolidge, l'une de ces filles qui chorusent comme si elles n'étaient qu'une « Stick And Stones », « Cry Me A River ».
Ce n'est pas ce disque qui apportera quelque chose à la pop music. Même si les musiciens de ce (super) groupe sont tous excellents, leur musique n'aura pas une importante influence sur l'avenir. C'est bien plutôt la façon dont Mad Dogs & Englishmen a existé qui est importante. Ce disque est la victoire de musiciens pop qui, en quelques semaines, en quelques heures de répétitions, ont réussi à rendre cohérent cet orchestre hybride. Ils montrent que cette musique est le fait de gens qui partagent les mêmes idées, la même conception de leur art. Un nouveau pas vers la disparition des groupes permanents, la preuve qu'il n'est plus nécessaire de rester et de travailler de longues années ensemble pour aboutir à un résultat tangible. Ce sont des gens comme Léon Russel, Bobby Keys, ces super-sessionners qui montrent à quel point cette musique vit, produisant d'elle-même la certitude qu'elle ne risque pas de scléroser. Elle vit tellement, cette musique, qu'elle ne pardonne pas à qui ne suit pas son rythme. Les Beatles ont compris cela depuis longtemps, Mick Jagger, qui a tant besoin des Stones, les entraîne à nouveau sur la route, parce que seule la scène est la raison d'être d'un groupe. A Joe Cocker revient le mérite de ne pas se laisser dépersonnaliser au sein de cette délirante tribu.


Troubadour
Troubadour
Prix : EUR 6,99

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE JEAN LOUIS LAMAISON MAGAZINE ROCK&FOLK, 16 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Troubadour (CD)
CHRONIQUE DE JEAN LOUIS LAMAISON MAGAZINE ROCK&FOLK NOVEMBRE 1976 N°118 Page 117
4° Album 1976 33T Réf : Philips 6369 131
Chacun de nous a dans sa collection des disques qu'il réserve pour certaines occasions, certains états d'âme. Chez moi, il y a les disques de J.J. Cale. J'écoute J.J. en fin de soirée, tard, lorsque la dernière bûche achève de se consumer, que mon verre est vide, et qu'il n'y a plus rien d'autres à faire que d'aller se coucher. La musique de J.J. Cale et l'atmosphère délicieusement hypnotique et relaxante qui s'en dégage s'adaptent parfaitement à cela. Sa voix forte, chaude et voilée, le son unique de sa guitare, le délicat shuffle de la rythmique, les cuivres qui s'insinuent presque à votre insu, tout cela évoque immanquablement le calme des clairs de lune campagnards, la douce quiétude des veillées d'été, couché dans l'herbe derrière la maison, à deux pas de l'étang. La musique de J.J. c'est pour moi la véritable musique du Sud des Etats-Unis . Pas besoin d'avoir traversé le Tennesse en greyhound pour piger. Trip garanti. Trip garanti. Do not distrib.
Les albums de J.J. Cale ne vieillissent pas, on ne s'en lasse jamais, et même lorsque vous êtes saturé de musique et que vous ne savez plus quoi poser sur la platine, soyez sür que le seul salut dans ces moments-là, c'est J.J. Tentez le coup, et envoyez "Call The Doctor", "Changes",
"Magnolia" ou "Rock'n'Roll Records" : ça marche à chaque fois. "Troubadour" est le quatrième album de Cale, et c'est sans doute le plus commercial de tous. J'ai rien contre. Il faut bien considérer qu'être une légende vivante est certainement agréable mais ne nourrit pas forcément son homme. Bien que je croie pas J.J. capable de ce genre de calcul ; trop fatiguant. Mais peut-être Audie Ashworth a-t-il simplement envie de changer de bagnole...
Quoi qu'il en soit, c'est du gâteau, et "Cocaine" doit être un hit en 45T, à moins que les radios ne décident de la censurer. Allez savoir :
"If you want to get down, down on the ground : cocaine." Subversif ? Le solo de guitare de Reggie Young ne l'est pas, lui, et même à l'époque de Mac Gayden on n'a jamais entendu un solo de guitare pareil sur un morceau de J.J. Et c'est J.J. lui-même qui tient la basse et envoie les petits licks de guitare derrière Reggie. Par rapport à "Okie", son album précédent, Cale a considérablement réduit le nombre de ses accompagnateurs. Ici, le strict minimum : guitare, basse, batterie, parfois un piano, parfois quelques cuivres, mais la plupart du temps tout se passe en famille. "Hey Baby" a été enregistré dans une petite baraque à Murfreesboro (?). Pour le folklore sûrement, parce que le studio de Chip Young (l'ingénieur du morceau) se trouve dans le même bled. Mais "Hey Baby" est ma favorite après "Cocaine" : J.J. a dû s'envoyer soixante Marlboro avant d'enregistrer sa voix, et puis il y a ce riff de cuivres qui débarque d'on ne sait trop d'où. Si vous voulez connaître le nom des souffleurs, regardez sur la pochette de "Okie" ce sont les mêmes que sur "Rock'n'Roll Records".
"I'm A Gypsis Man" est la seule reprise de l'album, c'est aussi le seul titre à avoir été enregistré en Californie, au cours d'une tournée, car J.J. y est accompagné par ses musiciens de scène, ceux-là mêmes qui étaient avec lui à Paris. Il faut croire que cela devait le travailler, parce que J.J. n'est pas le mec à faire deux choses à la fois.
Quand je disais que ce disque est commercial ; on n'y trouve pas moins de deux chansons sur lesquelles il est impossible de se retenir de marquer la mesure avec son pied : il s'agit des deux titres "jazzy", "Hold On" et "You Got Me On So Bad". Et il y a même un synthétiseur sur "You Got Something" ! "Commercial" donc, mais soyez tranquille les chansons coulent toutes seules, comme d'habitude, et J.J. est toujours le même, je serais prêt à le jurer. Et restez calme : J.J. Cale n'est pas un génie, et il n'y a pas à s'exciter sur lui. J.J. est tout simplement un superbe auteur-compositeur-interprète, un type de la campagne, paisible, intéressant, timide, pas tout à fait ordinaire, et qui a enregistré quatre albums presque que parfaits.

Discographie de Mac Gayden :
1973 McGavock Gayden 33T Réf : EMI EMA 760
1976 Hymn To The Seeker 33T Réf : ABC Record ABCD 960 us
1976 Skyboat 33T Réf : ABC Record ABCD 927 us


Brothers and Sisters
Brothers and Sisters
Prix : EUR 10,00

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE DANIEL VERMEILLE MAGAZINE ROCK&FOLK, 12 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brothers and Sisters (CD)
CHRONIQUE DE DANIEL VERMEILLE MAGAZINE ROCK&FOLK OCTOBRE 1973 N°81 Page 91/93
5° Album 1973 33T Réf : Capricorn 47507
Va-t-on attendre aussi longtemps que pour le Dead pour reconnaître la grande valeur musicale des Allman Brothers ? Les gens de Capricorn Records baptisent leur Son "basic-country-blues-funk", mais les membres du groupe ne s'embarrassent pas de tels concepts. Leur musique évolue mieux sur scène que dans les studios, et depuis bientôt quatre ans ils tournent aux Etats-Unis en ne s'arrêtant jamais longtemps chez eux (les deux seules exceptions virent la mort de Duane et celle de Berry Oakley). C'est en donnant trois concerts par semaine en moyenne que leur musique en est arrivé à ce stade avancé de la fusion des principaux genres du Sud. Cet album, qui marque le premier grand tournant de leur carrière, est celui qui s'est vendu le plus rapidement chez Warner depuis deux ans ; il n'est pas rare de constater que tel magasin en commande cinq mille exemplaires par semaine ! Il ne faut pas s'attendre à un miracle semblable en France, mais il serait temps de reconnaître cette musique afin que le concert (1) prévu en janvier prochain à Paris ne soit pas mystérieusement annulé ... Dicky Betts est devenu, Richard Betts, et cette nuance n'est pas étrangère à son rôle actuel prédominante. Il enregistre (2) ce mois-ci avec Stéphane Grappelli en Angleterre, et nomme cette expérience déterminante des "country-jazz jams", improvisées donc, à partir des célèbres thèmes de "Revival" et "Les Bres".
L'avenir de l'Allman Bros. Band ne se limite donc pas au champ d'action défini dans cet album dont Betts, n'est pas entièrement satisfait ("les studios semblent un peu prostituer notre musique"). Les deux premiers titres ont été enregistrés avec Berry Oakley, juste avant son accident, et la comparaison avec le nouveau bassiste, Lamar Williams, serait déplacée si ce dernier n'était soutenu par l'omniprésence de Chuck Leavell, arrivé au même moment. Cet excellent pianiste apporte la touche funky qui manquait à la formation, et son rôle directeur a autant d'impact sur les rythmes que les re-recordings progressifs de Betts (huit dans "Ramblin' Man", que vous entendez en radio). "Come And Go Blues" se détache de tous les autres morceaux de cette première face ; avec une parfaite succession de soli (guitare-orgue-piano-guitare) qui rend encore plus attirante la voix de Gregg Allman. La seconde face se rapproche davantage de l'aspect "live" actuel ; le swing est plus naturel et la touche funky plus interne. Les musiciens superposent leurs phrases très habilement sans discontinuité, et la progression de "Jessica" est très bien étudiée, dans l'optique chère aux vieux dialogues de Duane avec Richard Betts, jouée dans un autre feeling pourtant... La meilleur preuve de cette gestation est le retour au country-blues illustré par la dernière plage et sa remise en question de l'impact rythmique très serré qui est souligné à l'infini par Betts au dobro, jusqu'à cette merveilleuse fin où le tempo agonisant sera encore prolongé sur les genoux ! L'ambiance des studios est aussi folle et aussi présente dans la gravure de ce disque que dans celle des précédents enregistrés en concert ; c'est la nouvelle performance séduisante de l'Allman Bros. Band.

(1) Magazine ROCK&FOLK FÉVRIER 1974 N°85 - Télégrammes -
Dates d'Argent, des Doobies Bros et des Allman Bros annulées

(2) Aucune trace de 33T Richard Betts - Stephane Grapelli


La Mort D'Orion
La Mort D'Orion
Prix : EUR 25,94

5.0 étoiles sur 5 CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK, 7 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mort D'Orion (CD)
CHRONIQUE DE JACQUES CHABIRON MAGAZINE ROCK&FOLK MARS 1970 N° 38 page 75
3° Album 1970 33T Réf : Pathé 2 C 064 15628
Oh non ! je ne vous dirai pas ce que cette mort d'Orion signifie ! Non, je ne vous l'expliquerai pas, non, je ne dessinerai pas un grand point d'interrogation sur les paroles pour tenter de l'effacer ensuite à grands coups de pseudo-déductions oiseuses et cartésiennement rationnelles !
Libre à vous de le faire si cela vous chante, moi, j'aime mieux laisser tout cela intact, écouter ce disque qui change au fil des passages, une imprécision qui se fixe par petites touches comme dans un tableau vaporeux de Monet, une fresque qui bouge selon l'endroit d'où on la regarde, une musique et des mots qui vivent selon votre humeur, selon le temps qu'il fait, se contractent à la lumière et se clarifient dans l'ombre. Et rien pour vous raccrocher. L'austère pochette ne comporte que le strict minimum, le titre et l'interprète, sur un fond uniformément noir qui révèle les lettres, semblable par sa couleur à l'agonie de cette nébuleuse dont il est malgré tout question, puisqu'il faut bien en parler. Aucun dessin, aucune photo pour se raccrocher. Rien ne peut fixer les sons, la liberté d'interprétation est totale autour de ce simple sujet : la mort d'un monde vaincu par le désespoir d'un béton invincible, un monde qui espère, en prenant conscience de cette horreur dans laquelle il baigne. Autour de ça, trouvez ce que vous voulez, pensez ce que vous voulez, mais cela n'est pas vraiment indispensable ; ce qu'il faut, avant tout, puisqu'il s'agit de musique et de poésie, c'est ressentir.
Techniquement parlant, la musique est très bonne, les arrangements originaux , les parties vocales, que ce soient celles d'Anne Vanderlove ou de Manset lui-mêmes sont excellentes, et Giani Esposito n'a pas besoin qu'on lui bâtisse une réputation de conteur. Manset possède une voix aussi unique que celle d'Anne Vanderlove. Elle peut être aussi voilée que l'autre claire, et toutes deux parviennent à faire sonner les mots français d'une façon tout à fait différente de l'ordinaire : avec Manset, tout devient plus suave, plus linéaire, les mots s'étirent et se confondent avec la musique même. Revenons à l'orchestration pour dire que le "son Manset" existe depuis "Animal (on est mal)", que "Chimène" en est un bon exemple, et qu'on le retrouve surtout sur la seconde face de ce disque qui comprend elle aussi une suite, plus une "Élégie Funèbre" qui n'a rien a voir avec ce qui la précède. L'esprit, cependant, demeure celui d'Orion , Manset ne dit toujours pas "je" (toujours ce désir de ne rien fixer) mais le bilan que l'on peut tirer est un peu plus optimiste que celui de "La Mort d'Orion" (encore une fois, rien ne vous oblige à tirer des conclusions). Les textes placés en encart dans la pochette, ont subi quelques modifications pendant l'enregistrement ; certains, presque tous en fait, sont d'authentiques poèmes qui se suffisent à eux-mêmes et ne sont jamais enfermés ou précisés par cette musique qui n'est pas symphonique, comme on pourrait le croire. Et ceci à son importance, car trop de musiciens pop actuels tendent à retourner en arrière avec une musique qui, apparemment pop, est construite comme celle d'il y a deux ans (pourquoi les Beatles ont erré après "Hey Jude", exemple typique de ce qui précède ? Pourquoi ce retour aux sources des années 68-69 ? Et pourquoi sont-ils quasiment séparés, si ce n'est en partie parce qu'ils ont culminé, fermé la boucle qui, partant du rock'n'roll, les a ramenés aux structures musicales antérieures ?). Pour en revenir à Manset, ce LP mérite qu'on s'y attarde un peu plus qu'en quelques passages à la radio.


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