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Papasam "papasam" (France)
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Introduction à l'économie
Introduction à l'économie
par Jacques Généreux
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très bon résumé., 23 mars 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à l'économie (Poche)
Ce livre d'introduction à l'économie est une bonne synthèse, assez courte mais dense, particulièrement adaptée aux « lycéens et étudiants »... même si on peut le trouver un peu ardu pour l'entrée au lycée.
L'auteur répond plus ou moins directement, et avec beaucoup d'objectivité, à toute une série de questions relatives à l'économie nationale et mondiale : les marchés, les impôts, les agents économiques, l'inflation, les prix... Bien évidemment l'auteur ne peut s'empêcher de passer quelques messages pour une « économie humaine » mais je pense que personne ne lui en voudra pour cela.
Un livre que l'on ne peut que recommander vu le niveau moyen de certaines discussions diffusées dans les médias!


Bienvenue en transhumanie : Sur l'homme de demain
Bienvenue en transhumanie : Sur l'homme de demain
par Geneviève Férone
Edition : Broché
Prix : EUR 17,75

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A lire..., 23 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bienvenue en transhumanie : Sur l'homme de demain (Broché)
Un livre qu'il faut lire en toute urgence mais qui ne plaira vraiment qu'aux optimistes inconscients qui croient encore au Progrès -avec un « P » majuscule- et au régime politique idéal, compétent, prévoyant et responsable. Avec ce que nous préparent les nouvelles technologies, mais surtout grâce à leur convergence, avec l'aide intéressée de certains Etats qui y investissent des sommes colossales, on peut se dire que certains films de science-fiction, comme « Terminator » ou « Blade runner », n'étaient en fait que des bluettes bien innocentes même si elles étaient partiellement prémonitoires. Quand on sera capable de rapprocher industriellement, et rentablement, l'informatique, les sciences du cerveau, les nanotechnologies et les biotechnologies, et de faire jouer à plein leur synergie, le mythe « Frankenstein » sera dépassé par la réalité.
Face à ces risques scientifiques on doit avouer que nos démocraties semblent bien désarmées, voire inconscientes, surtout dans nos environnements socio-économiques de plus en plus ouverts -certains diront « passoires »- et ultra-libéraux. Il n'y a plus vraiment de garde-fou ! Les mouvements écologistes, en agitant leurs drapeaux rouges (ou plutôt verts), semblent même participer involontairement à cette opération de camouflage en attirant l'attention sur des cibles en fait non-prioritaires, et ceci pour le plus grand bien de ces nouveaux « Prométhée ». S'il faut faire tout son possible pour préserver le monde qu'on laissera à nos enfants, ne faudrait-il pas aussi se demander ce que risquent de devenir ces mêmes enfants... et s'ils seront encore aptes à en bénéficier?
Les savants fous sont déjà au travail depuis longtemps dans leurs laboratoires et certains ont les mains libres et beaucoup d'argent...


Petit traité des grandes vertus
Petit traité des grandes vertus
par André Comte-Sponville
Edition : Poche

14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un grand traité des petites vertus..., 23 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit traité des grandes vertus (Poche)
Ce livre ne devrait pas surprendre les lecteurs qui pratiquent Kant, Spinoza et l'inévitable Aristote, tant son contenu est classique, voire convenu... Et les familiers de Jankélévitch seront d'emblée en territoire connu tant ce philosophe est souvent mis à contribution. Un livre de morale on ne peut plus consensuelle : ainsi prendre les SS comme exemple du mal, ou comme exemple de « mauvaise » fidélité, ne devrait pas soulever le début d'une vaguelette de contestation et permet en outre d'éviter d'autres exemples plus près de nous, plus concrets et plus parlants, qui pourraient se révéler nettement plus dangereux à manipuler !

L'auteur qui, rappelons-le, à publié en 2006 « L'esprit de l'athéisme », n'hésite pas ici à citer les saints (?) Augustin et Thomas d'Aquin, les évangiles de Luc et de Mathieu, et à comparer le message du Christ à la leçon du Bouddha. Il est vrai que le sous-titre de ce livre sur l'athéisme, « une introduction à une spiritualité sans Dieu », est très révélateur : c'est sans doute là qu'il faut chercher la clé de lecture de ce traité des « Grandes vertus ». De même, comme l'auteur a participé à l'ouvrage collectif « Pourquoi nous ne sommes pas Nietzschéens », on comprendra sans peine que « L'Antéchrist », l'auteur de « Par-delà le bien et le mal » et de « Généalogie de la morale », ne soit pas le bienvenu dans ce florilège spirituellement bien-pensant... et il n'y a qu'à lire les chapitres sur la pitié-compassion ou sur la tolérance pour se rendre compte que le combat d'idées a bel et bien été esquivé. Par contre « ... les positions de l'Eglise, même intolérantes, doivent bien sûr être tolérées »... Peut-on être plus clair? Pour terminer on peut dire que la psychanalyse est pratiquement laissée de côté et que le livre n'est pas assez récent pour qu'on puisse lui reprocher de ne pas tenir compte de certaines découvertes récentes en neurobiologie.

Ainsi on peut être plus ou moins agacé, au fil de la lecture, par certaines prises de position un peu faciles et rapides, surtout quand l'opposition n'a pas vraiment droit à la parole. Ce livre mérite d'être lu, cela va sans dire, mais il faut le lire sans se laisser « endormir » (cf « des chaires de la vertu » dans « Ainsi parlait Zarathoustra »)... et avec une fourchette à long manche !
Les étudiants, quant à eux, y trouveront sans doute matière pour de gentilles dissertations qui ne devraient pas révolutionner la philosophie morale, ni choquer leurs professeurs.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 8, 2013 12:06 PM CET


Penser sa vie : Une introduction à la philosophie
Penser sa vie : Une introduction à la philosophie
par Fernando Savater
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De l'utilité de la philosophie..., 26 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Penser sa vie : Une introduction à la philosophie (Poche)
Si l'auteur nous dit dans son avant-propos qu'il s'adresse à la fois aux étudiants -ce qui implique qu'il se doit de "couvrir" un certain ensemble de thèmes- et aux adultes "curieux", il nous annonce aussi qu'il veut traiter son sujet en utilisant son expérience personnelle... ce qui est finalement très intéressant puisque l'on sent une réelle présence, et c'est cela aussi qui différencie ce livre bien agréable à lire de bien d'autres livres d'introduction à la philosophie dont les auteurs n'ont toujours pas compris que la philosophie n'est pas réductible à un seul savoir. L'auteur, qui n'est malheureusement pas très connu en France, a déjà publié un excellent petit livre destiné aux jeunes intitulé "l'éthique pour mon fils", livre que l'on ne peut que recommander...

Chacun des chapitres de ce livre aborde un thème philosophique spécifique. On y trouvera donc successivement les thèmes suivants : la mort, qui lui sert d'introduction, la raison, le moi, l'humain, l'univers, la liberté, la nature, le vivre-ensemble, la beauté et le temps. On doit signaler que chaque chapitre est terminé par une série de questions qui permettront (peut-être) aux étudiants de revoir le thème traité sous différents angles. La bibliogaphie qui se trouve en fin de volume est une bibliographie relativement sélective...

Même si on peut ne pas toujours être d'accord avec la façon qu'a l'auteur d'introduire ou de développer ses idées, lire ce livre clair et chaleureux se révèle toujours enrichissant et formateur... n'est-ce pas ce que l'on doit attendre d'un tel livre ?


Dialogues de l'athée
Dialogues de l'athée
par Juan Ignacio Ferreras
Edition : Poche
Prix : EUR 6,00

4.0 étoiles sur 5 La raison plutôt que la foi !, 26 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dialogues de l'athée (Poche)
Vous souvenez-vous du "Cours accéléré d'athéisme", ce merveilleux petit bijou paru il y a déjà quelques années aux éditions Tribord ? Dans ce livre-ci un des deux auteurs de ce "Cours", Juan Ignacio Ferreras, reprend, approfondit et prolonge la partie "dialogues" du précédent.

Ces dialogues entre un croyant et un athée, créés de toutes pièces "pour avoir une chance de les entendre", sont déséquilibrés, il faut bien le dire... Mais s'ils sont entièrement fictifs, et même illusoires, ils sont finalement très vivifiants ! Ces "dialogues" se terminent par deux "monologues", et dans celui de l'athée ce dernier ne peut que faire part de son amère déception : "...la vérité c'est qu'il n'a rien lu, mais après tout il ne s'agit pas de lire, il s'agit de penser, mais il n'a pas beaucoup pensé non plus, ni lui ni ceux qui sont comme lui... ils n'utilisent ni la raison ni la critique..."

En quatrième de couverture figure l'affirmation suivante :
"Si tu ne crois pas, ceci est ton livre.
Si tu doutes, ceci peut être ton livre.
Si tu crois, ceci sera ton livre."
On peut être beaucoup moins optimiste que l'auteur, surtout en assistant au retour en force sur le devant de la scène de tous les extrêmismes religieux, et même là où on pouvait encore se sentir relativement protégé par des lois dites "laïques" ! Ces dialogues sont des dialogues de combat et, finalement, ils sont les bienvenus car il semblerait que la "paix armée" soit terminée...

Il est regrettable que ce livre n'ait pas bénéficié d'une meilleure traduction.


Tous comptes faits... ou presque
Tous comptes faits... ou presque
par Stéphane Hessel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,25

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 C'est du "Hessel" !, 19 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tous comptes faits... ou presque (Broché)
Ce livre est à la fois une autobiographie, une sorte de testament et aussi, encore et toujours, un manifeste.

Le livre semble commencer de façon réaliste : l'auteur cite Jean-Claude Carrière pour qui le mythe rousseauiste ne fonctionne pas, ce qui entraîne la nécessité de fixer aux hommes des limites et des contraintes. Hélas, très vite, il apparaît que le non-respect de ces règles par une minorité, comme celle des enseignants, peut être "justifié" si elle juge que ces contraintes manquent de "légitimité", comme si notre Démocratie actuelle, toute imparfaite qu'elle soit, ne valait pas mieux que le régime de Vichy avec ses lois d'exception... On vivrait encore au temps du Conseil National de la Résistance "parce que ses valeurs sont aujourd'hui en danger" ! Est-ce que cela veut vraiment dire qu'une minorité -qu'elle soit sociologique, politique ou religieuse- est en droit de décider de ce qui est légitime ou non, et donc de ne pas se plier aux lois établies par la majorité démocratique et ceci tant que nous ne disposerons pas d'une Démocratie "Idéale" acceptée par tous ? où sont les vraies limites ? et qui peut "légitimement" les fixer ?
Sur cela vient se greffer la nécessité d'un combat écologique dans lequel les camps sont bien délimités : "dans le conflit entre la nature et l'homme, nous savons qui est le coupable"... L'homme évidemment ! L'homme ! L'homme coupable de ce que Pascal Bruckner appelle le "nouveau péché originel" ! Et cela va encore plus loin quand l'auteur cite le philosophe Sloterdijk : "Humains et non-humains forment une nouvelle assemblée mondiale pour laquelle il faut trouver une constitution"... Une constitution "universelle", évidemment !
Et la science et le progrès ? La science est de toute évidence bien trop dangereuse pour la confier aux seuls scientifiques ! Au scientifique Il faut absolument associer non seulement le politique, ce qui semble évident, mais aussi "le poète, le philosophe et le moraliste". Est-ce à dire qu'il faudrait créer une nouvelle organisation, universelle, elle aussi, comme l'Unicef ou l'Unesco, genre "Conseil Mondial de la Morale Scientifique"? Quand on a été haut fonctionnaire cela doit être difficile de se refaire ! Celà génèrera au moins des postes à pourvoir pour les "think tanks"...
Quant à la philosophie, elle n'est que "renoncement à l'action"... La "sagesse" est dépassée, et "se réfugier dans la sagesse, ce n'est pas transformer le monde". Ce qui importe c'est "une vie humaine vécue dans sa plénitude", mais qui peut dire ou penser le contraire de cette évidence ? Pour l'auteur, qui le disait déjà dans "Indignez-vous", l'important c'est de créer, donc de résister : "Créer, c'est résister. Résister, c'est créer". "Créer" que l'on doit donc certainement comprendre ici plus comme un "créer contre" que comme un "créer pour"...
Il faut donc résister..."Refuser l'inacceptable, c'est évidemment refuser le monde tel qu'il est". Il n'y a pas de compromis pour Mr Hessel, il n'y a que du blanc ou du noir, et de citer Camus : "s'il y avait quelque chose à conserver dans notre monde, je serais conservateur". Et un peu plus loin d'ajouter "C'est notre vie entière qu'il faut changer. Et toutes ces réformes, y compris celle de l'éducation et de la pensée, sont interconnectées, intersolidaires - elles doivent toutes se mener de front...". La réforme de la pensée par l'éducation ? Cela peut faire froid dans le dos quand on y réfléchit ! Ce genre de rêve peut très vite virer au cauchemar. L'Utopie est peu dangereuse et encore contrôlable tant qu'elle ne prend pas le pouvoir...

Il y a peu de chances que l'auteur, qui écrit "Je suis de ceux qui peuvent apparaître comme des rêveurs éloignés du monde réel...", puisse arriver à effacer, avec ce livre, cette impression générale de flou utopique, même après l'avoir généreusement étayé d'apports plus ou moins disparates, fruits de ses "rencontres merveilleuses" avec des personnages comme Régis Debray, Cohn-Bendit, Michel Rocard, Peter Sloterdijk, Jean-Paul Dollé, Jean-Claude Carrière, Edgar Morin ou Laure Adler. Mais finalement peu importe ! ce livre va certainement plaire car c'est justement ce type de "consistance émotionnelle" qui semble correspondre à l'attente du grand public.


Jazz et vin de palme
Jazz et vin de palme
par Emmanuel Dongala
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

3.0 étoiles sur 5 Le désenchantement des "Indépendances"..., 7 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jazz et vin de palme (Poche)
Même si elles sont teintées d'un certain humour, les nouvelles qui sont regroupées dans ce livre ont en commun de nous faire ressentir d'abord l'immense désenchantement qui a suivi de peu la période euphorique des "Indépendances" africaines. Le désenchantement et la résignation de devoir alors recommencer à vivre, et même à survivre, dans un monde devenu caricatural, sous le joug de nouveaux pères Ubu, après avoir fait les rêves les plus fous !
A part cela, cet ensemble de nouvelles m'a semblé quelque peu hétérogène. Si la nouvelle que j'ai le moins "goûtée" est celle qui donne son titre au livre, j'ai, par contre, beaucoup apprécié la nouvelle "minimaliste" intitulée "Une journée dans la vie d'Augustine Amaya" qui m'a fait repenser au thème principal du dernier et magnifique livre de l'auteur, et une autre, "l'homme", dans laquelle on peut presque palper l'horreur que les luttes politiques sont capables d'engendrer sur ce continent. Avec une justice expéditive, aléatoire et aux ordres du pouvoir en place, les peuples ont rarement accès aux lendemains qui chantent !
Un livre à lire... et certainement que les amateurs de jazz, si toutefois ils n'abusent pas du vin de palme, y prendront plus de plaisir que ceux qui sont malheureusement insensibles à la musique de "J.C"; (*)

(*) précisons : "J.C" pour "John Coltrane", et non pas pour "Jésus Christ".


L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine
L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine
par Ruwen Ogien
Edition : Broché
Prix : EUR 18,80

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Alors, vive les croissants chauds !, 5 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine (Broché)
Dès les premières pages on retrouve Ruwen Ogien tel qu'en lui-même ! Le sujet du livre : la morale, toujours et encore la morale, mais cette fois-ci l'auteur aborde son sujet de prédilection suivant un angle bien particulier : il nous dit dans son avant-propos qu'il veut mettre à disposition du lecteur "une sorte de boîte à outils intellectuels" pour pouvoir "affronter le débat moral". Il nous dit également, et cela est tout aussi significatif, qu'il aurait pu appeler son livre "antimanuel d'éthique" si le titre n'avait pas déjà été pris. L'auteur annonce d'emblée la couleur : il affirme que les croyances morales peuvent se passer de "fondements" et qu'il est "raisonnable" d'admettre "une certaine forme de pluralisme des doctrines"... nous voilà prévenus.

Ces idées "antifondamentalistes et pluralistes" reposent essentiellement sur l'examen critique "des deux ingrédients de base de la "cuisine" morale : les intuitions et les règles de raisonnement". Pour répondre à toute une série de questions qui participent de cet examen, l'auteur utilise comme matière première les résultats de divers travaux de philosophie morale expérimentale, d'où la deuxième partie de ce "titre à rallonge".

La première partie du livre, la plus volumineuse, est donc constituée par la présentation critique de 19 "expériences de pensée" qui sont "de petites fictions inventées spécialement pour susciter la perplexité morale" et qui étaient susceptibles, du moins leurs concepteurs l'espèraient, de donner "les moyens d'identifier plus clairement les facteurs qui influencent nos jugements moraux". A titre d'exemple ces fictions vont du "tramway qui tue" au "Qui suis-je sans mes organes ?", en passant par "On vous a branché un violoniste dans le dos", "Les monstres et les saints" et "On est libre, même si tout est écrit d'avance".

La seconde partie intitulée "Les ingrédients de la cuisine morale" est la partie la plus intéressante... c'est dans cette partie que Ruwen Ogien revient sur le plan des méthodes utilisées par les divers chercheurs et qu'il nous donne quelques outils pour nous permettre de devenir plus autonomes et donc plus critiques à leur égard. Ainsi, à propos des intuitions morales, ne surtout pas confondre justification et interprétation et ensuite quelques questions argumentées : peut-on réellement isoler la part intuituive de la part apprise ou réfléchie dans les réactions morales ? Les réactions émotionnelles sont-elles nécessairement irrationnelles ? Et quant aux règles, il ne faut pas hésiter à les critiquer puisqu'il est possible de leur trouver des failles... ceci étant également vrai pour l'argumentation dite "de la pente fatale".

En conclusion : "Ne cherchez pas à "fonder" la morale !", et l'auteur de conclure : "Pourquoi faudrait-il penser qu'on devrait faire plus, ou qu'on pourrait faire plus, qu'essayer d'améliorer un peu nos croyances morales par la critique philosophique, en éliminant les plus absurdes et les plus chargées de préjugés ?". Un objectif déjà bien difficile à atteindre pour certains...
Pour terminer précisons qu'on pourra trouver à la fin du livre un petit glossaire très utile et également une bibliographie qui aurait gagné à être hiérarchisée...

Si le domaine de la morale vous intéresse vraiment, n'hésitez pas à vous procurer ce livre... vous ne devriez certainement pas le regretter !


Petite philosophie grave et légère
Petite philosophie grave et légère
par Bertrand Vergely
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

2.0 étoiles sur 5 Très légère la philosophie..., 5 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petite philosophie grave et légère (Broché)
Après avoir compris que la gravité pouvait être "gravement grave", et la légèreté par contre bien légère, on commence enfin à aborder le vrai sujet, mais, malheureusement, on doit bien se rendre à l'évidence : l'intérêt s'amenuise petit à petit au fil de la lecture. On se lasse en effet assez vite de ces affirmations hâtives, non justifiées, de ces développements biaisés, de ces notions floues, et, finalement, de cette légèreté avec laquelle sont abordées les questions fondamentales. Une impression très désagréable de survoler sans jamais atterrir...
Comme il n'y a pas de réelle progression dans le livre on ne peut causer aucun préjudice à donner tout de suite la conclusion sur laquelle il se termine : "Une vie réussie ? Une vie que l'on aimerait revivre, pour la vivre mieux encore qu'on ne l'a vécue". Vous ne vous y attendiez pas ?
Un livre qui ne devrait donc plaire qu'aux néophytes... ceux qui ont déjà goûté à la "grande" philosophie ont besoin de quelque chose de plus corsé, de plus roboratif que ce que nous apporte cette "petite" philosophie ! A cette fin le lecteur pourra aller consulter la petite bibliographie annotée qui figure en fin d'ouvrage...


La Route
La Route
par Jack London
Edition : Poche

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3.0 étoiles sur 5 Dis, c'est quoi un hobo ?, 1 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Route (Poche)
Ce livre est constitué de 9 nouvelles bien inégales mais qui nous parlent toutes du monde des "hobos" pour qui "La Route" se résume aux réseaux de chemins de fer situés entre la côte Est et la côte Ouest des Etats-Unis. Elles sont rédigées à la première personne par un jeune hobo dont la "monica", ou le surnom, est "Jack le matelot" après avoir été succéssivement, au fil de son "apprentissage", "Kid matelot" et "Kid de Frisco". Dans la nouvelle intitulée "Pincé" les policiers qui le mettent en cabane trouveront dans ses poches des lettres adressées à un certain "Jack London"...
En lisant ce livre on ne peut s'empêcher de se demander si les "juniors", à qui il est a priori destiné, peuvent vraiment prendre un intérêt quelconque à ce milieu très particulier, résidu d'une certaine époque et propre à la seule culture américaine. Cette spécificité est encore renforcée par l'utilisation d'un jargon qui ne facilite pas l'empathie. Ces "hobos" risquent bien de leur apparaître plus étranges encore que des extra-terrestres. J'ai déjà eu droit à un "Mais pourquoi font-ils çà ?"...
Le second point qui peut poser problème est que ce texte, qui est annoncé, en quatrième de couverture, comme un "hymne sublime à la jeunesse, à l'audace et à la liberté", nous présente surtout ces jeunes qui "font le trimard" comme des êtres irresponsables, instables et amoraux pour qui le mensonge, l'affabulation et le vol sont tout-à-fait naturels, et le passage en prison quasi obligé et donnant même droit à un surplus de "respectabilité" de la part de ses pairs ! La dernière nouvelle, intitulée "confession", et qui est certainement la plus "personnelle" de tout le livre, est très significative de cet état d'esprit : l'auteur, qui raconte franchement comment il a trompé une vieille femme, de conclure simplement : "Je ne m'excuse pas, parce que je n'ai aucun remords".
Il est donc finalement très difficile de conseiller ou de déconseiller ce livre... tout dépend de curiosité et de la maturité du jeune lecteur potentiel. Il ne faut pas non plus oublier qu'un autre "Jack", Jack Kérouac, a écrit un livre intitulé "Sur la route" qui est certainement moins spécifique et plus facilement abordable que celui-ci...
Je précise que ce commentaire est relatif au livre paru dans la collection "Folio junior".


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