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Paeye "papasam" (France)
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Entretiens
Entretiens
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 15,68

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour les lecteurs passionnés..., 14 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Entretiens (Poche)
Ce livre regroupe quelques entretiens que Cioran a accordés à diverses personnalités sur une période d'une vingtaine d'années.

Le niveau d'intérêt de ces entretiens n'est pas homogène mais cela est dû essentiellement à la disparité des "Interviewers" et, évidemment, aux motivations qui animaient ces derniers. Certaines questions pourront donc être jugées simplistes ou tendancieuses et d'autres apparaître comme de simples faire valoir pour celui qui les pose, mais, tout compte fait, le résultat est globalemment très positif et la matière débattue dense et enrichissante.
Il y a de grandes chances qu'une fois ce livre lu on trouve finalement plus clairs beaucoup des thèmes récurrents de l'oeuvre de Cioran et plus lumineux certains de ses aphorismes.

On ne peut que recommander vivement ce livre à tous ceux qui ont déjà retiré un premier profit personnel à la lecture de Cioran. Il les incitera certainement à poursuivre leur étude de cette oeuvre singulière qui, écrite essentiellement comme exutoire aux obsessions et aux malaises de son auteur, se révèle finalement, comme transformée par un mystérieux processus, apporter liberté, réconfort et stimulation à ses lecteurs reconnaissants.


Au coeur des ténèbres
Au coeur des ténèbres
par Joseph Conrad
Edition : Poche
Prix : EUR 11,12

9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Confus et frustrant !, 13 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au coeur des ténèbres (Poche)
J'ai trouvé ce livre bien surfait et très frustrant...

L'histoire est maintenant bien connue : Marlow raconte à ses amis l'expérience qu'il a vécue en Afrique équatoriale et en particulier sa remontée du grand fleuve comme capitaine d'un bateau à vapeur afin d'aller "récupérer" un chef de poste de l'intérieur nommé Kurtz. Hélas, ce qui aurait certainement gagné à nous être présenté dans un style "grand reportage" nous est servi avec emphase comme un récit symbolique, comme une remontée aux commencements du Monde, un retour à la barbarie des origines...

Ce Kurtz, ce "génie", cet apôtre de la civilisation qui avait proclamé que chaque poste "devait être comme une balise sur la route d'un monde meilleur", ce personnage qui a fasciné et subjugué tous ceux qu'il croisait, ce génie a fini par basculer dans le monde des ténébres! Il est devenu un tyran impitoyable et sanguinaire... Dans ce pays, où "on peut faire n'importe quoi", contrairement aux "pélerins" minables qui ont "basculé" simplement par laisser-aller et par veulerie, Kurtz, missionnaire exalté qui ne peut s'accomoder de demi-mesures, a quant à lui "basculé" d'un extrême à l'autre. Il semble tout-à-fait normal que le lecteur se pose des questions sur le pourquoi et le comment d'un tel revirement... De plus ce lecteur voudrait certainement en apprendre plus sur le contenu du discours de ce conquérant des ténèbres dont on nous dit qu'il est "une voix", que l'on écoute et avec qui "on ne discute pas" ! Marlow arrive trop tard... le personnage devenu mythe qui est remonté sur le bateau, allongé sur une civière, n'est plus qu'un moribond. Kurtz, mais aussi l'auteur, échappe au tout dernier moment à l'épreuve de la présentation des preuves... en laissant le lecteur sur sa faim.

Et que nous conte Marlow le témoin? Son récit non linéaire est souvent confus, alourdi par des digressions plus ou moins emphatiques qui reviennent périodiquement sur les mêmes thèmes. Son discours finit par lasser, comme ses piques continuelles à propos des "pélerins". En écoutant Marlow on a l'étrange impression que celui-ci a vécu cette expérience comme s'il n'était pas complètement éveillé, comme si ce qui l'entourait n'était pas totalement réel, comme s'il commençait à être miné par les fièvres... Le lecteur peut donc se sentir légèrement gêné face à ce personnage un peu flou, d'autant que l'auteur semble s'en être désolidarisé dès le début du livre quand il écrit que les amis réunis sur ce yawl sur la Tamise étaient sur le point d'entendre Marlow relater "une de ses expériences peu concluantes" ("to hear about one of Marlow's inconclusive experiences")!

Il reste à aborder l'aspect "anti-colonialiste" du roman... Sur ce point également on peut être insatisfait. Si la critique des nouveaux "pélerins de la civilisation", prédateurs minables et hypocrites, est cinglante bien qu'un peu facile, l'auteur reste par ailleurs très distant de ces indigènes exploités vus essentiellement comme des groupes, qu'ils soient mourants dans "le bosquet de la mort", équipage de noirs aux dents limées, ou bien "sauvages" asservis par Kurtz, et jamais comme des individus, à peine comme des "fonctions". Ils restent des "non-civilisés", dont il n'est nul besoin de connaître les moeurs. L'auteur semble bien plus intéressé par l'observation des comportements humains quand l'homme perd ses repères, quand il est plongé dans un monde inconnu où les barrières sociales et morales ont disparu. L'Afrique n'est finalement "utile" que comme un décor exotique se prêtant idéalement à ce genre de conflits éthiques. Pouvoir absolu et Force brute ne vont pas l'un sans l'autre dans la grande majorité des sociétés dites "primitives" ... il n'y a qu'à penser aux rois de l'ancien Dahomey qui n'ont certainement pas eu besoin d'attendre l'exemple d'un Kurtz pour installer leur trône sur des crânes d'ennemis vaincus. L'homme n'est pas naturellement bon et le soit-disant "contrat social" n'est qu'une vue de l'esprit : Kurtz n'a-t-il pas seulement voulu "re-vivre" dans ce "monde du début", dans ce monde des ténèbres, comme on y vivait, et plutôt comme on y survivait, à cette époque, en faisant fi des valeurs qui ont affiné nos instincts ? et cela parce qu'elles n'y sont pas adaptées..ou même, peut-être, parce que ces valeurs se sont révélées fausses à ses yeux ?

Je signale que j'ai lu ce livre dans la série "Folio bilingue" pour disposer du texte original et ainsi m'assurer que mes commentaires ne sont pas perturbés par une traduction approximative.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2013 7:20 AM CET


Aveux et Anathèmes
Aveux et Anathèmes
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 12,07

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pour accéder à Cioran..., 10 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aveux et Anathèmes (Poche)
Cioran vient de faire son entrée dans le club très fermé des auteurs publiés dans la Bibliothèque de la Pléiade. Est-ce à dire qu'il est enfin reconnu ? Certainement pas... Tous ceux qui le relisent depuis des années savent bien qu'il ne répond à aucun des critères exigés de nos jours pour alimenter le Buzz du médiatiquement correct. On ne peut imaginer Cioran "récupéré" !

Avec "Aveux et Anathèmes" Cioran fait la preuve de sa maîtrise du fragment, du texte court, de l'aphorisme, dans la lignée des moralistes français du XVIIIème siècle. Mais Cioran va beaucoup plus loin que ces derniers car aucun idéal, aucun absolu, aucune transcendance, ne trouve grâce à ses yeux... N'être dupe de rien même si cela se retourne contre soi... " la lucidité : un martyre permanent".
Ici, avec ce livre, on découvre comme une sorte de panorama de la plupart des thèmes majeurs que l'auteur a abordés et traités tout au long de sa vie. On y passe ainsi, entre autres, de Dieu au Néant, de la musique de Bach au Bouddhisme, de l'illusion à la lucidité, de la solitude à la mort, de la Création au scepticisme, du Temps à l'Avenir...

Comme il balaie tous ces thèmes, et ceci sous une forme accessible, ce livre est donc peut-être LE livre de Cioran par lequel il faut commencer si on envisage d'entrer réellement dans l'oeuvre pour le moins dérangeante de ce dernier. Mais attention ! pour Cioran, un peu comme pour Nietzsche, un bon livre est un livre qui marque son lecteur, sinon c'est simplement un livre inutile !


Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain
Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain
par Gérard Mordillat
Edition : Broché
Prix : EUR 19,29

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une référence... qui dérange !, 10 décembre 2011
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain (Broché)
Comment est-on passé d'un prédicateur juif qui annonçait la venue du "royaume" à une structure temporelle comme l'Eglise Catholique ? Pourquoi les chrétiens ont-ils intégré l'ancien testament des juifs ? Pourquoi le dogme de la Sainte Trinité ? La doctrine s'est-elle construite sereinement ? Y-a-t'il eu conflits d'idées ? Sur quels points portaient les premiers débats théologiques ? En quoi consistent les premières hérésies ? Pourquoi l'église catholique est-elle qualifiée de "romaine" ?
Si vous vous posez ce genre de questions ce très bon livre, qui se veut essentiellement historique, est pour vous. Vous y apprendrez ce que la grande majorité des catholiques ignorent... ou veulent ignorer car, même de nos jours, il est encore malvenu de creuser le terreau des origines.


Histoire et utopie
Histoire et utopie
par Emile Michel Cioran
Edition : Poche
Prix : EUR 5,89

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le délire s'achève en servitude..., 8 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire et utopie (Poche)
Ce livre relativement ancien est constitué de six textes dont trois sont respectivement intitulés "Sur deux types de société", "A l'école des tyrans" et "Mécanisme de l'utopie". Ce sont ces trois textes que j'ai voulu relire à titre d'éléments de comparaison alors que je lisais "Fatigue du sens", un des derniers livres de Richard Millet dans lequel ce dernier nous fait part de son abattement devant l'érosion continue des valeurs de notre civilisation.

Si on essaie de faire un parallèle osé et rapide, et forcément trop simplifié, entre les deux oeuvres on peut dire qu'avec Cioran, auteur pessimiste et sceptique extrême, on prend à la fois plus de hauteur pour couvrir plus large dans le temps et dans l'espace, mais aussi on va beaucoup plus loin dans la connaissance des mécanismes et des causes qui font que "cela ne peut être autrement". Avec Cioran on dépasse le stade du constat. Les civilisations, comme toutes les constructions humaines, sont destinées à disparaître... et il n'y a aucune raison pour que la nôtre fasse exception. D'un autre côté, se refugier dans l'utopie, "le seul idéal dont on puisse affirmer avec certitude qu'il ne se réalisera pas", n'est aucunement une solution envisageable car en plus de son caractère illusoire et irréaliste elle peut aussi nous amener à des situations catastrophiques si elle est utilisée et promue par des apprentis sorciers plus ou moins illuminés. Sur ce dernier point nul besoin de remonter au goulag communiste ou bien aux khmers rouges pour trouver des exemples car le danger est encore et toujours présent... ainsi on commence à entendre des mises en garde contre les dérives fascistes de certains mouvements écologistes qui voudraient bien faire notre bonheur malgré nous !

Bien que les oeuvres de Cioran soient maintenant disponibles dans la célèbre collection de la Pléiade, cela ne veut pas dire que ce dernier soit sorti de l'enfer du politiquement et médiatiquement correct ! Il est toujours jugé dangereux et rares sont ceux parmi les intellectuels qui le citent ou qui en parlent, ceci aussi bien pour des raisons idéologiques compréhensibles que par méconnaissance ou même par auto-censure... A vous donc de voir si vous êtes prêts à affronter cet auteur singulier, ce "moraliste à l'esprit corrosif" qui délivre une "vision désabusée des hommes et du monde"


Maximes et pensées : Caractères et anecdotes
Maximes et pensées : Caractères et anecdotes
par Sébastien Roch Nicolas de Chamfort
Edition : Poche
Prix : EUR 7,98

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un moraliste de combat..., 8 décembre 2011
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maximes et pensées : Caractères et anecdotes (Poche)
Parmi les auteurs "classiques", et plus particulièrement parmi les "moralistes" français, si La Rochefoucauld arrive encore plus ou moins à échapper à l'oubli, certainement à cause de nos reminiscences scolaires, cela n'est pas le cas pour Chamfort, et ceci est bien dommage.

Chamfort est un auteur qui nous apparaît tout de suite plus humain qu'un La Rochefoucauld, moins représentant que ce dernier d'une caste élitiste. Chamfort dédaignait, refusait et combattait le monde corrompu dans lequel il était obligé de vivre, sans pour cela abandonner sa liberté de pensée vis-à-vis du monde nouveau qui se formait. Chamfort était un "esprit libre" et on peut comprend facilement pourquoi Nietzsche l'admirait. Albert Camus, dans sa préface, le qualifie quant à lui de "moraliste de la révolte".

Ses "maximes" sont en fait plus des "traits" que des maximes à proprement dit, dans le style de La Rochefoucauld, où la structure prend souvent autant d'importance que le sens. Ici le contenu prime. Il faut lire ces maximes un peu au hasard, en butinant de-ci de-là, et prendre le bonheur quand il arrive de tomber sur une de ces perles d'intelligence enrobées d'humour amer. Ces petits plaisirs peuvent même être encore plus vifs quand se fait jour un rapprochement possible avec notre actualité, comme si ces maximes avaient été écrites hier. Ainsi, pour illustrer mon propos, en voici deux relevées récemment :
- (n°457) : "Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et un bistouri ébréché, opérant à merveille sur le mort et martyrisant de vif".
- (n°502) : "Le public est gouverné comme il raisonne. Son droit est de dire des sottises, comme celui des ministres est d'en faire".

Albert Camus écrit que si Chamfort s'était "jeté tout entier dans la révolution", ce dernier "avait trop le goût d'une justice idéale pour accepter vraiment l'injustice inséparable de toute action". Chamfort, pour qui "les caractères vigoureux se reposent dans l'extrême", est décédé en 1794 après avoir fait une tentative de suicide...


Fatigue du sens
Fatigue du sens
par Richard Millet
Edition : Relié
Prix : EUR 15,49

23 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pour une minorité de résistants ???, 5 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fatigue du sens (Relié)
Dans ce livre Richard Millet nous fait part de sa stupéfaction et de son abattement devant le spectacle de l'érosion continue des valeurs de notre civilisation "gréco-judéo-chrétienne" et de son choix d'un "apartheid volontaire", d'un "exil intérieur".

L'auteur, qui dit n'écrire que comme témoin, et non pas comme pamphlétaire, qui dit cultiver "le sain désespoir de ceux qui savent que tout est perdu", constate, avec un mélange de nostalgie, de désespoir et de haine, "la déconstruction de toute verticalité nationale au profit d'une horizontalité sans tradition ni mémoire". Les valeurs de notre nouveau monde "post-démocratique" ne sont plus que des leurres au contenu devenu anémié et flou à force de manipulations et de détournements.
Le sens est en voie de disparition dans la "confusion du vrai et du faux", car la volonté de le maintenir et de le défendre n'est plus partagée par la majorité des citoyens. Les civilisations "arrivées" affichent impudemment leur lassitude, elles abandonnent fierté et volonté de conquêtes, fatiguées de se battre pour leurs valeurs elles deviennent laxistes... On peut ici penser à Cioran qui écrivait : "Ce sont les civilisés qui ont inventé la tolérance, et ils périront par elle", ou encore :"Une communauté se consolide dans la mesure... où elle sait exclure". La défense des valeurs de notre civilisation n'est plus du tout de mise pour la "masse" alors qu'il est bien vu, au contraire, de militer ostensiblement pour la sauvegarde de telle ou telle minorité ethnique en Amérique du Sud, en Océanie ou en Afrique et, évidemment, pour le maintien de leurs particularités culturelles... Pour d'autres encore les seuls combats "culturels" utiles aujourd'hui sont ceux de la réimplantation du loup ou de l'ours !

Pourquoi l'exil intérieur ? L'auteur, conscient de n'être plus qu'un individu isolé d'une minorité culturelle en voie d'extinction, répond par une boutade grinçante :"comment être le citoyen d'un pays dont Yannick Noah est la personnalité préférée ?"... Le peuple, "fiction sociale-démocrate", n'est plus qu'un "marché aux esclaves du consumérisme". De plus, ces "citoyens", qui constituent un conglomérat de plus en plus disparate et hétérogène, ne réalisent même pas qu'ils sont en train de vivre "une guerre civile innommée" avec la croissance de plus en plus évidente de populations "si visiblement soucieuses de ne pas s'intégrer". Comment et pourquoi ne voient-ils pas que cette immigration, à seule finalité économique, n'a aucunement la volonté d'abandonner ses propres valeurs ? Comment peut-on s'illusionner à ce point ? L'auteur minoritaire se met donc en retrait "loin de tout débat, celui-ci relevant du spectacle et non de la pensée". Ici pas d'ukases genre "Indignez-vous" ou "Engagez-vous", très appréciés par ailleurs du monde médiatique et plus généralement de ce qu'un philosophe a qualifié de "démocratie émotionnelle"... et si une impression de violence se dégage parfois du livre cela est dû plus aux faits relatés qu'au style de l'écrivain.

Que dire d'un tel livre ? cela est bien délicat ! Sur le fonds, si on ne peut que reconnaître la réalité de la majorité des faits abordés, on peut regretter que l'auteur ne creuse pas plus profondément certains aspects de son discours. Cela paraît parfois superficiel et rapide. Par exemple, il y avait beaucoup plus à dire sur le contenu signifiant du qualificatif choisi de "gréco-judéo-chrétien". Beaucoup de valeurs "gréco-romaines" ont été diabolisées par les chrétiens qui en ont souvent changé totalement l'appréciation... et Nietzsche a eu beau jeu, dans "généalogie de la morale", de jouer sur ces oppositions de Fort/Faible et de Bien/Mal. Selon moi il aurait donc été plus objectif ici de parler de civilisation "judéo-chrétienne", surtout si on se limite aux seules "valeurs" en laissant de côté l'aspect organisation et structures politico-religieuses. Ainsi, ne pourrait-on pas avancer que la religion catholique, en sapant certaines valeurs fortes du monde antique, est en partie responsable de cette situation constatée par l'auteur ? De plus, l'Eglise "catholique, apostolique et romaine" a bénéficié dès Constantin des structures et de l'appui officiel de l'empire romain... Cela ne pouvait que renforcer la promotion de valeurs universalistes et donc nivelantes ! Sur ce point la position de l'auteur, à la fois chrétien et tenant du "verticalisme national", me semble difficile à tenir...
Sur la forme je dirais simplement que j'ai été gêné par le manque apparent de structure de ce livre... Le lecteur doit faire une partie non négligeable du travail ce qui, d'un autre côté, peut se révéler bénéfique pour sa réflexion personnelle.

Un livre pessimiste, surprenant, dérangeant, ni pamphlet ni essai, mais qui est le bienvenu car il se détache avantageusement du consensus bien-pensant actuel. S'il n'a pas beaucoup de chances de faire un succès de librairie il pourra néanmoins faire date et servir comme "Etat des lieux". Il pourra aussi faire beaucoup de bien à certains de ses lecteurs qui se sentent bien impuissants devant cette chute annoncée. Peut-être se sentiront-ils moins seuls, peut-être se diront-ils que tout n'est pas encore perdu... et peut-être même que cette minorité de "survivants" n'est en fait pas aussi impuissante qu'elle le croit, peut-être même que cette minorité deviendra une minorité de "résistants" !


Contre Rousseau: De l'état de nature
Contre Rousseau: De l'état de nature
par Joseph de Maistre
Edition : Poche

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un peu dépassé..., 4 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Contre Rousseau: De l'état de nature (Poche)
Ce livre pourrait être utile à tous ceux qui croient intuitivement, encore actuellement, que l'homme est "naturellement" bon et que ce qu'on appelle "Etat" résulte de ce qui n'était à l'origine qu'un "contrat" établi entre les membres d'un groupe dans un but de défense et de protection... Mais, en fait, ce qui est le plus intéressant dans ce livre ce n'est pas tant les critiques des idées de Rousseau, car ces "élucubrations" ne tiennent plus la route depuis longtemps, mais que ces critiques soient faites par un auteur qui dit croire au "péché originel" et qui veut justifier une organisation politique et une société déliquescentes. D'un côté Rousseau, "esprit faux" qui exaspérait Voltaire, l'écrivain qui a peut-être eu l'influence la plus néfaste qui soit, et de l'autre Joseph de Maistre, traditionaliste, pamphlétaire outrancier, provocateur et "réactionnaire" !
Le lecteur intéressé devrait donc pouvoir assister à cette confrontation avec un certain plaisir mais aussi avec détachement, sans prendre parti, laissant aisément passer les exagérations polémistes pour ne retenir, de-ci de-là, que quelques éléments susceptibles de nourrir sa propre réflexion et d'étayer sa propre opinion.

En fait ce livre pourrait surtout être utile à des lycéens en quête de matière, puisque ces malheureux devront un jour ou l'autre, dans le cadre de leurs études, se "taper" l'inévitable Rousseau... Mais attention à eux ! De Maistre n'est pas vraiment en odeur de sainteté dans cette docte assemblée qu'est l'Education Nationale : il n'est pas "politiquement correct"... Quant à ceux qui en voudraient plus, qui ne voudraient pas se contenter de ce livre somme toute assez limité, et qui désireraient creuser ce sujet très peu étudié de la confrontation idéologique entre ceux que l'on qualifie de "Lumières" et ceux à qui on attribue très facilement l'étiquette de "réactionnaire", ils pourront se reporter à l'excellent livre de Zeev Sternhell intitulé simplement "Les anti-Lumières" paru dans la série Folio histoire.


L'anglais de A à Z: Grammaire, conjugaison et difficultés
L'anglais de A à Z: Grammaire, conjugaison et difficultés
par Michael Swan
Edition : Broché
Prix : EUR 12,34

13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vraiment pratique, 27 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'anglais de A à Z: Grammaire, conjugaison et difficultés (Broché)
Un très bon livre de grammaire.
Ce livre est vraiment pratique puisqu'il permet d'une part d'aller très vite à l'information que l'on cherche et que, d'autre part, cette dernière est de bon niveau. La présentation est bien faite et les exercices utiles pour ceux qui voudraient se tester après la lecture du sujet qu'ils viennent de rechercher.
Pour moi ce livre est plutôt destiné aux "faux débutants" et à ceux qui font un travail personnel (ou un travail à la maison) plutôt qu'à ceux qui travaillent en classe avec un professeur.
On peut le recommander sans hésitation.


Pourquoi je ne suis pas chrétien, et autres textes
Pourquoi je ne suis pas chrétien, et autres textes
par Normand Baillargeon
Edition : Broché
Prix : EUR 9,50

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre bienvenu..., 26 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pourquoi je ne suis pas chrétien, et autres textes (Broché)
Un livre bienvenu à notre époque où les religions, et même celles jugées les plus "évoluées" et théoriquement les plus respectueuses des autres, reviennent en force et vont jusqu'à menacer de plus en plus ouvertement nos libertés fondamentales et ceci jusqu'à dans nos démocraties dites laïques.

Malheureusement ce livre ne sera certainement pas lu par ceux qui en auraient le plus besoin car ces derniers, persuadés de détenir "La" vérité, n'éprouvent pas le besoin de confronter leur foi et leurs croyances aux objections étrangères à leur monde. Le liront ceux qui veulent étoffer leur réflexion ou éprouver et conforter leurs doutes. Il pourra aussi renforcer ceux qui se sentent un peu seuls et désarmés face à ces églises qui mobilisent...

On pourra signaler "Science et religion", un autre livre du même auteur aux éditions "Folio essais", qui traite globalemment du même sujet.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 8, 2013 8:38 PM MEST


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