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Contenu rédigé par Polo
Classement des meilleurs critiques: 343
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Commentaires écrits par
Polo "polopicolo" (France)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Eaux printanières
Eaux printanières
par Ivan Tourgueniev
Edition : Poche
Prix : EUR 5,91

5.0 étoiles sur 5 Une grande découverte, 30 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eaux printanières (Poche)
Je ne connaissais pas Tourgueniev. C'est maintenant chose faite et avec quelle force!
Il y a dans ce roman, assez court, une beauté et une innocence qui font mouche, avant l'ascenseur émotionnel de la fin. Tourgueniev y livre une somme de personnages aux caractères bien trempés, un peu à la façon d'un Dickens (Pantaleone ou Emilio n'aurait pas dépareillé chez l'anglais), tout en jouant sur les émotions comme Tolstoï, avant de se lancer dans un vertige émotionnel dostoïevskien. Mais Tourgueniev n'est pas juste la somme d'autres auteurs, ce mélange est finalement assez unique. Et si l'histoire souffle le chaud, ce n'est que pour mieux en faire sortir les réminiscences lorsque le récit souffle le froid.
Une découverte sensible et superbe qui donne envie de découvrir un peu plus cet auteur.


Les lames du Cardinal tome 1
Les lames du Cardinal tome 1
par Pierre Pevel
Edition : Poche
Prix : EUR 8,20

4.0 étoiles sur 5 Script d'un film en devenir?, 23 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les lames du Cardinal tome 1 (Poche)
Soyons clairs, ce livre est blindé de défauts, mais il est quand même réjouissant. Commençons par les défauts, ça sera fait et vous serez prévenus. Tout d'abord le narrateur n'est pas assez neutre et sonne parfois comme un professeur d'histoire. Et pourtant, j'adore les romans historiques, mais il aurait fallu que les détails historiques s'intègrent naturellement et ne soient pas assénés comme c'est un peu le cas ici. Par ailleurs, les temps morts sont presque inexistants et les personnages n'ont donc pas le temps d'être fouillés, on frôle parfois la caricature. Le tout est enfin servi par un style assez quelconque, sans être désagréable.
Oui... oui... mais il y a les points forts, et pas des moindres. Si les personnages sont caricaturaux, c'est tant mieux, car on a là un grand roman d'aventures, où les complots, trahisons, alliances et contre-alliances se font et se défont au fil des pages, s'il avait fallu en plus assimiler des personnages avec une vraie psychologie, ça serait devenu trop sérieux pour un livre de ce genre. Et puis, le côté caricatural des personnages rend hommage aux maitres (les ombres de Féval et Dumas rodent, même si on n'est pas au même niveau). Par ailleurs, le style de Pevel n'est pas très littéraire, mais il arrive en revanche extrêmement bien à retranscrire le mouvement, ce qui est essentiel pour un roman de cape et d'épée, et ce qui est finalement assez rare pour être noté. Du coup, tout ce qui passe est extrêmement visuel et on imagine bien une adaptation cinématographique qui pourrait être franchement jouissive. Et puis, le roman est court et se dévore, tant on est incapable de lâcher les personnages, toujours soumis à des rebonds incessants. Il y en a d'ailleurs tellement que ça pourrait devenir un peu mécanique, mais force est de reconnaitre que ça marche.
Bref, un livre qui ne satisfera sans doute pas les amateurs de littérature, mais qui plaira à tous ceux qui cherchent un excellent divertissement bien foutu. J'ai trop peur que les défauts ne prennent le pas sur les qualités si je continue la trilogie immédiatement, je me permettrai donc une pause avant de m'y remettre, mais j'y reviendrai quand j'aurais besoin de mettre mon cerveau en off.


La liste des sept
La liste des sept
par Mark FROST
Edition : Poche
Prix : EUR 9,10

4.0 étoiles sur 5 Un bon roman gothique, 20 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La liste des sept (Poche)
Il l'a prouvé avec Twin Peaks (et avec talent), Mark Frost ne se contente pas d'enquêtes réalistes et froides, il aime les personnages hauts en couleurs, le paranormal et que ses histoires soient ponctuées de bons repas. Il ne déroge pas à ses propres règles dans ce roman proche du mythe holmesien.
Car s'il crée une histoire originale, Frost n'est pas ici un auteur-créateur, mais un auteur-admirateur rendant hommage à une certaine époque de la littérature anglaise, celle de la fin du 19°-début du 20°, mêlant les personnages de Conan Doyle, les ambiances de Lovecraft et de Stoker, le tout épicé avec une pointe de modernité à la James Bond. D'ailleurs, le personnage principal est Arthur Conan Doyle himself, jeune auteur en devenir, qui se trouve confronté à une machination digne de ce qui fera le succès de ses romans (les amateurs du canon holmesien s'amuseront à retrouver les références). Le tout se passe dans une ambiance londonienne gothique faisant la part belle aux fantômes et à des créatures quasi-zombies, sans pour autant verser dans le steampunk. Le dosage est savant et très plaisant.
Bref, un roman à but clairement divertissant et qui remplit bien ses objectifs. Un bon moment de détente!


Joseph Balsamo
Joseph Balsamo
par Alexandre Dumas
Edition : Poche
Prix : EUR 34,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La vedette du feuilleton, 19 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Joseph Balsamo (Poche)
Ce n'est pas le premier Dumas que je lis, mais en voilà un qui va me marquer durablement.
D'abord parce qu'il y a l'histoire et ses personnages. Comme à son habitude, Dumas livre une somme de portraits saisissants, qui pourraient vite glisser dans la caricature, mais se montrent finalement plus complexes qu'il n'y parait au premier abord. C'est vrai des personnages inventés par l'auteur (Gilbert ou Andrée de Taverney) mais aussi des personnages historiques (le duc de Richelieu ou Rousseau), à quelques exceptions près qu'on lui pardonnera (notamment Louis XV un peu facile). Et au sein de la grande Histoire (la fin du règne de Louis XV), se dessine l'histoire d'une somme de protagonistes, dont on aura du mal à dire qui en est le principal (sans doute Gilbert qui traverse toute l'oeuvre ou bien Balsamo qui tire toutes les ficelles), qui passent par toutes les possibilités romanesques de l'époque: intrigues de cours, romantisme, aventures, magie (ou du moins occultisme), espionnage, politique... Dans tous les cas, Dumas semble à l'aise.
Et c'est ce qui est sans doute le plus marquant, c'est à quel point l'auteur est brillant dans tout ce qu'il entreprend. En tant que feuilletoniste, il se pose (et c'est encore plus visible ici que dans les autres livres de l'écrivain) comme le père de toutes les séries modernes: derrière une trame de fond globale, Dumas sait créer des arcs narratifs indépendants qui donnent tout le sel au roman, alternant les points de vue, passant sous silence certains événements pour mieux élever le suspens, multipliant les rebondissements. Tout cela peut parfois être un peu fatigant, surtout au niveau des dialogues qui s'étirent parfois un peu inutilement (enfin, pas inutilement pour l'auteur qui était payé à la ligne), mais cette petite faiblesse se surmonte sans problème tant on est pris dans le feu de l'action.
Le style de Dumas est parfois un peu emphatique, mais suit bien le caractère des personnages, et souligne la décadence de la royauté (car on est ici quasiment dans le roman historique et politique avec un vrai pamphlet anti-royaliste), prête à sombrer dans la Révolution, avec un peuple qui ne peut plus suivre les frasques incessantes d'un roi plus inquiet de soigner sa favorite que de s'occuper de son peuple. A la fin du roman, tous les éléments semblent mis en place pour une suite et beaucoup de lignes narratives restent ouvertes. Bref, fin de la saison 1, la suite dans la saison 2: Le collier de la reine.


A Moon Shaped Pool
A Moon Shaped Pool
Prix : EUR 9,99

17 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La maturité, 10 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Moon Shaped Pool (Téléchargement MP3)
Radiohead a déjà montré son goût pour le changement, fonctionnant à l'évolution (de the Bends à OK Computer) voire à la rupture (Kid A). Toujours tête chercheuse, le groupe a testé, poussant parfois la recherche comme un aboutissement en soit (les rythmes sur King of Limbs) parfois un peu aux dépends des mélodies. Et revoilà le groupe dans un nouvel habit, superbe et presque familier pour une oreille distraite, mais bien plus complexe qu'il n'y parait en réalité.
Sur A Moon Shaped Pool, Radiohead semble vouloir revenir à des chansons plus basées sur les mélodies (le Burn the witch inaugural nous invite à chanter la chanson à six sous). Mais pour autant, cet album n'est pas un OK Computer 2, car le groupe ne fait pas dans le rock, ni même dans la pop anglaise classique, mais plutôt dans un registre qui n'est que le sien. Enfin, vraiment que le sien? Difficile à dire, parce que par moment on a l'impression que le groupe s'est inspiré du travail des autres, un peu comme sur In Rainbows où les guitares rondes sonnaient comme du Johnny Marr, ici on entend du Nick Drake dans les guitares, mais juste le temps d'une intro, et puis du Sufjan Stevens dans un piano, du Björk (version Vulnicura) dans un arrangement de cordes. Cependant, l'ensemble n'est que du Radiohead dans une mouture qu'on ne lui connait pas. Plus lent, plus insidieux que les albums précédents, mais aussi plus lumineux (sublime Present Tense) un peu comme les morceaux les plus calmes de In Rainbows, Radiohead livre un album patient qui s'apprécie rapidement mais se découvre au fil des écoutes.
Les arrangements de cordes sont superbes, les bidouillages électroniques sont discrets, les atmosphères prenantes (et joliment construites comme sur Daydreaming) et la voix de Thom Yorke semble offrir encore de nouvelles possibilités. Le groupe maitrise l'écriture des chansons et a su les habiller avec talent, comme le True Love Waits final que Radiohead cherchait à finaliser depuis 20 ans, et que les fans ne connaissaient qu'en version live, qui trouve ici son écrin, on sent que les oxfordiens sont à l'aise comme jamais, faisant preuve d'une grande maturité. Par ailleurs, le groupe semble plus soudé que jamais, les instruments se mêlant avec talent et les chansons effaçant les individualités, un peu comme les Beatles à l'époque de Revolver, album auquel A Moon Shaped Pool peut se comparer dans son côté expérimental mais ouvert, lumineux, nouveau et indispensable.
Bref, un album qu'on n'a pas fini d'écouter, pour en savourer les subtilités, et sur lequel il sera difficile de décider quel est le meilleur morceau tant chacun semble avoir sa vie propre et son intérêt.


L'Automne du patriarche
L'Automne du patriarche
par Gabriel García Márquez
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

5.0 étoiles sur 5 Inimitable Marquez, 4 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Automne du patriarche (Poche)
Gabriel Garcia Marquez est un écrivain unique. Chacun de ses livres est une plongée dans un univers que seul lui sait (d)écrire.
Quand on ouvre le livre, ce qui frappe d'entrée de jeu, ce sont les blocs monolithiques d'écriture, chaque chapitre étant en fait un unique paragraphe. Rapidement, le lecteur se rend compte que les phrases peuvent s'étendre sur des pages. Ce qui pourrait être un mur contre lequel le lecteur se cognerait est en fait une luxuriance et un monde. Si Proust (le spécialiste des phrases longues) était capable de construire une ambiance au détour d'une phrase, Garcia Marquez va plus loin, et chaque phrase est une histoire. Dans Cent ans de solitude (un de ses autres chefs-d’œuvre), il avait démontré qu'il pouvait mêler les époques en une seule phrase. Et il pousse le procédé encore plus loin, changeant d'époques, mais aussi de narrateur parfois d'un mot à l'autre. Cela pourrait nous perdre, mais étrangement, c'est une véritable immersion pour le lecteur.
Le texte foisonne de détails aussi inutiles que superbes, magiques et réalistes (c'est la marque de l'auteur). Le fond de l'histoire est presque un concentré de l'histoire de l'Amérique du sud: arrivée des caravelles, emprise des Etats-Unis et des Européens, dictateurs prêts à vendre leurs pays ou le défendant à outrance. Le livre est d'une lucidité ahurissante, voire prémonitoire quand on pense qu'il a été écrit bien avant la guerre des Malouines. La chronologie est parfois floue, mais peu importe, car ce qui compte, c'est la sensation.
Les phrases sont jouissives, les mots bien troussés, les images hallucinantes, le fond bien songé, rarement en tant que lecteur il nous a autant demandé de lâcher prise et de se laisser porter par le fleuve des mots, ou au moins, jamais cela n'a été fait avec autant de talent. Sans doute un des meilleurs livres de l'auteur.


Burn the Witch
Burn the Witch
Prix : EUR 1,29

5.0 étoiles sur 5 De quoi mettre l'eau à la bouche, 4 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Burn the Witch (Téléchargement MP3)
Il ne faut pas se fier à cette pochette en noir et blanc, Burn the witch est un single multicolore. Mais d'une acidité profonde.
En effet, si le ton global de la chanson semble plus ouvert que les dernières chansons du groupe (parfois un peu claustro) dans King of Limbs, il y a un fond d'angoisse et de vitriol qu'apportent les coups d'archers des violons. En cela, Burn the witch ressemble vaguement à un bonbon Arlequin, sucré et frais mais acide.
L'orchestration est superbe et n'est pas sans faire penser à Owen Pallett (violons obligent). Autant dire qu'on attend avec impatience la sortie d'un album qui nous en dira plus.


La Clepsydre
La Clepsydre
DVD ~ W.J. Has
Proposé par malavidafilms
Prix : EUR 12,99

4.0 étoiles sur 5 La recherche d'un temps perdu, 13 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Clepsydre (DVD)
La mémoire, l'enfance et la famille, voilà un thème très développé en littérature (Proust étant le plus évident). Le rêve/cauchemar est une forme souvent bien rendu visuellement en cinéma (Lynch ou Gilliam). Avec la Clepsydre, Wojciech Has adapte au cinéma un livre de Bruno Schulz où il est autant question de rêve que de souvenirs et livre une oeuvre de pur cinéma mais qui nécessiterait un sous-texte littéraire.
Visuellement, la Clepsydre est un chef-d'oeuvre. Qu'il s'agisse des décors foisonnants, des lumières claires-obscures, des plans s'étirant à l'infini comme un Tarkovski, tout attire l'oeil, et le spectateur peut se délecter de ce qui se passe sous ses yeux. Le fond est plus complexe: prenant la forme d'un rêve, le personnage principal retrace son passé (souvenirs d'écolier, imaginaire enfantin, premiers amours, voyeurisme, famille, etc.), mais aussi celui de son pays (l'Empire Austro-hongrois) et de son peuple (traditions juives et thème des progroms [voire de l'holocauste]), mais comme dans un rêve, la chronologie n'est pas là et tout est nébuleux. Un peu comme Alice perdue au pays des Merveilles, le personnage principal déambule et passe d'un souvenir à un autre en passant sous un lit. Derrière ses souvenirs se dresse aussi le spectre de la mort et l'importance du deuil.
En fait, le film serait parfait sans quelques longueurs et surtout si on avait les clés pour décrypter. Car on peut choisir de regarder le film, de ne pas tout comprendre et de se laisser porter (les images sont suffisamment belles pour que ça marche), mais on sent que chaque scène est symbolique, et on aimerait comprendre les différents symboles pour savourer la finesse de l'histoire. En fait, comme certains livres qu'on aime relire avec des commentaires et des annotations, on aimerait revoir le film avec les clés pour comprendre (ou choisir de le revoir sans les explications).
Il n'en demeure pas moins que la Clepsydre est un chef d'oeuvre visuel, injustement méconnu mais qu'il faut voir.


Le Cimetière de la morale
Le Cimetière de la morale
DVD ~ Tetsuya Watari

3.0 étoiles sur 5 Auto-destruction, 6 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Cimetière de la morale (DVD)
Le Cimetière de la morale n'est pas le grand film de yakuza auquel on pourrait s'attendre. Est-ce dû au fait qu'entre temps quelques réalisateurs ont fait des films de gangsters d'une qualité ahurissante? (Scorcese d'un côté du Pacifique ou Kitano de l'autre) Peut-être, mais qu'à moitié.
En fait, ce qui pêche, c'est le scénario. On suit la vie d'un homme auto-destructeur, un anti-héros total, auquel on ne s'attache pas et qu'on ne comprend pas. Le film ne s'attarde que sur le sillage de violence et de destruction qui suit ce yakuza, sans vraiment montrer sa vie intime (ou rapidement) ou ses réussites, de ce fait, on ne comprend pas l'attachement que d'autres personnages peuvent lui vouer et pourquoi il ne se fait pas descendre au bout de 5 minutes.
Il n'en demeure pas moins que la réalisation est excellente. Plans décadrés, caméra à l'épaule, le bruit et la fureur montrés crument, il y a quelque chose d'extrêmement moderne dans ce film de 1975, et c'est ce qui fait tenir jusqu'au bout, ce qui donne envie d'y croire. Dommage qu'en tant que spectateur il faille tant combler les vides.


Are You Serious (Deluxe Edition)
Are You Serious (Deluxe Edition)
Prix : EUR 11,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Son album le plus fun, 4 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Are You Serious (Deluxe Edition) (Téléchargement MP3)
Andrew Bird enchante nos oreilles depuis une dizaine d'albums (selon que l'on compte ou non les divers lives et albums concepts, on peut même aller vers la quinzaine) et n'en finit pas de nous surprendre. Sifflements et violons à tout champ, son univers musical est ultra-reconnaissable et on se plonge à chaque fois dedans avec un grand bonheur... avec le risque que le garçon ne se renouvelle pas complètement.
Mais il y arrive en fait très bien et son nouvel album est bien différents des autres. Là où la musique de Andrew Bird peut parfois sembler très cérébrale (notamment sur Armchair Apocrypha), Are you serious a une approche extrêmement fun et quasi-pop. Évidemment, ça reste du Andrew Bird, et tout est très travaillé, mais on sent que le chanteur de l'Illinois a voulu avoir une approche plus simple, mélanger les rythmes et se faire plaisir.
Ce sentiment, on pouvait l'avoir de façon éparse sur ses précédents albums (rythme quasi-hip hop sur Nervous Tic Motion... ou issu des îles sur Danse Carribe), mais l'ensemble restait toujours folk. Ici, c'est le contraire, l'approche purement folk est plus rare (et très réussie sur le superbe duo avec Fiona Apple), l'album s'ouvre d'ailleurs avec une vraie chanson soul et vogue ensuite sur des territoires pop voire rock auxquels Bird ne nous avait pas habitué, alors que sa musique colle parfaitement. L'album fait parfois penser aux Beach Boys ou aux Temptations, ou encore à l'approche folk-rock de M Ward. On entend parfois moins distinctement le violon, l'album faisant la part belle aux guitares, mais il est toujours là, utilisé de façon classique, mais aussi parfois comme une guitare, il reste l'instrument de prédilection d'Andrew Bird et c'est tant mieux car il est le seul à le manier aussi bien.
Le sens mélodique qui avait fait le succès de Mysterious Production of Eggs se trouve ici mélangé avec le caractère live de Break It Yourself, donnant naissance à une série de chansons absolument fabuleuses, quitte à perdre légèrement en cohérence (ce qui faisait le charme de Noble Beast), mais peu importe parce qu'on a envie de chanter en choeur en écoutant l'album et même de danser (c'est nouveau chez Bird ça), un plaisir immédiat.


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