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Le chat bleu (Meurthe et Moselle)
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Freelance : Grover lewis à Rolling Stone, une vie dans les marges du journalisme
Freelance : Grover lewis à Rolling Stone, une vie dans les marges du journalisme
par Philippe Garnier
Edition : Broché
Prix : EUR 21,25

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Apparemment foutraque, 28 novembre 2014
Ceux qui croient que Philippe Garnier porte en bandoulière son Lester Bangs en seront pour leurs frais. Pour Philippe Garnier, c' est Grover Lewis journaliste indépendant un peu partout et surtout à Rolling Stone entre 1971-1973. Il dit que c' est son mentor, je dirais plutôt celui qui lui a montré la marche à suivre, et c' est surtout devenu son ami. Pour la marche à suivre, c' est simple, il suffit de citer notre ami Grover Lewis : Je suis fier de pouvoir dire que mes papiers faisaient ch..r aussi bien la gauche radicale que la droite conservatrice. La marge, toujours la marge.

Au-delà d' une biographie de son ami alcoolo (yeah !) dont le papa et la maman s' aimaient d' amour tendre (sic) et afin que ça ne tourne pas à la monomanie, il y a une plongée dans le journal fer de lance de la contre-culture : Rolling Stone, la turlutaine des sixties et seventies. On rencontrera d' autres pigistes estampillés rock. La prima donna Hunter Thomson. Le roublard Hongrois Joe Eszterhas ; avec son pic à glace ? ses futurs scénarios copie carbone "Jagged Edge/Music Box" ? sa prémonitoire télé-réalité "Showgirls" ? Plus des chapitres sur une tournée avec les Allman Brothers où pour la première fois Grover Lewis ne cachait rien de la consommation de drogues dures. Sur Lightnin'Hopkins disant de John Lee Hooker qu' il devrait apprendre à jouer de la guitare. Ainsi que Robert Mitchum pendant le set de "The Friends of Eddie Coyle" (1973) de Peter Yates dont l' article est autant empreint de vérité que de vouloir entériner la légende. Sur les deux top models à la ville comme à l' écran Robert Redford et Paul Newman, et, la sympathique toquée et bonne comédienne Tuesday Weld. Pendant les tournages de "Fat City" (1972) de John Huston ou de "The Getaway" (1972) de Sam Peckinpah... pour finir dans une petite ville du Texas avec "The Last Picture Show" (1971) de Peter Bogdanovich dans lequel Grover Lewis a un petit rôle. Où il se fout des costards de cow-boy de Clu Gulager et il égratigne gentiment la très belle Cybill Sheperd qui se balade toujours avec un bouquin du style Marcel Proust ou autre casse-burnes avec ou sans madeleine. Dans tout ce brouhaha, il y a le portrait de la star de western de série B Audie Murphy ; au merveilleux titre : Heavy Medal, le soldat le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale. Le triste destin de Gus Hasford, l' auteur de "The Short-Timers" (1979) qui inspirera "Full Metal Jacket" (1987) le film retardataire de Stanley Kubrick dont la première heure, la plus intéressante, n' est qu' un démarquage du "Sergent la terreur" (1953) de Richard Brooks.

Seul regret de ce livre à lire et à relire, il manque un lexique des noms, ce qui est décidément une habitude pour Philippe Garnier chez Grasset. Le petit livret de photos fait un peu cheap, d' autres éditeurs notamment ALLIA proposent des mises en page plus originales.


The Very Best Of Donovan
The Very Best Of Donovan
Prix : EUR 5,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Top baba cool, 30 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Very Best Of Donovan (CD)
Chez les babs, Donovan, c' est le meilleur. Bon, il y en a un autre, dopé à l' énergie solaire, un certain Jimmy James le surnomma du nom d' un État américain, et l' océan Pacifique est pour toujours son linceul.

Donovan a écrit plein de chansons légères tel que "Mellow Yellow", "Sunshine Superman", "Jennifer Juniper", "Maria Magenta", "There is a Mountain", "Barabajagal" (youpi, avec le Jeff Beck Group!)... et des mélodies belles et nostalgiques comme "Catch The Wind", "Sailing Homeward" et surtout "Laleña" dont la reprise plus grave et hautaine par Deep Purple période Rod Evans, avec un Jon Lord impérial et un Ritchie Blackmore discret, est peut-être supérieure. Avec Donovan, c' est jamais la prise de tête. Il est un peu foufou, voir Le Joueur de flûte (1972) [Edition Deluxe] de Jacques Demy (youpi, on a échappé à Michel Legrand !), ses pieds touchent rarement le sol, mais, c' est le genre de gars positif dont on a envie de dire que du bien. Bon d' accord, vaut mieux oublier "Rock'n'roll Soldier" qui conclut cette magnifique compilation.

Quand je dis un peu foufou, paradoxalement un peu clairvoyant aussi. En 1976, il chante "A Well Known Has-been" qui ne figure pas sur ce best of ; Maxime Le Forestier en a été tout bouleversé.


Fascinant / fascisant: Une esthétique d'extrême droite
Fascinant / fascisant: Une esthétique d'extrême droite
Prix : EUR 19,09

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La fascination du fascisme, 29 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fascinant / fascisant: Une esthétique d'extrême droite (Format Kindle)
Alain Chevarin, c' est un marrant. Le genre de gazier qui voit des fascistes partout, ou, du moins, voit des attitudes et des comportements fascistes partout. Le réactionnaire de salon du type Figaro/Valeurs Actuelles traiterait notre cher Alain Chevarin de bobo, terme qui ne veut plus rien dire, tellement il a été employé par les rigolos, donc les réactionnaires de salon qui vont bouffer dans les débats à la téloche. Alain Chevarin n' aime pas l' individualisme, plus exactement l' individualiste. Peut-être un jour comprendra-t-il que le fait de se prendre en charge individuellement, de refuser le système alterné emploi-chômage et le RSA, soulage la collectivité. Serait-il affilié à la maison à quatre mois de vacances dans l' année ?

Je reviens au fond du livre. D' après Alain Chevarin, si nous avons une aversion par exemple pour l' Art contemporain - comme l' ont les nationalistes, éternel combat du beau contre le laid, de l'ancien contre le nouveau - c' est tout simplement par manque d' éducation. Le vieux remède du vieux : l' éducation. La Culture est une question de curiosité et pas d' enseignement. T' es curieux ou tu ne l' es pas. Qu' il rappelle, par contre, l' interdiction de livres dans les librairies municipales, la destruction de sculpture ou la suppression des subventions aux différents festivals dans les communes dirigées par le FN en 1995, cela prouve qu' il faut être très vigilant. Que c' est Bernard Stasi, un centriste, qui écrivit "L' immigration, une chance pour la France" (1985) et pas un politicien de gauche, démontre qu' il a des éclairs de lucidité.

Certains passages confinent au ridicule, et notamment les éloges de la faiblesse, du genre : il faut préférer Mozart à Wagner. Ses haines de la Légende arthurienne et de la Culture celte en général. Sa stigmatisation du blond. Le blond automatiquement accusé de porter les signes fascistes, que dis-je, nazis. Étant donné que Wagner, Chrétien de Troyes ou la couleur blonde ont été récupérés par le moustachu (qui n'était pas blond), donc obligation est faite de détester tout cela. Sa haine du hard-rock voire du rock, vieux relent du baba-cool larvé ou du progueux, même s' il reconnaît que certains groupes ont combattu le racisme. Bien sûr qu' il y a des sales c..s dans le hard. Il nomme à juste titre Blackie Lawless le simplet-arriéré-chanteur-guitariste de WASP qui a dit : Le rock est le meilleur moyen d' avilir la femme... mais il oublie les piteux trépanés de Slayer avec "Reign in Blood" (1986) qui ont commis une chanson sur Mengele, une chanson-documentaire qu'ils disent ces abrutis.

Alain Chevalin doit apprécier Neil Young. Le chanteur-guitariste canadien faiblard qui cultive sa faiblesse et qui est content de s' y vautrer. Kurt Cobain n' aimait pas être faible et il le criait...

Alain Chevarin développe beaucoup d' autres thèmes dans son livre. Je ne parle ici que d' une partie.

On préférerait que cet essai soit édité chez PUF, tant il est orienté idéologiquement vers la conscience lâche et collectiviste. Les éditions L'Harmattan ne nous avaient pas habitués à aussi peu d' objectivité. Alain Chevalin est un ancien de l' IUFM. Le genre de gazier qui a tendance à prendre le collégien pour un crétin impressionnable et donc l' ouvrier (ce que je suis) pour un sans-dent illettré très influençable.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 10, 2014 12:15 PM CET


Patterns
Patterns
DVD ~ Everett Sloane
Proposé par gildisc
Prix : EUR 4,69

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Au sommet des tours, 30 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Patterns (DVD)
L' auteur de ce film est plus son scénariste Rod Serling, que son réalisateur Fielder Cook qui est surtout un technicien-stakhanoviste de la télévision. En ce qui concerne la carrière de Rod Serling et l' origine télévisuelle du scénario, Alain Carrazé dans le bonus de 26 minutes présent sur ce DVD y fait une bonne présentation.

On n' attend pas le futur scénariste-concepteur de la série "La quatrième dimension" (1959-1964) dans la description des affrontements dans le directoire d' une grande société. Si la hiérarchie parmi le directoire est impitoyable et dictatorial, elle procède chez les secrétaires de la même manière ; elles sont sans beauté particulière voire sans âge, toutes dévouées à leur travail qu' elles vivent comme un sacerdoce, on dirait des nonnes dirigées par une mère supérieure. Beatrice Straight, qui interprète la femme de Van Heflin, est loin d' être une épouse maternante, il ne faut pas se fier aux premières scènes. "La tour des ambitieux" (1954) de Robert Wise a été souvent comparé à "Patterns". L' action est effectivement aussi resserrée, mais le nombre de personnages est plus limité. Le casting "All Stars" chez Wise (William Holden, Barbara Stanwick, June Allison, Frederic March...) fait place ici à un trio voué d' habitude au character actor : le sémillant et sec Everett Sloane, le visage fort d' Ed Begley pour une rare foi en victime et le génial Van Heflin dont tous les sens sont en éveil.

La photographie est de Boris Kaufman, habituel collaborateur du jeune réalisateur Jean Vigo (1905-1934). Les plans extérieurs de la ville de New York et ses hauts immeubles sont certainement de cet homme. À noter pour l' originalité du film, l' absence de musique.

Film en noir et blanc de 1956.
Format 4/3. Durée : 81 mn.
Version audio anglaise avec sous-titres français.
Pas de version audio française.
Bonus : Interview de Alain Carrazé d' une durée de 26 mn.
Excellente copie.


The Band Plays On
The Band Plays On
Prix : EUR 26,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toujours libre, 30 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Band Plays On (CD)
Si vous voulez entendre une guitare tendue et torturée, il n' y a pas mieux que celle de Paul Kossoff (oui, oui, il y a aussi Tommy Bolin). Si vous ne ressentez pas cette douleur, c' est que vous êtes déjà mort, juste bon à jouer les zombies dans un film de George A. Romero et vous faire exploser votre tête molle par une balle dum-dum. Free, dont les influences étaient le blues et la soul, était le prototype de ce que les jeunes appellent actuellement l' émo-rock ; le hard rock adulescent et naïf totalement apolitique. Est-ce que Back Street Crawler tente de s' affranchir de cela ? En tout cas ils essaient d' être un peu plus adultes, moins naïfs mais toujours apolitiques. L' inspiration émotionnelle de Free venait en grande partie d' Andy Fraser, compositeur fin, subtil et versatile doublé d' un bassiste au jeu libre ne se contentant pas de marquer la rythmique. Trouver un remplaçant d' un même niveau n' est pas facile ; car pour Koss la compo, c' est pas trop son truc. Mike Montgomery (claviers), sorti de nulle part, apparaît. Cet inconnu écrit seul six titres dont le très original "New York, New York", on dirait du Ian Hunter et où le chanteur Terry Wilson-Slesser est assez à l' aise, ainsi que l' énorme "Survivor" et le très beau blues à la Free "It's A Long Way Down To The Top". Il en co-écrit deux autres, le heavy-blues syncopé "Hoo Doo Woman", là Terry Wilson-Slesser est un peu à la traîne mais ce n' est pas le meilleur titre de l' album, et "Stealing My Way" avec les montées lyriques de Koss. La face B recèle autant de petites merveilles, l' entraînant "All The Girls Are Crazy", avec le jazzy "Jason Blue" on est presque chez Steely Dan... Back Street Crawler était bien un groupe, pas un projet d' un guitariste égocentrique. En tout cas pour moi, le meilleur disque de Paul Kossoff en dehors de Free. Le suivant de Back Street Crawler "2nd Street "(1976) est moins inspiré, c' est normal Mike Montgomery avait déjà disparu...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 24, 2014 8:11 PM MEST


Daisy Kenyon [Import USA Zone 1]
Daisy Kenyon [Import USA Zone 1]
DVD ~ Joan Crawford
Proposé par musique-pour-vous
Prix : EUR 6,85

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Femme ou maîtresse, 27 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Daisy Kenyon [Import USA Zone 1] (DVD)
Je ne comprends pas trop pourquoi ce film fait parti de la collection "Film noir" de la Twentieth Century Fox, il s' agit plutôt d' un mélodrame... d' un très beau mélodrame d' ailleurs... avec quelques petits moments de comédie ; je sais que cela devient compliqué mais c' est pour vous dire que "Daisy Kenyon" n' a rien à voir avec un "Film noir".

Le titre français "Femme ou maîtresse" est pour une fois adapté et définit bien le personnage interprété par Joan Crawford et surtout le dilemme qui la perturbe. Daisy Kenyon est financièrement indépendante, a un amant (Dana Andrews) marié mais il ne veut pas divorcer, et, un autre ami veuf (Henry Fonda) qui la courtise. L' amant est avocat et il déteste perdre une affaire même celle de cœur. L' ami veuf est traumatisé par la mort accidentelle de sa femme. Daisy ne veut pas oublier au milieu de tout cela sa carrière professionnelle d' illustratrice de mode. Ce trio aux personnalités complexes alimente le scénario de belle manière. Donc, pas de meurtre ni de conflit physique, plutôt des joutes verbales, dans cet exercice Dana Andrews y est magnifique ; Henry Fonda joue plus la retenue.

Otto Preminger n' est donc pas juste le cinéaste pessimiste tant vanté. Il peut donner ce genre de film que l' on dit léger mais fortement attachant sur l' infernal trio ; Sacha Guitry n' est pas loin. Et remettons nous en mémoire "Scandale à la cour" (1945) ou "L' éventail de Lady Windermere" (1949), autres délicatesses du Viennois. Pourrait-on préférer Gene Tierney à la place de Joan Crawford ? Pas sûr, on connaît l' égo démesuré de cet actrice, pas pire que celui de Bette Davis, mais elle a toujours été quoi qu' on en dise d' une justesse remarquable et son jeu un peu limité, toutes les actrices ne peuvent être du niveau de Barbara Stanwyck ou d' Irene Dunne, passe très bien l' épreuve du temps. La photographie de Leon Shamroy est subtile, notamment dans l' appartement de Daisy Kenyon où les fenêtres et portes vitrées traversées par le soleil forment des taches lumineuses du plus bel effet.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Film en noir et blanc de 1947.
Format : 4/3. Durée : 99 mn.
Version audio anglaise sous-titrée française.
Pas de version audio française.
Bonne copie.


Dangerous Crossing [Import USA Zone 1]
Dangerous Crossing [Import USA Zone 1]
DVD ~ Jeanne Crain
Proposé par musique-pour-vous
Prix : EUR 5,58

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La revanche de la Belle, 18 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dangerous Crossing [Import USA Zone 1] (DVD)
Excellent thriller de la Twentieth Century Fox avec l' une de ses stars, en l' occurence Jeanne Crain. Souvent imposée par le producteur Darryl Zanuck chez Joseph Mankiewicz et Otto Preminger qui ne se sont pas gênés pour la discréditer. Dans son autobiographie Elia Kazan, toujours aussi courageux, parle de visage inexpressif sans citer le nom de sa vedette de "Pinky" (1949). Quand on ne la traitait pas de poule pondeuse ; elle avait sept enfants. Jean-Patrick Manchette écrira lors de la ressortie en 1981 de "Péché mortel" (1945) de John Stahl : « Jeanne Crain est un cageot et joue comme une patate, on est habitués ». Des cageots comme ça j' en veux tous les jours. Quant à jouer comme une patate et avoir un visage inexpressif, dans "Dangerous Crossing" (1953) la Belle prouve le contraire.

Dans ce film se passant sur un paquebot de luxe, un couple embarque, le mari (Carl Betz) disparaît, la femme (Jeanne Crain) essaie de convaincre l' équipage que son mari est bien sur le navire, mais personne ne la croit, le docteur (Michael Rennie) tente de comprendre cette jeune femme dont il apprendra certains secrets au cours du récit. Il y a beaucoup d' audace visuelle. Les gros plans sur le visage de plus en plus névrosé de Jeanne Crain. Les scènes de nuit dans la brume sur les ponts du paquebot. On ne peut pas juste créditer la superbe photographie en noir et blanc et les mouvements d' appareil de Joseph LaShelle qui ont toujours été signalés par les critiques de cinéma. Il y a bien le talent synthétique de Joseph M. Newman. L' interprétation est concrète où le moindre petit rôle à son importance, la composition des plans, la dynamique et la précipitation des scènes également. Joseph M. Newman en est bien le chef d' orchestre. Un talent égal et de même teneur parcourait "Les bannis de la Sierra" (1952) étonnant western-thriller enfermé dans une cabane isolée dans la neige.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Film en noir et blanc de 1953.
Format : 4/3. Durée : 75 mn.
Version anglaise sous-titrée française.
Pas de version audio française.
Très bonne copie.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 27, 2014 5:26 PM MEST


Albert Lewin : Un esthète à Hollywood
Albert Lewin : Un esthète à Hollywood
par Patrick Brion
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Patrick Brion et Albert Lewin, 22 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Albert Lewin : Un esthète à Hollywood (Broché)
Pour Patrick Brion, Albert Lewin, c' est sa marotte. Tous les cinéphiles en ont une. Pour Jacques Lourcelles, il s' agit de Raffaello Matarazzo. Peter Biskind chérie Hal Ashby (!?). Philippe Garnier a les siennes, il en change de temps en temps. Il a commencé avec Don Siegel ou André de Toth, puis il y a eu Roland Brown et ensuite Joseph M. Newman. Le problème avec la marotte, c' est qu' elle n' est pas tout le temps géniale et a souvent un parcours en zigzag fait de plaies et de bosses. D' où la bienveillance que le cinéphile lui porte.

En ce qui concerne Albert Lewin, ce qui le rend sympathique dans un premier temps, ce sont ses caractéristiques physiques. Il ne dépassait pas le mètre et demi et travaillait comme producteur à la MGM d' où son surnom de Métrognome. Quasiment sourdingue, il avait un sonotone électrique portatif énorme. James "The Voice" Mason m' était en doute sa capacité à distinguer les disparités entre les différentes prises d' une même scène. Albert Lewin adorait-il le cinéma muet à cause de sa surdité ? Est-ce à cause de cet handicap qu' il sacralisait la Peinture ?

Contrairement à beaucoup de personnalités hollywoodiennes, Albert Lewin n' a pas eu de vie aventureuse avant son arrivée dans le bureau de Samuel Goldwin (Szmuel Gelbfisz) comme lecteur ; ça faisait rupin d' avoir un universitaire pour un nabab hollywoodien. Dernier enfant né le 24 septembre 1894 à Brooklyn de parents appartenant à des familles d' émigrés russes d' origine juive, il suit une scolarité exemplaire qui le mène à être diplômé en Littérature de l' université de New York, puis diplômé de Littérature britannique à celle de Harvard. Cela aide-il à devenir un grand cinéaste ? Frank Borzage ne savait, paraît-il, ni lire, ni écrire...

D' abord scénariste d' une flopée de mélodrames et ensuite producteur de renom avec "Les révoltés du Bounty" (1935) de Frank Lloyd ou "Les gars du large" (1937) de Henry Hattaway, il commence sa carrière de réalisateur avec trois adaptations littéraires réussies : "The Moon and Six Pence" (1942) d' après W. Somerset Maugham, "Le portrait de Dorian Gray" (1945) d' après Oscar Wilde et "Bel Ami" (1947) de Guy de Maupassant très conforme au code de censure Hays. Tous trois très bons où George Sanders ne l' est pas moins, ne pas oublier Angela Lansbury jeune et belle à la bouche mince dans les deux derniers. "Pandora" (1950) d' après la légende du Hollandais volant est son film le plus célèbre. Histoire d' amour fou chère aux surréalistes et hymne à la beauté d' Ava Gardner. Chef d' œuvre pour certains ou classé "camp" pour d' autres. Il vaut mieux ne pas s' attarder sur ses deux derniers métrages "Saadia" (1953) et "The Living Idol" (1957).

Patrick Brion défend sa marotte d' une manière assez naïve en affirmant que tous les films sont excellents. Pour lui, "Bel ami" est la meilleure adaptation de Guy de Maupassant ; il fait l' impasse sur "Le plaisir" (1952) de Max Ophüls l' adaptation de trois nouvelles de l' écrivain ou "Une vie" (1958) d' Alexandre Astruc ou encore "Romanze in Moll" (1943) d' Helmut Käutner avec la belle Marianne Hoppe au sourire si énigmatique. Il faut reconnaître que son livre est une mine de renseignements. Les souvenirs d' Abert Lewin évidemment, de Jack Cardiff, mais aussi ceux assez hilarants du directeur de la photographie Christopher Challis sur "Saadia" dont le tournage se passa au Maroc, de James "The Voice" Mason et ses problèmes d' argent, du peintre Man Ray et une entrevue avec Hurd Hatfield le comédien de Dorian Gray. Pour compléter, un panorama critique des films, parfois au moment de leur sortie, prouve à quel point les "spécialisés" s' égarent. Pas n' importe qui, James Agee par exemple.

Un livre qui rend hommage à une personnalité hollywoodienne qui a marqué le cinéma américain en lui apportant une allure plus cultivée, tout en donnant des œuvres compréhensibles du public lambda.


La fabrique du cinéma
La fabrique du cinéma
par Alexander Mackendrick
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les Ealing Studios à Hollywood, 25 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La fabrique du cinéma (Broché)
Après avoir été l' auteur de neuf films dont un seul mauvais, le dernier "Comment réussir en amour sans se fatiguer" (1967) une pitrerie avec Tony Curtis où on se demande s' il était derrière la caméra, le britannique Alexander Mackendrick décide d' enseigner l' écriture du scénario et la mise en scène à la California Institute of the Arts de Valencia.

Quand un homme a réalisé, entre autres, "L'homme au complet blanc" (1951), "Le grand chantage" (1957) ou "Cyclone à la Jamaïque" (1965), il vaut mieux l' écouter. Il donnait à étudier "Trois heures dix pour Yuma" (1957) de Delmer Daves car ce western était « filmé avec simplicité et économie, peuplé de personnages conventionnels et archétypaux, et dont le dialogue a un but et un effet immédiats ». Alexander Mackendrick prenait-il Delmer Daves pour son double américain ? Un de ses étudiants James Mangold en fit un remake en 2007. Ayant affronté la matière cinématographique en étant successivement publicitaire, ce qui lui apprit le story-board, puis scénariste, ce qui lui donna le sens de l' ellipse et qu' un film doit-être compréhensible aux 2/3 par ses images. Alexander Mackendrick pense comme Alfred Hitchcock que le cinéma a atteint sa plénitude lors de la période muette.

Cet assemblage des différentes notes de ce professeur-cinéaste n' est pas hétéroclite mais suit une progression qui va de la conception d' une histoire jusqu' à la prise de vue. Assemblage qui permet au néophyte de comprendre ce qu' est "La fabrique du cinéma" ; un monde fait d' artisans à la manière de ceux qui construisirent les cathédrales. Donc, ce n' est pas une autobiographie mais il y a un bon dossier auto-critique d' une cinquantaine de feuillets sur "Le grand chantage" (1957) dans ce livre de 440 pages environ. Il faut aussi louer une excellente mise en forme notamment pour les story-boards expliquant les axes et positions des caméras pour les champs et contrechamps. Il manque tout de même un index des noms et films, ce qui est toujours très pratique. Paraît-il qu' un second volume doit suivre.


Tout Court
Tout Court
Proposé par Funkingdom
Prix : EUR 29,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Doux et fort, 28 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout Court (CD)
Voix voilée et grave, juste ce qu' il faut. Physique hiératique, juste ce qu' il faut. Un peu mystérieuse, peut-être pas assez communicante, Véronique Rivière est une oubliée de la chanson française. Pourtant, elle a eu du succès avec cet album composé de douze titres écrits par cette Dame brune à la peau blanche, plus une reprise de "Baby, I'm a want you" de Bread pour l' influence du soft-rock américain - appellation trompeuse qui veut dire easy listening - sur son style, l' importance de la country est grande également. Une seule chanson me semble faible "Cathy" où l' emploi du synthé est limite déplacé. Car l' ensemble des arrangements est surtout basé sur les guitares tenues par l' excellent et fin Michael Jones ainsi que Patrice Tison, Michel Haumont et Dominique Blanc-Francard qui signe aussi la réalisation. Deux hits "Tout court" et "Capitaine" à écouter en priorité afin de mieux adopter sans difficulté les autres. Une preuve que l' on peut faire de la très bonne variété française sans voix de fausse chanteuse d' Opéra, sans être une chuchoteuse non plus.


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