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Contenu rédigé par Le chat bleu
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Le chat bleu (Meurthe et Moselle)
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La fabrique du cinéma
La fabrique du cinéma
par Alexander Mackendrick
Edition : Broché
Prix : EUR 27,55

5.0 étoiles sur 5 Les Ealing Studios à Hollywood, 25 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La fabrique du cinéma (Broché)
Après avoir été l' auteur de neuf films dont un seul mauvais, le dernier "Comment réussir en amour sans se fatiguer" (1967) une pitrerie avec Tony Curtis où on se demande s' il était derrière la caméra, le britannique Alexander Mackendrick décide d' enseigner l' écriture du scénario et la mise en scène à la California Institute of the Arts de Valencia.

Quand un homme a réalisé, entre autres, "L'homme au complet blanc" (1951), "Le grand chantage" (1957) ou "Cyclone à la Jamaïque" (1965), il vaut mieux l' écouter. Il donnait à étudier "Trois heures dix pour Yuma" (1957) de Delmer Daves car ce western était « filmé avec simplicité et économie, peuplé de personnages conventionnels et archétypaux, et dont le dialogue a un but et un effet immédiats ». Alexander Mackendrick prenait-il Delmer Daves pour son double américain ? Un de ses étudiants James Mangold en fit un remake en 2007. Ayant affronté la matière cinématographique en étant successivement publicitaire, ce qui lui apprit le story-board, puis scénariste, ce qui lui donna le sens de l' ellipse et qu' un film doit-être compréhensible aux 2/3 par ses images. Alexander Mackendrick pense comme Alfred Hitchcock que le cinéma a atteint sa plénitude lors de la période muette.

Cet assemblage des différentes notes de ce professeur-cinéaste n' est pas hétéroclite mais suit une progression qui va de la conception d' une histoire jusqu' à la prise de vue. Assemblage qui permet au néophyte de comprendre ce qu' est "La fabrique du cinéma" ; un monde fait d' artisans à la manière de ceux qui construisirent les cathédrales. Donc, ce n' est pas une autobiographie mais il y a un bon dossier auto-critique d' une cinquantaine de feuillets sur "Le grand chantage" (1957) dans ce livre de 440 pages environ. Il faut aussi louer une excellente mise en forme notamment pour les story-boards expliquant les axes et positions des caméras pour les champs et contrechamps. Il manque tout de même un index des noms et films, ce qui est toujours très pratique. Paraît-il qu' un second volume doit suivre.


Tout Court
Tout Court

5.0 étoiles sur 5 Doux et fort, 28 février 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tout Court (CD)
Voix voilée et grave, juste ce qu' il faut. Physique hiératique, juste ce qu' il faut. Un peu mystérieuse, peut-être pas assez communicante, Véronique Rivière est une oubliée de la chanson française. Pourtant, elle a eu du succès avec cet album composé de douze titres écrits par cette Dame brune à la peau blanche, plus une reprise de "Baby, I'm a want you" de Bread pour l' influence du soft-rock américain - appellation trompeuse qui veut dire easylistening - sur son style, l' importance de la country est grande également. Une seule chanson me semble faible "Cathy" où l' emploi du synthé est limite déplacé. Car l' ensemble des arrangements est surtout basé sur les guitares tenues par l' excellent et fin Michael Jones, Patrice Tison, Michel Haumont et Dominique Blanc-Francard qui signe aussi la réalisation. Deux hits "Tout court" et "Capitaine" à écouter en priorité afin de mieux adopter sans difficulté les autres. Une preuve que l' on peut faire de la très bonne variété française sans voix de fausse chanteuse d' Opéra, sans être une chuchoteuse non plus.


L'oreille d'un sourd
L'oreille d'un sourd
par P Garnier
Edition : Broché
Prix : EUR 22,37

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Notre homme Philippe Garnier, 27 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'oreille d'un sourd (Broché)
Ah, Philippe Garnier, j' attendais chaque mois avec impatience son papier dans le Rock & Folk des années 70 (fin) et 80 (début). Bon, ici, ce sont ceux parus dans Libération - le journal des socialos assujetti au Mitterrand sauveur : un million de chômeurs en 1981, deux millions un an plus tard... le chômage, c' est maintenant -, un canard où j' y jette un œil quand je tombe dessus et heureusement pas souvent, il y en a aussi des Inrocks (la hype, l'horreur). Dans ce bouquin, qui se lit à une vitesse dingue, je ne retrouve pas tout-à-fait l' esprit affûté ou les recherches du style "Je suis le Philip Marlowe des archives de la Warner, le Sam Spade de celles de l' Universal..." qui faisaient le bonheur des grands articles dans Rock & Folk. Normal, Philippe Garnier a gardé ses meilleurs sujets pour ses deux livres complémentaires "Honni soit qui Malibu" (1996) et "Caractères" (2006).

Donc, c' est le tout venant qui est réuni dans ces chroniques où un thème comme les godasses Doc Martens - Garnier porte ces pompes paramilitaires - ne peut intéresser que ceux qui ne connaissent pas les chaussures italiennes de Bill Hurley ; c' est pour ça qu' il vaut mieux porter des baskets quant on n' a pas la classe du chanteur des Inmates, et éviter les gaudiots Doc car tu risques de ressembler à un skinhead coco ou facho au bulbe mou. Beaucoup plus captivant, les chapitres consacrés à un vieux cinéma de quartier, aux pensées de Louise Brooks, à Walter Tevis l' auteur de "L'arnaqueur", à une réunion universitaire sur la guerre du Vietnam qui remet beaucoup de pendules à l' heure, à Richard Harris, à Sterling Hayden et son crabe, à Walter Matthau où la réflexion de Don Siegel est géniale, à son ami Tom Waits (un chanteur-compositeur que je viens vraiment de découvrir), à une photographe rooseveltienne Marion Post Walcott, aux deux cerveaux de Curt Siodmak qui dit n' avoir écrit que des histoires d' amour (ce qui est vrai !), à son alter ego Nick Toshes, à l' incontournable Charles Bukowski, au meurtre de Sam Cooke...

Et bien sûr, l' énervement vient quant la virtuosité de Philippe Garnier se met au service des bras cassés, des sans talents, des fausses gloires. Faisons silence sur le guitariste arthritique du Velvet. Même Joey Ramone, bon, il avait de l' humour dans ses interviews - il disait à propos de "Sandinista" des Clash : quel péplum ! -, mais les Ramones n' est qu' un groupe au groove fastidieux, aux musiciens (?) laborieux ; ce petzouille de guitariste ne jouant qu' en accords barrés... le tréfonds est atteint avec Lux Interior des Cramps. Je ne dis pas que je n' ai pas fantasmé sur Poison Ivy, à part ça, quelle purge juste bonne pour le Café de Flore ! Parce que pour Philippe Garnier et Lux Interior, le rock'n'roll ce n' est pas de la musique, mais c' est ce qu' on met dedans. Pour moi, c' est aussi de la musique et même avant tout de la musique. Quant à Courtney Love, bien meilleure actrice que euh... chanteuse (?), faire un papier sur un de ses concerts, quel intérêt, à part le style de l' auteur.

Je parlerais bien de ce qu' il dit sur le réalisateur Gordon Douglas mais oublier de citer "La maîtresse de fer" (1952), "Fort Invincible" (1951) ou "Le géant du grand nord" (1959), ce n' est pas bien. Je parlerais bien aussi de William Faulkner qu' il descend de manière assez habile, de Howard Hawks dont il met en doute son envoi au front pendant la Première Guerre mondiale et de son ex-femme Slim Keith qui inspirera toutes les actrices hawksienne : Rosalind Russell, Jane Russell, Ann Sheridan, Angie Dickinson. Et puis, il y a Jack Nicholson à qui il rend visite chez lui, dans LA maison, pour parler de "The Two Jakes" (1990) la suite de "Chinatown" (1974) de Roman Polanski, LA maison où le nabot faisait des choses inadmissibles ; Philippe Garnier parle de peccadilles... viols sur mineure... peccadilles... bon, j' arrête.

Maintenant, il serait temps de rassembler dans le même livre tous les articles parus dans Rock & Folk.


Ain't Gonna Worry
Ain't Gonna Worry
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 14,95

5.0 étoiles sur 5 Glamour country, 31 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ain't Gonna Worry (CD)
Pour trouver chez Crystal Gayle un disque qui se tient dans son ensemble, il a fallu attendre un bon moment. Ce fut "Ain't gonna worry" paru en 1990, le dernier produit par Allen Reynolds le producteur attitré de ses premiers albums qui va enfin le livrer. Dans les années 80, la (très) Belle ne s' en tirera pas avec les honneurs, loin de là, les reprises calamiteuses de Bill Withers ("Ain't no sunshine" et "Lean on me") et de Bobby Bland ("Ain't no love in the heart of the city") drainent des arrangements inadaptés et le vibrato de sa voix n' y est pas très agréable. Confiée plus tard à d' autres metteurs en sons, le résultat ne fut pas plus concluant. Mais il y avait un autre travail énorme à accomplir, elle le fit très bien et Shania Twain s' en inspirera beaucoup : dépoussiérer l' image des antiques chanteuses country, de celles qui attendent leur homme derrière un fourneau ou un évier de cuisine. Il fallait abandonner les robes à fleurs, éviter les coiffures frisettes, les brushings douteux ou les perruques choucroutées et le maquillage à la truelle (c' est vrai que dernièrement, en voulant être dans le coup, elle donne presque dans le style gothique ; le style gothapouff quoi). Ressembler à une jeune femme moderne. Et tout ça, en bonne républicaine, sans discours féministe. Pour en revenir à l' album, 10 chansons, 10 réussites. Ballades ("It ain't gonna worry my mind", "Once in a very blue moon", "Faithless love"), country pure ("Everybody's reaching out for someone", "Never ending song of love"), un peu de country variet' mode ("Just like blues", "More than love"). Orchestrations impeccables, solos de guitare et d' accordéon, musiciens subtils et doués. Seul regret, que ça ne dure pas plus longtemps.
P.S. Je ne pense pas que la pochette soit une réponse à celle de "Easter" de Patti Smith...


Baby the Rain Must Fall [Import USA Zone 1]
Baby the Rain Must Fall [Import USA Zone 1]
DVD ~ Steve McQueen

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Second film du tandem McQueen/Mulligan, 29 novembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Baby the Rain Must Fall [Import USA Zone 1] (DVD)
Film qui risque de n' être pas très aimé par les fanatiques du Steve McQueen des films frimeurs de John Sturges ou du "Bullit" (1968) de Peter Yates. Scénarisé par le dramaturge Horton Foote d' après une de ses pièces de théâtre "The Travelling Lady" centrée sur une femme un peu à la dérive, "Le sillage de la violence" (1964) développe en plus la personnalité du mari de celle-ci.

Au début du récit, une femme (Lee Remick) avec sa petite fille quitte la bourgade de Tyler pour celle de Columbus où elle essaie de reprendre contact avec son mari (Steve McQueen) qui suite à une rixe sanglante, et après avoir purgé quelques années de prison, vient d' être libéré sur parole. Les retrouvailles ne sont pas faciles... Un shérif (Don Murray), ami d' enfance du mari, les aide...

Enfant, Henry Thomas (Steve McQueen) fut abandonné par ses parents, des travailleurs saisonniers pauvres, sur les marches d' un palais de justice de la petite ville texane Columbus ; habitudes courantes des familles itinérantes indigentes dans le sud des États-Unis. Confié par le juge (Paul Fix) à une vieille femme dévote et rigide, l' éducation d' Henry sera dure et violente. Cette éducation altérera son caractère. Henry est un délinquant bagarreur plus prompt à sortir son cran d' arrêt quant il a le dessous, que le chanteur compositeur à succès qu' il rêve de devenir.

Robert Mulligan est décidément le cinéaste des sujets difficiles et casse gueule où plus d' un se serait vautré dans la complaisance et le pathos. La photo simple, sobre et en noir et blanc d' Ernest Laszlo refuse toute esthétisme à la John Alton. Ici tout est dans les attitudes et les images courtes et incisives. La vue d' une ceinture accrochée à l' intérieur d' un placard est d' une grande efficacité narrative qui mènera à la scène explosive dans le cimetière.

Si vous êtes pour le Steve McQueen de "L' enfer est pour les héros" (1962), de "L' homme qui aimait la guerre" (1962) ou de "La canonnière du Yang-Tse" (1966), du McQueen en pauv'mec, il incarne dans "Baby, The Rain Must Fall" le pire (meilleur) des pauv'mecs.

DVD zone 1 et exclusivement zone 1.
Très bonne copie.
Film en noir et blanc de 1965. Format 16/9. Durée : 99 mn (version complète).
Version audio anglaise avec sous titres anglais ou espagnols... ou japonais (si ça vous dit).
Ce DVD ne possède ni de version audio française... ni de sous titres français contrairement à ce qui est indiqué sur la jaquette.


Une vie dans le cinéma
Une vie dans le cinéma
par Michael Powell
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 En noir et blanc et en couleur, 26 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une vie dans le cinéma (Broché)
J' avais acheté cette autobiographie à sa sortie, j' en avais lu soixante pages, je l' avais reposée en me disant la reprendre plus tard... seize ans plus tard. Par acquit de conscience, je m' étais aussi procuré le deuxième volume paru en 2000. Pourquoi en avoir abandonné la lecture ? parce que l' enfance de Michael Powell dans la campagne britannique est un peu ennuyeuse... et pourtant j' aurai dû me remémorer au moins deux de ses films "A Canterbury Tale" (1944) et "La renarde" (1950) ; tout y est sauf l' ennui. Et puis si j' avais continué un peu plus loin, la mort de son frère aîné m' aurait accroché. Mais, j' ai été définitivement captivé dès que Michael Powell fait son entrée dans les studios de la Victorine à Nice - le père de Michael Powell acheta peu avant un bail de trente ans d' un hôtel sur la Côte d' Azur -, et devient l' assistant d' un réalisateur du muet un peu oublié, Rex Ingram, qui fit les premières versions de "Scaramouche" (1923), "Les quatre cavaliers de l' Apocalypse" (1921) et "Le prisonnier de Zenda" (1922). Pour les fanatiques de Michael Powell, sans oublier Emeric Pressburger, vous aurez tous les secrets de fabrication des films mythiques que sont "À l'angle du monde" (1937), "49e Parallèle" (1941), "Colonel Blimp" (1943), "Le narcisse noir" (1947), "Les chaussons rouges" (1948), "Les contes d'Hoffmann" (1951), "La bataille du Rio de La Plata" (1956) entre autres. Ses portraits de Alfred Hitchcock, Samuel Goldwin, David O. Selznick, Alexandre Korda, Moira Shearer, Ludmilla Tcherina, Deborah Kerr, David Farrar, James Mason, Roger Livesey... sont saisissants. On se sent happé par le même tourbillon que les protagonistes de "Je sais où je vais" (1945).
- Le volume 1 fait 760 pages environ, hors filmographie complète et index des noms.
- Le volume 2 fait 670 pages environ, hors filmographie complète et index des noms.


Cut
Cut
Prix : EUR 7,00

2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 À jeter dans les latrines, juste retour à l' envoyeur, 8 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cut (CD)
T' es en 1978, t' es une fille, t' as pas de tympans, ta mère écoutait Yes, tu jettes tes tampons souillés aux piteux concerts des bourricots punks, t' as comme copines d' autres bonnes à rien et mauvaises à tout comme toi... et bien tu fondes un groupe de bourriques que tu nommes The Slits... Les fentes, c' est ça, c' est classieux... Une chose est sure, j' irai pas bouffer ces escalopes mal lavées qui montrent leurs nichons que je ne veux pas voir. Mais les snobinards du New Musical Express ont mis cet étron dans leur classement des 100 meilleurs albums de tous les temps ; il y en a qui ont honte de rien surtout pas de leur connerie. Comment une maison de disques a pu signer des pouilleuses pareilles ? Comment la presse rock élitiste a pu porter ça au pinacle ? C' est normal, ils se sont fait dessus avec le Velvet Underground, groupe de nains de jardin juste bon à décorer le dessus d' une fosse sceptique, disons plutôt l' intérieur d' une fosse septique. Et tout d' un coup une bande de mongoloïdes, aux mains avec lesquelles elles se torchaient le fondement, ont touché des guitares. Monsieur Lester William Polfuss, entre autres, n' a pas créé la Les Paul pour qu' elles soient tenues par des pestilentielles parkinsoniennes à grande gueule qui ne savent pas aligner trois accords sans se planter au deuxième. Qui doit écouter ça, à part une pisseuse blennorragique misandrique qui se fait dessus en se tordant de douleur...


Roberto Rossellini et la Seconde Guerre mondiale : un cinéaste entre propagande et réalisme
Roberto Rossellini et la Seconde Guerre mondiale : un cinéaste entre propagande et réalisme
par Enrique Seknadje-Askenazi
Edition : Broché
Prix : EUR 20,28

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Tempête sous un crâne, 17 septembre 2013
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Avant de réaliser ses trois films d' après-guerre néoréalistes (et communistes pour certains) : "Rome, ville ouverte" (1945), "Païsa" (1946) et "Allemagne année zéro" (1948), Roberto Rossellini mis en scène une trilogie de propagande fasciste : "Le navire blanc" (1941), "Un pilote revient" (1942) et "L'homme à la croix" (1943). Comment se fait-il que cette trilogie est constamment passée sous silence, rejetée d' un revers de main dédaigneux par les admirateurs rosselliniens comme étant des films de l'école calligraphique (de la belle image) ; ce qui est faux. Rossellini dans un entretien* donné à Eric Rohmer - celui qui influença la série "Hélène et les garçons" - et François Truffaut - celui qui repiqua les 3/4 de ses fameuses idées au film "Bonne Chance" (1936) de Sacha Guitry - répondit à la question : « Dans "Le navire blanc" qui précède de trois ans "Rome, ville ouverte", il n' y avait aucun acteur professionnel... c' était du néoréalisme avant la lettre ? » La réponse de Rossellini est : « C' était la même position morale... » Cette explication amène à une certaine modération ou du moins à un analyse froide. Roberto Rossellini n' est pas fasciste, n' est pas communiste mais est démocrate-chrétien, comme Madame Boutin, il vient de la haute bourgeoisie romaine, est marié, a des enfants... et une maîtresse ; Rossellini aimait rappeler que Karl Marx sautait sa bonne.

Pendant ces dictatures communistes ou fascistes, où tout art est contrôlé par un ministère de la propagande, faire œuvre personnelle est difficile. Est-ce le cas de Rossellini ? Pas spécialement, car il veut être un témoin de son temps. Les bouleversements en Italie à cette époque sont terribles. D' ailleurs Enrique Seknadje-Askénazi l' auteur du livre rappelle que si l' Italie de Mussollini serait restée neutre comme l' Espagne de Franco, elle aurait continué d' être fasciste. L' entrée en guerre en juin 1940, l' occupation nazie et la libération par les Alliés changèrent son destin. Mais en adepte d' une philosophie mortifère qu' est le christianisme, Rossellini est attiré par les deux autres philosophies mortifères que sont le fascisme et le communisme. Le livre reste dans un premier temps sur la mise en œuvre et la propagande fasciste des trois premiers films qui ont pour modèle "Le cuirassé Potemkine" (1925) de Serguei Eisenstein. Tout le monde sait que le fascisme a trouvé son fondement (c' est le cas de le dire) dans le communisme (qui est donc un préfascisme). Mario Bava opérateur sur "Le navire blanc" (1941) est catégorique ; De Robertis, documentariste à la base, superviseur du même film, fut le véritable inventeur du néoréalisme et Rossellini lui a tout volé ; De Robertis est un mussollinien, il suivi le Duce dans la République de Salò. Reste que certains points ne sont pas très claires. Notamment la relation amicale de Rossellini avec le fils de Mussollini, chef du Cinéma italien. Le sujet de "Un pilote revient" (1942) est signé Tito Silvio Mursino, anagramme de Vittorio Mussollini, il est scénarisé par une kyrielle d' auteurs dont Rossellini... et un certain Antonioni qui ne devait pas avoir à ce moment là de problème d' incommunicabilité, matrice de son futur cinéma sous bradypnée. Par contre le lien catholique est bien démontré entre le film fasciste "L' homme à la croix" (1943) et le communiste "Rome, ville ouverte" (1945), dans les deux, il y a des prêtres qui se sacrifient. Le néoréalisme qu' il soit d' obédience fasciste ou communiste adore les martyrs, toujours le côté mortifère.

La seconde partie du livre traite des trois films d' après guerre, où l' on apprend que si "Rome, ville ouverte" n' a pas coûté très cher (11 millions de Lires), ce ne fut pas le cas de "Païsa" (55 millions de Lires). Le néoréalisme était un style onéreux à cause de l' emploi d' acteurs non-professionnels et le tournage dans des décors réels car les réglages étaient longs, à de rares exceptions, même Sadoul et Godard en conviennent. Autre exemple, Enrique Seknadje-Askénazi dans ses notes révèle que "Le voleur de bicyclette" (1948) de Vittorio De Sica a été financé pour 70 millions de Lires (une bagatelle) par De Sica et un avocat à la mode (le néoréalisme était-il une mode ?)... Quant à "Allemagne année zéro" (1948) et son enfant parricide qui se suicide (plus racoleur et miséreux, tu meurs)... "Les assassins sont parmi nous" (1946) de Wolfgang Staudte - avec les précautions d' usage, le réalisateur-acteur a fait parti de la distribution de "Le juif Süss" (1940) de Veit Harlan - est LE film de l' immédiat après-guerre qui oblige le peuple allemand à se regarder en face.

Si, pour moi, ces six films ne sont devenus que des objets de musée, je classerai toujours dans mes dix films préférés au monde "Voyage en Italie" (1954) - George Sanders dans son autobiographie "Mémoires d' une fripouille" (1960) descend en flamme Roberto Rossellini et le film - dont nous possédons enfin une bonne copie, en attendant une sortie de "La peur" (1954) qui n' est pas loin de l' égaler. Je rajoute "Les onze fioretti de Saint François d'Assise" (1950) où enfin le catholicisme de Rossellini s' exprime pleinement avec un peu d' humour. "Stromboli" (1950) est d' une lourdeur symbolique qui a azimuté beaucoup de comédiennes. Viviane Romance dans son autobiographie "Romantique à mourir" (1986) décrit la découverte de son château en ruine - elle consacre le tiers du bouquin à décrire la rénovation de son maudit château - de la même manière que Ingrid Bergman gravit le volcan. La volcanique Anna Magnani qui fut la maîtresse de Rossellini demanda sa revanche sur Ingrid Bergman avec "Vulcano" (1950) de William Dieterle. Le facteur Q est important chez le maître du néoréalisme.

Désolé d' avoir été aussi long, mais le cas du soit-disant père du néoréalisme - Jean Renoir avec "Toni" (1935) est le vrai père du genre et Visconti en est le fils naturel, les autres... - si on essaie de le comprendre équivaut à une vraie tempête sous un crâne. Le livre de Enrique Seknadje-Askénazi ne fait que 250 pages pour nous éclairer, il contient tout de même en plus la filmographie du Romain et une bibliographie assez fournie concernant cette période trouble...

*Les extraits de l' entretien sont tirés de "Roberto Rossellini le cinéma révélé" dans la collection "Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma", page 70. Lire aussi les pages 230, 231 et 232 pour la fascination (comme Brasillach ?!) de l' esthétique fasciste (les chemises noires et les poignards à têtes de mort) lorsqu' il était enfant, et où il affirme qu' il n' a rien fait sur "Un pilote revient" (1942) en dehors d' être l' assistant. Ce sont les seules pages sur la trilogie fasciste de Rossellini dans ce livre. Est-ce parce que les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague en ont fait leur maître à penser ?


La Descente infernale
La Descente infernale
DVD ~ Gene Hackman

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Downhill Racer, 12 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Descente infernale (DVD)
J' ai beau ne pas aimer le sport en général, ce n' est pas pour ça que je déteste les films qui en parlent. "La descente infernale" (1969) est un bon film sur l' arrivisme d' un jeune skieur interprété par Robert Redford. Là où Ida Lupino dans "Hard, Fast and Beautiful" (1951) montrait l' ambition d' une mère à travers la réussite de sa fille tenniswoman, ici le père fermier, un taiseux, originaire d' une petite ville de l' Amérique profonde ne comprend pas le besoin de célébrité ni les désirs luxueux de son fils. Le héros, si on peut le nommer ainsi, a très peu de morale, pas l' esprit de corps, se trouve des excuses quand il loupe une course ; un individualiste comme je les aime. Comme disait un de mes potes : « Pour Moi, il n' y a rien au-dessus de Moi ». Cette expression semble être développée dans le scénario de James Salter. Au début du récit ce jeune skieur incorpore en cours de saison l' équipe olympique américaine suite à une blessure du leader, l' entraîneur incarné par l' excellent Gene Hackman découvre au fur et à mesure les qualités et les défauts de sa nouvelle recrue.

Une remarque à faire au sujet de Robert Redford. Il donne toujours l' impression de ménager son public féminin, ce qui empêche d' être pleinement satisfait de son interprétation. Une scène est révélatrice de ce comportement. Son personnage tombe amoureux d' une européenne sophistiquée type mannequin de papier glacé à cannes de serein, c' est Camilla Sparv. Lors de la rupture qui se passe dans une voiture, le mannequin à cannes de serein qui le considère comme un gigolo se perd dans une logorrhée insupportable que Redford stoppe en appuyant sur le klaxon ; ce serait Steve McQueen il lui aurait collé une baffe à la manière de celle que prend Ali McGraw dans "The Getaway" (1972) de Sam Peckinpah ; Alain Delon lui en aurait collé deux. Chaque fois que je vois Redford, je me dis avec McQueen ça serait mieux.

Dans la forme le réalisateur Michael Ritchie, qui vient de la télévision et dont c' est le premier film pour le cinéma, utilise abondamment la caméra à l' épaule, technique télévisuelle, qui deviendra une figure de style incontournable des années 70. Doit-on faire allusion au dialogue de "Fedora" (1978) de Billy Wilder : « Les jeunes barbus ont le vent en poupe. Ils n' ont pas besoin de scripts, il leur suffit d' une caméra portative et d' un zoom ». Je vous rassure, il y a un scénario solide et subtil, la photographie de Brian Probyn est assez granuleuse par moments (télévisuelle donc), et Ritchie portait bien la barbe.

Film en couleurs de 1969. Format 16/9. Durée : 97 mn.
Version audio anglaise et française. Sous-titres français.
Bonne copie. Pas de bonus.
Zone 2.


Dillinger [Import USA Zone 1]
Dillinger [Import USA Zone 1]
DVD ~ Lawrence Tierney

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dillinger is dead, 18 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dillinger [Import USA Zone 1] (DVD)
Biographie de gangster archétypale de la série B qui enfile les situations convenues comme une bande dessinée à deux sous. Plus les critiques font des recherches sur le scénariste Philip Yordan, plus cet homme se révèle être un combinard employeur de ghost-writer comme on en a jamais connu à Hollywood. D' après Tavernier et Coursodon ce "Dillinger" (1945) serait en fin de compte écrit par un journaliste. N' y attendre rien dans la forme non plus, étant donné que le film est réalisé par Max Nosseck. Cet Allemand tient plus du globe-trotter, quand on est de confession juive sous le règne du moustachu vaut mieux, que du metteur en scène. Je suis sûr que ses mémoires, s' ils existent, sont plus intéressantes que ses œuvres. Donc pas de Don Siegel, pas de Joseph H. Lewis, pas de Phil Karlson, pas de Edgard G. Ulmer à se mettre sous la dent... même pas un miracle à la Steve Sekely avec "The Scar" (1948)... que reste-t-il...

Ann Jeffreys, très belle actrice blonde classieuse au jeu moderne dans la lignée des Jacqueline White, Audrey Long ou Lola Albright, qui malheureusement va vite se réfugier à la télévision. On aura le temps encore de l' admirer mieux mise en lumière dans "Riff Raff" (1947) de Ted Tetzlaff avec Pat O'Bien l' ombre de James Cagney, dans deux aventures de Dick Tracy incarné par Morgan Conway et deux westerns de Ray Enright avec Randolph Scott. La petite tête de vieux d' Elisha Cook, Edmund Lowe en gangster à lunettes intello et mentor de Tierney-Dillinger, la tronche grêlée de Marc Lawrence et la face batracienne de Eduardo Ciannelli respectent leur contrat de seconds rôles récurrents. Lawrence Tierney commence ici sa carrière de tueur froid sans émotion qui fera son succès, effectivement il est impressionnant, tout le film tient sur ses épaules.

Film qui cartonnera au box-office et ça tient du hold-up : 65 000 (selon Wiki) ou 193 000 (selon IMDB) dollars de budget (vaut mieux pencher pour la première somme) pour 4 millions de recette. Les frères King, de leur vrai nom Kozinski, qui en étaient les producteurs devaient être contents aussi de l' utilisation des stock-shots d' autres métrages dont le plus connu est l' emprunt de la scène du braquage du fourgon avec les fumigènes de "You Only Live Once" (1937) de Fritz Lang, mais il y a d' autres séquences et transparences d' archives diverses (poursuites de voitures, scènes de prisons...) qui en font l' un des films les plus mal fichus qui soit. Tout le charme de la série B qui se transforme en série C. Pour finir, c' est un film fait par des escrocs, donc faut pas s' attendre à de grandes vérités historiques, sur un criminel célèbre entre autres pour avoir été flingué à la sortie d' un cinéma où il projetait "Manhattan Melodrama" (1934) de W.S. Van Dyke avec Clark "Grandes oreilles" Gable.

Film de 1945 en noir et blanc. Format 4/3. Durée de 70 mn.
Version audio anglaise sous-titrée française.
Assez bonne copie dans l' ensemble.
Zone 1 mais en fin de compte toute zone.

En bonus, il y a des commentaires audio de John Milius, qui fit un "Dillinger" (1973) avec Warren Oates, et de Philip Yordan non sous-titrés.
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