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Contenu rédigé par idnca.dk
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Commentaires écrits par idnca.dk (Copenhague)
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
Comprendre la marque en mouvement, par delà le bien et le mal, 28 février 2007
Sur les bons conseils d'un ancien de mes professeurs, j'ai profité d'un passage en France pour me procurer cet ouvrage en tous points remarquable.
Pour ceux qui sont déjà familiers avec le projet socio-sémiotique de Semprini, ce livre constitue une nouvelle mise en pratique de sa démarche originale mais riche. Il s'agit cette fois d'interroger le paradoxe qui fait des marques des objets de sens á la fois révérés et honnis et dont la puissance grandissante porte en elle le germe d'une fragilité accrûe. Semprini nous explique pourquoi et surtout comment cette situation ambiguë est devenue centrale dans notre rapport á la consommation, á l'économie et bien au-delá, sur tous les terrains de la vie sociale.
Une fois de plus il parvient á articuler de manière didactique exigence académique et clarté pratique. Il navigue du macro-social au micro-social, c'est á dire des considérations sociologiques dans lesquelles les marques évoluent mais qu'elle infléchissent et modifient en retour aux cas concrets tout en pointant les insuffisances - voire les impasses - des conceptions courantes et trop populaires (à mon goût!) de la marque.
Au final ce cheminement permet de proposer un modèle sémiotique projet-manifestations opérationnel qui défie la dichotomie traditionnelle entre produit et marque ou entre marketing et communication tout en s'ouvrant sur les paradoxes et la polyphonie postmoderne qui rendent moins mécanique le rapport aux marques et au sens qu'elles font émerger.
Rigoureux mais pas dogmatique donc. Bravo et merci !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
La sociologie á coups de marteau et au fil à coudre, 24 janvier 2007
Bruno Latour c'est un peu le Nietzche de la sociologie: Il en fait d'abord et avant tout á grand coups de marteau et il semblerait qu'il y prenne même un certain plaisir. Comme il le dit lui même, il propose de suivre M. Thatcher pour qui "la société n'existe pas". Qu'un sociologue, tout bâtard qu'il soit, se réclame de Thatcher n'a rien de très orthodoxe a priori mais qu'un chercheur
se donne comme point de départ la négation de son objet d'étude aura de quoi surprendre encore davantage. Et pourtant! Latour propose d'imaginer le social non comme substance ou rideau stable pre-existant à l'analyse et qui pourrait éclairer toute forme de phénomènes - le fameux contexte- mais plutôt comme mouvement, comme le résultat d'un processus spatio-temporel de sédimentation progressive et de contestation permanente où les "associations" d'éléments divers et variés se mettent en place. Ainsi les objets et les sujets ne sont plus distingués ontologiquement mais participent ensemble de ce grand concert des connexions et des relations duquel naît la société et dont il convient de suivre les fils afin de garantir la pertinence de l'observation á l'encontre des catégorisations a priori (le contexte, les classes sociales, le social, etc) Ces connexions, nous enseigne Latour, ne doivent pas être conçues comme des causalités mais comme des "véhicules" de "transformations" qui feront les faits sociaux que Durkheim croyait indéniables et les objets scientifiques que la modernité imaginait "simplement" mettre au jour.
Ce livre constitue une excellente introduction á la sociologie de la traduction - oú de l'acteur-réseau si acteur n'est pas pris dans l'acception sociologique traditionnelle de "sujet"- largement initiée par Latour: engagé et convaincant, pour une sociologie débarrassée de ses oeillères qui devient acceptable à l'âge de l'internet puisque celui-ci permet de suivre les connexions en mouvement si facilement.
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L'objet en action, 23 janvier 2007
Assez admiratif depuis quelques années déjà du travail pluri-disciplinaire, á la fois rigoureux et clair, théorique et pratique, d'Andrea Semprini autour des marques et de la consommation, j'ai découvert ce livre écrit en 1995 récemment. Bien m'en a pris ! Dans une société de la consommation ou l'objet - physique et symbolique- est roi, Semprini propose de mettre fin au paradoxe qui en fait un laissé-pour-compte de la réflexion, une trivialité indigne de questionnement. Retraçant les modalités du rapport á l'objet dans la culture occidentale et leurs impasses, il fonde une approche socio-sémiotique originale qui servira de support plus ou moins explicite á ses travaux ultérieurs plus concrets sur la marque et la consommation. En faisant dialoguer notamment Bruno Latour, l'ANT et plus généralement l'ethnométodologie avec la sémiotique (JM Floch, Greimas et U. Eco) il parvient á échafauder un argument convaincant et pertinent qui refuse la distinction assumée du sujet et de objet.
Un ouvrage original, riche mais accessible qui établit des ponts prometeurs entre disciplines et perspectives et qui demeure de mon point de vue essentiel encore aujourd'hui, 11 après sa publication, dans le sens oú il pose les fondations solides á la compréhension subtile de nos rapports à l'objet dans la (post)modernité en insistant sur sa dimension relationnelle, émergente, construite et narrative contre l'essentialisme et le dualisme assumé (cf discussions "mainstream" sur l'identité de marque). Ceci semble encore plus précurseur que l'hypertextualité sociale et technique, le web 2.0, le fonctionnement des médias contemporains et les modalités d'existence des marchés et des entreprises (user-centered innovation, etc) rendent désormais les intuitions de Semprini plus observables encore qu'au moment de la publication de sa thèse.
Si je devais me risquer á proposer une définition (peu digeste certes), je dirais que du point de vue de Semprini, l'objet devient un ensemble de virtualités activables concrétisées dans l'interaction que l'univers social discursif des actants autorise et par laquelle il émerge.
L'auteur le dit de manière plus élégante ainsi:
l'objet "devient miroir et lieu d'investissement et de stabilisation des valeurs anthropologiques, socioculturelles, cognitives et psychologiques qu'il a lui-même contribué à générer, dans un processus continu qui permet à une société de pouvoir se donner un ordre et un sens en se pensant á travers les formes et les objets qu'elle a elle-même engendrées." (P.209)
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Brand Culture
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par Jonathan Schroeder Edition : Broché |
| Prix : EUR 32,79 |
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| Disponibilité : Habituellement expédié sous 4 à 6 semaines |
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Penser la marque au centre de notre monde, 13 avril 2006
La grande concision de ce livre ne devra pas occulter son importance ! Dans le maelström des ouvrages insipides, des to-do lists et autre tool box de la littérature sensationnaliste actuelle, certaines contributions ici feront date. Les éditeurs ont rassemblés quelques grands noms et d'autres moins connus du marketing et du branding traditionnels mais aussi du consumer research et autre organizational studies pour livrer un panorama vaste, diversifié et ambitieux de l'influence des marques dans nos sociétés et vice versa. Une des caractéristiques importante qui ressort de part la diversité des approches méthodologiques et des niveaux d'analyse, c'est la variété des pistes de réflexions ouvertes concernant la dialectique complexe marque-consommateur-marketer. Attentifs aux détails, regardant la marque depuis son contexte social et historique et les questions qu'il pose (l'interrogation sur la notion d'identité est centrale par exemple) sans pour autant perdre de vue les enjeux manageriaux, l'ouvrage dénote un soucis interdisciplinaire salvateur : sémiotique, anthropologie, ethnographie, organizational studies sont convoquées pour offrir davantage de nuance à l'étudiant passionné, au chercheur scrupuleux ou au marketeur attentif sans sombrer dans le jargon, la gratuité ou bien la pédanterie. Par exemple, l'article de Stefen Brown sur Ryanair, remarquablement écrit et immensément drôle, analyse de manière précise le marketing anti-conventionnel de la compagnie à la lumière de la littérature pop contemporaine mais n'en dépasse pas moins le cadre de l'anecdote pour dresser un portrait d'une pertinence fulgurante de la marque dans la postmodernité. Ainsi, le titre Brand Culture résume parfaitement le propos du livre: aborder avec différents points de vue le rôle des marques dans la culture et l'interpénétration croissante entre les deux sphères. Plus qu'il n'offre de certitudes, il suggère de multiples pistes d'interrogation future aux limites du 'branding' tel qu'il se résume trop souvent. De ce point de vue l'article de Søren Askegaard est certainement symptomatique du projet et constitue une nouvelle contribution marquante de sa part. Cette fois à la lumière des recherches d'Appadurai sur la notion d'ideoscape. Dommage pourtant que certains papiers ne soient pas tout à fait au niveau et altèrent le propos du projet en se complaisant dans une certaine facilité.
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