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Contenu rédigé par bertrand_mogendre
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bertrand_mogendre (ici et là)

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L'Explosion de la durite
L'Explosion de la durite
par Jean Rolin
Edition : Broché
Prix : EUR 17,25

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 françafrique pour francais à frites, 31 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Explosion de la durite (Broché)
Quel talent ! En quelques lignes me voilà transporté sur une route africaine à bord d'un véhicule dont le moteur eût pu confirmer son état explosif si la durite ne lâcha point au moment de la surchauffe anormale du radiateur.

Cette panne devient le prétexte pour situer le pays Congo, cahotant entre son contexte historique sanglant et sa géopolitique conflictuelle.

L'homme blanc dont il est question, rencontre les grands de ce peuple échauffé, souvent au bord de la piscine, dont le père propriétaire militaire partageait autrefois la fraîcheur,fort agrémentée d'alcool lors de soirées débordant de mondanités.

Ainsi dans ce parcours chaotique tu apprendras, ami lecteur, pourquoi les militaires se mettent au garde à vous face à un serpent, à quelle occasion le chant du coucal ressemble au glouglou d'une bouteille qui se vide, comment il est possible de se méfier d'un individu qui travaille involontairement à son insu pour les « services ».

Quel talent ! Passer en quelques lignes de Proust le mangeur de filles en fleurs, à Bokassa «le bouffon nègre » (Bokassa Ier, un empereur français.- Par Stephen Smith et Géraldine Faes Éditions Calmann-Levy ), hum, un délice.

Ecriture : l'usage d'un vocabulaire riche et varié est agréable à percevoir dans cette aventure ponctuée par d'innombrables parenthèses donnant au parcours quelques heurts toussotant, et autres reculades inutiles.

C'est un bon conseil de lecture, même si les férus de mécanique y trouveront quelques anomalies, le propos en reste néanmoins anecdotique car noyé dans les embroglios africains.(bertrand-môgendre)


La disparition de Richard Taylor
La disparition de Richard Taylor
par Arnaud Cathrine
Edition : Broché
Prix : EUR 17,75

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 cherchez le, mais n'oubliez pas de fouiller les oubliettes, 29 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La disparition de Richard Taylor (Broché)
L'exercice réalisé par arnaud cathrine, est difficile : prendre la place de plusieurs individus (essentiellement des femmes) pour imaginer l'impact de leur relation (filiale, amoureuse, professionnelles) avec un homme commun tout à fait ordinaire, même un peu « lavette » comme dirait sa mère.

Comme tout corps étranger sort expulsé de l'épiderme, le richard en question s'expulse lui même de sa propre vie.

De passer d'une maison à l'autre avec pour fil rouge l'individu en quête d'ailleurs, donne un ton particulier à ce roman. L'affaire est menée comme une intrigue policière, reportage journalistique plutôt, donnant la parole aux proches de cet étrange personnage décortiqué par tant d'yeux différents. Cette course au trésor révèle, un peu mieux, au fil des pages, les tourments de celui qui n'a d'importance qu'une fois absent.

Le dernier chapitre passant pour être une chute originale, en devient sanglante.

A femme mère pénible, ou femme amante sécurisée, ou femme torture de l'esprit, découle une pauvre écriture, genre roman photo, mais sans les images.

L'intérêt du jeu passe par une lecture ennuyeuse, sans lendemains qui chantent ou surprises au bout du chemin.

La collection verticalede chez gallimard a ceci de juste (avec un tel titre d'ouvrage) : elle donne à ce livre la trajectoire directe des oubliettes.(bertrand-môgendre)


Ouest - Prix du Livre Inter 2007
Ouest - Prix du Livre Inter 2007
par François Vallejo
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 à l'ouest tu trouves aussi les terres à délits, 26 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ouest - Prix du Livre Inter 2007 (Broché)
Surpris, dérangé par la force de cette écriture caractérielle, caricaturale, je me suis plongé dans cette ambiance peu habituelle, avec un mauvais a priori. Resté à l'affût d'une quelconque proie littéraire sans grand intérêt, je fus étrangement happé par le récit, vivant cette aventure peu commune comme défilerai sous mes yeux les lignes d'un carnet de campagne poussiéreux.

Loin d'être attachant les personnages sont scabreux, rugueux, bruts de décoffrage.

Où est il le temps de la clémence, perdu entre deux mondes dans lesquels s'affrontent des personnes (le baron et le garde chasse) aussi têtu l'un que l'autre ?

Il leur faut à tour de rôle lâcher du lest pour parvenir un instant seulement à comprendre l'homme qu'ils considèrent si différemment comme ennemi, maître ou esclave.

Sans interruption du récit, l'écriture parlée devient langage, transcrit au présent des passés simples des cons posés, sur lie d'indifférence rapprochée.

Lambert garde chasse donne cette réplique équivoque :

« les temps que nous vivons, ne sont pas des temps ».

Cet homme cru tonne des réflexions, pleines du bon sens des gens de la terre,

Extrait tiré d'une partie de chasse, à la période où le baron souhaite renverser le régime en place « Taisez-vous, monsieur à la fin, c'est vous qui faites fuir le gibier à parler haut dans les fougères. On vous entend venir à deux lieues. Comment voulez-vous vaincre un tyran, si la plus petite perdrix rouge vous échappe sans effort ? Sauf votre respect, on n'attrape pas un Bonaparte comme une fille de l'Ouest. ».

Loin de concurrencer l'excellent « coup de fouet » de Bernard du Boucheron, François Vallejo donnent aux scènes de chasse une autre vision, une autre approche.

Pour son originalité, je vous invite à découvrir ce roman.

Pour son écriture tendue, haletante, n'ayez pas peur de vous embarquer dans cette aventure.(bertrand-môgendre).


Malevil
Malevil
par Robert Merle
Edition : Poche
Prix : EUR 10,60

12 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 malville, 23 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Malevil (Poche)
Histoire : Dans les années soixante dix, de notre ancien vingtième siècle, les habitants de la planète terre, ainsi que toutes les espèces vivantes, sont décimés, anéantis, rayés de la surface du globe. Tous, sauf quelques uns qui par hasard se sont retrouvés protégés, qui dans une grotte, qui dans une cave ou dans une station de métropolitain. Les conséquences de ce désastre causé par une bombe (ou météorite, il n'y a pas de précision à ce sujet), remet à plat les conditions de survie des primates évolués.
Ce roman Malvil raconte l'histoire de ce petit noyau de sept personnages, obligés d'accepter les lois de la vie communautaire quelques soient les idées et habitudes « d'avant la bombe ».
Les péripéties vont bon train allant du partage de la nourriture, à la nécessité absolue de se défendre contre des hordes d'affamées elles aussi, mais moins bien loties.
Une petite démocratie se réinstaure difficilement, surtout ayant peur de la mégalomanie du dirigeant voisin, elle dérive facilement en autocratie.

L'auteur : Robert Merle écrit de telle manière que son récit devient « allaitant ». Je m'explique. Chaque détail compte dans chaque page (un peu plus de cinq cent). Ce qui rend la progression de la lecture lente, et indispensable à la bonne compréhension d'un fait, qui pu paraître à posteriori anodin, ou capital. Je me suis surpris à m'abreuver de l'aventure, comme si je buvais les paroles du père nourricier, celui par qui passe la survie des protagonistes.
Une intrigue rondement menée, avec quelques effets de manche (le procès d'Emmanuel) délectables. Quand au fond, voir le commentaire.

Commentaire suivant la deuxième lecture de ce roman intrigant, qui me paraissait à la base très jubilatoire tant l'imagination de M. Robert Merle me séduisit, j'émets à présent quelques réserves.
En premier lieu vis à vis de son positionnement particulier à l'égard des femmes. Dans cette société machiste, l'homme redevient chasseur, cueilleur et guerrier, alors que la gente féminine toute entière destinée à procréer (en assurant bien sur le repos du guerrier), se retrouve naturellement derrière les fourneaux ou « au cul des vaches ». (du genre « moi Tarzan, toi Jeanne », en exagérant le trait).
En toile de fond de manière récurrente, la religion, bien évidemment catholique à Malvil, occupe une place trop important à mon goût pour y être honnête. L'Homme acculé aux notions élémentaires de survie de l'espèce cet « animal doué de raison » (un livre de Merle), a-t'il besoin de se nommer autant de curé, d'abbé et d'évêque pour cette populace baignant dans une démocratie allègrement dirigée par un homme à poigne (Emmanuel Comte).
Si oui, j'en suis fort peiné, si non cela me donne l'espoir en l'avenir.
A bien réfléchir, (et là c'est un gros effort pour moi), cet ouvrage séduisant en première lecture pose quelques problèmes de fonds, sans toutefois évacuer les certitudes moralisatrices ancrées de part mon éducation d'européen à prépondérance chrétienne.
Cette notion de faim et de partage est antinomique et déplacée car elle fait appel à une criarde déraison perdue entre la nécessité de survie et l'obligation de dépasser l'égoïsme du primate civilisé. Pour la plupart des africains il n'y a pas ce dilemme, car le partage est inné.
Sur le thème de la propriété , de sa défense par les armes soit-disant indispensable m'horrifie à priori. Bien sur je ne suis pas en position de faiblesse, « ...défendre des idées d'accord... » mais sans les armes. Une utopie qui transcende l'état bestial à un idéal plus qu'humain.


La Lenteur
La Lenteur
par Milan Kundera
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

Aucun internaute (sur 4) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 danse avec les loups, 23 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Lenteur (Poche)
L'explication de texte à propos d'un petit récit du dix huitième siècle écrit par Vivan Dénon "point de lendemain" ravive en Kundera, cet ordre donné par Epicure à ses disciples "tu vivras caché". Le sujet du roman débute par une réunion d'entomologistes dans le château qui accueilli autrefois les protagonistes de Vivan Dénon.
Kundera se place en grand commentateur (genre journaliste, prise de note, prise de son sans méprises) des mœurs et coutumes des vivants de ce monde (ou de celui des fanfreluches pommadées), de ceux nommés "les danseurs" par un personnage de son roman, le fameux Pontevin. Un combat ouvert se livre entre les "danseurs", et ceux de l'ombre, les sous-fifres, les seconde main, en "observance" analysante. Ne rien dire c'est pour eux, écouter les bruits alentours, c'est jacasser en eux d'incohérentes réponses pugnaces, pour qu'enfin laisser échapper une réflexion pointue, souvent caustique. Un art de la maîtrise qu'entonne fort à propos quelques sages dissident insomniaques, jalousés par ses "danseurs" extatiques.

Kundera voue un culte particulier à ces femmes qui, rondes et souples, ralentissent les étreintes précipitées, parce que l'art de se tenir le plus longtemps possible en état d'excitation, donne à la lenteur un degré de ferveur, directement proportionnel à l'intensité de la mémoire vive.
Autre temps fort du congrès des entomologistes réunis, est la prestation de ce savant exilé, sensible, qui affiche publiquement ses sentiments humains, sa chance à lui d'avoir pu échapper à la bêtise cruelle des militaires, son émotion face à un auditoire subjugué. Il en oublie de réciter le discours prévu, tant les compliments recueillis le trouble. Sitôt adulé, sitôt lynché. Des paravents, oui des paravents, c'est cela qu'il convient de dresser contre la nuisance des mécréants, des danseurs.
Quelle leçon, sur la fourberie des mécréants qui malaxent condescendances, connivence dans un même terreau d'éphémères insignifiances .


La fascination du pire
La fascination du pire
par Florian Zeller
Edition : Broché
Prix : EUR 5,80

2 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 le pire empire, 23 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La fascination du pire (Broché)
Mise à part quelques redondances à vocation philosophico-popularo-éllistiques, du genre « il fallait jouir ici et maintenant » et autres extraits de correspondances de Flaubert pour le coup tout à fait de circonstance, il se peut que ce genre de roman soit un élément supplémentaire à votre recherche d'auteurs contemporains (autre que Houellebecq) soucieux d'étaler sans craintes les problèmes au quotidien du preux français banal.

Quelques pointes de cynisme convergeant attestent la triste réalité entre autre celle de l'utilisation des impôts du contribuable français : jeux, bakchich, filles de joies à discrétion pour les représentants de l'état français.

Qualifier notre époque moderne suréquipée de moyens de communication hâtif autant que oisif, en terme de non-retour vers l'absolu nécessité du silence et de l'attente, relève d'une pensée profonde regrettant la disparition des lettres manuscrites empruntes de mots doux , durs ou creux de pensées graphées, liées par le sceau de la confiance partagée .

Un voyage en Egypte démontre, si besoin en était, l'impérialisme grandissant de la toute puissance du monde musulman dans les pays africains, aux prises avec des actes terroristes infâmes. Cumuls des informations, malaxage de la terreur avec les fausses croyances imbues d'idées reçues, le tout réuni donne des aprioris, des erreurs d'interprétations diffamatoires.

Voilà une prise de position incantatoire envers les méfaits de la mort de l'esprit, de l'esprit critique, de la pensée unique, de l'illettrisme.

Un tantinet exotique, un souffle de satire agrémenté d'une pincée de verte critique envers les religions monothéistes, sans oublier l'accroche des mots qu'il faut, pour moderniser le discours des dénigrements culturels ( et cultuels) classiques , le tout arroser d'une verve à la fois sympathique voir même douce-amère, et le roman fiction-friction est réellement bouclé.

Envisager de résoudre le terrorisme par la simple révolution sexuelle relève de l'utopie la plus soixante-huitarde qui soit, et c'est néanmoins la thèse accrédité par le héros de ce roman.

Quelques phrases clés extraites, issues de ce roman :

« les confidences sont toujours des aveux de faiblesse »

« les nuances sont une façon de ne pas penser »

« toute personne réfléchissant sur l'islam, est immédiatement suspectée de vouloir dire d'autres choses que ce qu'elle dit vraiment »

« elle faisait partie de ces femmes modernes profondément égocentriques, qui sont devenues incapables d'amour parce que trop obsédées par elles-mêmes".

Comme l'auteur a peur que ce leurre compte pour du beurre, il enfonce le clou de la supercherie en nous faisant croire qu'il n'en est pas l'auteur (aujourd'hui suicidé), mais le simple retranscripteur, formulant une pensée qu'il dénonce.

Une manière d'avoir un propre ôh d'indignation (comme propre rot), face aux propos du héros. Se laver les mains dans la propre eau lisse du « c'est pas moi, c'est les autres ».

Bien tourné, judicieusement amené, l'affaire est ennuyeusement crédible.(bertrand-môgendre)


Les Enfants du plastique
Les Enfants du plastique
par Thomas Clément
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 avoine et son nourrissent le cheval d'orgueil, 20 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Enfants du plastique (Broché)
Un individu arrivé au sommet de la gloire fut-elle recouverte d'or et de lumière, de paillette et d'audiovision internationalisée, n'en reste pas moins qu'un homme, piètre humanoïde respirant, mangeant, déféquant, avec ce qu'il a de plus humain, son jugement sur lui même, cette capacité d'auto réguler ses sentiments superficiels, cette sensation d'impuissance face aux pressions du caeur resté sensible.

Bardé fleur de cuir, chaîné de liens virtuel, customisé d'agencement hip-mobiles-top-instantanés, les fanfreluches superficielles ne parviennent pas à dissimuler son moi perpétuel. Franck Matalo conduit volontairement son convoi vers un précipice glauque inéluctable, tel l'égout débouche inévitablement dans la fosse septique. Rien ne peut réveiller en lui cette part d'espérance tant qu'il n'aura pas accompli le deuil de son amour défunt. Le travail est long, nécessaire, et passe parfois, comme dans ce roman, par des frasques divagatrices tragiques. C'est beau la délivrance.

Ce roman respire, vit, pulse, vibre. L'écriture agréable me plonge dans un univers rock-n'rollesque inconnu, bien « torché » (rapport au groupe acclamé par les moutons). L'intrigue révèle une surprise sur la qualité musicale de l'auteur.

J'ai peur toutefois que cet auteur qui critique les goûts des jeunes, influencés par les médias, soit à son tour déjà dépassé et ne devienne vite un vieux ringard, obstinément tourné vers le passé.

Sans hésiter, si vous aimez le son des cordes métalliques, les rythmes des basses entêtantes, la dureté de la voix amplifiée, lisez ce livre bondissant.

Sans hésiter, si vous appréciez la jeunesse musicale (autre que la star acnée), jouez vous en silence ce morceau frais à peine temporisé par la cadence énergique de l'auteur, plein d'espoir.(bertrand-môgendre)


Volver
Volver
DVD ~ Penélope Cruz
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 8,15

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 beauté fatale, 20 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Volver (DVD)
Volver film de Almodovar

l'histoire : du monde des femmes espagnoles.

La beauté de la femme, en jeune pubère, en mère splendide dans sa quarantaine jubilatoire, en grand-mère paisible écoutée dans sa sagesse diffusée.

Un hymne à la femme qui permet de lui pardonner toutes ses exactions : meurtres, mensonges, vol, entremises. On lui pardonne ses défauts : maquillage, gourmandise,

La femme travaille. La femme assume l'éducation des enfants. La femme gère le foyer. La femme entretien les relations avec la famille. La femme tisse le lien social.

Almodovar idéalise la femme. Le regard porté sur l'homme est terrible. L'individu mâle est confiné soit dans le rôle d'un père incestueux brutal que l'état d'ébriété n'arrange guère, soit dans la peau d'un timide barbu qui n'ose pas assumer son désir d'elle (d'ailes ...), soit dans celui d'un mari tyran cocufiant son épouse avec toutes les filles désirables. Heureusement que le monde du spectacle donne une image des hommes artistes, plus glorieuse.

Le clou de la démagogie, nous arrive au milieu du film, lorsque l'héroïne entonne une chanson (Volver), avec sa voix délicieusement mielleuse, somptueusement chaude, raffinée. Je me dis : là c'est trop.

Almodovar poursuit sa quête de la femme idyllique, jusqu'à obtenir la perfection des anges, la magnificence des saintes. L'histoire est tordue, complexe, une succession de couches de drames qui s'accumule dans ce monde exclusivement féminin, tout comme l'était il y a quelque dizaines d'années la perception des femmes dans le monde du cinéma pour des réalisateurs de mauvais génie, recluses aux seules vocations de prostituée, secrétaire, pin-up ou mère de famille moralisatrice.

Dommage que ce réalisateur en arrive à cette extrême, navrante, mélo teinté d'absurdité, se jouant grand public, se jouant impopulaire. (bertrand-môgendre)


La chambre des morts
La chambre des morts
par Franck Thilliez
Edition : Broché
Prix : EUR 15,20

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 fouille-viscères à froid, 20 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La chambre des morts (Broché)
La chambre des morts de Thilliez

L'histoire : naviguant entre l'horreur indescriptible issue des tréfonds machiavéliques du génie humain (surtout celui de l'auteur), et le besoin sanglant d'impressionner le lecteur inepte que je suis, j'écarquille mes yeux pour être bien sur de l'ordonnancement logique de la cruauté ainsi dévoilée.

Dure réalité des mots ainsi agencés, d'une histoire méthodiquement élaborée, d'une intrigue finement disséquée.

Bravo à M.Thilliez pour le rendu de son exercice.

Si le dégoût devait surgir jusqu'à la dernière ligne, j'avoue que votre réalisation est très réussie.

Vous voulez explorer un monde parfait nageant dans l'ignominie la plus féconde ? Alors, amis lecteurs, jetez-vous dans la chambre des morts.

Tout ceci aurait pu être mon discours de naïf paysan conditionné à nourrir de petits agneaux doux et blancs . Sauf que Robert Merle vous a dominé dans l'abjection avec son ouvrage « la mort est mon métier » dont je relisais les pages entre deux passages dans la chambre des morts. Finalement ce roman est du pipi de chat face aux atrocités imaginées par de sinistres individus bien réels. La vraie différence tient, entre une réaction épidermique hissant mon système pileux à la lecture de ce roman glauque, et mes larmes versées à la découverte d'une biographie (romancée) d'un vrai monstre contemporain.

La chambre des morts est une enquête policière qui nous promène dans le paysage minier des corons, forcément froid, forcément noir, mais un noir profond d'où rien ne sort, rien ne bruit, si ce n'est le hurlement d'un loup.

Une ambiance martelée par l'utilisation d'une écriture hachée dans le fond, phrases courtes, hachée dans la forme, entre chaque chapitre le monteur scénariste s'ingénie à raccorder les scènes avec des détails précis pour aider à la résolution de l'intrigue ou pour accompagner le lecteur sur une fausse piste.

Marie Higgins Clark, y excelle tout de même mieux dans cette catégorie.

Une impression de lecture télévisuelle très forte squisant toute description inutile, fixant aussitôt l'attention du lecteur, par de rapide zoom avant, sur la scène en action. Une bonne maitrise du décor naturel, peu de frais généraux en tournage extérieur, ou pour les aubôles versées aux figurants, rares.

Un film petit budget pouvant intéresser les télévisions friandes d'atrocités gratuites.

Une déception toutefois, je n'ai pas eu de surprise du genre « je ne m'attendais pas à çà ». Tous les responsables des massacres sont apparus un peu comme des cheveux sur la soupe. Sans vouloir réécrire le polar, j'aurai bien vu par exemple le plus proche collaborateur de la dite Lucie, plus impliqué et tremper lui aussi dans cette tanneuse affaire.(bertrand-môgendre)


La forêt des ombres
La forêt des ombres
par Franck Thilliez
Edition : Broché
Prix : EUR 19,80

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 blanche neige, 20 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La forêt des ombres (Broché)
la forêt des ombres de Frank Thilliez

L'histoire : telle une sombre histoire d'enfermement.

Des personnages quelconques se retrouvent réfugiés dans un chalet perdu en forêt noire. Ces individus réunis par de vagues motifs pseudo-littéraires, tentent de passer des vacances organisées par le démoniaque Arthur handicapé, invalide.

La mise en place de l'intrigue est longue, difficilement crédible tant il faut à l'auteur argumenter pour avaliser les faits et gestes des protagonistes.

Un enfermement dans un univers côtoyant la mort, la mort fictive, la mort annoncée, la mort comme peur universelle devenant seul prétexte des angoisses de la vie de solitaires.

L'auteur s'est voulu initiateur d'histoires terrifiantes pour attirer mon imaginaire sur une voie macabre tutoyant les sanguinolentes apparitions de griffus monstres velus. Mais rien n'y fit, tant l'impossible plane au dessus de cette ambiance fausse et mal interprétée.

Invraisemblances d'inconcevabilités improbables. Même pas peur, car même pas vrai. J'avoue, j'ai eu du mal à imaginer les scènes décrites par le talentueux auteur dérangé.

Je ne peux pas rentrer dans cet univers, sûrement très bien décrit, probablement argumenté sérieusement. Mais il y a la méchanceté qui gouverne les personnages. Sous le couvert de la vengeance, la femme Emma, peut envisager les situations les plus abjectes, qu'elles en deviennent burlesques.

Oui, le sommet de l'horreur atteint la rive du ridicule, et un fou rire me prend alors que d'autres sombreraient dans les crises de larmes. Je n'y crois pas, pas un seul instant à ce montage tarabiscoté, à cette montagne d'incohérences monstrueuses. Ce qui me rassure, c'est la vision de l'auteur qui doit s'ingénier à tout mettre en oeuvre pour élaborer sa mise en scène quasi-irréprochable.

Bravo pour l'exercice ! Qu'il vous amuse vous aussi, les lecteurs chercheurs d'émotions fortes, de frissons glauques. Mais jusqu'où l'horreur peut elle s'échouer dans cet esprit d'écrivain maléfique ?

Après ce deuxième ouvrage lu(« la chambre des morts »), je souhaite qu'il se transporte dans un cadre champêtre bucolique, bercé de tout repos, dérangé par les seules zébrures des filets de vent clissant les feuilles de chênes tranquilles.(bertrand-môgendre)


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