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Contenu rédigé par Maurel
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Commentaires écrits par
Maurel (Le Pradet France)
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Apologie de la punition
Apologie de la punition
Prix : EUR 11,99

9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un auteur sous-informé, 28 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Apologie de la punition (Format Kindle)
Je suis d'accord avec Jaffelin sur une multitude de points. Quand il écrit par exemple :
qu'il faut « chercher une dynamique visant à remettre le fautif en mouvement vers lui-même en même temps que vers la société ;
qu'il faut « ouvrir la société pour que l'humanité prenne une nouvelle respiration »
qu' « il y a en l'homme une force et une ressource qui sont, la plupart du temps, aussi peu exploitables que le pétrole enfoui dans les entrailles de la terre » ;
qu'il s'agit de « réparer, recoudre, restaurer » ;
que mieux vaudrait une justice réparatrice

que le système carcéral actuel est inacceptable, etc.
Et je pourrais encore longtemps poursuivre l'énumération de mes points d'accord.
 
Même quand il parle des enfants et qu'il suggère les nombreuses formes que peut prendre ce qu'il appelle la « punition » : discussion, confrontation avec la ou les personnes impliquées dans la faute, recommandation d'aller s'excuser, restitution de ce qui a été dérobé, réparer ce qui a été abîmé. Tout cela me paraît bel et bon, mais je ne vois pas la nécessité de concevoir tout cela comme une « punition ». On peut le concevoir, comme il le dit lui-même comme une réparation de la relation. Et je ne vois surtout pas la nécessité de rendre cette réparation humiliante. On peut très bien expliquer à l'enfant que si c'était lui qui était victime de la faute en question, il serait sûrement heureux de voir l'auteur de cette faute venir s'excuser et réparer. Et la privation ne me paraît pas nécessaire non plus, sauf si elle fait partie de la réparation.
 
Jaffelin reconnaît dans une note que la remise en question de la fessée et de la gifle sur la base de ses conséquences neurologiques mérite considération. Malheureusement, il ne développe pas cette idée
 
Il écrit que la gifle doit être infligée avec parcimonie, que si elle devient trop fréquente elle est un échec. Il la voit comme le résultat d'un simple mouvement d'humeur dans le « corps à corps » familial où elle doit alterner avec les caresses. Mais la gifle n'est pas qu'un mouvement d'humeur. Elle est la répétition des gifles qu'ont subies les parents eux-mêmes et qu'ils répètent par mimétisme. Nos cousins les grands singes ne giflent pas leurs petits. C'est chez nous un réflexe acquis. Dans les pays où l'on frappe les enfants à coups de bâton, c'est le coup de bâton que l'on juge être un simple mouvement d'humeur. De plus, le risque de la répétition fréquente est d'autant plus grand qu'à partir d'un certain âge, l'enfant peut répondre par le défi : « Même pas mal ! ».
 
Il cite le cas de Anders Behring Breivik, le tueur norvégien, qui a dit avoir manqué de discipline. Mais si l'on en juge par l'attitude de son père qui a quitté sa mère alors que l'enfant n'avait que un an et qui lui a marqué de plus en plus d'indifférence jusqu'à ne plus le voir du tout à partir du moment où il a eu 16 ans, et à refuser de le revoir onze ans plus tard, quand il a eu 27 ans, c'est bien évidemment d'affection et d'attention qu'il a surtout manqué. Si sa mère n'a pas compensé, ou si elle l'a élevé avec rudesse, ou les deux, il n'est pas étonnant que Breivik soit devenu ce que l'on sait. Le manque d'attention est une des pires violences.
 
Jaffelin écrit : « L'absence de punition est un semis invisible de violence. » Ce qui sous-entend que moins on punit, plus il va y avoir de violences. Or, cette affirmation est totalement démentie par l'histoire. La société des siècles passés où l'on punissait beaucoup plus violemment les enfants qu'aujourd'hui était incomparablement plus violente. Les révolutions et les conflits politiques et sociaux en France y ont fait au XIXe siècle des milliers de morts. Au XXe, où la violence éducative a heureusement beaucoup baissé en intensité, les mêmes conflits ( à l'exception des guerres internationales et coloniales), ont fait certes, trop de victimes, mais incomparablement moins qu'au XIXe où tous les adultes avaient acquis dès leur enfance un seuil très élevé d'intolérance à la violence. Exactement comme aujourd'hui dans les pays où l'on s'entre-massacre de façon épouvantable et où les enfants sont élevés comme on les élevait en France au XIXe siècle.
 
A voir les quelques allusions qu'y fait Jaffelin, il semble encore croire à la théorie des pulsions de Freud. Plus on approfondit la recherche sur le développement du cerveau et du comportement des enfants, plus on voit que cette théorie est complètement dépassée. Les pulsions de parricide, d'inceste et de mort sont des mythes. En réalité, les enfants, qui sont, comme le rappelle Jaffelin en citant Aristote, des animaux sociaux, naissent avec des comportements innés qui sont tous relationnels : attachement, imitation, empathie, altruisme (cf. les expériences de Warneken sur internet). Ces comportements innés leur confèrent des prédispositions à vivre en harmonie avec leurs semblables. Si ces prédispositions sont convenablement cultivées par des parents réellement présents, affectueux et attentifs, elles se développent. Mais si on traite les enfants avec gifles et fessées, comme Jaffelin le recommande, on pervertit ces prédispositions. L'enfant apprend qu'attachement et violence peuvent aller ensemble (bonjour la violence conjugale, voire le masochisme!), ses neurones miroirs enregistrent les gestes de violence de ses parents et le préparent à les reproduire sur plus faible que lui (à l'imitation du schéma adulte frappeur- enfant), sa capacité d'empathie peut être réduite, voir détruite par la nécessité de se blinder, et son altruisme naturel peut être découragé. Sans compter les effets sur sa santé physique et mentale par le biais du stress subi dans une situation où l'enfant ne peut ni fuir ni se défendre (cf. les expériences de Laborit).
 
 
Ce dont Jaffelin ne se rend pas compte, c'est qu'il vit non pas dans un monde où les enfants sont majoritairement rois, mais dans un monde où, dans la majorité des pays, les enfants sont encore battus à coups de bâton et de fouet, et que quand les parents qui utilisent ces méthodes entendent des propos comme les siens, ils se disent : «Nous avons bien raison de ne pas suivre les conseils des Occidentaux, eux-mêmes en reviennent. Regardez ce philosophe si sympathique qui recommande de punir, d'humilier et de frapper les enfants. Ne changeons surtout pas nos méthodes ! »

Est-ce vraiment le résultat que Jaffelin veut obtenir ?

Olivier Maurel
[...]
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 16, 2015 10:42 AM CET


La règle d'or, histoire d'une maxime morale universelle : Volume 1, De Confucius à la fin du XIXe siècle
La règle d'or, histoire d'une maxime morale universelle : Volume 1, De Confucius à la fin du XIXe siècle
par Olivier Du Roy
Edition : Broché
Prix : EUR 45,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un travail remarquable qui mériterait d'avoir beaucoup plus de notoriété, 2 avril 2014
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J'ai lu cette énorme thèse avec une question très précise en tête : combien d'auteurs, de philosophes, de moralistes qui ont médité sur la règle d'or, maxime la plus universelle et la plus basique de la morale, ont-ils fait la remarque que l'on contrevient systématiquement à cette maxime toutes les fois qu'on frappe un enfant "pour son bien", pour le faire obéir, pour l'éduquer ? Ayant beaucoup travaillé sur cette question, je m'attendais au pire. J'ai été servi. Pendant environ 2600 ans, aucun grand sage, aucun moraliste, aucun philosophe n'a fait la moindre remarque à ce sujet. Il faut attendre l'année 1989 pour qu'un obscur auteur nommé Phil. E. Quinn fasse enfin cette remarque. Pourtant, plusieurs auteurs avaient remarqué que les magistrats qui sont amenés à punir et condamner des délinquants ou criminels contreviennent bien à cette maxime. Mais à propos du comportement si quotidien des parents et des maîtres, comportement punitif dont la plupart des ces auteurs et philosophes avaient dû être victimes, pas la moindre allusion ! C'est une des meilleures preuves de notre aveuglement à tous devant la violence éducative ordinaire.


Pardonnez-moi
Pardonnez-moi
DVD ~ Maïwenn Le Besco
Proposé par Neobang
Prix : EUR 12,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un film excellent, 8 décembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Pardonnez-moi (DVD)
Pardonnez-moi est un témoignage très courageux sur un sujet rarement abordé au cinéma : la violence éducative des parents à l'égard de leurs propres enfants. Il en était déjà question dans le dernier film de Maïwenn, Polisse, que j'ai aussi beaucoup aimé. Mais là, la violence du père est au centre du film. Et la scène où la fille rejoue cette violence sur une poupée devant son père est extraordinaire. J'attends avec beaucoup d'intérêt le prochain film de Maïwenn.
Olivier Maurel


De la destructivité humaine
De la destructivité humaine
par Rabinovitch Gérard
Edition : Broché
Prix : EUR 13,50

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Intéressant mais très incomplet, 13 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : De la destructivité humaine (Broché)
Un livre intéressant, notamment par deux aspects : le rapprochement du nazisme avec un système mafieux et avec la Société des amis du crime de Sade. Mais très incomplet dans la mesure où il ne tient aucun compte, dans la genèse du nazisme, des méthodes d'éducation en cours en Allemagne pendant la période où a été éduquée la génération des nazis. La pédagogie autoritaire et répressive inspirée des manuels du Dr Schreber a formé des générations prêtes à se soumettre à la violence et privées d'une grande partie de leurs capacités d'empathie. Et malheureusement, le vide laissé par l'ignorance de cette méthode d'éducation est rempli par la théorie des pulsions de Freud qui amène l'auteur à présenter la nature humaine comme naturellement violente.
Olivier Maurel, auteur de Oui, la nature humaine est bonne ! Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires (Robert Laffont, 2009).


L'enfance du crime : Tous les grands criminels ont été des enfants maltraités
L'enfance du crime : Tous les grands criminels ont été des enfants maltraités
par Pierre Lassus
Edition : Broché

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre remarquable, 8 mars 2010
Le livre de Pierre Lassus montre de façon lumineuse le rapport entre ce qui se passe dans le microcosme de la relation parents-enfants et dans le macrocosme de la vie sociale et politique. Dans le prolongement des recherches d'Alice Miller, il montre comment les serial killers révélés par les faits divers et les serial killers de masse dont l'Histoire nous raconte les méfaits sont en réalité le résultat d'enfances dévastées. Ce livre est malheureusement presque le seul, parmi tous les livres parus autour de 2008 sur la violence, qui établisse ce lien entre la violence éducative et la violence des adolescents et des adultes. La plupart des autres études sur la violence parues dans les mêmes années, paresseusement fidèles aux dogmes freudiens ou lacaniens, voient dans les "pulsions" des enfants l'origine de la violence. Alors que de nombreuses études ont montré que l'agressivité spontanée que manifestent certains enfants (pas tous) connaît un pic entre 18 mois et quatre ans puis s'atténue jusqu'à disparaître au fur et à mesure que les enfants parviennent à exprimer leurs émotions par des mots. Seule une infime minorité d'enfants, vraisemblablement ceux dont le comportement violent des parents a validé l'agressivité enfantine, garde une tendance à s'exprimer par la violence tout au long de l'adolescence. Donc, un livre à lire en priorité si l'on veut comprendre quelque chose à la violence.
Olivier Maurel, auteur de "La Fessée" (La Plage) et "Oui, la nature humaine est bonne !" (Robert Laffont).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 22, 2012 12:52 AM MEST


Un camp très ordinaire
Un camp très ordinaire
par Micheline Maurel
Edition : Broché

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Micheline Maurel, Un Camp très ordinaire, 20 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un camp très ordinaire (Broché)
Frère de l'auteur, Micheline Maurel, qui nous a quittés le 10 juillet, j'avais besoin, pour continuer à faire connaître son livre, d'en posséder plusieurs exemplaires. L'exemplaire qui m'a été envoyé était en bon état et correspondait parfaitement à ce que j'attendais. Je recommande vivement la lecture du livre de ma soeur à tous ceux qui veulent savoir ce qu'a été la vie dans un camp de concentration, celui de Neubrandeburg, annexe de Ravensbruck. Bien que décrivant une réalité terrible,ce livre n'est pas déprimant car il montre aussi la capacité de résistance de l'esprit humain face à la violence nazie. Capacité de résistance renforcée par l'amour et par la poésie.
Olivier Maurel


Sommes-nous tous des abusés ? : Comprendre, détecter, soigner les abus par une approche psychosomatique
Sommes-nous tous des abusés ? : Comprendre, détecter, soigner les abus par une approche psychosomatique
par Cornelia Gauthier
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Un livre novateur, 10 octobre 2008
Le livre de Cornélia Gauthier est un livre novateur dans la mesure où il fait le tour de toutes les formes d'abus infligés aux enfants et fait ainsi prendre conscience que peu d'entre eux y échappent : bonne occasion, pour le lecteur de se retourner vers sa propre enfance. Il est aussi très clair et très pédagogique, illustrant les diverses formes d'abus par des schémas très parlants. La deuxième partie du livre, intitulée Détecter, peut être très utile aux médecins pour les aider à repérer les cas d'abus auxquels, en général, ils ne sont guère préparés à penser. Et une troisième partie intitulée Soigner décrit l'approche thérapeutique spécifique que recommande l'auteur, le rôle du médecin, d'après elle, étant "d'enseigner à son patient comment être un bon parent pour lui-même. Un livre dans le prolongement de ceux d'Alice Miller que Cornélia Gauthier cite fréquemment.


Un si fragile vernis d'humanité : Banalité du mal, banalité du bien
Un si fragile vernis d'humanité : Banalité du mal, banalité du bien
par Michel Terestchenko
Edition : Broché

41 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre qui renouvelle enfin notre vision de l'homme, 1 décembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un si fragile vernis d'humanité : Banalité du mal, banalité du bien (Broché)
Le livre de Michel Terestchenko est une véritable bouffée d'air dans le pessimisme philosophique ambiant.
Il rompt en effet avec une tradition multiséculaire, remontant au moins à saint Augustin, qui fait de l'égoïsme le fond naturel de l'homme.
Et le paradoxe, c'est qu'il le fait sans la moindre complaisance en s'appuyant sur des expériences à mille lieues de tout optimisme béat : celles de Milgram sur la soumission à l'autorité, celles de Philip Zimbardo sur la "prison de Stanford", celles de Latané et Darley sur la passivité), ainsi que sur les réalités les plus sinistres du XXe siècle (témoignage du commandant du camp de Treblinka, livre de Christopher Browning sur le 101e bataillon de réserve de la police allemande).
A ces réalités terribles qui pourraient être désespérantes, Michel Terestchenko oppose le comportement des "justes" qui ont sauvé, au péril de leur propre vie, la vie de milliers de juifs (deux chapitres bouleversants sur Giorgio Perlasca et sur le village de Chambon sur Lignon). Où ces "justes" ont-ils puisé leur courage et leur humanité si l'homme n'est vraiment qu'égoïsme?
Avec une rigueur constante, Michel Terestchenko recherche la source de cet héroïsme.
Et il la trouve non pas dans le caractère exceptionnel de ces hommes et de ces femmes qui tous ont dit, au contraire, qu'ils avaient agi naturellement et qu'il leur aurait été impossible de se conduire autrement, mais dans leur simple "présence à soi" qui les a rendus capables non seulement d'éprouver de la compassion pour ceux qu'ils ont sauvé, mais aussi d'agir et d'agir intelligemment et efficacement. La condition nécessaire pour cela, ce n'est pas d'être un surhomme, c'est d'être simplement un homme et d'avoir toute sa personnalité disponible au moment voulu avec toutes ses capacités. Chose rare, malheureusement. Pourquoi?
Michel Terestchenko nous donne la réponse. Cette réponse n'est pas le résultat d'un raisonnement abstrait, mais elle s'appuie sur une enquête rigoureuse, celle qui a été menée précisément sur plus de quatre cents "justes" par Samuel et Pearl Oliner. Le point que ces hommes et ces femmes ont eu en commun, écrit Michel Terestchenko, ce sont, dans leur enfance, "des relations familiales faites d'affection et de confiance, un certain type d'éducation non autoritaire et qui transmette les valeurs de l'aide". Voilà de quoi bousculer bien des idées actuelles sur l'éducation selon lesquelles il faudrait "serrer la vis" aux enfants pour en faire des hommes!
Autrement dit, le livre de Michel Terestchenko rejoint les conclusions des livres d'Alice Miller dont les idées le complètent très utilement. En effet, les idées d'Alice Miller permettent de répondre à la question que pose Michel Terestchenko : ""La question est de savoir pourquoi l'égoïsme psychologique jouit d'un tel privilège dans l'interprétation des motivations humaines".
Quand on tient compte, comme l'a fait Alice Miller, de cette réalité méconnue et pourtant quasi universelle de la violence éducative, celle qu'on utilise pour faire obéir les enfants, il devient aisé de comprendre pourquoi seule une minorité d'hommes et de femmes qui ont été respectés ou qui ont compris que ce qu'on leur a infligé pour les faire obéir était un mal, sont capables de se conduire humainement dans les pires circonstances.
Et l'on comprend aisément aussi pourquoi l'égoïsme a été considéré comme la principale motivation humaine. Une des premières choses qu'apprend l'enfant quand il est traité avec violence par ses parents, même si cette violence est faible, c'est qu'il est méchant, mauvais, désobéissant, minable, égoïste. Et comme ce sont les êtres qu'il aime le plus au monde et dont il est entièrement dépendant qui le lui disent, il en est convaincu et il en reste convaincu toute sa vie. Et comme il voit qu'autour de lui tous les enfants sont frappés, il est convaincu que les autres enfants sont comme lui et que l'humanité est mauvaise dès le départ. Et quand ces enfants deviennent philosophes ou moralistes et s'appellent Augustin, La Rochefoucauld, Kant ou Freud, ils s'acharnent à prouver que l'homme est foncièrement égoïste et laissent entendre que les hommes et les femmes capables d'humanité le sont par une grâce exceptionnelle, par intérêt ou par "sublimation de leurs pulsions"!
Oui, vraiment, le livre de Michel Terestchenko ouvre une voie nouvelle à nos réflexions sur l'humanité. Lisez-le, vous ne le regretterez pas.


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