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Contenu rédigé par Etienne Leclercq
Classement des meilleurs critiques: 2.431
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Commentaires écrits par
Etienne Leclercq "Musicfan56" (Lorient)
(VRAI NOM)   

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Mozart : Concerto pour violon n° 2 - Sinfonia Concertante K.364 - Rondo - Adagio
Mozart : Concerto pour violon n° 2 - Sinfonia Concertante K.364 - Rondo - Adagio
Prix : EUR 23,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Maître Disque, 28 novembre 2010
La longue fréquentation de Mozart par Dumay a déjà porté ses fruits dans son précédent opus consacré aux trois derniers concertos pour violon avec la Camerata Academica Salzburg. Ici, tout touche au sublime. Plus rien ne semble vain, décoratif. Tout est génialement mis en place et la musique s'exprime avec un naturel quasi idéal. De fait, la ligne de chant mozartienne, si essentielle, apparaît dans toute sa nudité et son expressivité.
La Symphonie Concertante, composée en 1779, peu après la mort de sa mère (est-ce que cela explique la si profonde gravité de l'Andante ?) est une de ses partitions majeures. Ici, la partie de violon est admirablement couplée à celle de l'alto. Fin connaisseur des mariages de coloris les plus fins et éloquents, Mozart sait merveilleusement valoriser les vertus de chacun des deux instruments : la grâce aérienne et le chant si touchant du violon et les couleurs plus graves et rauques, mais si chantantes, de l'alto. Que ces aspects soient magnifiquement mis en valeur dans cette version n'est pas pour rien dans la réussite complète de cette interprétation. Le violon naturellement voluptueux de Dumay s'associe au chant divinement complémentaire de l'alto de Veronika Hagen (altiste du quatuor éponyme). Il donne alors à entendre des échanges fusionnels d'une beauté et d'une expressivité exceptionnelles. Cette fusion de leurs timbres laisse même la place à de superbes trompe-l'oeil, surtout dans un très dramatique Andante, jusque dans sa cadence immatérielle, irréelle. Pour autant, la majesté et la noblesse de l'Allegro initial n'est pas en reste (quelle maîtrise de tous les musiciens !) et le finale échevelé, virtuosissime jusque dans ses trilles à l'unisson, conclut une de ces versions qui restent durablement dans les esprits.
Les compléments de ce disque, quoique moins essentiels, confirment l'impression qui se dégageait de la Concertante : la musique passe avant toute autre chose ; la douceur, la tendresse, l'expression et l'onirisme priment sur la violence des émotions, traduite par des effets trop immédiats. Quoique bien scandé, le Rondo reste élégant, stylé et expressif. Il en va de même de l'Adagio rêveur et du second concerto pour violon, plus séducteur que jamais (malgré un finale assez modéré, mais si bien phrasé !)
En tout, voici un disque qui tutoie des sommets rarements atteints dans Mozart. Remercions Augustin Dumay pour toutes ces merveilles !


Symphonies No. 2 & 3
Symphonies No. 2 & 3
Prix : EUR 20,91

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une très belle surprise !, 27 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies No. 2 & 3 (CD)
Saint-Saëns ne compte pas parmi mes compositeurs favoris. Toutefois, j'apprécie beaucoup ces deux symphonies-ci. La Troisième, bien connue, demeure une des partitions les plus abouties du compositeurs (composition où Saint-Saëns avoue lui-même qu'il a donné tout ce qu'il pouvait). Après une introduction grave et lyrique s'ensuit un Allegro puissant, combatif tant des forces antagonistes semblent s'y confronter. Cela donne un mouvement à la fois chaotique et brillant, une parfaite entrée en matière avant le lyrisme sombre et oppressant de l'Adagio, où l'orgue dessine des paysages désolés, à la limite de l'austérité. Le Scherzo qui suit contraste violemment avec ce qui précède, avec des figures rythmiques resserrées, concentrant la tension tout du long jusqu'à un Trio véloce qui, de son ton badin initial, devient progressivement haletant et obsédant au point qu'il finit par se confondre avec la robustesse du Scherzo. Le mouvement prend alors toute son unité et débouche finement vers le majestueux finale, où l'orgue déploie les grands jeux et est soutenu de tout son poids par l'orchestre (trompettes, cors, trombones, timbales, cymbales).
Une libération, après tous les doutes métaphysiques qui précèdent ! Une brillante partition à peine "gâchée" par quelques effets de masse trop voyants ! La Symphonie n°2 est plus "classique" de ton. Héritage dans la droite ligne des symphonies de Mendelssohn, Schumann et Brahms, elle possède une franchise de bon aloi (Allegro marcato, Scherzo) sans compromission, un lyrisme pudique (Adagio), avec un finale primesautier évoquant le Saltarello de la Symphonie Italienne de Mendelssohn.
A la tête de l'orchestre d'Ulster (très belle tene à défaut d'être toujours flatteur de timbre), Yan Pascal Tortelier nous laisse entendre une très belle version de la célébrissime Troisième. Assez peu connue, elle mériterait de l'être davantage tant elle semble cohérente dans son ensemble. L'Allegro initial est énoncé à un tempo idéal et se construit avec force et logique. L'Adagio est une réussite complète : tout y est dit, avec tact et style, sans ostentation ; l'orchestre et l'orgue fondent leur sonorité quand il le faut ; les transitions s'y font naturellement et la progression vers la dimension introspective du mouvement est restituée à la perfection. Du grand art ! Arrive le Scherzo dont le caractère est exemplaire de bout en bout et trouve naturellement son unité. Seul le finale, grandiose, déçoit légèrement, faute de stabilité rythmique qui finit par donner le mal de mer (à la fin). Mais la libération du mouvement est parfaitement rendue, à un tempo qui enfin adéquat (Allegro molto) et l'orgue de Gillian Weir (assez éloquent) n'y est pas aussi écrasant que dans les disques Martinon / Alain ou Karajan / Cochereau. Les reproches que je pourrai faire à cette version est qu'elle par instants trop cuivrée (Allegro initial / Finale), ce qui lui donne un caractère trop marqué. Mais quel plaisir d'entendre pour une fois TOUT l'orchestre. J'ai même découvert certaines lignes de la partition habituellement inaudibles. Donc, pour une vision globale cohérente, pour l'Adagio, pour la lisibilité de la direction de Tortelier, cette version mérite d'être découverte.
Mais l'acquisition se fera avant pour une seconde symphonie en tout point admirable, toujours aussi lisible, mais moins forcée. La pulsation est idoine et retransmet tout l'éventail d'affects qui est développé. Un parcours sans faute.
En somme, un beau disque que les amateurs de Saint-Saëns devrait découvrir !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2012 10:04 AM MEST


Les Concertos pour violon
Les Concertos pour violon
Prix : EUR 14,54

14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Belle parution, 27 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos pour violon (CD)
Rachel Podger est une musicenne de qualité qui a fait maintes fois ses preuves dans le répertoire baroque et classique : une excellente Stravaganza de Vivaldi, de très belles fantaisies pour violon seul de Telemann, son intégrale des sonates de Mozart avec Gary Cooper, ... Elle a prouvé que l'on pouvait jouer cette musique en se libérant de nombreux tics d'interprétation. De Jean Sébastien Bach, elle avait néanmoins enregistré une intégrale des Sonates et Partitas assez sèche et peu généreuse de son et les doubles concertos BWV 1043 et 1060 avec Andrew Manze, version très fabriquée et pas chantante pour trois sous. La même chose allait-elle se reproduire dans les concertos solos ? Heureusement non ! Elle joue ici en compagnie du Brecon Baroque, ensemble de 6 musiciens, dont elle est la cheffe attitrée. Elle laisse entendre des versions très vivantes et pensées dans leurs échanges entre les différents instruments. Dans cette optique "assez" chambriste (le son de l'orchestre reste cossu), le violon solo ne se met jamais en avant et paraît parfois en retrait des autres instruments. Cela ne manquera pas de gêner les mélomanes plus sensibles à l'équilibre classique soliste en avant / orchestre en retrait. Nonobstant ce problème, la vie de cette version est certaine. Les concertos BWV 1041 et 1042, à ce jour interprétés chacun des milliers de fois (pour citer quelques noms : Oïstrach, Stern, Perlman, Kremer, Grumiaux, Menuhin, Mullova, Huggett, Hahn, Fischer, Standage, Manze) trouvent un éclairage différent, moins immatériel que les grands anciens (Andante du BWV 1041, très scandé, dramatique ; Adagio déromantisé mais pas moins éloquent), plus intimistes et moins échevelés que les "baroqueux forcenés" (premiers mouvements assez classiques dans leur exposé) , moins violon superstar (malgré des finales plutôt rapides). Pour autant, l'essence de cette musique ne se perd pas, ne succombe pas à une virtuosité par trop ostentatoire. Cela dit, certains trouveront ce Bach irritant, chichiteux et maniéré (même si les maniérismes sont fortement atténués, ils restent présents). Pour ma part, je le trouve convaincant et, dans la galaxie de versions disponibles (et beaucoup assez récentes) celle-ci tient fort bien son rang, au-delà des réserves sus-citées.
En seconde partie du programme, Podger nous propose une transcription de deux concertos pour clavier (BWV 1055 et 1056) dans une reconstruction pour violon. On y appréciera leur énergie, la finesse du jeu de Podger, son chant, tout en leur préférant leurs originaux.
Un disque recommandé !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 17, 2010 9:37 AM CET


Les Trois mousquetaires
Les Trois mousquetaires
par Alexandre Dumas
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un classique qui ne se démode pas, 1 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Trois mousquetaires (Poche)
Le célèbre roman d'Alexandre Dumas m'avait jusque ici échappé. J'admets que son épaisseur (relative en regard des suivants) avait quelque peu freiné mes ardeurs de lecteur encore balbutiant. Les innombrables adaptations cinématographiques qui découlent de ce livre ont également joué un rôle dans mon refus de le lire. Mais, dès lors que je m'y suis attelé, le roman m'a tenu en haleine jusqu'au bout.
L'histoire nous conte les pérégrinations du nommé d'Artagnan, dont le but ultime est de devenir mousquetaire du roi, désir profond que lui a donné son défunt père. Il se rend à Paris, va à la rencontre du capitaine des mousquetaires, monsieur de Tréville, lequel décide de lui donner une chance. Il se liera d'amitié à trois autres mousquetaires, les biens connus Athos, Porthos et Aramis. Chacun a fait voeu d'allégeance au roi Louis XIII et à la reine Anne d'Autriche au détriment du tout-puissant cardinal de Richelieu, lequel fera tout pour mettre dans son armée personnelle les quatre brillants mousquetaires. Le livre se déroule avant, pendant et après la prise de la Rochelle, alors « en proie » aux protestants. Le cardinal de Richelieu a recours aux services de Milady de Winter, laquelle lui offre ses services moyennant fortune. S'ensuivent une longue suite de péripéties, contées avec verve et gourmandise par Dumas, décrivant ses personnages avec passion. Son style (très bon) romanesque et généreux nous fait amplement profiter des scènes de duels, de poursuites, de camaraderies, ... L'ensemble de l'intrigue se tient, ne souffre que très peu de chutes de tension et bénéficie de personnages très forts, tels que d'Artagnan, jeune homme brillant, plein d'ardeur et de ressources, Athos, le plus vieux des trois mousquetaires, le plus sage et le plus respecté, le cardinal de Richelieu, personnage machiavélique et manipulateur à souhait, ou enfin Milady, dont le portrait de femme pure et parfaite qui en est fait contraste avec celui de sa vraie nature, celle d'une tigresse acculée.
Un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir, que je recommande fortement, ne serait-ce que pour connaître la VRAIE histoire des trois mousquetaires plutôt que ses pâles ersatz cinématographiques.


Concertos Pour Piano N°9, 12 & 14
Concertos Pour Piano N°9, 12 & 14
Prix : EUR 15,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un beau disque mais parfois étrange., 9 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concertos Pour Piano N°9, 12 & 14 (CD)
Voici un disque de belle facture, aux qualités musicales indéniables mais qui laisse perplexe par instants. Comment ne pas être admiratif du jeu si élégant, clair, vivant facétieux par instants (les finales) et chantant d'Edna Stern, merveilleuse musicienne qui a maintes fois fait ses preuves dans les répertoires les plus divers (Bach, Bach CPE, Schumann, Mendelssohn, Chopin avec Ophélie Gaillard). Ici, ses doigts agiles effleurent (un peu trop par moments à mon goût) les touches du clavier et créent un univers sonore poétique et touchant. Elle succombe parfois à certains maniérismes qui viennent rompre la merveilleuse ligne de chant qu'elle tisse en général (ralentissements, notes posées, dans le 9ème surtout) mais son choix de tempos assez vifs empêchent tout épanchement et modifient l'éclairage que l'on a des oeuvres (Andantino du 9 plus poétique et rêveur que tragique, mouvement initial du 14, où les accords "Sturm und Drang" de l'orchestre contraste avec le jeu aérien de la pianiste). De fait, le rôle de l'orchestre n'est pas toujours évident : compagnon de route et complice ? Assurément, le plus souvent, ce qui nous vaut de merveilleux instants d'osmose musicale (Andante du 12). Adversaire ? Dans le 14ème concerto, il tend à dominer en volume sonore Stern, qui paraît fragile alors. Mais le duo fonctionne plutôt bien dans l'ensemble et tend à favoriser le dialogue chambriste à l'équilibre traditionnel, option tout à fait défendable. Mais les individualités de l'Orchestre d'Auvergne ne sont par des plus séduisantes et la prise de son tend à les surexposer (cordes un rien désunies et cors très présents). On devine de jolies couleurs du côté des vents (flûtes hautbois) mais elles sont de temps à autre en retrait. Le chef Arie van Beek mène l'orchestre avec engagement et une indéniable complicité avec sa soliste. Espérons une suite avec un orchestre plus flatteur de sonorité. Un disque qui vaut la peine d'être entendu, surtout par les fans de la pianiste (dont je suis).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 8, 2013 8:34 PM MEST


Vent de sable
Vent de sable
par Joseph Kessel
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Hommage ému au pionnier de l'Aéropostale, 26 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vent de sable (Poche)
Conçue par Latécoère après la Première Guerre Mondiale, la ligne Casablanca-Dakar a été mise en place afin de permettre aux bleds rencontrés (Agadir, camp Juby, ...), parfois perdus dans le désert du Sahara de converser avec les gans restés à la métropole. Pour réaliser ce projet, qui paraissait fou à cette époque, Latécoère a fait appel aux pilotes Lécrivain, Serre, Reine, Saint Exupéry, Mermoz, entre autres noms pour lui permettre de vivre. A-priori têtes brûlées, ne craignant pas les dangers de la traversée, Joseph Kessel nous les dépeint comme parfaitement conscients des multiples péripéties qui les attendent. Ces dernières servent d'ailleurs de raison pour se congratuler entre eux (mais jamais s'auto-congratuler) de leurs efforts respectifs (Reine et Serre prisonniers des Maures, hommes du désert, hispanophones, qui guettent l'arrivée de ces avions dans l'optique de pillier l'avion, d'asservir les pilotes ou les tuer, voir de les échanger moyennant rançon, payée par l'Etat français ; le courage de Saint Exupéry ; le sang-froid de Lécrivain). De ces gens simples et courageux, Kessel dresse un portrait de personnes qui se respectent, s'admirent entre elles, dont les liens semblent indéfectibles jusque dans le danger et dont le sens de l'abnégation, du devoir qui ne s'érode pas avec le temps (le courrier avant toute autre chose !). A chaque instant, on sent l'auteur en admiration devant l'affection qui les lie entre eux et devant leur courage face aux situations les plus inextricables. Par ailleurs, il nous raconte fort bien la séquence où l'avion est pris dans dans une violente tempête de sable ( le Vent de Sable qui donne son nom au récit ) L'angoisse croissante qui se ressent chez chacun des passagers de l'avion se convertit en courage chez Lécrivain, lequel parvient à les sortir de cet "imbroglio" qui aurait tourné au désastre sans sa présence d'esprit et son savoir-faire. A la lecture de ce livre, on prend une vraie leçon d'humanité, que l'auteur ne se lasse pas de nous le rappeler au risque de grossir à outrance le trait - même s'il y a beaucoup de vrai dans ce qu'il dit !
L'écriture de Kessel est une fois de plus, on s'en doute, merveilleuse. Son maniement de la langue, sa prose riche et belle rendent pleinement justice aux exploits qu'accomplissaient au quotidien ces pionniers de l'Aéropostale.


Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999
Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les revers de l'aide humanitaire ..., 15 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Asmara et les causes perdues - Prix Interallié 1999 (Poche)
Depuis son premier roman, l'Abyssin, paru en 1997, Jean-Christophe Rufin s'évertue à nous transmettre, par le biais d'histoires romancées, son expérience personnelle dans les pays où il s'est rendu. Sa première mission fut en tant que médecin en Erythrée et en Ethiopie, son pays frontalier (de 1978 à 1989), qui était alors en proie à une violente guerre. C'est cette expérience qu'il relate dans le présent livre, conçu tel un journal intime. L'action se déroule en 1985, à Asmara, capitale de l'Erythrée. Le narrateur a pour nom Hilarion Grigorian, un vieil arménien d'Erythrée, ancien vendeur d'armes, qui a perdu toute sa famille et coule des jours un peu trop tranquilles dans sa maison. L'Ethiopie est alors en proie à une grande famine et les pays du Nord (Europe, USA) mobilisent beaucoup de fonds pour venir en aide aux populations désoeuvrées. Ils y font donc venir des missions humanitaires dans le pays pour organiser leur aide pour répartir équitablement les soins dans tous le pays. L'histoire commence avec l'arrivée d'un jeune homme, Grégoire, qui fait de l'humanitaire parce qu'il est en situation irrégulière en France. Ayant refusé de faire son service militaire, il parcourt le monde, de mission en mission, en Afghanistan, à Haïti ou au Cambodge. Il atterrit donc à Asmara avec pour ordres de mettre en place, avec un groupe de personnes, une mission à Rama, ville située au Nord de l'Ethiopie : Odile, jeune femme très voluptueuse ; Mathilde, infirmière altruiste, au regard gris fascinant ; Jérôme, infirmier aigri qui veut se rendre utile auprès des maquisards, opposés au pouvoir en place ; Benoît, jeune homme, qui fait de l'humanitaire moyennant finance pour renflouer ses caisses afin de se soulager de quelques dettes ; et Jack, ingénieur américain, sollicité pour mettre en place l'hôpital qui accueillera les populations souffrantes. Toutefois, il s'avère que le gouvernement éthiopien soutient cette action non pour des raisons altruistes mais par intérêts personnels. En effet, bon nombre d'habitants se groupent dans des terres arides où les récoltes sont pauvres. De fait, la mission de Rama aiderait le gouvernement à déplacer les populations jusqu'à ce point de ralliement et il pourrait envisager de les déplacer de force vers les régions plus fertiles du pays pour relancer l'économie du pays, actuellement sous les ordres du général Henoch. C'est par ce personnage qu'Hilarion, vieil ami de sa famille, a appris ses desseins. Peu après, la Croix-Rouge suisse, mobilisée aussi à l'occasion, et chaperonnée par un certain Gütli devine aussi les enjeux d'une telle aide humanitaire et tente de dissuader les autres pays de soutenir la politique des gouvernants en place. De part sa neutralité, il ne peut ouvertement se ranger dans un clan ou dans l'autre, mais il suggère les dispositions à prendre. Les missions humanitaires se "ligueraient" toutes alors contre Henoch, ce qui déclencherait un opprobre général de la communauté internationale et obligerait Henoch à renoncer à ses projets. Toutefois, la mission française s'opposera au mouvement général, jugement final fortement influencé par Hilarion, qui ne souhaite pas voir partir sa seule raison d'être (Grégoire) depuis la mort de ses très proches (femme, enfants). Grégoire ira jusqu'à faire chanter Henoch pour lui proposer de laisser en paix la mission de Rama contre son silence sur ses ambitieux projets. Il en résultera un grand chaos parmi les missions humanitaires, dont Henoch se servira pour semer le doute, et empêchera de fait un tollé général contre le gouvernement éthiopien. La mission suivra son cours jusqu''à ce que les maquisards l''attaquent de bon matin. La garnison passe dans les mains des maquisards qui distribuent les stocks aux affamés qui repartent dans leur campagne, et fusillent les militaires qui refusent d''adhérer à leur cause ainsi que Berhanou, le chef du village. Les humanitaires furent pris en otage, puis renvoyés au pays. Finalement, ce mouvement insurrectionnel permit à Henoch de se débarrasser indirectement des humanitaires et de relancer son vaste projet. La boucle est bouclée et la mission humanitaire s'est finalement soldée par un échec.

Ce livre ne manque pas d'atouts : l'histoire est vraiment intéressante et traîte d'un problème très actuel : l'aide humanitaire et les dérives qu'elle engendre. Doit-on la cautionner ? Si oui, il faut accepter les dérives moins nobles. Sinon, on tolère l'idée qu'un peuple soit livré à lui-même. Un problème sans réponse. Par ailleurs, Jean-Christophe Rufin dépeint avec une certaine sévérité, teintée d'une pointe d'ironie les desseins très divers des humanitaires. Ainsi, l'un d'entre eux ne fait cela que par goût de l'argent (Benoît), un autre par autosatisfaction (Jack), un autre par dépit (Jérôme), une autre par altruisme pur (Mathilde) ou encore un, par goût pour de grands combats (Grégoire) que l'on sacrifie trop souvent à son goût au nom de l'individualisme (« Rien ne vaut UNE vie »). Ce livre présente aussi l'intérêt de montrer l'évolution de Grégoire. En effet, d'une position indécise (sauver des vies ou son vaste combat pour en sauver le plus grand nombre), il décide enfin de choisir une voie : sauver des vies. Il s'en explique fort bien dans sa lettre à Hilarion. Dès lors, son estime pour lui est plus grande et lui permet d'accomplir son action sans arrière-pensées, ni regrets. Ce roman épistolaire prend alors des tournures d'initiation à la vie : le choix d'un combat auquel on se tiendra. Enfin, il faut souligner que si l'écriture de Rufin ne possède pas le côté surnaturel et poétique de Kessel (auquel je pense irrémédiablement), elle n'en est pas moins riche et élégante dans son ensemble. Un beau livre à découvrir !


Pauline
Pauline
par Alexandre Dumas
Edition : Poche

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un beau livre à découvrir., 17 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pauline (Poche)
Voici la première oeuvre romanesque de Dumas, auteur principalement connu pour ses romans historiques "Les Trois Mousquetaires", "Les colliers de la Reine", "La Reine Margot", ... Ce roman ne s'y apparente que peu. Ici, l'auteur dépeint une société aristocratique moribonde, qui se délecte de plaisirs bien vains, éphémères et qui semble omettre les grands et nobles élans qui les distinguaient autrefois (même critique formulée d'une autre manière par Stendhal dans "Le Rouge et le Noir"). Sur cette trame, il conte l'histoire d'une jeune femme Pauline à qui il arrive une série de mésaventures qui manquent de lui coûter la vie (le livre est traité telle une retranscription d'un fait vécu par un ami d'armes, Alfred de Nerval). Au cours d'une partie de chasse, organisée par des amis châtelains, les De Luciennes, elle fait la connaissance d'Horace de Beuzeval, un homme au regard noir, impavide, qui ne trahit aucune faiblesse, en accord avec son caractère ombrageux et sûr de lui. La jeune femme est fortement intimidée mais semble éprouver un certain intérêt pour le personnage. Elle le fuira, par peur que des liens plus solides ne se tissent entre eux. Ce qui adviendra à l'occasion d'un bal organisé, où tous deux seront amenés à chanter ensemble un duo tiré du Don Giovanni de Mozart. Quelques semaines plus tard, le mariage se concrétise et leur vie à deux commence fort bien. Toutefois, alors que le comte prend un engagement pour une partie de chasse en Normandie, le couple est amené à se séparer pour quelques semaines. Ladite région sera en proie à des événements troublants (meurtres notamment), ce qui inquiétera fortement Pauline, qui ne tardera pas à gagner la Normandie par ses propres moyens. Une fois arrivé, elle habite au manoir du comte, lequel met son domestique malais à sa disposition pendant les journées où il sera absent. Toutefois, Pauline ne tarde pas à se rendre compte qu'Horace est responsable des crimes commis depuis peu. Toutefois, Horace le découvrira et la fera disparaître aux yeux du monde en l'enfermant dans le cachot souterrain d'une abbaye en ruines. Dès lors, les heures de Pauline sont comptées et elle ne dispose en tout pour tout que d'un verre d'eau rempli de poison et d'une lampe à huile qui se consume assez rapidement. Cette scènne est d'ailleurs mené de manière intéressante en ce sens qu'elle montre l'évolution psychologique du personnage. Tout d'abord, elle fixe son attention sur la seule chose qui lui prouve qu'elle vit encore : la lumière ; mais, elle n'attend que l'instant où celle-ci va s'éteindre. Puis, lorsque c'est chose faite, elle est en proie à une crise d'angoisse qui s'apaise quelque peu le lendemain, alors qu'un faisceau de lumière pénètre dans son cachot, éclairant une mince bande de terre, où la végétation semble y renaître, ce qui marque un contraste entre la jeune femme, abandonnée à son triste sort, et la végétation qui renaît. Cela accuse l'horreur de sa situation. Toutefois, elle prend le temps de réfléchir et finit par accepter sa situation, sans remords, ni esprit de vengeance. Au moment où elle accepte son sort et boit le verre, Alfred apparaît et la sauve (il est témoin de la scène de la veille et porte secours à Pauline). Il la sauve in extremis en lui faisant regurgiter l'essentiel du poison tout juste absorbé et s'exilent à Londres dans les deux jours suivants. Toutefois, elle est sérieusement empreinte de nostalgie, de tristesse ce qui, combiné au poison, la rend très vulnérable et fragile. Dès lors, ils décident de faire un long voyage en Ecosse pour éveiller sa veine artistique et lui faire oublier ses malheurs passés. Moins angoissée, le poison agit moins sur elle et à leur retour de ce voyage, elle semble regonflée. Mais, Alfred reçoit une lettre lui annonçant que sa soeur Gabrielle allait se marier avec un certain ... Horace de Beuzeval. De fait, il retourne en France pour empêcher ce mariage et provoque en duel le comte, lequel se fera tuer. De retour à Londres, il recommence sa vie d'alors avec Pauline jusqu'à ce que celle-ci découvre qu'Horace a été assassiné en duel. Dès lors, elle tombe gravement malade et reste alitée une semaine. Victime d'une forte émotion, elle s'éteint à petit feu et les voyages qu'ils feront après ne suffiront pas pour la regonfler. Au cours d'un voyage à Naples, elle finira par rendre son dernier soupir et se fera enterrer dans le jardin qu'elle a choisi comme dernière demeure.
Sur cette trame assez classique, l'écriture sensuelle et subtile de Dumas traduit les changements d'atmosphères, de comportements des personnages et assure une narration efficace, sans chute de tension. Son écriture s'abandonne à une poésie de bon aloi dans les scènes de Nature, se resserre dans les passages plus tourmentés, devient haletante quand le souffle manque à Pauline : elle fait corps avec les personnages principaux, les incarne. Le roman est à la fois romantique dans l'action et gothique dans les descriptions, très réussies. En effet, sur tout le récit plane l'ombre de la mort, du mystère. Tout d'abord, dans les lieux décrits : l'abbaye en ruines ; le manoir de Normandie et l'action, qui se déroule souvent la nuit. L'ambiance y est souvent moite et angoissante et tient le lecteur en haleine. Puis, en la personne du comte, qui brave tous les dangers, les interdits, et autour duquel semble régner une étrange aura, laquelle contribue à créer l'atmosphère glauque du récit. Autour de Pauline ensuite. Dès lors qu'elle rencontre le comte, elle est continuellement empreinte d'un certain malaise à se retrouver face à lui. Elle est intimidée, mal à l'aise ; puis bouleversée, oppressée quand elle est enfermée dans le cachot, où sa seule issue semble être un verre de poison. Enfin, quand elle se trouve en Angleterre, elle est atteinte d'un mal étrange qui agit négativement sur le poison et l'affaiblit davantage. Et l'annonce de la mort du comte lui portera le coup fatal. Quand la mort l'emportera à son tour, ce n'est qu'en ces instants qu'elle semble en paix avec elle-même et son entourage. Elle accepte son sort et s'éteint peu après (3 mois). Le récit marque un net parallèle entre sa vie et celle du comte, qui semblent indéfectiblement liées. L'ombre du comte plane tout le long du récit. L'essentiel de l'intrigue du livre est résumée dans cette phrase : "Personne n'ignore par expérience que le danger inconnu est mille fois plus saisissant et plus terrible que le péril visible et matérialisé." Une très belle histoire !


Lune noire
Lune noire
par John Steinbeck
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un petit Steinbeck, 1 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lune noire (Poche)
Un village se retrouve envahi du jour au lendemain pas un groupe de nazis, commandé par le général Lanser. Cette invasion fut facilitée par le travail préliminaire du commerçant du village, M. Corell, qui a préparé le terrain. Dès lors que ce groupe s'installe dans l'hôtel de ville, une Résistance latente commence à voir le jour. Celle-ci éclot lors de l'exécution d'Alex Morden, qui refuse de se soumettre aux ordres des nazis et assassine le capitaine Bentick. Cette Résistance se durcit (elle est menée par le maire Orden, le Docteur Winter et l'ensemble des villageois, sauf M. Corell) et multiplie les mutineries pour regagner LEUR territoire. Et lorsque les frères Anders quittent le village pour demander à l'Angleterre un soutien matériel, des avions britanniques leur envoient des bâtons de dynamite par voie aérienne pour se défendre. C'est alors que commence une longue série d'explosions des infrasructures allemandes. Plus l'armée allemande tente de contenir la révolte, plus celle-ci gagne en ampleur. Le maire de la ville Orden cite alors les dernières paroles de Socrate pour faire comprendre à Lanser qu'il ne parviendra jamais à enrayer le mouvement qui vient de commencer et qu'il finira par perdre la guerre.
Traité tel un huis-clos, l'histoire se s'appesantit jamais (marque de fabrique de l'auteur) mais nous souligne le fait que bon nombre de soldats allemands ont rejoint l'armée nazie sous la fallacieuse raison qu'ils appartenaient à l'armée la plus puissante et entraînée du monde, idée véhiculée par Hitler et son Etat-Major pour grossir les rangs. Toutefois, sur le terrain, nombre de ces soldats se rendent compte de l'horreur de la guerre et de ce qu'on leur demande de faire. L'histoire est même davantage concentrée sur leur point de vue.
Le village, implantée en Scandinavie, traduit la rudesse du climat et son absence de chaleur, ce qui constitue un parallèle intéressant avec le gel dans les relations entre les envahisseurs et les envahis. De fait, les conditions de vie n'en sont que plus détériorées et la haine lancinante des villageois plus insupportable pour les nerfs. Finalement, le message véhiculé par ce livre est clair : La liberté finit toujours par triompher ; c'est ce que dit le maire au colonel en fin de roman : "L'homme du troupeau gagne la bataille mais l'homme libre gagne la guerre". Le message semble un rien simpliste mais il ne faut pas oublier qu'il a été écrit en 1942, date à laquelle la guerre fait encore rage partout sur le globe. Ce livre délivrait donc un message d'espoir aux populations occupées. Côté style, le livre est écrit dans une langue simple et riche ; il ne s'attarde pas beaucoup sur les paysages mais marque un habile contraste entre le paysage froid et sans vie de la région, et les maisons où crépitent le feu et où la vie reprend, symbolisant vraisemblablement la Résistance sourde des villageois. L'essentiel de l'action se passe la nuit, où tous les coups leur sont permis pour vaincre l'adversité. A terme, ce n'est pas le livre le plus révélateur de Steinbeck. Mais il n'est en rien déshonorant. A découvrir.


Le Sagouin
Le Sagouin
par François Mauriac
Edition : Poche
Prix : EUR 4,20

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Beau livre malgré quelques excès, 26 février 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Sagouin (Poche)
Voici un livre attachant qui ne manque pas d'intérêt. L'action se déroule aux débuts des années 1920. Dans une écriture très concise, François Mauriac dépeint avec férocité et tendresse à la fois la triste destinée du jeune Guillaume, issu d'une famille noble où il n'est pas désiré. Son père Galéas est éteint et ne participe en rien aux débats de la famille dont les femmes du château (la baronne, mère de Galéas ; Fraülein, la vieille domestique et la seule qui aime vraiment Guillaume ; Paule, femme de Galéas et mère de Guillaume) se préoccupent. Leurs ambitions divergent selon le milieu social dans lequel ils vivent : alors la baronne est noble, Paule vient du milieu bourgeois et a décidé de le quitter pour pouvoir jouir d'une vie de châtelaine. Hélas, son mariage se révèle vite malheureux et en paye le prix fort au quotidien. Un jour, elle ira se confier à un jeune prêtre qui, l'espace d'un assoupissement, compromet son avenir et celui de la jeune femme, qui le paiera de son honneur au sein du village de Cernès et sera officiellement cataloguée comme perverse notoire sans qu'il ne se soit rien passé entre elle et le curé. Dès lors, sa vie va de mal en pis et le veut faire payer à chaque membre de la famille de Cernès (avec une nette prédilection pour son fils). Elle noie abondamment son chagrin dans l'alcool. Quand celle-ci veut envoyer Guillaume à l'école, le jugeant peu instruit et dégénéré, elle se décide à rencontrer l'instituteur local, Robert Bordas, qui accepte de le prendre à l'essai. Il le traitera en homme, lui parlera normalement, lui fera lire un petit passage au cours duquel l'instituteur verra tout le potentiel qu'il pourrait retirer du petit. Toutefois, il refusera, prétextant la différence de classes qui existe entre lui, communiste affirmé, et les châtelains alors qu'en vérité, il n'aspire qu'à de plus hautes destinées et n'a atterri à Cernès qu'en dépit de sa volonté. Le brillant avenir de Jean-Pierre, son fils, constitue sa seule consolation. Par ailleurs, au cours de sa brève visite chez les Bordas, Guillaume ne pourra s'empêcher de le contempler avec admiration sur une photo, allant jusqu'à en faire son modèle, son inspiration et ne rêvera que de lui durant la nuit suivant l'entrevue. Malheureusement, quand la nouvelle du refus arrive, son malheur et sa douleur morale atteignent leur paroxysme, il se sent abandonné de Dieu et mal aimé de tous et décide, avec son père, de mettre fin à ses jours par noyade. Tragique destinée qui ne laissera pas insensible l'instituteur qui décide que ce suicide, dont il se sent responsable, ne sera pas vain et qu'il acceptera de prendre sous son aile chaque jeune qui voudra s'initier. Telle sera sa destinée. Quant au reste de la famille, elle va achever de se séparer.
Le livre comporte bon nombre d'éléments très intéressants : la peinture sévère mais intéressante d'une noblesse déclinante, qui tombe en ruine comme le château, livré à lui-même, le mode de pensée des gens selon leur appartenance sociale, les rapports conflictuels de la famille, les rapports inter- classes. Par ailleurs, la peinture que fait Mauriac du petit Guillaume est très attachante et la manière dont est évoquée sa mort et celle de son père est traitée avec beaucoup de retenue et de poésie latente. En revanche, je serai très partagé quant à l'excès de misérabilisme des conditions de vie du petit, dans lequel se complaît trop l'auteur. Nonobstant cette sérieuse réserve, cette lecture laisse une impression positive d'une peinture sévère et tendre des moeurs de cette époque.


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