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HHhH
HHhH
par Laurent Binet
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

4.0 étoiles sur 5 Laurent Binet traque le nazi, 12 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
HHhH un sigle mystérieux, pour « Himmlers Hirn heißt Heydrich , que l’on peut traduire par : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Un titre des plus étrange choisi par Laurent Binet (ou par son éditeur comme le suggère la lecture du livre) pour un ouvrage récompensé du Goncourt du premier roman en 2010.

En 1942, la résistance à Londres met en place un attentat contre Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême-Moravie. Cette opération prend le nom d’ « Opération anthropoïde », et consiste à parachuter deux tchéquoslovaques près de Prague afin d’assassiner celui que l’on surnomme « la bête blonde », et dont on murmure qu’il serait l’homme le plus dangereux du Reich après Hitler. Plus froid, plus calculateur, plus enclin au compromis, plus jeune, il incarne en effet pour beaucoup un dauphin bien plus menaçant que le numéro deux désigné, Himmler.

Pour Laurent Binet, se lancer dans un tel récit n’a rien d’évident. Oscillant entre biographie, fiction assumée, élément de sa vie privée (pourquoi ce sujet, cette ville, ces résistants, ce nazi ?), il louvoie entre différentes formes de narration et s’en explique au lecteur. Lorsque l’on traite d’un sujet historique, on est partagé entre la volonté de rendre un évènement dans toute son authenticité, de ne pas négliger des personnes qui ont joué un rôle clef, ou même modeste mais qui étaient bel et bien là, mais la tentation est forte de romancer des scènes, de rendre des dialogues plus percutants… dans certaines histoires, la réalité est néanmoins plus forte que la fiction ne pourra jamais l’être. Et cette histoire n’a après tout pas besoin de romanesque pour nous interpeler.

Comme souvent dans ce genre de récit, on ne peut être qu’éternellement surpris et choqué par des faits brutaux, qui ne cessent de nous heurter : l’annexion de la Tchéquoslovaquie sans réaction des autres pays européens voisins malgré les appels au secours de ses dirigeants, les lourdes représailles nazies à l’encontre des actes de résistances (la ville de Lidice entièrement rayée de la carte), la désinvolture d’un Heydrich, son engagement forcené dans le régime, alors qu’il se murmure qu’il aurait des origines juives. L’homme planifie activement la mise en place de la Shoah, aux côtés d’Eichmann.

Laurent Binet retrace sa fascination, son admiration pour les deux résistants tchèques. L’un est slovaque, Jozef Gabčík, l’autre est morave, Jan Kubis. Les deux hommes représentent un certain idéal de loyauté, d’intégrité et de courage, dans un pays brisé, et soumis. Mais malgré ses prétentions d’authenticité (il reproche d’ailleurs à de nombreux autres romans sur le sujet de chercher à trop romancer les faits, de s’éloigner d’une réalité qui parle pourtant assez d’elle-même, comme par exemple le livre goncourisé de J. Lindell, « Les bienveillantes »), l’auteur lui-même se laisser aller à un certain lyrisme tout personnel. Prague représente à ses yeux la plus belle ville du monde, sa littérature et sa culture exerce de toute leur influence sur lui, et malgré son désir de coller aux faits, il ne cesse de communiquer au lecteur une certaine passion pour la future république tchèque et un jugement sec sur les faits qui ont conduit à son écrasement par le nazisme.

Le 27 mai 1942, Prague, l’histoire se met pourtant en place devant nos yeux abstraits de lecteur. Heydrich, Kubis, Gabcik. Un trio improbable et pourtant lié pour dans ce cycle terrible de la violence et de la guerre. Mais ils ne sont pas seulement trois. Il y a Prague, la ville, ses habitants, son tramway, le Reich, Londres qui veut se débarrasser d’un dirigeant d’influence, le gouvernement tchèque en exil prêt à tout pour rappeler à l’occupant que la résistance existe encore, il y a ceux qui souhaitent seulement s’en sortir au mieux, ceux qui au contraire sont prêts à tout par loyauté et pour la liberté, ceux qui donnent leurs vies et ceux qui trahissent. C’est une histoire somme toute très humaine, mais un malin génie aurait décidé d’en faire une scène cathartique surdimensionnée, de plonger ses héros dans une toile où le hasard, le destin peut-être, fonctionnerait comme une machine infernale. Le genre de carrefour qui fait frissonner la fiction lorsqu’elle se prend à rêver au réel.

C’est un livre assez puissant, malgré ses hésitations, Laurent Binet nous propose une oeuvre originale et forte.

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Croisade apocalyptique
Croisade apocalyptique
par Romain Ternaux
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

Aucun internaute (sur 3) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Soirée sur Seine et croisades croisées, 20 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Croisade apocalyptique (Broché)
par Antoine-Gaël Marquet

J’ai rencontré Romain Ternaux pour la première fois lors d’une soirée à laquelle je n’avais pas une envie dingue de me rendre, comme pour environ quatre-vingt-dix pour cent des soirées mondaines parisiennes. Cela se passait dans un duplex immense appartenant à une éditrice de livres de cuisine qui a fait faillite depuis, à un jet de pierre du Panthéon et du Collège de France.

Alors que j’essayais d’ouvrir toutes les bouteilles du réfrigérateur en quête d’une boisson consommable qui ne soit pas importée d’une contrée inconnue, j’ai soudain entendu quelqu’un parler de DuB éditions, la charmante maison au crâne d’oiseau dandy. Qui, malgré la qualité de ses publications littéraires, est encore un peu méconnue. Étrange et réjouissante coïncidence dans une ville de plus de deux millions d’habitants, et même dans le petit milieu des apprentis éditeurs où tout le monde finit par se connaître, coucher avec chacun et dire du mal de tous.

Nous avons évoqué nos goûts littéraires respectifs et souvent opposés. Son rejet d’Anna Karénine de Tolstoï qui est l’un des romans qui a le plus compté pour moi. Son amour pour la littérature américaine qui me laisse, pour ma part, assez froid. En particulier les Fante père et fils, John et Dan que j’avais rencontré dans de douloureuses vapeurs éthyliques lors de son passage à Paris il y a quelques années, sans avoir jamais entendu parler de lui et encore moins lu le moindre titre. Romain nous a confié, à ma chère et tendre et moi-même, son amour du bourbon, et ils ont tous deux commencé une petit séance de dégustation dans laquelle je n’ai pas pu les suivre.

Si nos parcours esthétiques sont très différents, nous sommes désormais tous deux publiés sous la même couverture, grise de mon côté, verte du sien, et peut-être le côtoiement de nos romans dans la même collection n’est-il pas si absurde. Il y a dans la Croisade Apocalyptique de Romain une violence brute et directe, une provocation franche, bien plus diffuse et maquillée dans mon propre livre. Mais les aspirations et les thématiques que nous traitons sont peut-être les mêmes après tout. Le narrateur, dans le roman de Romain, est un personnage rendu volontairement antipathique, une sorte de trou sans fin qui ingurgite l’alcool, la junk-food, l’argent, l’espace et le vide contemporain jusqu’à l’éclatement. L’engagement révolutionnaire n’est pour lui que le prétexte à son autoglorification. Dans Indicateurs de progression urbaine, le(s) narrateur(s) observe(nt) de loin, dans le flou, un soulèvement qui se dessine en arrière-plan, mais avec l’impossibilité fondamentale d’y prendre part lui-même. Nos deux textes illustrent donc, je le crois, l’incapacité de notre génération à des engagements réels et profonds qu’ils dissimulent derrière des protestations marginales et égoïstes, avant tout dominées par le culte de l’apparence et de l’individu-maître.

Nos personnages auraient pu se croiser, dans un Paris proche de l’écroulement, et constater la vanité de l’autre. Peut-être se seraient-ils démolis dans une ruelle ou auraient-ils consommé des substances diverses. Quoi qu’il en soit, je souhaite une bonne réussite à Romain Ternaux et à sa Croisade Apocalyptique dont il se murmurerait qu’elle intéresse le cinéma…


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Prix : EUR 199,90

1 internaute sur 4 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Créateur d'ambiances, 1 mai 2014
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Soyons clairs : ce produit n'est pas fait pour un véritable éclairage, mais pour créer une ambiance lumineuse. Le produit est simple à installer (il nécessite obligatoirement un smartphone et le wifi) et presque encore plus simple à utiliser.
On regrette en revanche qu'il ne soit pas (du tout !) possible de s'en servir sans recourir au téléphone.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 7, 2014 9:02 AM MEST


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Prix : EUR 259,99

5.0 étoiles sur 5 Super centrale vapeur, 1 mai 2014
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un excellent produit : chauffe rapide, facile à brancher, facile à ranger. Assez léger pour un produit de ce type il a surtout le grand mérite de ne pas se perdre dans un tas de réglages incompréhensibles : branché il est prêt à l'usage.


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Prix : EUR 52,16

4.0 étoiles sur 5 Pratique et efficace, 3 avril 2014
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un produit très pratique et facile d'usage. Simple à ranger comme à laver. L'appareil idéal pour préparer rapidement et sans peine des repas sains et équilibrés !


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5.0 étoiles sur 5 Super !, 3 avril 2014
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Excellent produit. Il est Hyper efficace, a une bonne autonomie !
J'étais un peu sceptique vis à vis de ce type d'appareil et au final je le recommande vivement


Des putains meurtrières
Des putains meurtrières
par Roberto Bolaño
Edition : Broché
Prix : EUR 7,10

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Des descentes en enfer, 14 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Des putains meurtrières (Broché)
Dans ce recueil de nouvelles du chilien Roberto Bolaño, il n’est pas uniquement question de prostituées, même si elles ont un rôle non négligeable. L’auteur y parle de littérature – beaucoup -, de diverses formes d’exil, de rencontres avec des fantômes du passé et de lentes descentes aux enfers, des faubourgs d’une métropole indienne à ceux de Bruxelles, en passant par un trou perdu au Mexique ou par les beaux quartiers parisiens.

Il est toujours délicat de se livrer au commentaire d’une œuvre fragmentée, ici en treize nouvelles forcément inégales, mais globalement captivantes. Chacune d’entre elle suffit toutefois à immerger le lecteur dans un univers géographique et humain confiné où une somme de détails en apparence insignifiants émaille les quêtes désespérées et rencontres inachevées de personnages livrés à eux-mêmes. Se situant en apparence dans le plus pur style des « conteurs » sud-américains héritiers du réalisme magique, Bolaño ajoute toutefois sa « patte » : chez lui, ce ne sont pas tant les situations qui perdent les personnages, mais des personnages déjà indéfinis qui semblent créer eux-mêmes des situations augmentant leur trouble. C’est dans leur perdition, leur « absence au monde » que se nichent les passages les plus remarquables du recueil, de « Gomez Palacio » à « Buba » en passant par « Derniers crépuscules sur terre » ou « Dentiste ». Les récits font la part belle à la subjectivité du narrateur et/ou personnage principal (l’auteur ? son double ? son reflet ?), à son absence de réponses, à sa mémoire volontairement défaillante, à son analyse inachevée qui laisse le lecteur finir ce que les lignes ont initié.

Volontiers pourfendeur de la diaspora chilienne post-Allende et de la littérature chilienne moderne en général, Bolaño s’interroge et nous interroge sur la création littéraire, le sens des évènements décrits (en ont-ils vraiment un ?), l’absence de nécessité d’expliquer le mystère, l’attraction, la répulsion. Tour à tour joueur de foot du FC Barcelone, fils d’une actrice porno, professeur de littérature échoué dans une ville déserte, spectre contemplant son propre cadavre, toujours exilé – en Europe ou au Mexique -, le narrateur/personnage principal ne décide jamais de rien et se laisse porter par des éléments qui s’imposent à lui, terreau fertile sans volonté apparente. En découle une certaine conception de la curiosité, d’une écriture libérée de ses règles et contempteurs, d’une création où créateurs et créatures ne font qu’un dans leur indécision. Le refus de choisir des personnages (de l’auteur ?) nourrit son imagination dans des apparences forcément trompeuses et des préjugés forcément incomplets ; bref, dans des images, un ressenti qui s’impose au réfléchi et fait ressortir l’essence de la véritable création : son imprévisibilité et sa subjectivité.

Ainsi, les « descentes aux enfers » que constituent la plupart des nouvelles ne sont que des promesses de commencement, des prémisses d’une autre œuvre qu’il restera éternellement à écrire, des invitations lancées au hasard, sans véritables conclusions, sans véritables points finaux, au but encore à définir. Un peu comme ces nuits avec des prostituées, toujours trop courtes et s’évanouissant dans le fracas des gouttes s’écrasant sur l’émail d’une mauvaise douche, le bruit sourd d’une porte qui se referme ou le silence d’un lit à moitié vide. La littérature serait-elle, en fin de compte, cette putain meurtrière qui se défait de l’auteur, l’abandonnant, seul et indécis, à la poursuite de nouvelles lectures et de nouveaux écrits (« Vagabond en France et en Belgique ») ? Ou l’invitation à une discussion à jamais inachevée à laquelle l’auteur renonce à mettre un point final, laissant ses personnages pérorer dans le vide au gré du lecteur (« Le retour ») ? Qui lira saura, ou a minima sera invité à se poser la question dans l’errance parfois burlesque des ambiances singulières que lui proposeront ces « putains meurtrières ».

Thibaud MARIJN.
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No Angel : Mon voyage épuisant d'agent infiltré au sein des Hells Angels
No Angel : Mon voyage épuisant d'agent infiltré au sein des Hells Angels
par Jay Dobyns
Edition : Broché

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Immersion chez les anges de l'enfer, 20 janvier 2014
Jay Dobyns a toujours été un sportif challengeur et compétitif. Suite à une mauvaise blessure, il oriente sa carrière vers la police, où il devient un agent du BATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives). La mission qui va être la sienne durant deux années, et qui est le sujet de ce livre, sera à jamais la plus marquante de sa carrière.

En 2001, il infiltre le plus célèbre des clubs de motards américains, les Hells Angels, dans le but d’amasser assez des preuves pour les inculper sous l’accusation de crime organisé.

Jay Dobyns va ainsi devenir « Bird », membre des Solo Anges, club de motard qu’il anime avec différents agents infiltrés et repris de justice qui sont devenus des « indics » au fil des années. Avec son physique de culturiste, sa harley, ses tatouages, et son franc parler, Bird se fait rapidement remarquer et apprécier. Rapidement et presque trop facilement, note t-il. Un de ses membres les plus solide, Bad Bob, le prend sous sa protection, et lui conseillera de quitter les Solo Angels pour devenir un prospect chez les Hells Angels, c’est à dire un postulant au rang de membre officiel.

Pour Bird la plongée en apnée commence. Il étaye sa nouvelle identité, celle d’huissier mercenaire, il s’invente un passé de drogué qui lui interdit de retoucher à quoi que ce soit (un agent infiltré ne peut même pas consommer de marijuana sous peine de risquer son dossier le jour de l’audience !), il a une petite amie (un agent infiltré également), il aime les armes et est un sacré bagarreur….Bref, il a tout pour plaire. Mais sa témérité n’est pas que feinte. Ambitieux, exigent, impatient, il dépassera toutes les limites de sa hiérarchie pour simuler le meurtre d’un membre d’un gang rival afin de gagner plus rapidement ses gallons.

Dévoré par son ambition, son moral et son intégrité vacillent. Retrouver les limites de son rôle lui paraît de plus en plus déroutant.

Jay prenait les HA de haut. En débutant sa carrière d’agent infiltré, il se voyait côtoyer des bandits en costume trois pièces, fréquenter les plus belles femmes et enquêter sur la drogue la plus pure et les armes les plus dangereuses. Il lui semble ne fréquenter que des délinquants sous meth, des femmes battues, des prostitués à la sauvette et des enfants sans avenirs.

La facilité avec laquelle il crée des liens le dépasse lui-même, il est le premier à voir les failles de son plan ; leurs blousons sont de toute évidence neufs et n’ont jamais été portés, il s’invente un passé de camé pour ne toucher à rien et ne prend pas les mêmes risques à moto. Et pourtant….Bird se prend au jeu.

Jay définit au début du livre sa famille comme de sa « carte postale ». Sa femme l’aime, et s’occupe bien des enfants. Son fils fait du sport, sa fille joue de la guitare. Quand il a quelque jours de repos il vient s’occuper du jardin.

Mais petit à petit il n’arrive plus à laisser Bird à la porte. Il rentre sale et habillé en motard, il lui semble perdre son temps lorsqu’il est chez lui, à tel point que sa famille évite de s’y trouver en même temps.

Pour tenir le coup, Jay abuse de toutes sortes de médicaments et commence à se perdre entre ses deux personnages. Lui qui voyait les choses de façon si manichéenne, entre sa carte postale familiale et ses bandits de bas étage commence à ne plus savoir s’il est d’avantage lui-même dans les habits de Bird ou dans ceux de Jay…

Quelque chose le fascine chez les HA. Et pourtant ce n’est même pas la moto, hobby qu’il n’affectionne même pas spécialement. Quelque chose dans leur fraternité, dans la folle extrémité de leurs liens lui donnerait presque envie de confier sa vie à ses « frères ». Le genre de camaraderie que l’on crée au front ou dans les situations de rare intensité de l’existence.

Mais l’expérience doit bien prendre fin, et le piège se refermer.

Peut-être est-ce le reste d’une certaine culpabilité si cette partie de l’affaire est la moins détaillée (le livre fait pourtant plus de 500 pages.).

Cette fin un peu rapide gâche quelque peu le style soutenu du récit. S’il ne s’agit en aucun cas de grande littérature, le sujet reste passionnant et bien mené. Dobyns affronte clairement la destruction de son monde manichéen, et de sa morale américaine. Le ton simpliste des premières pages laisse la place à une introspection plus profonde, d’un homme plus complexe qu’il n’y paraît sur un système moins opaque et moins simple que l’image d’Epinal que l’on en connaît.[....]


Indicateurs de progression urbaine
Indicateurs de progression urbaine
par Antoine-Gaël Marquet
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la vie quoi..., 5 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Indicateurs de progression urbaine (Broché)
« Vivre à Paris, c’est passer quelques journées comme volées ». Antoine-Gaël Marquet est un jeune auteur de 26 ans qui réside sur la butte Montmartre. Un point de vue idéal pour observer Paris. Pour en tomber amoureux, aussi. La détester, parfois. Mais être en tout cas suffisamment fasciné pour lui consacrer tout un roman. Et pas n’importe lequel : un premier roman. Dans celui-ci, la ville s’étend, tentaculaire, pour occuper toutes les pages. Tout l’espace. Loin d’être seulement un décor, Paris se comporte dans ce livre en véritable personnage aux multiples facettes. Paris, cette jeune femme à la beauté indéniable. Paris, cette prostituée fatiguée. Paris, cette vieille femme fragile. Ce cadavre latent. Entre amour et haine, dégoût et fascination, l’auteur nous livre dans ce premier livre réussi les mille et un visages de la capitale. Bien sûr, on y trouve aussi des personnages de chair et d’os, mais qui pourraient aussi bien être des allégories de la ville elle-même. En particulier ce personnage principal, que l’on suit tout au long de ce premier roman, entre déambulations en métro, sexe, expériences culinaires… Autant d’occasions de se laisse happer avec lui par la ville mais aussi de réfléchir au sens de l’existence, s’il y en a un. « La vie quoi ».

Alors, un roman à réserver aux parisiens ou aux amoureux de cette ville ? Pas du tout. A travers un style exigeant et percutant, Antoine Gabriel livre un regard sur des questionnements universels et parvient à réaliser dans le même temps une peinture fascinante de Paris. Agrémenté de photos de l’artiste Zofie Taueber, où la ville côtoie le surnaturel, chaque chapitre nous plonge dans une tranche d’univers urbain. Gris. Cynique. Et tellement juste…

Élodie Soury-Lavergne


Certaines n'avaient jamais vu la mer
Certaines n'avaient jamais vu la mer
par Julie OTSUKA
Edition : Pocket Book
Prix : EUR 6,60

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un roman poétique, 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Certaines n'avaient jamais vu la mer (Pocket Book)
Certaines n’avaient jamais vu la mer… Mais pourtant elles s’étaient engagées sur la foi d’échanges épistolaires à un mariage avec un japonais parti chercher une vie meilleure aux États-Unis… Banquier, hommes d’affaires, comptables, toutes rêvaient de cet horizon nouveau promis par leur fiancé aventurier, celui là qui les arracherait à leur vie paisible à la campagne, ou à une existence austère en ville… Toutes n’étaient pas heureuses, mais toutes s’étaient embarquées avec la confiance de leur jeunesse. Ces jeunes japonaises découvrent en Amérique une réalité bien différente; des époux tout aussi laborieux et pauvres que la famille à qui elles ont dû dire adieu malgré elles, des conditions de travail éprouvantes, une vie maritale contraignantes, et une situation sociale d’étrangers et parfois de parias.

Certaines s’investissent et parviennent à s’intégrer. Certaines y échouent et demeurent des îles au milieu d’un océan qui leur est hostile. Certaines ont des enfants et découvrent le bonheur de fonder un foyer à elles malgré tout. D’autres y échouent. Certaines aiment. D’autres meurent. Parfois d’épuisement. Parfois épuisées elles mettent fin à leurs jours…

Julie Otsuka raconte d’une voix mélodieuse le destin de ces femmes. Une voix qui est multiple, qui retrace le parcours d’un peuple, de femmes placées par les aléas de leurs existences à un carrefour difficile d’une histoire qui les dépasse.

En 1941, la base aérienne de Pearl Harbor est bombardée. Les Japonais deviennent des ennemis, objets de méfiance et de rejet. Exclues, menacées, violentées, certaines de ces femmes essaient de fuir, de veiller sur les leurs, de survivre. C’est la voix de ce combat silencieux, mené par des personnes simples et courageuses, que l’auteur essaie de rendre dans ce beau roman, couronné en 2012 du Prix Femina étranger.

Le choix du titre, « Certaines n’avaient jamais vu la mer » transmet un peu de la naïveté de ces japonaises, mariées à un destin qu’elles n’auraient pu imaginer. Ce livre redonne vie, ou rend audible, le chant triste de celles qui ont souffert en silence, et que l’Histoire oublie souvent.

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