Profil de MilOvni > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par MilOvni
Classement des meilleurs critiques: 3.297
Votes utiles : 371

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
MilOvni (France)

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-13
pixel
Marvel Masterworks: Warlock - Volume 2
Marvel Masterworks: Warlock - Volume 2
par Marvel Comics
Edition : Relié

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du Complexe de Dieu jusqu'à la Cité d'Émeraude, 30 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marvel Masterworks: Warlock - Volume 2 (Relié)
Callée entre les secousses cosmiques que sont 2001 A Space Odyssey et Star Wars, voici la fameuse épopée de Warlock par le talentueux Jim Starlin, et une des plus grandes réussites comics des années 70.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________
- ET SI LES LES ORIGINES D'ADAM WARLOCK VOUS ETAIENT CONTÉES ? (Marvel Masterworks Warlock Volume 1 et brièvement narrées au début du volume 2)
_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Il était une fois... une équipe de savants improbes qui souhaitèrent engendrer un nouvel être parfait.
D'un cocon bizarre naquit donc "Him", mature et dôté de grands pouvoirs, mais vide de toute l'expérience nécessaire à son plein épanouissement... Toutefois, ce demi-dieu à la peau dorée put rapidement développer sens moral et émotions, au contact de la très touchante Alicia Masters.
Les évènements s'embriquant, Him finit malgré tout par déchaîner son terrible pouvoir sur ses créateurs, pour ensuite s'exiler, un temps, loin du sol souillé qui l'a vu naître.

Ultérieurement, Him fut contraint à une nouvelle échappée spatiale après une confrontation aussi futile que brève avec le puissant Thor. Battu, il se révèla néamnoins plus noble et plus pur que le dieu du Tonnerre. Mais une fois encore, Him s'isola des afflictions extérieures dans son cocon, un processus régénérateur qui lui permet d'en sortir à chaque fois plus mûr, mais aussi plus humain.

Notre étrange voyageur rencontra par la suite le High Evolutionary, créateur impudent d'une copie conforme de la Terre cependant épurée de toute agressivité. Une créature dissidente nommée Man-Beast y prenant pourtant un vil plaisir à chahuter cette fragile utopie, Him se proposa vaillamment d'interférer. Et pour l'aider dans sa tâche, il lui fut confié la Gemme de l'Âme, joyau qui vampirise la force vitale des adversaires, objet convoité qui est aussi l'une des fameuses Gemmes de l'Infini... Si ses excès d'orgueil amenèrent Him à être crucifié, il ressuscita assez vite et assez puissant pour enfin éradiquer le mal.
C'est ici que Him devînt le sauveur providentiel d'une humanité, c'est ainsi qu'il devînt le dénommé Adam Warlock, et c'est à partir de là que prend place le récit que vous allez vivre. Et ça démarre à cent à l'heure sur le sol escarpé d'une lointaine planète, avec la traque d'une infidèle par la terrifiante Église Universelle de Vérité, un véritable empire dirigé par l'énigmatique Magus.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Roy Thomas et Mike Friedrich laissent ainsi en plan un Adam Warlock muré dans des délires messianiques, jusqu'à ce qu'arrive le dessinateur et scénariste James P. "Jim" Starlin.
Sorti impérial de son court et néanmoins mémorable run sur Captain Marvel, l'auteur cosmique de Détroit s'accapare cette création du duo Lee/Kirby pour en faire un tout résolument plus ambitieux.

Autant le dire d'emblée : vous pouvez faire l'impasse sur le tome précédent. Non pas que ce dernier soit foncièrement mauvais (la dernière partie étant même très bonne), juste pas nécessaire pour aborder ce tome 2 qui lui est de plus nettement supérieur.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

L'ouvrage collecte les épisodes suivants :

- Strange Tales #178-181 : Warlock affronte l'ombre d'un adversaire insaisissable.
- Warlock #9-15 : La destinée est une petite renarde à qui on peut difficilement échapper.
- Marvel Team-Up #55 : Aux côtés de Spider-Man et du Jardinier, Warlock fait face à l'Etranger.
- Avengers Annual #7 : Un ancien allié dévoile son jeu et menace les étoiles.
- Marvel Two-In-One Annual #2 : Suite directe du numéro précédent, ici se joue la sublimation.

Tout cela a été publié sur notre sol dans les revues Étranges Aventures n° 54 à 59, L'Araignée (LUG) n° 6, puis Strange Spécial Origines n° 244 et 247.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Starlin puise donc sans ambages dans ses obsessions, donnant au personnage d'Adam Warlock une dimension toute autre avec, cette fois-ci, des aspirations, une forte personnalité, des relations sociales ainsi qu'une toute nouvelle destinée.
La destinée étant par ailleurs un des thèmes fondamentaux de ce run puisqu'après avoir fait de Captain Marvel un guerrier se transformant petit à petit en une sorte de divinité cosmique, pour Warlock, Starlin avait en main un messie et décida d'en faire un schizophrène paranoïaque cherchant à échapper à son inéluctable devenir. Warlock était presque un dieu, il était donc intéressant d'en faire un homme.
On retrouve ensuite assez promptement la thématique de la dualité, non seulement personnifiée par les entités cosmiques que sont Chaos et Order, mais aussi, et essentiellement, par le héros lui-même. Et ce dualisme protéiforme chez Adam Warlock se compose de trois branches. Tout d'abord psychique, avec cette envie coupable et irrépressible d'aspirer l'âme des assaillants, comme pour mieux remplir la sienne. Ensuite physique, avec l'effet miroir que lui renvoie crûment ses adversaires. Et enfin métaphysique, en s'attaquant à une personne qui le détruira forcément.
Cela nous amenant à un autre thème majeur abordé qui est celui de la rédemption. A mesure que l'histoire défile, on voit en effet Warlock évoluer en pleine quête gnostique ; ce dernier cherchant à purger ses actes passés et à venir à travers le sacrifice même de son existence. On peut dès lors parler de suicide cosmique, ce qui confère au récit une haute teneur mystique.
L'ampleur d'une telle démarche résonne directement avec la mégalomanie des personnages rencontrés, tout en développant en parallèle une réflexion docte sur le pouvoir. Car Warlock subit malgré lui l'influence de ce qu'il réprouve. On repense alors à ces quelques mots de Nietzsche qui disaient "qui trop combat le dragon devient dragon lui-même". Un engrenage où le Yin résiste tant bien que mal au Yàng.
Cette mégalomanie, l'auteur la pousse également jusque dans le traitement de ses planches. Là où Captain Marvel était un héros archétypal de source antique, Warlock serait donc de source biblique. Quoi de mieux alors que de s'inspirer des oeuvres de la Renaissance florentine avec cette fascination du sacré, de la mort et du corps humain pour sublimer les instants tragiques ? Il le prouvera magistralement à l'occasion d'une planche de l'épisode #10, allant jusqu'à créer sa propre Pietà aux quatre figures. Starlin ira même jusqu'à utiliser la bichromie sur ces passages symboliques pour renforcer l'impact du discours.
Il est par la même intéressant de relever cette obsession du sacré alors que la religion est sévèrement fustigée dès les premières pages du run (voir avec quelle violence use L'Église Universelle de Vérité pour asseoir son ordre). Ainsi, non content de détourner certains codes et concepts super-héroïques, Jim Starlin s'attaque au culte et carresse le divin.
Mais là où Starlin frappe le plus fort, c'est peut-être dans l'insinuation du doute qui grandit à mesure que le lecteur avance dans l'histoire. Le doute dans la quête identitaire de Warlock, le doute à travers les réalités qu'il traversera, le doute sur la nature même du personnage.
Avec ces incessants passages dans les réalités virtuelles, temporelles, dimensionnelles - bien avant la marée Matrix et sûrement inspirés des romans de Philip K. Dick avec ses simulacres de réalité - on vient à se demander si Warlock est bien là où il est censé être. Surtout lorsque ledit protagoniste rencontre des personnages symboliques tous plus étranges les uns que les autres. On songe notamment à ce requin spatial, à cette parodie de tribunal gorgé de créatures grotesques (un oeil géant, une bouche démesurée sur pattes, des personnages sans visage, et en tête de gondole cet énorme faciès carapacé affublé de deux paires de bras ridicules), ou encore à ce compagnon de voyage qui n'est autre qu'un... troll (qui sera par ailleurs la bouffée comique de l'univers dépeint). Ce n'est donc peut-être pas un hasard si un des épisodes se nomme "A Trollish Tale!". Tout comme ce n'est peut-être pas un hasard si la saga semble avoir été construite comme un conte pour adulte avec sa conclusion imparable.
En résulte un voyage fabuleux sous forme d'odyssée intérieure, qui nous rappelle étrangement celui de Dorothée dans le film Le Magicien d'Oz. Une analogie où Warlock serait par conséquent la clef des rêves adolescente, Magus incarnerait le Magicien imposteur, et la Gemme de l'Âme correspondrait à la Cité d'Émeraude ...
C'est alors tout l'Univers Marvel qui pourrait être interprêté comme une projection schizophrène de l'esprit d'Adam.
Plus loin encore : Adam Warlock lui-même, ne serait-il pas finalement devenu l'avatar direct de l'ambition du scénariste ? On pense alors à Grant Morrison avec ses constructions en rubik's cube (Animal Man, The Filth), qui reconnaitra l'influence de Starlin.

Dans ces pages, il y a donc une espèce d'amusement constant de la part de Starlin à détourner les clichés et les concepts. Il plonge allègrement dans l'extravagance avec cette cosmogonie aux lignes inspirées et référencées ; des références fort bien de son époque qu'il brasse à foison, avec un indéniable talent. Cela va des inévitables et avouées influences comics tel que le puissant Jack Kirby's "Fourth World", où le vilain Darkseid sera habilement pastiché en un personnage se déclarant comme "the dark side". Mais aussi vers les créations imaginaires et objectivistes de Steve Ditko ; Starlin ne considèrant pas "ses" personnages somme toute manichéens, mais comme des êtres composés en nuances de gris. L'auteur dédicacera d'ailleurs l'épisode des "1000 clowns" à son maître spirituel, avec un environnement fou rappelant effectivement certaines escapades dimensionnelles du Dr. Strange.
Mais il serait à l'avenant juste de rappeler que ce maraud de Starlin pioche aussi sans vergogne dans le célèbre cycle du Champion Éternel de Michael Moorcock (Elric, est un puissant roi-sorcier ambigu, dont la vitalité dépend de son épée absorbeuse d'âmes : la Stormbringer. Il est le pion de forces cosmiques nommées Ordre et Chaos, et arbore une couleur de peau inhabituelle...) Une scène très forte (puisant également ses racines dans l'anneau de Sauron) exploite d'ailleurs la métaphore de l'addiction quand Warlock se sépare quelques instants de sa "précieuse" Gemme de l'Âme ...
Les veines saillantes de la saga sont ergo parcourues d'heroic fantasy, de l'heroic bien fantasy au milieu des étoiles ... ou ailleurs.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Starlin a brillamment relevé le défi de la succession en fournissant une intrigue forte, profonde, qui se révèle palpitante dès les premiers instants. La lecture engagée, on bout vraiment de voir comment Warlock va se sortir de ses péripéties ; l'auteur sachant alterner instants philosphiques, rebondissements shakespeariens et scènes d'action avec une classe folle. L'affrontement avec les Black Knights, par exemple, où quand un titan fou explique la vie à Warlock à grands coups d'apophtegmes dans la gueule : ça donne un moment d'anthologie assez grandiose. Mais Starlin sait aussi multiplier univers SF délirants et personnages charismatiques, ce qui octroye à l'aventure un intérêt constant. Et effectivement question charisme Warlock fait un sacré bond en avant ! Jim Starlin en a fait un personnage désormais aussi cérébral que physique, complexe dans son approche de la vie, et dont la psychologie se développe au gré des coups du sort et des choix cornéliens. A tel point qu'il devient une véritable bombe en gestation, et ce à juste titre.

Si une bonne première partie du récit repose sur l'identité de la némésis du héros, la suite est plus éclatée avec une tension retombant quelque peu. Toutefois, en bon technicien du récit qu'il est, l'auteur continue d'injecter situations démentes ainsi que vilains de premier choix, garantissant une lecture savoureuse. La saga connait tout de même un passage périclitant avec un Marvel Team-Up écrit par Bill Mantlo et passablement dessiné par John Byrne, finalement peu à l'aise avec les fièvres cosmologiques d'autrui. Bien heureusement le dernier acte est de plus haute tenue, avec le retour à la barre du capitaine Starlin pour un clash final qui mettra le petit monde Marvel en ébullition.

Concernant la partie graphique, le trait de Starlin apparaît immédiatement puissant et agréable ; l'auteur usant d'angles et de poses qui glorifient sans complexe le corps humain. On retrouve alors toute l'influence de ses recherches sur la Renaissance artistique.
Quant à la mise en scène, elle se révèle chiadée. L'artiste diversifie les cadrages et effets de cases quelles soient en bandes, superposées, jouant de mises en abysme, déconstruites, parfois même en planche chronologique... On regrette toutefois quelques vignettes un peu en dessous, sûrement bâclées par manque de temps.
Enfin l'encrage, assuré par Starlin lui-même ou comparses, sait de son côté varier d'intensité pour mieux accompagner la charge émotionnelle et pesante des situations. Fond et forme se sustentant l'un l'autre.

In fine, en refaçonnant Warlock de la sorte la mégalomanie de Starlin éclate. Un trait qu'on lui pardonnera bien volontier au vu du résultat plus que probant. L'auteur décapsule donc sa vision propre de la vie et pose au passage les bases de tout un pan cosmique de Marvel appuyé par les qualités graphiques et narratives de ses récits. En somme, un parangon du genre.

Conte philosophique, tragédie cornélienne, space opera flamboyant, déballage de références, rafle créative... "Warlock" est tout cela à la fois. Ne serions-nous pas alors en présence de la plus grande épopée cosmique Marvel ? On est bien tenté de répondre par la positive. Dès lors, on se met à rêver d'adaptations cinématographiques aboutissant à Infinity Gauntlet, autre point culminant de l'oeuvre de Starlin...

Pour les gourmands, sachez que le recueil est enrichi par des sketches, des couvertures, quelques biographies, et surtout des planches magnifiques de l'"épisode perdu" ; le tout baignant dans une reproduction exceptionnelle qui offre une toute nouvelle ampleur aux dessins. Les Marvel Masterworks reliés sont assez chers, oui, mais ce sont des produits de standing, et celui-ci en particulier est essentiel.

En clair : Achetez-le, par Orion !

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Bonus track #1 : Pouvoirs et aptitudes
_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

En plus de son physique d'Apollon, Adam Warlock possède agilité, endurance et résistance dans des proportions surhumaines. De même qu'il lui est possible, si gavé d'énergie cosmique, de soulever ou presser pas loin de 40 tonnes bien tassées (en comparaison, la force déja herculéenne de Spider-man est évaluée aux alentours de 10-15t). D'ailleurs, cette formidable énergie cosmique notre super-héros doré la manipule un peu à la manière d'un Surfer d'Argent pour, par exemple, libérer de puissants rayons d'énergie à travers ses mains, qui assurément défriseront plus d'un ennemi.
Warlock est aussi très à l'aise dans les airs, puisqu'il peut voler à des vitesses supersoniques en atmosphère et voyager dans l'espace sans assistance respiratoire à des allures encore plus folles.
Ensuite, cet être qui est en phase avec une certaine conscience cosmique possède également des pouvoirs téléphatiques, ainsi qu'un bon degré d'intuition. Et en de rares occasions (en cas de blessures gravissimes, par exemple), il est capable de tisser rapidement autour de lui un cocon régénérateur encore aujourd'hui bien mystérieux ...
Quant à la Gemme de l'Âme qu'il détient, il peut l'utiliser à différentes fins, à commencer par l'absorption de la force vitale.

A noter enfin, qu'au fil de ses pérégrénations Adam s'est forgé une forte expérience de combattant à mains nues, et se révèle en outre un philosophe autodidacte accompli.

Source : Marvel

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Bonus track #2 : Accompagnement musical
_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Parce qu'un bon space opera sans musique ce serait un peu un plat de sushi sans otoro, voici quelques suggestions musicales :

- Hello Everything - Squarepusher
- BO The Keep - Tangerine dream
- et notamment 01011001 - Ayreon

Mais peut-être préférerez-vous lire en compagnie de l'impérial silence ; celui qui vous lâchera dans l'immensité de l'oeuvre à vous offrir le meilleur des vertiges ...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2011 7:46 PM MEST


Marvel Saga 8
Marvel Saga 8

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le Punisher 2.0, 2 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marvel Saga 8 (Broché)
Détruit, taillé en pièces, officiellement mort ... Pourtant il revient, et il n'est pas content !

Il s'agit là d'une histoire complète constituée des six premiers épisodes de la série Franken-Castle.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Parce qu'elle est traquée par un sinistre individu ayant juré l'anéantissement de toutes créatures inhumaines sur Terre, la Légion des Monstres ressuscite, à sa manière, celui qui fut le Punisher. Beaucoup espèrent alors qu'il sera un atout majeur pour leur défense...

C'est après des épisodes super-héroïques relevés sur le Punisher, que le scénariste Rick Remender chamboule tout en lui érigeant une série fantastico-horrifique éloignée des gros évènements du Marvel-verse. Des épisodes inattendus donc, où le retour de Frank Castle chez les "vivants" façon Robocop prend des allures de quête identitaire pour devenir le ressort même de l'intrigue. Il en résulte une complainte souvent déjantée, chaloupée de petits trésors jusqu'au-boutistes qui rafraîchissent l'univers alors piétinant de Frank Castle, voir même de Marvel tout court.
L'autre poulie de ces pages, c'est évidemment ce monde assez pertubant parcouru au rythme endiablé d'une aventure bien loufdingue. Avec son domaine souterrain à l'architecture organique, son extraordinaire galerie de freaks tous superbement campés et issus des 70's, son humour charbonneux, et ses scènes irrémédiablement trash : il est conseillé d'avoir le palpitant bien accroché ... Le mélange se révèle toutefois cohérent, extrêmement graphique, purifié par une colorisation non encrée des plus efficientes.
Et cette maestria visuelle on la doit majoritairement à l'habituel sidekick de Remender, qui n'est autre que monsieur Tony Moore. Déjà responsable de magnifiques planches sur Fear Agent, il est ici artisan sur pas moins de quatre épisodes sauvagement débridés.
On se repaît alors sans réserve de son trait minutieux et fouillé, habile sur les jeux de regards, et qui réussit même l'exploit d'être diaphane dans les plans d'attroupements.
On remarquera aussi l'épisode oeuvré par le talentueux français Roland Boschi, avec un graphisme certes de caractère, mais plus délié et moins raccord à l'ambiance que ne l'est celui de Moore.
Quant à l'ami Dan Brereton, il vous tirera sûrement quelques grosses larmes nostalgiques avec ses chaleureuses peintures rétro...

Alors même si la scène finale s'étire dans l'excès, on peut affirmer que cette histoire en apparence casse-gueule est une petite réussite. La dynamique artistique fort gonflée a su renouveler avec orginalité le titre, le personnage, ainsi que l'univers du justicier. Peut-être même trop, puisque le public frileux s'est semble-t-il perdu en chemin.

Pour ceux qui hésiteraient encore, sachez qu'il n'est point nécessaire d'avoir englouti des kilomètres d'histoires Marvel pour apprécier celle-ci : ces épisodes se suffisant parfaitement à eux-mêmes !

Donc oui, ce comic mérite à la fois ses étoiles et votre investissement.

Le Punisher est mort, vive Franken-Castle !


Superman vs. Muhammad Ali (deluxe edition)
Superman vs. Muhammad Ali (deluxe edition)
par Dennis O'Neil
Edition : Relié
Prix : EUR 13,89

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La super-rencontre d'un mythe et d'une légende, 22 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Superman vs. Muhammad Ali (deluxe edition) (Relié)
Nouvelle édition du fameux cross-over initialement sorti dans la seconde moitié des 70's (Bronze Age).

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

MESDAMES ET MESSIEURS,

BIENVENUE EN CETTE ANNEE DE 1978 SUR LE RING STELLAIRE DE LA PLANETE BODACE POUR LE CHOC DES SURHOMMES !

AUJOURD'HUI, DANS LA CATEGORIE POIDS LOURDS :

DANS LE COIN BLEU,
1M91, ACCUSANT UN POIDS DE 100 KILOS A LA PESEE
AVEC 57 COMBATS POUR 56 VICTOIRES*
SURNOMME LA LEVRE DE LOUISVILLE, ALIAS CASSIUS CLAY, ALIAS LE CHASSEUR DE TETE, ALIAS LE CHAMPION, ALIAS THE GREATEST !
CELUI QUI VOLE COMME LE PAPILLON ET PIQUE COMME L'ABEILLE ...
MOHAMED... ALI !

EN FACE DE LUI, SE DRESSANT DANS LE COIN ROUGE,
1M92, ACCUSANT UN POIDS DE 112 KILOS A LA PESEE
AYANT COMBATTU AVEC SUCCES LA PLUPART DES FLEAUX QUI MENACAIENT LA TERRE.
SURNOMME L'HOMME D'ACIER, L'HOMME DE DEMAIN, OU ENCORE LE FANTASME EN SLIP ROUGE DES MENAGERES !
CELUI QUI EST PLUS RAPIDE QU'UNE BALLE DE REVOLVER, PLUS PUISSANT QU'UNE LOCOMOTIVE, PLUS RESISTANT QU'UN PROFESSEUR DES ECOLES ... VOICI LE FILS DE KRYPTON ...
SUPER...MAN !

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Le pitch :
---------

Alors que Clark Kent et Loïs Lane interviewent Mohamed Ali dans un quartier défavorisé, un agresseur alien débarque gorgé des habituelles viles intentions... Après avoir été rapidement maîtrisé, celui-ci annonce faire partie d'un peuple guerrier qui ne laissera cette planète tranquille seulement si le plus grand combattant terrien entre Superman et Ali réussit à vaincre leur terrible champion. Des déboires avec la flotte alien contraindront par la suite l'homme d'acier à jouer le jeu.

Superman et Mohamed Ali finissent donc sur le ring qui les départagera, sur une lointaine planète gravitant autour d'un soleil rouge (annulant au passage les pouvoirs du kyptonien).

C'est ainsi, devant une foule galactique en effervescence, que le match du siècle peut commencer !

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Deux ans après le passage en salle du bouleversant Rocky (ce boxeur de seconde zone devant affronter un champion dont le personnage fut basé sur Ali), déferla en kiosque cette bande dessinée encore plus improbable, où deux icônes populaires - l'une fictive, l'autre bien réelle - se voyaient contraintes de s'affronter pour défendre le sort de l'humanité.

Bien entendu, il s'agissait là d'un produit commercial censé jouir de la puissante notoriété d'alors de Mohamed Ali, et pourtant le résultat ira bien au-delà du simple produit de commande...

Les succès de la Blaxploitation (ces films où les afro-américains étaient hautement mis en valeur dans des sujets qui leur tenaient à coeur) et de la Shaw Brothers (films hongkongais remplis de kung-fu) ont fortement poussé l'industrie du comic à développer des super-héros communautaires tels-que la Panthère Noire, Shang-Chi, Luke Cage ou encore le Faucon. Pourtant, aucun d'entre eux n'arriva réellement à la botte de l'indéboulonnable Superman... C'est donc en dehors des cases et des bulles que le peuple se trouva un autre et véritable modèle, peut-être plus proche d'eux ; un symbole de détermination et de réussite dans une société toujours injuste. Et celui qui gagnait aussi bien les coeurs que les matchs de boxe avec verve et poigne, c'était bien sûr Cassius Clay !
Son refus de participer à la Guerre du Vietnam, ses origines, ses engagements politiques, ses phrases percutantes et bien évidemment ses exploits sur le ring en ont rapidement fait le nouveau champion du peuple. C'est pourquoi, quand cet homme hors-normes et adoré fut qualifié de Black Superman, une idée simple mais folle germa : pourquoi ne pas organiser un match de papier entre le Black Superman et le (white) Superman, mais unis pour le bien commun ? Une idée lucrative, mais aussi une tentative osée de limer définitivement les résidus du ségrégationnisme dans l'esprit populaire. Cette volonté d'égalité et de réunification surfait alors judicieusement sur l'essor idéaliste prôné sous la présidence du démocrate et contreversé Jimmy Carter.
De nouveau, le comic book cherchait à prouver qu'il était le médium adéquat pour faire évoluer les mentalités de son époque ; et tout au long de la lecture, la BD sera effectivement parsemée d'éléments prêchant la fraternité et le multiculturalisme.
On retiendra pour exemples cette sublime première double page très "United colors of benetton" ; les scènes avec ce public galactico-hétéroclite à l'unisson ; tout comme cette célèbre poignée de main entre les deux héros. Car oui, Mohamed Ali n'est pas seulement présenté comme un grand champion mais aussi comme un véritable combattant, un altruiste, un philosophe et surtout l'égal de Superman. Le champion du ring devient alors le champion du bien. Certains pourraient aussi y voir une parabole sur la superpuissance des Etats-Unis, auto-désignés grands défenseurs de l'humanité.

Une telle entreprise ne pouvait donc être confiée qu'à une escouade de cadors. Si le script de départ appartient à Dennis O'Neil, c'est finalement Neal Adams (Deadman, Green Lantern/Green Arrow et ses épisodes époustouflants sur Batman) qui mènera à terme l'entreprise après deux années de labeur. En effet, qui alors de mieux que cet artiste, un des dessinateurs les plus influents des 70's avec son trait réaliste chaud-bouillant et fourmillant de détails, pour réussir l'inconcevable ?
Avec ce style qui place le lecteur au coeur de l'action où la profondeur de champ ébahie de justesse, et ce travail emphatique du langage corporel développé comme catalyseur des émotions, Adams était définitivement l'homme de la situation. Et pour le fignolage, il put naturellement compter sur le talent reconnu des maîtres Dick Giordano et Terry Austin.
Au final, les dessins sont d'une grande lisibilité avec des silhouettes qui semblent vivantes, toujours gracieuses et diablement expressives. Les scènes d'actions spatiales sur la vague Star Wars cartonnent, les moments chaleureux vous enveloppent comme une couverture de mohair et les matchs de boxes vibrent sous vos grands yeux excités. C'est du grand art !
De plus, le rythme effréné du récit-prétexte ne laissera filtrer aucun moment de répit et vous réservera même quelques petites surprises...
En ce qui concerne la caractérisation, celle-ci est pleinement réussie et on retrouve avec bonheur toute la noblesse de Superman, ainsi que la gouaille ravageuse d'Ali (à tel point que selon la rumeur le champion aurait participé à certains de ses dialogues). Le trait d'Adams-le-magicien appuyant avec une inégalable acuité chaque expression faciale.
Tout cela c'est du concentré de fun à chaque page et on se surprend à revenir en arrière pour redévorer ces cases inépuisables de générérosité !

Par ailleurs, il serait bien criminel de passer sous silence cette merveilleuse couverture reproduite dans les bonus ! Cette dernière vous amusera au jeu de Mais-qui-est-présent-dans-le-public?, même si une bonne connaissance des célébrités (là aussi réelles/fictives...) des années 70 est requise (la liste des noms étant tout de même donnée). Bref, le genre de travail qui traumatisa sûrement ce merveilleux fou du remplissage qu'est George Perez ...

Pour cette belle édition "Deluxe", le format originel a été réduit (28,5x19cm) et la colorisation actualisée sur papier glossy, sans pour autant dénaturer l'oeuvre orginale. C'est bien simple, même orné de cette nouvelle jaquette au cachet rétro, on a l'impression de voir un comic récent tout droit sorti du four. Ajoutons à cela quelques dessins préparatoires et lignes de script en bonus, et on tient là une édition de qualité.
Et pour ceux qui rient des bonii et préfèrent bénéficier d'un maximum de détails sur les dessins : raflez l'édition en facsimile avec ses planches grand format !

Donc, par son côté événementiel, la rencontre marqua fortement les esprits et entérina de fait la consécration icônique du plus grand boxeur de tous le temps. Même si, paradoxalement, c'est à peu près au moment de la première parution qu'Ali commença son déclin physique et sportif.

En définitive, Superman vs. Muhammad Ali est au comic book pop ce qu'un monolithe central est au site de Stonehenge: un élément fondateur et indispensable. Et plus de trois décennies plus tard, on en ressent encore les ondes.

S'il est malin, voilà ce que Papa Noël glissera au pied de votre sapin.

N. B.: le titre a autrefois bénéficié d'une parution française chez Sagédition, sous le titre de "Superman contre Cassius Clay". Une rareté aujourd'hui hors de prix.

* Palmarès au début de l'année 1978 ; sinon 61 combats pour 56 victoires en fin de carrière.


The Simon and Kirby Superheroes
The Simon and Kirby Superheroes
par Joe Simon
Edition : Relié
Prix : EUR 35,89

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De glorieuses aventures tissées d'or et d'argent, 3 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Simon and Kirby Superheroes (Relié)
Un fastueux recueil nous gratifiant de belles créations super-héroiques du duo Joe Simon et Jack Kirby, et plus encore.

La fibre créative trémule son plein à la fin des années 30, d'où émergent certaines des plus grandes icônes à succès de la bande dessinée américaine : Tout d'abord Superman, grâce au binôme Jerry Siegel et Joe Shuster, ensuite Batman, engendré par le couple contrarié Bob Kane et Bill Finger. Deux coups d'éclats et nous voilà entré dans l'Âge d'or des comics, un battement de cil et poignent les années 40.
C'est sur ce terrain fleurissant que se forme alors ce duo de légende composé de Joe Simon et de Jack Kirby, et dont la première collaboration fut Blue Bolt, un personnage de science-fiction.

En marge de la peste brune qui sévit en Europe et ailleurs, le début des années 40 c'est les balbutiements de l'aviation à réaction, la première diffusion de Citizen Kane, ce Boogie Woogie enflammant les hormones, la popularisation du chewing-gum, et ces étranges silhouettes féminines aux épaules dilatées... mais c'est aussi l'osmose créatrice ascensionnelle de deux monstres du Neuvième art. Une ascension qui culminera jusqu'à la fin des années 50, soit le début du Silver Age.
Alors certes, le tandem de choc est plus connu pour avoir officié chez Timely Comics/Marvel et DC avec des titres tels que Boy Commandos, Newsboy Legion, et bien entendu Captain America, et pourtant cette association ne se résume pas qu'à cela ...

C'est donc dans une restauration sublime, que Harry Mendryk, historien spécialiste de Jack Kirby, nous a compilé et reconstitué des histoires rayonnantes de dynamisme et injustement oubliées du grand public.
Avec à son actif des oeuvres telles que The Sandman, American Gods, ou encore Neverwhere, et riche de sa passion pour le travail des deux compères, on ne peut pas dire que Neil Gaiman, lui, fasse partie de cette frange de la population.
C'est pourquoi, on ne peut être que réjoui quand celui-ci nous présente avec une dilection toute particulière cette collection.

Concernant le travail de reconstitution, l'exemple le plus frappant est sûrement la partie liée au Captain 3-D.
A l'époque de sa parution, ce titre en N&B surfait sur la mode de la 3-Dimensions, avec cette obligation pour les lecteurs de porter les lunettes anaglyphes afin de bénéficier du fameux rendu censé faire jaillir les personnages hors de leurs cases.
Cependant, l'effet de mode passa assez rapidement et le pauvre capitaine fut mis au placard ...
Jusqu'à aujourd'hui du moins, puisque les planches ont été totalement restaurées et en couleur cette fois, pour renouer de brio avec cette bonne vieille 2-D !

Ensuite, l'ouvrage contient également un certain nombre de réflexions par Jim Simon sur la période où les bandes dessinées ont été écrites. Il y précise par exemple que si le clivage super-héros / vilains bandits dans les comics était aisé en temps de guerre, la chose étaient nettement plus discutable dans une société en paix.

Mais ce qui nous affolera les babines est sans consteste le coeur du volume qui introduit donc quelques-uns des personnages les plus intéressants des auteurs. Et là, vous en aurez pour plus de 450 pages de comics old-school pur jus et néanmoins épatantes, dont voici un bref tour de table :

- Black Owl :
Les festivités débutent avec Doug Danville, un riche play-boy n'ayant aucun superpouvoir, qui décide de combattre le crime en portant le masque.
On remarquera au passage le costume du justicier étrangement ressemblant à celui de Nite Owl (Le Hibou) des Watchmen.

- Stuntman :
Fred Drake était lui un acrobate de cirque jusqu'à ce que ses deux équipiers soient assassinés... Il enquêtera avec détermination sous les traits du Stuntman.

- The Vagabond Prince :
Voici un robin des bois moderne qui défend avec une belle pugnacité les pauvres contre la vilenie de l'élite financière.
Complété pour la première fois avec du matériel inédit !

- Captain 3-D :
Dernier survivant d'une espèce humanoïde éteinte, Captain 3-D possède une intelligence ainsi que des capacités physiques supérieures qu'il utilise pour déjouer les plans du Peuple Chat.
A bien des égards, Captain 3-D annonce les prémices de Kamandi. Et cerise sur un gâteau déjà bien crémeux, Captain 3-D fut, pour quelques cases, les tout premiers pas dans la bande dessinée du jeune, et sûrement déja gonflé de talent, Steve Ditko (ici en qualité de co-encreur).

- Fighting American :
Le gros morceau et près de 180 pages, soit le run entier sur cet archétype du super-héros patriotique évoluant en pleine Guerre-froide et parodie délibérée de Captain America.
Pour l'anecdote, le costume de Fighting American a été repris par Steve Rogers.

- The Double Life of Private Strong :
Enfant, Lancelot Strong fut recueilli par un couple de gentils fermiers. Ce n'est que plus tard qu'il se découvrit de fabuleux pouvoirs, et qu'il décida alors d'utiliser pour le bien commun.
Le pitch peut effectivement rappeler quelque chose...

- The Adventures of The Fly :
Le carrousel se terminera avec ces formidables histoires où le jeune Tommy Troy découvre un anneau magique issu d'une autre dimension, qui le transforme en un super-héros adulte aux pouvoirs étonnants.
Un habile mélange de Captain Marvel (version DC) pour les origines, et de Spider-Man avant l'heure pour le spectaculaire.

Si on fait fi de la linéarité des histoires, chaque série cultive une ambiance propre, avec pour points communs aux autres l'énergie et le niveau d'inventivité (costumes improbables, splash pages, cadrages empruntés au cinéma, véritables storytellings...).
Des histoires résolument explosives donc, du temps où on mettait dix idées par case. Ici, l'action vive secoue les cadres, les personnages toniques réjouissent, et les concepts s'envolent dans un déchaînement de couleurs.
On pourrait bien reprocher à ces mêmes couleurs d'être relativement peu nuancées, et pourtant elles siéent parfaitement aux décors et resplendissent sur ce beau papier mat.

C'est donc un pan d'histoire et d'influences majeures du médium que vous allez découvrir. Et pour peu que vous vous preniez au jeu, il y a de fortes chances pour que la fièvre Simon & Kirby vous gagne.

En somme, voici un recueil qui déborde d'amour pour cette période fortunée du comic-book.


Batman Year One
Batman Year One
par Frank Miller
Edition : Album

15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Redéfinition des débuts du Batman, un classique instantané !, 3 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman Year One (Album)
Gangrenée par la mafia et la corruption, la cité de Gotham attend son sauveur. Seules deux âmes en souffrances pouvaient prétendre au titre... Oui deux, car au fil des pages on suit en parallèle les débuts perfectibles de l'homme chauve-souris et d'un certain James Gordon. L'exercice pourtant délicat est maîtrisé avec une grande finesse et les dialogues/monologues solides rendent le récit on ne peut plus palpitant.

Ici, l'harmonie des textes forts de Frank Miller mêlés au trait pertinemment old school de Dave Mazzucchelli contribuent admirablement à l'immersion de ce qui est finalement un super polar.

Les meilleurs débuts que Batman pouvait espérer.

Concernant cette édition :

Des planches un peu plus claires que sur les précédentes parutions et la dernière réédition VO, peut-être un peu trop puisque ce qu'elles gagnent en détails, elles le perdent en intensité. Cela ayant pour effet d'amoindrir quelque peu l'ambiance crépusculaire du récit.
Quant à la traduction, elle se révèle très correcte, mais là aussi diffère sensiblement des éditions Comics USA/France Loisirs et Delcourt. Plus directe, plus familière, avec quelques errements (GIGN pour S.W.A.T. ?). Cela n'est pas trop génant et accélère même le rythme de lecture, cependant les mots de Gordon perdent en assurance et la classe flegmatique d'Alfred s'affadit.
Au-delà de l'oeuvre, ce qui donne tout son suc à cette nouvelle édition ce sont bien ses bonus qui s'étalent sur près de quarante pages. Vous y retrouverez pèle-mèle quelques lignes de Frank Miller, une superbe postface en images de Mazzucchelli, différentes covers, des esquisses, des comparaisons de planches et bien d'autres délices.
Enfin, le dernier boni est sa reliure qui resistera sûrement mieux aux affres du temps.

Donc, si n'avez cure des bonus, que vous êtes soigneux et que vous souhaitez bénéficier d'une traduction plus soutenue : gardez vos éditions.

Sinon, vous savez ce qu'il vous reste à faire ...

Pour les anglophones qui seraient passés à côté, la VO est toujours disponible à moindre frais dans sa version brochée.


Daredevil: Born Again
Daredevil: Born Again
par Frank Miller
Edition : Relié

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La chute vertigineuse d'un super-héros et une oeuvre essentielle, 13 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Daredevil: Born Again (Relié)
Rares sont les comics qui vous prennent à la gorge comme le fait Daredevil Renaissance (Born Again en vo).

Imaginez donc un instant que vous êtes un super-héros ... Formidable, dites-vous ! Mais que se passerait-il si votre pire ennemi, un abject individu ayant le bras long, apprenait votre identité réelle ?

Une simple question qui trouvera multiples réponses à la lecture de ce comic book doté d'une narration taillée sur le fil du rasoir.

Recommandé par les cieux !


Captain America : La légende vivante
Captain America : La légende vivante
par Stan Lee
Edition : Album
Prix : EUR 23,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le véritable Captain America dans ses plus belles aventures, 13 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Captain America : La légende vivante (Album)
Au top de leur maturité artistique, Stern et Byrne nous livrent un run magnifique sur Cap' qui déborde de dynamisme et de virtuosité typés old school. Au final, c'est fun, c'est surprenant, c'est émouvant, c'est donc bel et bien une lecture salvatrice par les temps qui courent.


Le choc des Titans (version de 1981)
Le choc des Titans (version de 1981)
DVD ~ Harry Hamlin
Prix : EUR 10,00

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 '' Un titan contre un titan ! Ha ha ha ! '', 13 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le choc des Titans (version de 1981) (DVD)
Une aventure mythologique, épique -pour une fois le mot n'est pas galvaudé- et grisante !
Ce qui est aussi formidable avec ce film et contrairement à ce que l'on fait de nos jours, c'est qu'on n'a pas l'impression de voir nos contemporains transposés dans l'histoire.

Assurément, un film qu'enfants et grands parents regarderont avec le même émerveillement.


Le Bal des vampires
Le Bal des vampires
DVD ~ Jack MacGowran
Prix : EUR 9,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le meilleur film de vampires est bel et bien une parodie, 13 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Bal des vampires (DVD)
Savant mélange d'humour et de frayeur, Polanski revisite le célèbre mythe, et évite de façon toute magistrale l'écueil du grotesque. Plus fort encore, le réalisateur de Rosemary's Baby livre ici la tête de proue du genre grâce aux scènes irrémédiablement cultes, aux réfèrences pétries et au soin apporté à l'atmosphère des plus inquiétantes.

Unique.


Jack le tueur de géants
Jack le tueur de géants
DVD ~ Kerwin Mathews
Prix : EUR 15,73

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cet enchantement est aussi le premier véritable Harryhausen-like, 13 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jack le tueur de géants (DVD)
Dans la Cornouailles moyenâgeuse, un fermier libère une princesse des griffes d'un géant soldé par un sorcier convoitant le trône.
Adoubé chevalier, il sera confié à notre héros la délicate mission d'escorter la belle jusqu'à un endroit plus sûr.
C'était sans imaginer la horde infernale qui se lancerait à leur poursuite...

Nous voici donc en présence d'un film culte dans la veine du 7ème voyage de Sinbad ! Et pour cause, puisqu'il s'agit quasiment de la même équipe devant comme derrière la caméra, se chargeant de nous faire rêver une fois de plus. La seule différence notable est l'absence du maître Harryhausen à la direction des effets spéciaux. Ce sera donc un de ses disciples qui s'aquittera de la tâche, et ma foi de fort belle manière, même si un cran en dessous du savoir faire de l'immense Ray.
Alors certes le film est l'exemple type de l'oeuvre manichéenne avec ses gentils très gentils et ses méchants archi méchants, néanmoins le tout est mené tambour battant et ça fait vraiment du bien.

Une véritable petite bouchée féerique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 5, 2013 9:51 PM CET


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-13